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AFFAIRES ÉTRANGÈRES DE S. M. SARDE

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Excellence,

Le sort de ki guerre a fait retomber les proTinces véoèies sous le joug autrichien; Venise seule conserve son indépendance reconquise le 22 mars; protégée par ses remparts naturels, le |katriotisme de ses citoyens, la valeur des volontaires pontiBcaux, napolitains, lombards et vénètes, tous concentrés aujourd'hui à Venise, cette ville pourrait résister aux attaques de l'ennemi; néanmoins en réfléchissant combien il importe pour la cause italienne, et surtout pour Tindépendance de l'Italie du Nord, 4{ue non*seulement cet antique boulevard de la liberté soit préservé de lout |>éril, mais encore que tous ceux qui sont engagés dans cette lutte puissent compter sur son indépendance, notre gouvernement croit devoir vous exposer, Excellence, que Venise M.' trouve en proie a deux nécessités urgentes.

Les troupes qui gardent ses forts et composent sa garnison se montent à plus de 18,000 hommes; par leur nombre et leur généreuse ardeur, elles seraient plus que suffisantes pour garantir rinviolabilité de notre ville ; mais ce sont presque tous des volontaires, chez qui nont pu encore s'affermir les indispensables habitudes de discipline, la constante fermeté dans les fatigues, la patiente persévérance qu'exigent les opérations militaires en ^rénéral; mais surtout lorsqu'il s*agit de la défense |krolongée d'une place comme Venise, qui ne consiste |)as dans une seuli* rnceinte, mais se compose d'un grand nombre de forts isolés, dont la défense peut devenir très-compliquée par le concours mutuel que doivent se prêter les forces de terre et de mer. Nous croyons donc nécessaire qu'une p;irtie des troupes valeureuses et aguerries du Piémont vienne dtuis i'ùitérét commun concourir a la défense de Venise; leurs vertus militaires serviront d*exenipl<! e{ exciteront l'émulation des jeunes soldats, et ainsi sera garantie indépendance de Venise qui, une fois retombée au pouvoir de Tennemi, serait bien diflicile à reconquérir; non-seulement la irrande œuvre de rindépendance italienne aurait échoué, mais

encore ce malheureux pays deviendrait le plus cruel exemple d'esclavage et d'oppression. Pour éviter one excessive agglomération de troupes, une grande partie des volontaires pourraient ensuite être envoyés à la grande armée piémontaise où, réunis aux corp» réguliers, réorganisés, acquérant les habitudes du champ de bataille, pleins d'ardeur personnelle comme ils le sont, ils seraient bientôt aptes à toute opération do guerre.

L'autre nécessité que nous devons soumettre à V. E. résulte de nos embarras financiers. 11 serait inutile d*expliquer à V. E. comment* notre revenu étant borné à la seule ville de Venise, et les dépenses restant toujours celles qu'entraîne l'administration centrale de huit provinces^ l'entretien de notre flotte et celui d'une armée de 18,000 hommes ont produit un déficit énorme dans nos finances, bien que la ville de Venise ait contribué plus qu'aucune autre ville italienne pour soutenir son gouvernement.

Sur l'emprunt de dix millions, frappé le mois passé sur les provinces vénètes, quatre et demi ont été attribués à la seule ville de Venise; aujourd'hui même nous frappons un autre emprunt d'un million et demi sur la ville, à quoi il faut ajouter 600,000 1. données volontairement par nos citoyens; mais toutes ces ressources extraordinaires suffiront à peine pour faire face aux dépenses de la première semaine de juillet, puisque la dépense mensuelle se monte à 3 millions. Nous avons demandé à toutes les villes italiennes de venir à notre aide ; mais nous devons surtout nous adresser au gouvernement de S. M. Sarde; car si Venise doit être défendue, il est indispensable de la mettre dans la possibilité de pouvoir le faire. Devons-nous licencier nos trou|)es? abandonner notre marine? devenir la proie certaine de iVnnemi commun? L'Italie peut-elle le vouloir? son champion |>eut-il le permettre? Nous ne le croyons pas ; nous nous refusons (I le croire absolument.

Nous n'insisterons pas après cet exposé, persuadés que ce serait manquer à la grandeur de la cause et à la dignité du gouvernement auquel nous nous adressons ; mais nous prions V. E. de vouloir bâter la présentation de cette demande, etc.

Sigm : le Président Manir.

Casteixi.

DÉFECTIONS OUVERTES OtJ CACHÉES. 283

RÉPONSE

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