DB MANIN SUR LA PLACE SAIKT-MARC
Le 17 mars 1848, à midi.
J*ignore par suite de quels événements je me Tois enlevé au silence de ma prison, et porté en triomphe sur la place Saint- Marc M
Ce que je devine à l'expression de vos visages, à votre
^ Manin 1* ignorait en effet. Le matin même Térésa Manin avait écrit les lignes suivantes à son mari désespéré de Tétat toujours plus grave d'Émilia :
« Cher Daniel. Elle va mieux ; de onxe à quatre heures elle a pu dormir ; en ce « moment, elle lit les gaiettes ; elle prétend avoir déjà lu anciennement l'adresse « du sénat au pape, et la récite de mémoire d'un bout à lautre ! Nous avons • b eau lui dire qu'elle est publiée pour la première fols, cela Fagite et nous « sommes forcés de lui donner raison. Toute la soirée, hier, nous avons causé de « toi ; que de choses nous avons dites! Au revoir, à midi ; tâche de prendre eou" « rage. » Les dernière mots adressés à Manin le matin même du 17 man par la mère de son enfant malade, résument, pour ainsi dire, son e.iistence. Enlevé de sa prison à onze heures à moitié vêtu. Manin disait à Léon Pincherlé et d'antres amis qui l'entouraient, le pressant de parler : • Cela vous est facile à dire, à vous autres ; Je ne sais pas où vous en êtes. »
animation, c'est que les sentiments de patriotisme et de nationalité ont fait de grands progrès pendant mon emprisonnement! Je m'en réjouis hautement, et je vous en remercie au nom de la patrie ! Mais, n'oublions pas de grâce qu'il ne peut y avoir de ▼raie et durable liberté là où il n'y a pas d'ordre, et que nous devons nous faire gardiens jaloux de Tordre, pour prouver que nous sommes dignes de la liberté.
Pourtant, il est des moments et des circonstances suprêmes, où l'insurrection devient non-seulement un droit, mais un devoir *