‹ Documents historiques, critiques, apologétiques, concernant la Compagnie de JésusChapitre 43 sur 69 · CHEZ M™ CARIÉ DE LA CHARIE, ÉDITEUR · texte numérisé non relu

CHEZ M™ CARIÉ DE LA CHARIE, ÉDITEUR

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Avant d|B commencer cette seconde partie, hoUs citerons encore Arnaud, Pasquier, et leurs fidèles échos, les auteurs des Comptes rendus.

^«Ne fut-ce pas chez les Jésuites de Lyon, dit «Arnaud, que Barrière prit la dernière résolution « d'assassinet le roi? Ne tut-ce pas Varabe, principal « des Jésuites, choisi tel par eux comme le meilleur « Jésuite y qui encouragea l'assassin, qui lui promit « le Paradis , s'il tuoit le roi? Et de peur que l'atro- K cité du crime %c lui causât des remords, ne le fit-il « pas CONFESSER par un autre Jésuite dont on n'a pu « SAVOIR LE NOM, ct qui «t, par aventure^ encore en <i cette villcy épiant l'occasion de poignarder le roi? «Quoi plus, ces impies et exécrables assassins ne, t( COMMUNIÈRENT-ILS PAS eucorc cc Barrière, etc.?»

« Ignace étoit un régicide^ dit à son tour Pasquier; « c'est de lui que les Jésuites ont appris de tuer ou fi faire tuer ceux qui n'adhèrent point à leurs opi- « nions. »

Puis, voici comment il raisonne au sujet de Jean Châtel :

« I^es Jésuites, s'écrie-t-il, font grand trophée de

« leur innocence, disant que, ni en la question, ni « hors d'icelle, le pacricide ne chargea aucun d'eux; c mais que tout ce qu'il en avoît fait étoit provenu « de son propre instinct, et qu'en cette confession, « il persévéra jusqu'au dernier soupir de sa vie. Et « MOI, je n ai point de plus puissant argument que ficettujr^ pour montrer que le métier d'assassinat « étoit logé dedans leur collège. »

Cette manière de conclure étonne d'abord : Pasquier l'a prévu, et va prouver à son lecteur qu'il sait ce qu'il dit.

« D'où vient, ajoute-t-il pour fortifier son arguée ment /^z^^^^a/z^^ d'où vient qu'entre tant d'autres « collèges, auxquels se faisoit l'exercice des bonnes « lettres, nul écolier n'entreprit un si damnable des-

<c sein, que celui qui ^voit été nowri chez eux?

«Aux autres collèges, on ne savoit ce que c'étoit « d'enseigner le meurtre des rots ; mais en c^ui d^s « Jésuites, on ne préchoit autre chose. »

Voilà qui est sans réplique; et kessiburs de la cohue des Enquêtes (i) avoient, sauf quelques exceptions, ce qu'il falloit de sens et d'instruction poqr être frappés du raisonnement de W" Pasquier :

(i).Cétoit le sobriquet qu'aroit justement mérité , dès la Fronde , et conserré jusqu'à la fin , cette chambre du parlement , compo&ée de ses plus jeunes conseillers j et où, dans les exoës et les révoltes de cette Compagnie , s'onvroient constamment les avis les plus violenta, et se ^Ms^ien^lef pp^s les plus tamaltueuses.

t)E L'ÉDITEUA* 1

«Jean Châtel, dit Tun d'eux (i)^ attenta à là vie <t d'Henri IV, et Jean Châtel avoit été nourri et élevé « chez les Jésuites , ayant appris du Jésuite Guéret « que cet attentat est un moyen d'expier ses crimes^ « s'étant rendu souvent dans la chambre des méôicc TAXIONS (a), où les Jésuites iutroduisoient les plus

(i) Discours d'un de Messieurs des* étiquetes au parlemeat , page 36 , etc.

(3) La chambre des xÉDitATioits ét^it connue, dès le temps de la Ligue ; et les auteurs des Comptes rendus n'aToient garde de ne pu» faire leur profit d'une si belle invention. Elle offrit à plusieurs d'entre eux, et particulièrement à M* Riper t de Monte! ar, des tableaux d'aD grand effet, et des mouvements oratoires qui produisirent, dans le temps, une profonde impression.

