‹ Documents et pièces authentiques laissésChapitre 23 sur 144 · LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Monsieur,

suivantes

Paris, 4 mare 184S.

Veuillez bien tous pénétrer des déclarations

Les traités de 1815 n'existent plus en droit aux yeux de la République française. Toutefois, les circonscriptions territoriales de ces traités sont un fait qu'elle admet comme bon et comme point de départ dans ses rapports avec les autres nations.

Mais, si les traités de 1815 n' existent plus que comme un fait à modifier d'un commun accord, et si la République déclare hautement qu'elle a pour droit et pour mission d'arriver régulièrement et pacifiquement à ces modifications, le bon sens, la modération, la conscience, la prudence de la République existent, et sont pour l'Europe une meilleure et plus honorable garantie que les lettres de ces traités, si souvent violés ou modifiés par elles.

Attachez-vous, Messieurs, à faire comprendre et admettre de bonne foi cette émancipation de la République, des traités de 1815, et à montrer que cette franchise n'a rien d'inconciliable avec le repos de l'Europe.

Ainsi nous le disons hautement^ si V heure de la reconstruct tion de quelque nationalité (en Europe ou ailleurs) nous paraissait avoir sonné dans les décrets de la Providence^ etc., si les États indépendants de t Italie étaient envahis, si l'on imposait

^ CertaiDs documenUs, sans avoir une relation directe avec Venise, ont exercé une si immense influence sur le sort de l'Italie en 1848, qu'on ne pourrait les omettre dans aucune histoire particulière sans rendre les érënements inintelligibles.

n en est ainsi de la circulaire à double entente de M. de Lamartine ; on sent, en la lisant, comme un souffle d'air fhiis entrer dans le cachot de Manin, et elle suffirait à elle seule pour expliquer les événements qui suivent.

des limites ou des obstacles à leurs transformations intérieures, si on leur contestait à main armée le droit de s'allier entre eux pour consolider une patrie italienne^ la Républi([ue française se croirait en droit d'armer elle-même, pour proté» ger ces mouvements légitimes de croissance et de nationalité des peuples, etc., etc.

Lamartine.

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