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ENVOYÉ DU GOUVERNEMENT AU MAJOR CASARINI

Vemse, 28 mars.

On réitère au major Casarini l'ordre déjà donné précédemment au major Marcello, d'avoir à faire cesser l'abus par lequel diverses

1 Cette tentative avortée de retenir madame de Fiquelmont à Venise, est la seule démonstration regrettable envers des étrangers, qu'on puisse reprocher i un Vénitieo. Elle était provoquée par l'affaire de la flotte, et par la crainte, malheureusement fondée, qu'inspirait le manque de foi des autorités autrichienneé.

personnes auxquelles le gouvernement avait délivré des passeports réguliers, ont tu néanmoins mettre obstacle à leur liberté et a leur départ, qui doit être laissé libre , immédiatement et absolument.

PalbOGAPA, ministre de rintériear.

LA COMTESSE DE FiQUELMONT AU PRÉSIDENT MANIN. {Billet écrit au crayon au moment de s'embarquer.)

MoNSisuM LE PR6sroBi<rr9

Je garderai toujours de vous un souvenir reconnaissant I

Comtesse Fiquelmoiit.

F. DEGLI ANTONl A MANIN K

Vekisc, 28 mars 1848.

Mon cher Daniel,

Un club pour les adresses se tient chaque soir dans un local spécial. Son but est de maintenir Tordre public et de soutenir le gouvernement; mais en même temps de se faire vis-à-vis du gouvernement, rinterprète des opinions de la population; bien entendu des opinions qui paraîtraient justes.

I Ces detti lettres privées, qui nous furent remises par M. Degli Antonl loimême, nous ODt semblé trop caractéristiques pour les omettre.

Les inquiétudes dont il y est parlé se rapportaient au régiment Kinsky qui restait encore dans une caserne^ aux affaires de la flotte, etc.; nous avons aussi sous les yeux des lettres et des articles dans lesquels on se plaint de l'indulgence trop gnnde témoignée aux Autrichiens, qui, « loin d'y voir de la générosité, croient y voir de la peur. • Ce qu'on y reprochait encore à Manin c'était de ne pas prendre exemple sur M. de Lamartine qui, disait-on, « n'avait pas laissé passer un seul jour depuis le 24 février anu venir rendre compte à son peuple et le haranguer! » {Sic.)

Voici le résultat de la réunion d'hier soir.

J'ai parlé de ton désir qu'on ait confiance en toi ; on in*a répondu que, tout en trouvant ce désir fort juste de ta part, il n'était pas moins juste que les citoyens désirassent être rassurés par la connaissance exacte des faits qui peuvent leur démontrer l'inanité de leurs craintes.

Aie patience, et donne quelquesinstants à tes concitoyens, lâchés de ton inaccessibilité ; tiens compte de cela !

Ton ami,

DeGLI ÀNTONf.

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