DU ROI CHARLES-ALRERT
Si le roi demande explicitement ou par ses ministres si nous sommes disposés à renoncer à la forme républicaine, que devrai-je répondre? -^ Répondez que nous accepterons la forme de gouvernement que la nation décidera. — Si le roi ou ses intermédiaires demandent si nous sommes décidés à nous constituer en un seul Etat avec la Lombardie, quelles que soient les dispositions et les déterminations de la Lombardie elle-même, que dirai-je ? — Si l'assemblée constituante décide que cette unioD doit avoir lieu, nous raccepteroos. — Si le roi faisait entrevoir Tintention de former un seul Etat de T Italie septentrionale avec Milan pour capitale, que faut-il répondre ? — Vous diriez en-
1 M. Paleocapa fonnulait les demandes et reçut les réponses par écrit
DÉFECTIOxNS OUVKRTKS Oi: CAtlHÉES. 205
core que nous sommes aux ordres de rassemblée constituante. — Dans le cas où le roi insisterait sur le désir déjà manifesté par lui que les provinces lombardes et vénètes soient représentées par une seule assemblée, qu'aui-ais-je à dire ? — Faites observer «{ue le Gouvernement vénète ne peut réunir que l'assemblée des provinces qui lui ont donné leur adhésion, mais ajoutez que la j9r«miere proposition du gouvernement à l'assemblée vénète auni pour but de lui demander si elle entend se fondre avec ra5s<.'mblée lombarde./— Si la flotte sarde entrait h Venise pour vous |K)rter secours, raccepteriez-vous ? — Oui. — Si, enfin, le roi (Charles-Albert témoignait Tintention de fortifier la défense di* Venisi»par IVnvoi d'un corps de ses trou j»es, que faudrait-il répondre? — Que nous l'accepterions comme on acce[)te, en cas de |)éril, le secours d'un ami quelconque. ))
LE COMMANDANT AGLABERT, «:hkf d'ktat-majok ai coup^ i'ijntifical,
Al PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQIE.
PONT-SAINTC-MADliLLlNE, T^i aVrii.
Très-Honorê Président,
Je trouve en arrivant ici une lettre laissée pour moi par le général Durando ; lui-même est parti ce matin [tar le bateau à sapeur pour rejoindre son quartier général ; car toute sa division s'est déjà dirigée sur Ostilia et de là sur Isola délia Scalla |)our appuyer l'armée de Charles-Albert.
Voici sa réponse à ma pressante lettre :
« Je suis désolé d'apprendre ce qui arrive sur Tlsonzo ; je « me rends sur l'échiquier ennemi avec 6,000 homnies ; je « vous envoie toute la division Ferrari avec les chasseurs à « cheval et l'artillerie. Les troupes à Badia y sont indis|>ensau bles<. si nous voulons préserver la Polésine des incursions de <c la garnison de lx'gnano,aiigmeutéc depuis hier de 1 ,200 hom-
206 DEI XIËMt: ÉPOQUE.
« mes, 10 canons et 400 chevaux ; si je retirais ces troupes, c( demain ou après-demain, l'ennemi arriverait aux portes de « Rovigo. »
J'emporte Toriginal de cette Icttœ à Bologne pour le général Ferrari. J'ai envoyé tout ce que j'ai rencontré de troupes pontificales sur ma roule à Trévise, où demain il y aura à peu près 1,800 hommes de réunis. Vicence restant pourvue, la Polésioc gardée et la division Ferrari intacte pour se mettre en marche , je vais à Bologne presser le départ, et serai hien vite de retour à Venise.
Je vous embrasse du fond de Tàme,
Salut et fraternité,
A. AglabeRT, commanilaiit.
LE GÉNÉRAL FERRARI Al PRÉSIDENT MANLN.
Bologne, 22 avril IS4S.
J*ai été très-affligé d'apprendre la situation déplorable du Frioul ; j'en ai écrit énergiquen.enl au général Durando, qui a sous son commandement le corps d'opération ; je lui ai demandé la moitié de ses troupes régulières. J'ai offert en échange la moitié des miennes, afin de former un noyau compacte pour me diriger ensuite où les secours sont le plus nécessain»s. Mais si je n'obtiens pas ce que je sollicite, il me sera impossible de m'éloigner de ma base d'opération, car ma division n'est com posée que de gardes civiques et de volontaires, ainsi que s'en est assuré personnellement M. Zanetti, votre commissaire.
Je serais pourtant bien heureux de contribuer de ma pei*sonnc au salut de votre patrie, qui est la i)atrie commune !
Sifpié : Gewm// Ferrarl