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PREMIER DÉCRET

iniDU PAl LB GOUVERNEMENT PROVISOIRE DE VENISE.

Venise, 23 mars 1848.

Le gouvernement de la République vénète :

Déclare à tous les étrangers demeurant dans cette ville, à quelque nation qu'ils appartiennent et quels que soient leurs antécédents politiques, qu'on usera envers eux de tous les égards considérés comme un devoir par toute nation civilisée, mais particulièrement dans ce pays renommé pour son hospitalité.

Le président: Hanin.

Palbocapa.

LE GOmURNEMENT PROMSOIRE AU PEUPLE VÉNITIEN.

Vemisk, 24 mars 1S48.

Notre première parole sera une parole de gratitude au peuple Ténitien ; levé à Timproviste, il a su se montrer digne de son

nom, affronter le péril, écouter avec une intelligente docilité les conseils de ceux qui l'aiment. Il a prouvé que les germes de notre antique civilisation n'attendaient qu'un souffle favorable pour renaître à une nouvelle vie !

Nul ne sera surpris si ce peuple acclame avec joie le nom de République, qui concilie pour lui les souvenirs d'un passé glorieux avec les conditions plus avancées du temps présent, et la focilité plus grande des progrès avenir.

Désormais aucune pensée d'ambition ou de municipalisme ne saurait s'attacher au nom de la République vénète; les provinces si glorieusement unanimes pour la défense de notre commune dignité, qui adhèrent à notre gouvernement, formeront avec nous une seule famille, sans aucune différence dans les avantages ni dans les droits, puisque les devoirs seront les mêmes pour tous. Le premier de ces devoirs pour chaque province sera d'envoyer ses députés pour établir notre commune constitution.

Notre ferme résolution à tous est de nous entr'aider fraternellement, de respecter le droit d'autrui, de faire respecter le nôtre.

L'exemple que nous devons donner avant tout est celui des réformes sociales et morales, plus importantes même que les réformes politiques, et celui d'une égalité non pas subversive^ nïois juste et religieusement observée.

Signé : Le Président, Manin.

ToMMASEO, — Solera, — Gamerata^ — Pincherls ,

PaOLDCCI, — CaSTELLI, — PaLEOGAPA, TOFFOLI*.

1 Ayant les éyéneroents de 1848, la douceur naturelle des Vénitiens les avait fait accuser de manque d'énergie, presque de résignation au joug de l'étranger. La Gazette de Venise^ du 24 mars, contient à ce sujet, après la description des solennités de la yeiUe, quelques lignes de Manin, non signées, que noos allons reproduire : « Pour qui se rappelle la vie muette, inerte à laquelle nous condamnait, il « y a peu de jours, notre condition d'esclaves, étoufREint en nous tout germe d'ac- « tivité et d'intelligence ; pour qui se rappelle cela, et y compare ce sonffle de vie qui « aujourd'hui ranime tout, ressuscite tout,réorganise tout,pour celui-là, il estim- « possible de ne pas sentir ses yeux se remplir de larmes, son cœur d'an noble « orgueil ! Venise vient de prouver au monde que la domination étrangère avait < pu engourdir son antique esprit, mais qu*eUe n'a pu V anéantir; que sapopu-

GOUYERNEMEiNT RÉPUBLICAIN. lâb

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