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MINISTRE D^ LA GUERRE DE SA MAJESTÉ LE ROI DE SARDAIGKK

Venise, 13 Jahi lS4g.

Excellence,

Les villes de Vicence et de Padoue rentrées sous la domination autrichienne, deux autres villes de l'Etat vénitien menacées du même sort, la défection de l'armée napolitaine, la dissolution du corps pontifical , l'augmentation des forces de l'ennemi devenu plus audacieux, communiquant librement avec les points d*oii lui arrivent les renforts, toutes ces causes imposent à notre gouvernement provisoire le devoir sacré de donner, autant qu'il dépend de lui , satisfaction aux demandes instantes et continuelles des populations.

En se rappelant les actes et les promesses solennelles faites par Sa Majesté le Roi de Sardaigne à l'Italie, ces populations désirent avec anxiété savoir quels moyens ont été pris par le roi Charles-Albert, dans sa haute sagesse, pour assurer leur salut et leur rédemption, au milieu des grandes vicissitudes de cette guerre^ et en présence des préparatifs d*une lutte si obstinée.

Nous devons une réponse, non-seulement au pays de Cadore cl à toutes les autres parties du territoire vénitien où Ton combat maintenant ; nous la devons au pays tout entier, qui nous demande avec inquiétude, si le Pfémont est en mesure de porter uo secours prompt et efficace aux misères communes, s'il peut réellement suffire à soutenir une guerre si formidable.

Tout le peuple de la Vénétie attend cette réponse avec anxiété. Plein du souvenir d'une immense infortune, envoyant Tinvasion autrichienne s'avancer sans obstacle des bords de TAdige jusqu'ici, il ne peut se défendre de l'effroi que lui cause uu bruit sinistre et qu'un écho in visible semble multiplier avec malignité ^

Mais il s'agit d'un acte tellement abominable et impossibl que nous nous ferions un crime d'en admettre la supposition.

* Voycx p. ÎTO.

Pour ranimer la confiance de ce pays, pour consoler ceux qui sont retombés dans la servitude, et soutenir le courage de ceux qui combattent pour la cause de l'indépendance italienne, il suflSt, Excellence, qu'une nouvelle parole solennelle lui vienne du champion qu'elle a acclamé. Venise, assistée dans sa défense du côté de la mer par la flotte royale, fera tout son possible pour résister à l'ennemi ; elle qui avait fait tout son |K>ssible déjà pour maintenir libres les provinces en leur envoyant des hommes, de Targent, et des armes qui, aujourd'hui, sont tombés aux mains des Autrichiens, et sont tournés contre elle.

Venise attend avec confiance, par l'intermédiaire de Votre Excellence, cette rassurante parole à laquelle répondront la joie de toutes les âmes généreuses, et les bénédictions de l'Italie assurée dès lors de pouvoir se suffire à elle-même.

Au nom du gouvernement provisoire de la . République vénète.

Le Secrétaire j Zbni^ari. Le Président, Manin.

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