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LE GÉNÉRAL LA MARMORA AU GÉNÉRAL DURAMK

Vemse, 21 avril.

Je suis depuis deux heures de retour à Venise et je viens de me concerter en toute bâte avec le gouvernement de la République, afin de pourvoir aux besoins les plus ui^ents du FVioul ; je vous écris de la salle même du conseil du gouvernement, en présence de tous ses membres. D'après la copie du rapport du comité d'Udine en date du 18, Votre Excellence remarquera la position malheureuse de cette province, insurgée avec l'espoir d'être secourue et maintenant laissée à la merci des Autrichiens, par le retard que l'armée pontificale met à passer le Pô. Les troupes Venètes dont la République peut disposer pour repousser l'invasion, consistent en volontaires dits croisés : ces forces seraient bonnes, unies à des troupes régulières, mais seules, elles ne peuvent se mettre en marche, puisqu'elles n'ont ni canons ni cavalerie. Pour ne pas laisser entièrement sans secours les malheureux insurgés du Frioul, il est indispensable de leur envoyer un noyau quelconque de troupes régulières. Or, les seules forces de cette espèce sur lesquelles la cause italienne dans les provinces venètes, puisse compter en ce moment, sont celles que commande Votre Excellence, et qui seront destinées à opérer dans les provinces de Padoue et de Vicence. Ces troupes sont

aujourd'hui plus que nécessaires pour fournir un ceotre de résistance contre Tin^asion^ qui menace de prendre à revers toute notre armée par sa jonction avec les troupes ennemies de Vérone. Cest cette jonction que nous devons empêcher à tout prix; c'est en ce moment la grande question de la campagne ; or, l'unique moyen de l'empêcher, ou du moins de la retarder jusqu'à la solution des affaires de Vérone, c'est de porter la résistance vers le Frioul, et de ne pas abandonner à leur découragement les habitants insurgés de cette province. Le cas est si grave, que tant en mon nom qu'au nom de tous les membres du gouvernement delà République, je vous prie instamment de vous porter vers le Frioul afin de sauver, non-seulement cette province, je le répète, mais Tarmée elle-même qui combat sous les murs de Vérone, en vous opposant à la jonction des deux corps ennemis. C'est sur vous seul, général, que repose, dans ce moment suprême, le salut de la patrie italienne ; venez, venez en toute hâte I l'histoire et l'Italie vous béniront !

Le général^ La Marmora.

LE GOUVERNEMENT PROVISOIRE DE VENISE A M. CALLCCI

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