‹ Documents et pièces authentiques laissésChapitre 73 sur 144 · AU GOUVERNEMENT PROVISOIRE · texte numérisé non relu

AU GOUVERNEMENT PROVISOIRE

(Mestre, 31 avril, 6 heurea du nutin.)

Le président Manin, le ministre Tommaseo ainsi que le général Antonini avec environ mille hommes viennent de partir par le chemin de fer de Padoue pour Vicence. Les munitions réclamées par cette ville vont être immédiatement expé» diées, je les y accompagnerai moi-même. La feuille ci-jointe vous apprend les combats et les succès de la journée d'hier.

[Bulletin du même jour y trois heures de r après-midi.)

Le président Manin et le ministre Tommaseo sont arrives à Vicence, d*où ils écrivent que hier (20 mai) cette ville a résisté seule, sans secours, et a fait ainsi le plus grand honneur au nom Vénitien attaqué de tant de côtés. La perte des nôtres est minime comparée à celle de Tennerai; on peut l'affirmer avec vérité, ils annoncent aussi qu'aujourd'hui (21) le général Durando est entré à^Vicence avec toutes ses troupes ; un corps est resté à Moategaldélia pour empêcher la jonction des deux corps d'armée autrichiens à Vérone^.

ZenNARI. secrétaire général.

GOUVERNEMENT PROVISOIRE DE VENISE

{Bulletin de la guerre.)

Venise, 24 mai 1848.

L'escadre autrichienne a été aperçue hier devant Trieste, par l'escadre italienne, qui se compose de huit bâtiments sardes* huit napolitains et trois vénitiens. L'escadre italienne a cherché à envelopper l'escadre autrichienne, qui, aidée par les steamers du Llovd, s'est réfugiée dans Trieste, juste derrière le môle de la Lanterne.

Nos forces navales alliées ont mouillé sur trois lignes. Un parlementaire autrichien est sorti pour demander ce qu'elles avaient l'intention de faire : on lui a demandé la restitution des navires

1 Hanin et Tommaseo ayant reçu dans la nuit du 20-31 la nouvelle de l'attaque de Vicence par les Autrichiens partirent immédiatement pour cette ville, aiin de partager les périls d'une population, défendue presque exclusivement par des volontaires et des gardes civiques. Ils assistèrent au comtMit de la journée du 21, et se trouvèrent tous deux à côté du général Antonini. au moment où un boulet vint lui enlever le bras droit. Le général Durando étant arrivé dans la journée, Manio et Tommaseo retournèrent le 22 au matin à leur poste à Venise ;

de guerre appartenant à la République de Venise, accordant Tingt-quatre heures pour la réponse.

Le steamer napolitain // Carlo III a été enyoyé à Venise, au moment de son départ de Trieste, on entendait des coups de canon dans la ifille.

GOUVERNEMENT PROVISOIRE DE VENISE

{Bulletin de la guerre.)

24 mal, midi.

Nous recevons de Vicence les nouvelles suivantes :

Le signal d'alarme y a été donné hier soir à onze heures.

Les Autrichiens, après avoir conduit leurs bagages à Vérone, étaient revenus en force sur Vicence.

Le général Durando a immédiatement pris les plus prudentes mesures, et a occupé les meilleures positions.

Depuis hier soir à onze heures et demie, jusqu'à ce matin à neuf heures, et encore au départ du courrier, un coml)at acharné a en lieu, pendant lequel nos troupes ont fait des prodiges de valeur.

Les forces autrichiennes sont postées a Agostino, San -Felice et à la porte San-Bartolomeo. Le principal corps d'armée s'étend dans la direction de la route de Vérone.

Les Autrichiens ont atteint la première barrière du c6té de Vérone et occupé la caserne de San-Felice.

Nos troupes ont enlevé deux canons à Fennemi. Tous déclarent que nos pertes sont minimes, et celles de l'ennemi considérables.

Le résultat n'est pas encore certain, mais il y a tout lieu d*e^rer.

Des fusées et des obus ont été lancés toute la nuit sur Vicence, sans faire beaucoup de dégâts. La station temporaire du chemin de fer a été détruite par le canon.

La route de Padoue à Vicence est ouverte, et peut ^re parcourue pour les affaires générales.

On a fait cent cinquante-quatre prisonniers aux Autrichiens, parmi lesquels un major, deux officiers et un docteur ; ik ont été amenés par un corps romain, envoyé à Fontania pour brûler le pont qui est détruit ; cent quatre de ces prisonni«rs ont été mis en sûreté à Vicence» les autres seront envoyés à Padoue.

L'armée Napolitaine venant de Bologne est déjà en marche. Une grande partie est arrivée à Ferrare le 22 et a passé le Pô. L'ardeur de ces troupes italiennes va jusqu'à l'enthousiasme.

Le brave général Antonini, qui a perdu son bras droit pour la sainte cause de l'Italie, s'en glorifie. Nous espérons que sa vie est hors de danger, et qu'il rendra encore des services à la patrie.

Zennarj, secrétaire général.

Page 1