LAÏQUES
ROMK, 21 juin.
Excellence,
Je viens tous donner la réponse claire et prompte que demande la dépêche de Votre Excellence en date du 1 4 juin courant, adressée au gouvernement que j'ai l'honneur de servir. Cette réponse est moins la mienne que celle du conseil des ministres que j'ai consulté à cet effet.
Je dois avant tout vous déclarer que mon gouvernement est bien touché des sentiments de reconnaissance que Venise lui exprime |>ar votre intermédiaire, et par celui de votre chargé d'affaires. Il est vrai que nous avons faitpour les Vénitiens plus qu'aucun autre peuple de l'Italie; si nos malheurs actuels nous ont obligés à rappeler nos forces, il en est cependant resté une partie pour défendre Venise. L'indépendance de l'Italie étant Tobjet principal des désirs et des vœux ardents du ministère et des deux chambres, votre gouvernement ne doit pas douter ({ue le ministère et les chambres ne fassent tous les efforts possibles dans ce but ; les chances contraires de la guerre n'ont point iuterrompu ces efforts, qui, loin d'etre abandonués, sont maintenant repris avec confiance et courage. Les difficultés des temps, la position critique de nos fi* nances, l'approche de l'ennemi aux confins de notre pays, feront
aisément comprendre à Votre Excellence la difficulté pour noos de préciser en ce moment, comment et quand nous poorrons envoyer de nouveaux secours en armes et en soldats. Toutefois nous avons prié le roi Charles- Albert, nous le prions et le prierons de nouveau, de secourir le pays vénitien. Étrangers à tout soupçon de conquête, nous n'avons vu et nous ne voyons encore dans la défense de ce pays, que la défense conunune.
Si rbeureux résultat de quelques négociations auxquelles notre gouvernement se prêtera avec joie, peut nous aider à fixer d'une manière plus précise et plus efficace la nature et la quantité de nos efforts, nous le ferons, non-seulement vis-à-vis du gouvememeot vénète, mais encore pour tous ceux qui en Italie peuvent aToir de communs avec nous les dangers et les besoins de la défense.
Mais quant à réclamer le secours de l'étranger, notre gouveraement ne saurait y voir une proposition sérieuse de votre part, mais plutôt un moyen pour exciter les divers gouvernements à hâter leurs secours. Il y voit l'expression d'une résolution désespérée, que les Italiens n'adopteront jamais, tant qu'ils voudront et seront d'accord pour vouloir se suffire à eux-mêmes.
Je me flatte que le temps et les circonstances permettront bientôt à notre gouvernement d'être plus large dans ses oSres et ses promesses envers ceux qui, en Italie, sont en danger de tomber sous la domination étrangère. Dans cet espoir, que je partage avec messieurs les ministres mes collègues, j'ai l'honneur, etc.
Signé : Giovanni Marchetti.
MM. ALEARDl ET GAR AU PRÉSIDENT MANLN*
Paris, 23 Juin 1848.
Nous sommes consternés des nouvelles contenues dans tos bulletins des 14 et 15 courant. Le cœur nous saigne en pensant aux férocités que fera ou que fait peutrêtre déjà subir l'ennemi aux malheureuses provinces reconquises ! etc., etc.
Nous tenons de source certaine^ qu'une proposition formelle
a été faite par TAutriche au ministère des affaires étrangères ici y et qu'elle consiste : à céder la Lombardie à Charles- Albert, à condition que Venise resterait sous la haute domination de r Autriche constitutionnelle j avec une administration séparée et un prince autrichien à sa tête I
Tenez-Tous pour ayertis I
Depuis deux heures on bat ici la générale ; il y a eu plusieurs décharges, mais nous ne connaissons encore ni la cause ni Tissue de la lutte ^.
A. Aleardi, — T. Gar,