D0K5ÉE A LA REQUÊTE DE D. MANIN PAR LE TRIBUNAL CRIMINEL 1. R
rrocèi-verbal du 9 mars 1848.
Présents :
Zeknari, conseiller, etc., etç, Sandri, greffier.
En conformité d'une délibération prise ce matin, le nommé Daniel Manin est amené devant le Conseil (consesso), et il lui est dit, concernant sa requête en date de ce jour par laquelle il demande à être informé promptement par qui et pourquoi il a été arrêté:
Le tribunal L R. criminel répond :
« Que son arrestation et en même temps son transport dans
« les prisons du criminel, ont été opérés par Tordre de la direc-
¥ tion générale de police, à titre de perturbation de la tranquil-
«( lité publique de l'État. Par suite de quoi le tribunal criminel
« s'est trouvé dans l'obligation de prendre connaissance (occu-
« parsi) de toute révélation pouvant conduire à la découverte
« de la vérité, en prenant pour point de départ les motions po-
« litiques ^ simultanément transmises.
' Les diverses pétitions à la congrégation centrale. Pour faire comprendre la sitoation, 11 faut dire ici qu'en apprenant les conclusions de non 'lieu du conseiller Zennari, le directeur de la police, Call, redoubla d'efforts dans l'espoir de découvrir quelque indice .nouveau qui permit au tribunal de Milan de faire re> commencer le procès sur une nouvelle base. Entre autres pièces curieuses recueillies dans ce but par M. Call (qui se trouvent au dossier) , est une lettre interoeptée dn comte Nani à sa mère. Consulté par cette dame sur le meilleur moyeu de refuser la décoration de V ordre impérial de Marie-Thérèse, son Ills lui conseillait dans cette lettre « de prétexter son peu de fortune. • M. Zennarl, tout en envoyant la pièce à Milan, i^oute que, comme elle ne peut fournir un grief sérieux même contre le comte Nani, elle peut bien moins encore modifier MS conclusions au sujet de Manin, qui ne l'a connu que comme médecin, etc., etc.
3lalgré tout, Manin et Tommaseo ne furent pas relâchés, et leur translation à Laibach était même décidée lorsque survint la révolution de Vienne.
Nous croyons qu'on saisira mieux, après cet exposé, le fait, tantôt loué, tantôt
a Et ce, en conformité du haut. décret du 4 mars 1823, et a afin de pouYoir procéder aux délibérations actuellement pence dantes. »
Béponse :
[Manin dictant.) a Je remercie le tribunal de sa prompte réponse, me réservant d'en faire tel usage que je jugerai de mon droit. »
A lu leprocès-yerbal, etc.^ etc.
Daniel Makin.
ZeNNAHI, conseiller.
LE CONSUL GÉNÉRAL DAWKINS AU VICOMTE PALMERSTON
VcKisE, 10 mars 1848.
MlLORD,
Depuis que j'ai eu l'honneur d'écrire à Votre Seigneurie, le 6 du courant, rien n'est venu troublerrapparentetranquillitédeces provinces. Le 10, une foule peu nombreuse s'est assemblée sur la grande place de Milan, et quelques enfants ont crié : « Vive la République. y> Le chef, qui portait un petit drapeau tricolore, a été pris par la police, mais il ne s*en est suivi aucun trouble. 11 parait certain que ce mot de République n'a pas de charmes pour la majorité du peuple.
On m'informe que le gouvernement Impérial a fait connaître son intention de prendre immédiatement en considération les demandes qui lui ont été soumises par les congrégations centrales de Milan et de Venise, afin d'accorder toutes les concessions qui ne sont pas contraires aux lois fondamentales de l'Empire,
critiqué, rarement bien compris, que Manin, délivré par le peuple, ait exigé d'abord l'aveu formel, humiliant pour l'Autriche, que sa détention avait été une illégalité, même selon les lois autrichiennes.
ni aux liens qui lui rattachent le royaume lonibard-Ténttien ; que le conseil du vice-roi sera changé et augmenté ; que Son Altesse Royale sera investie de pouvoirs plus étendus, et résidera dorénavant à Vérone ; et qu'une chancellerie des affaires d*ltalie, entièrement composée d'Italiens, sera établie à Vienne.
On doit vivement regretter que ces résolutions n'aient pas été prises et promulguées il y a quelques mois.
Venise et les provinces venètes sont tranquilles.
J'ai, etc.
Clinton G. Dawkins.
P. 5. Il vient d'arriver des nouvelles de troubles sérieux à Vienne.
« Le 17 mars, à TMisc, des pttriotet fougueux «f Toolaieat U lutte arniée imoiédiate contre la « garniioa autrichienoe ; je m'y opposai, et eioq (c jours plus tard, nous now emparioM de ectie « place forte sans coup périr. Si j'aTaia cédé aux fc impatients du 17, nous aurions été écrasés. Il est « Trai qu'il y aurait eu plus de bmit, ce 4|«i eét a peut-être consolé ceux qui aiment aTant tont le « Upage.
« En politique conmie à la guerre, ce n'est pas « le combat qui est le but, c*est la victoire. >
(XAKiir, Lettre à um jountalUte anglais, 1836).