VI ' AVANT-PROPOS
pose pas à lesprit de quiconque connaîtra dans tous ses détails ce qui s'est passé à Venise en 1848-49. Aussi notre unique ambition a-t-elle été de parvenir à donner, par le choix et le classement des pièces que nous traduisons; une idée claire et précise de ces événements ; de faire en sorte que ces documents, tous authentiques^ puissent être lus avec intérêt, non-seulement par des hommes politiques ou des historiens, mais même par les gens du monde, et par les femmes.
S'il nous a été donné de réussir, la cause de Venise aura bientôt pour défenseurs, nous en sommes persuadés, non-seulement les cœurs généreux, mais les intelligences éclairées de tous les pays.
Malheureusement, une seule langue est familière à tous ou à presque tous : la langue française ; pour atteindre notre bu.t, il nous a donc fallu traduire; mais, tout en regrettant de devoir affaiblir tant de nobles pensées, exprimées en un si beau langage, nous nous consolions par cette espérance que, lorsque Venise sera libre, ces documents seront publiés dans leur langue originale, et que notre travail aura servi à rendre leur publication plus facile et plus assurée.
La plus grande difficulté était de choisir, non ce qu'il fallait reproduire, mais ce qu'il fallait sacrifier; car tout publier était impossible, et tout est beau dans cette histoire, tout est honorable. Forcés de nous borner, voici le plan que nous avons cru devoir suivre :
Parmi les décrets et actes officiels du gouvernement de Venise, nous avons choisi ceux qui ont un rapport plus direct avec les événements. Quant aux mesures d'organisation et d'administration intérieures, quelques décrets des premiers jours nous ont paru suffisants pour indiquer l'esprit de ce gouvernement, et pour faire partager au lecteur les regrets qu'éprouvaient les chefs vénitiens de