CONCLUSION
« Les Jésuites francois vivent avec une telle édification , «qu'ils n'ont pas besoin do réforme,» suivant les conclusions de MM. les gens du roi (page 302). Un illustre magistrat, dont .le témoignage n'est pas suspect , «loin « d'accuser de fanatisme Tordre entier des Jésuites , les «disculpe presque tous, et«urtout les Jésuites francois. « Il ne croit pas mémo possible , qu'attachés à l'Ëvangile « par devoir, à la patrie par les liens de la naissance , ils « oublient les sentiments de religion, de Tortu , d'hu- «manité, incompatibles avec le fanatisme; il ne croit « pas qu'ils puissent cesser d'aimer leur patrie et leur « roi (i).»
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Damicns et de Basembaûm se confondirent dans la plupart des iétes^ et il resta à peu près décidé que le malheur de 1757 devoit être uniquement attribué à cette édition de Busemhaiim , qui n*ayoit jamais existé. {Note de l'Editeur.)
(i) Compte rendu au parlement de Brctagnc^par M. de La Chalotais , p. 58.
VEWDIQUE. &5
Et pourquoi iFeut»oii les exterminer? Suivant les a»Técs des difTépeiites classes du parlenoent, tous les Jésuites franoois sont proscrits, «pour avoir soutenu ccnstammenl , « elsansinterrupliony dans une multitude deuvrageSyjusqa* au « moment actuel , la doctrine perverse du tyraanicide ; »^ et, suivant ces mêmes arrêts, n il n'y a pas un seul Jésuite « françois qui ait enseigné, depuis cent ans, la doctrine « perverse du tyrannicide ! » ,
Les plus célèbres d'entre les Jésuites françois, au nombre de plus de soixante , se sont élevés avec force contre la doctrine perverse du tyrannicide ; on ne peut pas en citer un seul qui Tait enseignée depuis un siècle; et cependant les Jésuites françois ont enseigné cette doctrine perverse jusqu'au moment actuel sans interruplim! Tout François qui juge par lui-même, et à qui il reste encore un peu de droiture et de bonne foi , est forcé de convenir que, si on proscrivoit tous les corps qui ont loué , enseigné , autorisé, ordonné ou mis en pratique la doctrine meurtrière, les seuls qu'on proscrit devroient être les /^u/j exceptés delà proscription. Il y a long-temps que la classe métropoUiame n'existeroit plus.
Les Jésuites françois ont soutenu constamment cette doctrine perverse avec rapprohuion du général ;%t le même parlement qui assure ce fiait, a déclaré deux fois «qu'il « étoit content du décret du général, qui défend de la « soutenir. » Le parlement sait que Paul Oliva , autr^ général des Jésuites, a fait tm ouvrage entier contre la doctrine «enseignée constamment avec V approbation du ^ général*^
Les Jésuites françois ont enseigné constamment ^ et sans interruption, la doctrine du régicide; et parmi plusieurs millions de citoyens qui ont pris de leurs leçons ou de leurs conseils, parmi leurs juges, qui sont tous François, il n'en est pas un seul qui ait en tendu un seul Jésuite dire, une seule fois, que le régicide n'est pas un crime.
C'est l'édition de Busembaûm, de 1757, qui a réveillé
le zèle desparlementSy elles parlements ont su que cette édition navoit jamais existé; et les parlements citeront toujours l'édition de 1757 «pour continuer la chaîne de la tradition ; «> et les parlements fonderont ^ sur cette ëdi<^ tion prétendue , le système d'accusation imagine contre la Société ; et les parlements immoleront à la sûreté du Arène les Jésuites François , parce qu*un Jésuite françois a jdL\v\%<à ^ douze ans après samortf une édition deBusembaûni, laquelle édition n'a jamais existé ; et cela s'appellera : «ne « s'occuper que du bien public, des lois fondamentales « de la monarchie ! »
Un auteur €hscur[}) a vu dans le Compte rendu > etc.^ «qtie, par zèle pour la religion , il faut proscrire tous « les ordres religieux , comme composés de gens oisifs ^ « qui seroientmaittfa//, fussent-ils tolérables, et qui ne font « que surcharger rÉtat; » il a vu «que ceux qui ont fondé « les ordres religieux ont fait quelquefois un bien pas- « sager, et toujours un mal permanent; que les religieux « qui enseignent ont empêché les curés d'être savants , et « que ceux qui mendient les ont empêché d'être riches ;%{\xq « le célibat des prêtres et les œuvres pies ruinent et dé- « peuplent les Etats ; que les mcrtijlcations des anachorètes « sont surpassées dans certains pays par des pénàents « idolâtres y ainsi que l'assure le livre de V Esprit; que les « évêques se joignent incojuidéremenl à Rome; que les «i pieuses fondations de nos pères ont été les tristes effets « d'une imagination échauffée ; que le saint institut ^ au* « quel un concile œcuménique défend de rien changer « n'est, en dernière analyse, que \e/an€Uisme réduit en « principes, etc«
(i) Il s^agit ici, sans cloute, de quelque réfutation du Compte rendu de La Chalotais ,doiit Fauteur aura reçu cette épithëte dédaigneuse de la part des parlementaires; ils ne répondoient, en effet, aux. apologistes des Jésuites, qu'en brûlant leurs livres et en leur disant des injures.
{Note de V Editeur,)
Le. même auteur ciscar eLWXf dans le Compte rendu , * « que les Jésuites font des promesses et des serments qu'ils « sont dans Vimpossibiliié d'accomplir, et que cependant «ils \%s accompUrenl à Rennes en 175S et en 17 60;. que « les Jésuites François sont mmocenls àxx régicide, et qu'ils « sont justement soupçonnés de le soutenir. Il à vu que « l'auteur de ce Compte rendu a falsifié la buUequi att- « torise l'institut, et qu'il y ajoute un mot, afin depou- « voir. dire que les Jésuites n'obéissent qu'au papç seul; ,« qu'il avance une insigne fausseté, lorsqu'il dit que les a constitutions des Jésuites n'ont été vues à aucun trice bunal; qu'il blasphème, en mettant saint.Paul<au nom- « bre des fanatiques , parce qu'il ordonne aux dirélâens inde voir JésaS'Christ dans & /«pmVar; qu'il ne >' entend « pas lui-même lorsqu'il dit « que les Jésuites qui r^ems- « teni pets, ont cependant une existence;^ qil'il insulte- au « publicconnoisseur,enavançantquelesrégpntsdel'ùni- « versité efi¢ par leur mérite et surpassent ^par leur « nombre, les littérateurs de la Société de Jésus,* et que A les Gresset, les d'Olivet, et une infinité d'autres ont « fait de mauvaises études. »
Voilà un léger échantillon de ce qu'a vu un auteur obscur a dans .un ouvrage lumineux, fait suivant l'în- « tention de la cour, par, un magistrat qui s'occupa des « intérêts de la religion... avec distinction; dans «ti.ou^ «^vrage qui sert de motifs/ qm fait partie ^dt se/ arrêts; « qui renferme des décisions que V équité a dictas. » C'est ce qu'il a vu « dans un di,c%^xiuthentique, dani un acte vé- « ridique, qui ne contient que des faits vérifiés avec la plus « scrupuleuse exactûude.n Cet éloge est «ans appel; il est sorti du sanctuaire de la justice , a liennes , le 37 avril
Je finis en disant k ceux qui liront ceci avec les yeux de la prévention, ce que disoi* le cardinal de Richelieu aux ministres protestants d^ Charenton : « La bonté de « Dieu est si grande ,.qu'îJ convertit d'ordinaire en bien