Où ne'vsera peut-être pas fâché de savoir ce que e'étoit que etiVê cAam5re £fei MÉDITATIONS. Voici ce qu'en disent les^^at^^ et respectables écrivaius du seizième siècle, copiés parles magistrats du dix-h<uitièate.

«c Quand les Jésuites ont introduit dans la chambre des HÀoiTAnoiit la victime dé leur fureur, Ils tirent d'uni eoffre d'ivoire, couvert d'au Agnus Dei et environné de caractères, un eottfeau qu'ils arrosent d'ea«i bénite, et sur lequel ils mettent un certain nombre de gv»i»» bénit» , qui représentent qu^on tire autant d'àmes<du pui*gatôire qu'on donnera de coups j et en le donnant au meurtrier, -ils lui disenV : or Va, mignoM « dé Dieu, élu tomme Jepbté ; veilà le glaive de Saiffsdn , le glaiim de «c ]>avid, duquet il trancha la tête à Goliath , le gl)aive do Jvdrth- dii- « quel elle trancha la tête à Holophéfne , le glaive de» Ma«h«bée$, et « le glaive de Saint-Pierre, duquel il coup» roreilteà Ittftlclnii, Ils ghii^ « du pape Jules II, airec lequel ilarraeba, des mains des- princes, Kruse, «f Fmote, Fayence, Furli, Boulogne et autres villes, »vee gcande eiiu^ «^sion de sang. Va, abis homme robusce, et le Seâgneu^ assure tes (tpas. »

Puis toi:ité ht Conlpagikle se metunt à genmncv l'«a d'mm^e eiu» lak oeCte cônjuratibU : « Venén, Séraphins, Trônes et BoAînatiHwcf voetié» ,

« grands pécheurs, les effrayoient par le portrait de <c plusieurs diables, les pénétroient ainsi du plus « homble faitatisme. »

ft Anges bienheureux , pour remplir c*. yaisseau de gloire immortelle , et « lui apportés présentement la couronne de la Vierge, des patriarches, «des martyrs. Il n'est pas nétre, il est vôtre; et toi , Dieu , qui es «redoutable, et qui lui as révélé, en ses méditations, qu'il falloit tuer <tun tjrran, étant disposé par vous à cette entreprise, redouble ses nerfs, M renforce son courage, afin qu'il puisse exécuter ta volonté. Donne-lui « un corselet caché, afin qu'il puisse échapper à la fureur des sergents : « donne-lui des aisles, afin que les lames de ces barbares n'atteignent « %es membres sacrés ; épars les rayons sur son âme, afin qu'elle anime n tellement son corps , qu'elle le jette à travers de tout ce qui s'oppo^ (c sera à son entreprise, sans peur. »

Cette conjuration finie, ils le mènent devant l'autel, et lui montrent un tableau çà les anges tiennent Jacques Clémetst, jacohin , assassin d'Henri m, et le présentent devant le trône de Dieu, disant : <c Seigveuk, tt voilà ton bras, voilà ta vengeance, et VeTcéciUion de ta justice, » Et tous les saints s'élèvent pour lui faire place. Après que ces choses sont faites, il n'y a plus que quatre Jésuites qui parlent à ce Jésuite; et quand ils l'abordent, H lui disent qu'ils sont ravis en admiration de voir la splen-^ deur qui est autour de sa personne y ils lui baisent les mains et les pieds; ils ne le tiennent plus pour un homme, et lui portent envie de l'honneur 'et de la gloire qu'il possède déjà ; ils lui disent en soupirant : «A la « mienne volonté que Dieu m'e^t élu et choisi en votre place , je serois « assuré de n'aller point en purgatoire, mais tout droit en paradis. »

