Documents historiques et statistiques sur les communes du canton d'Auneau, arrondissement de Chartres (Eure-et-Loir)
Le canton d'Auneau est limité au nord par celui de Maintenon et le département de Seine-et-Oise, à l'est par ce même département, au sud par les cantons de laaville et de Voves , à Touest par le canton de Chartres sud. Son territoire, qui occupe une superficie de 29,900 hectares, se trouvait compris dans celui des Camutes, lors de la conquête des Gaules par Jules César, et dans la XII« Lyonnaise, après la division établie par les Romains dans le pays. On retrouve encore aujourd'hui des preuves du culte et de la domination de ces Oûpeuples dans la contrée qui nous occupe. Nous cite- ^ rons : les Fontaines druidiques de Saint-Maur^ à Saint- ^émy-d'Auueau, et de Saint-Eloi^ à Aunay-sous-Au- ' neau , le peulvm de la Fontaine , qui a donné son nom ^ à Levainville « Leven-Fontana » , les champtiers de la X Pierre-Tournante et de la Grosse-Pierre^ à Santeuil, les J souterrains d'Aunay, de Garancières, de Roinville et ^e Santeuil, les nombreux monuments celtiques de la fcJ^ée de la Voise et les anciennes voies romaines de ^la contrée.
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f Si l'on s'engage dans la vallée de la Voise, dit M. de BoisviUette (1), et qu'on la remonte jusque un peu au-dessus de GaUardon, où elle reçoit le petit bras de la Rémarde^ on trouve sur la pointe même du cap formé par les deux vallons, et à sa base aussi , entre le hameau de Talvoisin et le village de Montlouet, de remarquables débris de pierres celtiqites, plusieurs encore debout, les autres renversées, mais la plupart avec des signes apparents d'origine commune.
» Tout ce groupe est formé d"une brèche siliceuse , à pâte de grès ordinaire et qui se détache facilement de son lit de carrières en tables de grandes dimensions. Le gisement naturel, ou la carrière, ne se retrouve plus aujourd'hui, du moins apparent, dans la contrée, soit que l'extraction des roches druidiques l'ait épuisé, soit qu'il appartienne à un dépôt de grès plus éloigné; j'aime mieux le croire tenant à la localité même; les indications géologiques, d'ailleurs, appuient la supposition; et là, comme à Chartres, je trouve la carrière naturelle et l'entassement artificiel des blocs.
> Quoi qu'il en soit du lieu d'extraction, le volume des pierres , leur nombre , leur disposition principale, massée sur le petit cap de Talvoisin, autrefois habité par un hameau dit des Cuillerts, constituent, âmes yeux, un véritable ensemble monumental.
» Le plus considérable groupe occupe la pointe même du cap, traversée par le chemin.de Gallardon à Anneau , au lieu dit des Roches ou des Cuillerts , vers les limites : Ymeray — Montlouet.
> Là , tout au bord et à droite du chemin, se voit à fleur du sol , une grande table dirigée nord-nord-ouest, formée de trois pierres d'ensemble 18 mètres de lon-
(1) Statisti<iae archéolog. d'Eure-et-Loir, 1. 1, p. 46, — 1864.
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gueur sur 5 m. 50 c. de laxgeur et 0 m. 70 c. d'épaisseur moyenne; le remaniement du terrain voisin l'a enterrée, mais des fouilles pratiquées en différents points ont fait reconnaître que les tables reposaient sur des pilliers verticaux enfouis dans le sol , et constituaient, de cet arrangement, une véritable allée couverte, réduite aujourd'hui à une vingtaine de mètres, et qui a dû être beaucoup plus étendue, à en juger par les débris voisins. Dégagé du remblai parallèle, le mouvement présente une belle apparence et accuse une destination certaine. Vers la jonction de la première et de la seconde table du toit se trouve, comme signe accessoire , une large cuvette d'un mètre de diamètre , creusée dans le parement supérieur , et se prolongeant, par un trou assez informe de 0 m. 25, à travers le reste de l'épaisseur.
» L'allée couverte est accompagnée de deux autres groupes situés de l'autre côté du chemin affectant une direction commune , et présentant l'aspect de pierres brisées et déplacées , sur une longueur de 25 à 30 mètres : ils ont fait visiblement partie d'une construction contemporaine, dolpien ou allée, continue ou discontinue, mais orientée assez exactement sud-ouest.
» Tout l'espace voisin , le sommet du cap comme le talus sud du versant de la Voise, vers Talvoisin, et la Crète de celui opposée de laRémarde, vers Montlouet, sont littéralement couverts de blocs analogues , debout ou couchés , enfouis pour la plupart dans les remaniements du sol et déplacés par la culture.
» Tout ce que je puis conjecturer sur des apparences bien frustes aujourd'hui, c'est qu'il aurait existé là une enceinte de forme quadrangulaire , longue de 140 à 150 mètres, large de 60 à 100, assez bien marquée, côtés sud et nord , par les chemins d'Anneau en haut et de Talvoisin en bas. A l'angle nord-ouest était placée l'allée couverte ou le grand dolmen , et en dehors de
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Tenceinte , vers le nord , les deux autres groupes mentionnés ci-dessus, à gauche du chemin d' Anneau.
