LA COMTESSE DE FIQUELMONT, A M. MANIN
PRÉSIDENT m* GOIVERNEMENT PROVJSOIRE.
Vemss, 28 man 1848.
MONSIELU LE PaÉSmENT,
Vous êtes homme d'honneur et de sentiments élevés, je le sais ; TOUS m'écouterez donc, j'ensuis certaine. Hiernotre passe-port fut signé par M. Palcocapa ; notre départ n'était donc pas un secret.
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Ce matin, à cinq heures et demie, sans préTenir, sans le moindre égard, un garde national est entré dans ma chambre et m'a réveillée pour m'annoncer, le sabre au poing, que j'étais prison- ^nière. Est-ce là l'usage entre nations civilisées ^ ?
Je TOUS prie, monsieur le Président, de vouloir bien vous rap- . peler, que vous avez vous-même fait publier un avis, par lequel vous assuriez tous les étrangers que, « à quelque nation qu'ils « appartinssent et quels que soient leurs antécédents politiques, « ils seraient traités avec tous les égards considérés comme un « devoir par toute nation civilisée et particulièrement dans ce a pays, renommé pour son hospitalité. »
Je cite vos propres paroles, monsieur le Président, auxquelles je veux croire et dans lesquelles j'ai foi ; vous me laisserez donc partir avec ma famille. Ma santé, ainsi que celle de ma fille, la princesse Qary, sont en mauvais état; rester forcément à Venise nous ferait certainement du mal. Vous, monsieur le Président, connu par tout le monde comme homme d'honneur, vous ne voudrez pas commettre une telle injustice ; vous me laisserez donc partir avec le bâtiment anglais.
Ma reconnaissance sera vive et profonde, tandis que mon séjour à Venise ne saurait vous être utile sous aucun rapport.
La cgmtesse de Fiqublmont.