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M. CLINTON DAWKINS A LORD PALHERSTON

Venise, 29 juin 1818.

On a reçu hier ici la nouvelle de la capitulation de Palma- Nuova devant les Autrichiens. Les seuls articles de la capitulation qui soient connus ici, disent : que le général Zucchi est autorisé à se rendre à Reggio, sa ville natale, et que les croisés vénitiens qui faisaient partie de la garnison de Palma-Nuova, pourront retourner à Venise.

Clinton Dawkins.

LE GOUVERNEMENT PROVISOIRE {Procès-verhaL)

Vemse, 29 Juin 1848, 9 h. du soir.

Une deputation de la garde civique composée de son état-major, ayant en tête son général en chef, s*est présentée au président du gouvernement provisoire et Ta informé : « Que quoique la

* C'était le commencement des funestes journées de juin. La chute de Lamar- Une, à la suite de ces journées, l'empêcha de conclure avec l'Autriche, et S4»n remplacement par le général Gavaignac rassura les Vénitiens.

reTue ordonnée pour aujourd'hui par le général Pepe eût été ensuite contre-mandée, il n'en avait pas moins été décidé qu^elle devait avoir lieu ; qu'elle avait eu lieu effectivement dans Taprèsmidi, et qu'il s'y était produit une manifestation imposante en faveur de la fusion avec le Piémont ; qu'on avait d'abord vcnilu se rendre en corps au siège du gouvernement, afin de Tinformer de cette manifestation ; mais qu'ensuite on était convenu de le faire par l'entremise de l'état-major. »

Le président Manin ayant demandé quel était le but réel de cette démarche, et ce que la garde civique entendait avoir fait par là ? il lui fut répondu : « Qu'elle entendait par là avoir voté et voter pour la fusion avec le Piémont. »

Le président Manin dit alors : « Qu'il en sérail tenu compte ; qu'il ne pouvait toutefois s'empêcher de faire observer à la garde civique combien il était peu convenable que, tandis que les dernières classes du peuple se laissaient persuader d'attendre avec calme et de respecter le vote de l'assemblée si prochaine, le noble corps de la garde civique donnât le mauvais exemple et devançât illégalement le vote, mettant ainsi en péril la tranquillité publique, dont le maintien est le but même de son institution ^. »

Signé : Le président , Makik.

I Le peuple et la garde civique de Venise étaient, comme on sait, peu faTorablefi à la fusion. Mais la défection du roi de Naples, la capitulation de Vicence (mettant hors de combat pour trois mois, ]?,000 hommes de troupes), Trérise, Padone, Rovigo retombées entre les mains de l'Autriche, et par-dessus tout, rimpo88ibilité,en face du refus du reste de l'Italie, d'invoquer l'inten-ention de la France, tout cela créait pour Venise une situation fort critique ; la chute de Palma-Nuova y jeta répouvante. Martini, le plus actif des agents sardes, alors à Venise, en profita pour obtenir du commandant de la garde civique, homme très-loyal, mais d'uo caractère faible, de laisser organiser une démonstration en faveur de la fusion, la veille même de la réunion de l'assemblée. La note suivante se trouve dans le? papiers de Manin sur cette affaire :

« Pepe avait dit à Mengaldo de décommander la revue ; mais Mocenigo fit battre la générale. La revue eut ainsi lieu et Mengaldo lui-même y assista. En sortant du gouvernement, une foule immense macclame et m'accompagne jusque chez moi. Un enfant se jette à mon cou en sanglotant. Je dis : que j*aime ma patrie sincèrement et suis prêt à lui faire tous les sacrifions, même celui de mes plus chères convictions. »

Je u'ai pas dit aui Royalittes ce que ceux-ci diuieot aux RépublicaÎDS : • Au nom de U concorde* je tou» •omme de renoncer à toe contictions, et d*aecepfer le» nAlres. • J'ai dit aux RépubUcains : Je m'adresse à TOUS, qui êtes mon parti, le parti le plut généreux ; cédez pour le moment ; tous le poures d'autant plut aiaement, que Tatenir toui appartient l

(Mahih, Pensées ditar.hée*.)

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