‹ Documents et pièces authentiques laissésChapitre 130 sur 144 · MANIN A TOMMASEO · texte numérisé non relu

MANIN A TOMMASEO

Venise, 12 septembre 18(8.

On nous assure que deux vaisseaux de guerre français viennent d'entrer dans notre go!fe.

Ici il règne un esprit excellent. Dimanche nous avons eu une très-belle revue de la garde civique, où le bataillon de VEsjyérance fit une joyeuse et première apparition au milieu d'acclamations unanimes. Il y avait de quoi s'enorgueillir et en même temps s'attendrir ^

Obligé de parler, j'ai remercié le peuple des sacrifices énormes qu'il avait faits ; j'ai assuré qu'il s'était attiré l'estimede l'Italie et

> C'était les jeunes gens de 15 à 20 ans.

de toute l'Europe J'ai dit que deux grandes puissances s'intéressaient au salut commun de toute Tliilie, et j*âi ensuite ajouté que, quant à nous, nous agissions comme gouvernement indépendant d'un peuple souverain; que si des conditions, lésant notre indépendance ou bien notre honneur, devaient nous être offertes, a nous ne les accepterions jamais! »

A ce mot, des milliers de personnes rassemblées sur la place s'écrièrent tout d'une voix : « Non, jamais! nous ne les accepterons jamais! »

Ce cri m'a comble de joie; c'est peut-être la première véritable joie que j'aie ressentie depuis le 22 mars! Ah! combien j'eusse désiré que ce cri fût entendu de Tltalie et de la France !

Mamn.

LE CONSUL VASSEIR A M. BASTIDE

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