MANIN AU CONSUL GÉNÉRAL CLINTON DAWKÏNS
Venise, 22 mars, Il h. 1/2 du matin.
Monsieur,
Dans l'arsenal militaire occupé par les Croates, on a préparé une batterie pour bombarder Venise. Je ne doute pas que, pour la sûreté des sujets britanniques et aussi par un sentiment d'humanité pour les habitants de Venise, vous ne vous empressiez de prendre les mesures indispensables et de faire des protestations énergiques, telles qu'elles puissent empêcher les calamités qui nous menacent. La promptitude est nécessaire.
Daniel Manin.
LE CONSUL GÉNÉRAL DAWKINS A MAiMN \
Venise, 23 man 1848, midi.
Monsieur ,
J*ai eu rhonneur de recevoir votre lettre en date de c^ jour, où vous m'informez qu'une batterie est préparée à l'arsenal dans riDtention de bombarder Venise, et où vous affirmez que vous ne doutez pas que pour la sûreté des sujets britanniques et par humanité pour les habitants de Venise, je prendrai les mesures nécessaires pour empêcher des malheurs publics. Je m^empresse de vous informer. Monsieur, que j'ai déjà pris les mesures qui m'ont paru nécessaires pour pourvoir à la sûreté des sujets britanniques résidant ici, dans le cas, qui, je l'espère bien sincèrement, ne se présentera pas, où leur existence ou leurs propriétés seraient mises en danger. Cependant, comme je n*ai reçu aucun avis officiel de l'intention de bombarder Venise, je ne me sens pas autorisé à faire des représentations officielles à Tautorité.
Clinton Dawkiks.
* La réponse du conaul (extraite du recueil anglais de pièces of&delles) , fut remise à Manin par Degli-Aotony sur la place Saint-Marc, au moment où U s'acheminait len l'arsenal avec les gardes civiques qu'il avait pu réunir; il la lut rapidement, U déchira et poursuivit sa route. M. Dawkins alla toutefois prévenir le gouvernement des inquiétudes des Vénitiens, ce qui décida l'aîmiral Martini à se rendre a Tarsenal et bâta le dénoùment.