‹ Documents historiques, critiques, apologétiques, concernant la Compagnie de JésusChapitre 31 sur 69 · DISCOURS · texte numérisé non relu

DISCOURS

tieHenvent du régime de cette insociable Société. Il ne faut pour cela que dépouiller les arrêts des différente.*^ classes de Parlement, arrêts qui ne sont euxmêmes que la Gazette ecclésiastique distillée. J'opposerai, sans verbiage , les raisons des soi-disant Jésuites ; et je ne produirai que celles qui ont demeuré et qui demeureront sans réplique.

Je ne consulterai , dans ce court.exposé , que mes yeux et ma raison. Cette raison est un guide que Dieu m*a donné ; elle ne peut être subjuguée que, par une raison supérieure ; et je ne connois de raison supérieure qui ait droit d'exiger mon acquiescement, que celle qui est infaillible. Le juge' qui condamne au feu la défense d'un accusé , se rend coupable d'un grand crime (i). En effet, tout jugement public, émané d'un tribunal faillible, doit être motivé ; et tout homme raisonnable ^a droit d'en apprécier les motifs. Nous admettrons , si l'on veut, qull doit garder le silence , lorsque ce silence n'est pas une prévarîcattoh ; mais , selon les choses «et les temps, la vérité veut aussi des martyrs', et nous soinmés dans des conjonctures où nous pouVhns dire avec les Apôtres : « Jugez vous-mêmes si nous « devons vous obéir plutôt qu'à Dieu. » La cour exigeroit-ellé pour ses arrêts une obéissance aveugle ?

(i) Oa siiit qae c'étoit ainsi qu^en usoient les parlements à Tégard de 0iHilei lii^l^j^Qlo^M et défenses qui leur étoicnt présentées au nom ou CaiÉÉÉHhBlblÉII^' {Note àc V Editeur.)

PttÉLIMINAIUE. 15 •

« Mais n'avoir pas la liberté de son esprit, de son' « jugement , de sa volonté , c'éstun état dé 'Servitude' « qui approche de ranéantisséitient; lies lois civiles^ « ne le connoissent point, du plutôt ne 'pourtbiènt*

tf le.cônnoîtré Le despotisme spirituel est inipie^

« il attente aux= droits de I)ieu(i). » Ainsi s'exprime' un n^agistrat chrétien, qui ne veut pas sans doute qu'on ait, pour ses décrets , cette ohéiss^iyce stûpitlè ^ que saint Paul prescrit aux fidèles. Je ne suis donc pas obligé déjuger de ma religion par les principes de Fauteur des Lettres persannes , et de croire , sur l'autorité d'un Compte rendu, que la pratique des conseils évangéliques dégrade le chrétien stupide qui se condamne au célibat et à la pauvreté , pour suivre les conseils et l'exemple de Jésus-Christ.

Ces réflexions , et d'autres beaucoup plus fortes , se présentent d'elles-mêmes. Si je suis dans Terreur, je, suis bien digne de compassion; et il faut convenir que les Jésuites sont réellement d'habiles magiciens qui fascinent un grand nombre de gens de bien, et qui me tiennent, moi-même , tellement sous le charme , que ni la puissance , ni la qualité , ni les violences de leur^ juges et de leurs accusateurs ne peuvent me détourner d'entreprendre leur justification. Je l'essaierai, sans invectives, sans déclamation; que la passion , dans son délire , abuse malicieusement dès choses les plus innocentes , qu'elle

(i) Compte rendu, p. 117.

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