Ce sont des écrivains hugueuots qtii ont fourni ces précieux renseignements aux auteurs des Comptes rendus. Nous citerons, entre autres, la PoUtique des Jésuites (édition de Cologne, 1689, p. 106 etsuiv.)? et le livre intitulé : Mystères des Jésuites pour prendre résolution de tuer les rois, in-S^» 163a ; sans nom de ville et d'imprimeur. On peut voir encore une note de Duchat sur le Journal de l'Etoile^ t. 5, p. 553. A la vérité, ces braves huguenots ne citent point les sources d'où ils ont tiré ces étonnants récits ; mais ce sont là des bagatelles auxquelles il ne faut

. <c GuiRET, régent de Châtel, et Alexandre Hat, « Jésuites 9 dit un second iécho de l'auteur du datétt chisme^ sont bannis à perpétuité, Tuâ pour avoir

point s^arréter ^ et ce qu'ils nous racontent est trop bien circonstancié pour n'être pas incontestable.

D'ailleurs , personne n'ignore que cette chambre dts méditatiohs^ et plus effrayante encore, s'il est possible, existe à Montronge, où les Jésuites, en.ce moment même , ainsi que nous l'assurent les libéraux , conspirent contre tous les rois tle l'Europe, dont,, eux libéraux, sont les meilleurs amis, comme tout le monde sait. Un certain abbé Marcet , dit IMartial de la Roche-Amauld, lequel est demeuré, deux ans, dans cette maison dç Montronge, où , de son propre aveu , il faisoit l'honnête métier d'es-* pion (*), nous a confirmé l'existence de cette chambre, y ajoutant une description exacte de ce qui s' j passe , dans les jours de grande cérémonie. A la yérité, il n'est jamais entré dans la susdite chambre-; il ne sauroit même dire où elle est située , et personne , dans la maison , ne lui en a jamais parlé. Mais ks auteurs des Comptes rendus en parlent; et il le peut bien affirmer d'après eux, puisqu'ils l'ont eux-mêmes affirmé d'après d'autres. Un abbé françois n'est pas de pire condition que dts libellistes huguenots ; et puisqu'on a cru ceux-ci sur parole en 1 769 , il n'y a pas de raison pour qu'on le traite, lui, d'imposteur, en 1837^ Au reste, ce monsieur, soi-disant abbé, peut espérer de réussir dans les. choses difficiles, puisqu'il en a su faire qu'ayant lui on aroit jugées im-^ possibles : grâce à ses révélations, les ennemis des soi-disant Jésuites qui, jusqu'alors, avoient trouvé qu'on n'en disoit point assez sur leur compte, reconnoissent, pour la première fois, qu'il s'est rencontré un homme qui en a trop dit , et vont jusqu'à avouer que cet homme pourroit bien les avoir tant sqit peu calomniés. Avoir pu leur arracher un semblable aveu

(*) 11 aunre que c*tÊX au péril de sa vie qaMl sVtoit charge de remplir cette honorable mission. Nous sommes très portcU à le croire;.et en'effet, on a peine k comprendre comment il Se fait que les Jésaites, qui luenl si lestement les rois, et qui, suivant cejeuneet eourtigeux ecclésiastique, ont toujours dix mille poignards à leurs ordres, se soient tout bonnement contentés de le mettre à la porte. Il me semble que ce devoit être un jeu pour eux de faire expédier, par le dernier de leurs sicaires, M, Tabbé MartiaNMarcetde la Roche-Arnauld.,

10 AVERTISSEMENT DE L'ÉDTTEDR.

a enseigné à son disciple, que ce serait ren^T^ un sa grand service à là religion que d'assassiner Hen^ % ri lf^9 et Tautre pour avoir tenu des discours at- « tentatoires à la sûreté de la personne du souye-* a rain ( i ). »

Les deux dissertations que l'on va lire prouveront jusqu a la dernière évidence que les ennemis des Jésuites ontisu mettre ici, selon l'énergique expfeS'^ sion du cardinal de Betz , le ridicule dans VaBomination.

•fl 11» Tvai toar de force , qui met hors de pair Fancieii eommeûsal de B|itf|tfy>u§0, M; Martial-Mardet de U Roche* Amaold.

( t) Cfi^to nnd» k Moaen , par M* Charles » deuxième pa* ûé, p. i5o^

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