APOSTOLIQUE
Au mois de juin dernier, nous écrivîmes une lettre à Votre Majesté , dans laquelle nous la priâmes d'accorder de la manière la plus efficace sa ix)yale protection aux religieux de la Ck>mpagDie de Jésus, établis dans ses florissants états, attendu qu'il n'en £illoit pas moins pour les mettre à couvert de l'orage qui s'étoit élevé contre eux. La réponse dont Votre Majesté nous honora nous remplit de consolation, par Fespérance qu'elle nous donna qu'à la faveur de son autorité souveraine, la sérénité et le calme succéderoient a la tempête. Depuis ce temps jusqu'à présent, nous avons été tranquilles, et étant informés 8uccessivement.de ce qui se passoît, nous ayons admiré la haute prudence de Votre Majesté, toujours attentive à prendre les mesures les plus justes et les plus modérées pour faire exécuter ses desseins. Nous croyions. Sire, toucher au momenpt du succès, mais quelle a été notre surprise et notre douleur, lorsque nous avons appris qu'on prenoit, pour tendre au but, des moyens tout propres à en. éloigner : nous avons su que le cardinal de Rochechouart, mî-
nistre de Votre Majesté, à reqais, en votre nom, que le général de la Société nommât un Ticaire-général pour les Jésuites de France. Cette chose n'est pas au pouvoir du général; et nous-mème, avec toute notre puissance, nous ne pouvons Ty autoriser. Ce seroit-là une altératjion trop substantielle dMM Tiûstitut de la Compagnie, institut approuvé par tant de constitutions de nos prédécesseurs,, et même par le Saint-Concile de Trente. Cet exemple tireroit à de si funestes conséquences , que le moindre mal qu'il y auroit à en attendre , seroit la^ dissolution d'un corps qui, pendant deux cents ans, a été si utile à l'Eglise, principalement par son union et son entière dépendance de son chef. Cette union, Sire,, et cette dépendance , ( quoi qu'en disent les mal intentionnés) n'ont jamais troublé la tranquillité publique, ni dans votre royaume ni dans aucun autre; mais ce qui ^i vrait c'est -qu'autrefois aussi bien qu'à présent, elles «nt fait une peine infinie aux enneoiis de la religion et nui^ réfractaires cpii se voj^ent attaqués en tout lieu^ par une nconbreuse société de gens, dont l'occupation «st ds s'avancer dans la piété et ^ai^s les sciences, et qui, remplis de zèle et ajciimés du miéme esprit, ne cessent 4e combattr& l'erreur et l'esprit d'in4épendance.
VoUà poui\quoi ils ont fait tous les efforts imagi* aahles pour les dél^ruire» employant Timposture et la ca- ÏMaBOiitf faute de trouver dans la vérité des armes^. suffisantes^ majb comme tous les moyens dont ils se sont servi n'ont jamais pu leur réussir, ib en ont imagiaté un autre t c'est de rompre les liens qui unissent les membre» de cette Société , parce que ces. liens, une fois rompus ) eQtraUieroient nécessairement. âa riûne.
Vous ave» , Sire > hérité de vos ancêtres le titre de
fils aine de l'Église; par vos bcurQttx pençhanu vous
mériie% celui de défonsewr de la rçligion : à ces deux
titres ^personne ne doit avoir {dus à cœur que vous,
de conserver dans toute son intégrité une Société qui contribue tant à l'objet que Votre Majesté regarde comme le plus essentiel de son gouvernement.
Cest dans cette vue que nous supplions , à chaudes larmes y Votre Majesté, de ne pas permettre qu'on fasse, dans ses états y le moindre changement dans l'institut de la Compagnie de Jésus, ni qu'on détache, soit en apparence soit en réalité, de ce corps, une de ses parties les plus considérables.
C'est ce que nous nous sentons portés à attendre de la piété héroïque et de l'attachement filial de Votre Majesté. Cette confiance calme les agitations de notre cœur; et nous donnons avec toute la tendresse paternelle, à Votre Majesté et à toute la famille Royale , la bénédiction apostolique.
Donné à Home, à Sainte -Marie- Majeure , le 38 Janvier 1762, la quatrième année de notre Pontificat.
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