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DE ROME, DE TOSCANE ET DE SICILE

VsinsE, 14 Juin 1848.

EXCBLLENCB,

Ce n'est certainement ni la valeur, ni la bonne volonté qui ont manqué à ces braves Italiens qui accoururent de tous les points de la péninsule dans nos provinces pour y laisser une trace d'amour et d'honneur. Vicence, Trévise et Palmanova, Oso[)o et le pays de Cadore, peuvent attester ce que valent ces populations déshabituées depuis si longtemps du métier des armes !

Mais les événements de la guerre ont conduit aujouni'hui lci< chosesâ tel point, que ce qui d'abord était facile et certain devient de plus en plus difficile et incertain. C*est pourquoi nous avons cru de notre devoir d'écrire à Sa Majesté le roi («harles- Albert pour

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lui représenter que les yilles de TÉtat Ténitien retombées ou près de retomber sous le joug de rAutriche, la défection de l'armée napolitaine, la dissolution des troupes pontificales, et enfin l'augmentation des forces ennemies, imposaient au gouvernement provisoire de la République vénète l'obligation de satisfaire, autant qu'il est en lui^ aux demandes pressantes des populations, qui se rappellent les hautes promesses faites par le roi de Sardaigne, que ces populations désirent avec anxiété savoir si le Piémont est en état de porter un secours prompt et ^cace aux misères communes, et s'il peut réellement suffire à soutenir une guerre si formidable.

Nous adressons les mêmes urgentes prières aux autres États de l'Italie, car il s'agit actuellement de la cause italienne tout entière. Il est certain que si les princes et les peuples étaient tous d'accord, l'Italie pourrait se suffire à elle-même ; et nous, quand bien même nous devrions encore voir nos cités devenir la proie de l'Autriche, rassurés par les promesses solenneUes de Tltalie, nous attendrions avec confiance la délivrance future. Nous appelons donc les peuples italiens à se faire les arbitres de nos destinées et de l'honneur de tous, et nous demandons à chacun de leurs gouvernements s'ils croient qu'il soit possible que l'Italie se suffise maintenant à elle-même.

Beaucoup d'habitants de la Vénétie pressent notre gouvernement d'appeler le secours étranger à d'honorables conditions. Mais nous qui voyons le danger de satisfaire, comme de ne pas satisfaire à ce désir, et qui ne voulons pas non plus décider, de ce coin de l'Italie, une question qui intéresse toute la commune patrie italienne^ nous venons demander à chacun des États de la péninsule une réponse clctire ei prompte : claire, car le temps des ambiguïtés est passé ; prompte, car la nécessité nous presse. Et nous répétons qu'il ne s'agit pas seulement ici des provinces vénitiennes, mais peut-être des destinées du pays tout entier pour de bien longues années.

Au nom du gouvernement provisoire de la République vénète.

Le Président^ Manin.

ZswiABI.. Secrétaire général.

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