» Le champtier s'appelle les Roches; est-ce une désignation de carrières naturelles, ou le souvenir d'une agglomération artificielle? Rien n'autorise à préciser la réponse.
» L'enceinte druidique\ en lui gardant cette forme présumée, n'était pas isolée; de nombreux symboles contemporains l'accompagnaient , plusieurs encore debout, qui apportent leur certitude â Tappui de sa probabilité.
» Tout à côté^ marchant à 250 mètres à Test sur le petit chemin d'Auneau qui divise le cap du confluent, on trouve d'abord une belle pierre longue et large de près de 3 mètres ; table de forme rectangulaire et à coins arrondis d'un ancien dolmen renversé et porté originairement sur trois pierres qui gisent à côté sur le sol.
« A quelques pas, im beau demi-dolmen à table rectangulaire, longue et large de près de 4 m., épaisse d'un demi-mètre, légèrement inclinée, l'un des bouts portant au sol, qui, peut-être était élevé, dans l'origine, sur deux pierres, au niveau du bout supérieur. La table dont les bords paraissent avoir été dégrossis, présente, au milieu, deux refouillements ou creux assez irréguliers, larges de 0 m. 20 à 0 m. 30 sur 5 à 6 centimètres de profondeur.
« Sur le versant de la Voise et non loin des Roches, au champtier de Chantecoq, se voit une pierre droite ou menhir y tenant fortement au sol et présentant une sorte de profil humain assez grossier qui regarde le nord : sa hauteur est de 3 m., sa largeur d'im peu plus de 2, son épaisseur d*un demi-mètre.
< A six pas, au nord, un autre grès de 3 m. 60 sur 2 m. 60, est couché, qui parait avoir eu une destination semblable.
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« Deux pierres plateâ reposant l'une sur l'autre et pardissânt avoir été dérangées, accusent encore, nùtt loin de là, Tapparence d'un ancien dotmm. D'autres aussi pourraient être récoltées dans la même région, et avec non moins de présomption sérieuse.
« A ces données authentiques, si Ton ajoute le beau dolmen connu sous le nom du Palet de Gargantua (f), dans les aunaies de Montlouet, et la PUrre-Fîte ou Mie, de Mévoisins, (2) la vallée de la Voise accuse ainsi un centre druidique d'une certaine importance. Uensemble non moins que les parties du groupe, sa position massée sur un cap aux pieds arrosés par deux cours d'eau, le choix et l'arrangement des matériaux, autorisent concurremment à placer là un signe considérable de l'époque celtique. »
L'ancienne voie ranmine de Paris à Blois par Ahlis, connue dans le pays sous le nom de chemin de César ^ traverse à Test le canton d'Auheau, dans la direction du nord au sud, sur une étendue de 12 kilomètres. En quittant le département de Seine-et-Oise à Ôrsonville, elle pénètre dans celui d'Eure-et-Loir à l'extrémité est du territoire d*Aunay-sous-Auneau, sert de limites aux territoires de Maisons, Sain ville, Morainville, Vierville, passe entre Léthuin et Ghâtenay, qu'elle délimite, et vient traverser à angle droit sur le territoire de Gouillons , 1« la route départementale de Chartres âAngerville; 2° le Vieux-Chemin de Saint-MathvHn (3) :
(1) Dolmen décrit et deâsiné par M. Sativa^eat dans leâ Mémoires de la Société Archéologique d'Eure-et-Loir, tom. 1»^ p. 237.
(2) Visitée et décrite en 1844, par M. de frémînYifle, Mém. de la Société des Antiq. dé France.
(3) Un de nos confrères, M. Emile Béllier de la Ghavignerie, dans sa Monographie de Làrchant, oh sonf déposées les reliques de Saint- Mathurin, dit, a^ec quelque apparence de raison» qtie ce chemin a
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c'est l'ancienne voie romaine qui conduisait de la ville des Garnutes à la ville des Sénonais (de Chartres ù, Sens). A l'un des angles formés par l'ancien chemin de Paris à Blois par Etampes avec celui de Saint-Mathmrin, on rencontre, sur une étendue de 20 hectares, des ruines enfouies dans la terre ; les champtiers où elles se trouvent se nomment Sampuy (1) et Montrichard. Des fouilles opérées, 1847 à 1854, ont mis à nu une partie de cette voie romaine et on a pu reconnaître qu'elle était formée de quatre lits: le plus superficiel, de pierres et de terre ; le second, de chaux et de sable ; le troisième, de pierres encaissées; le quatrième, de grosses pierres posées à plat.
Les monnaies et les antiquités romaines qu'on y a trouvées agglomérées en grand nombre et celles qu'on y rencontre encore éparses de temps en temps, ne laissent aucun doute qu'il y avait dans ce lieu xme de ces stations militaires — loca stativa — que les Romains échelonnaient sur lès routes pour les besoins de leurs légions (2).
Le canton d'Aimeau se montre riche d'ailleurs en antiquités gallo-romaines que nous rapporterons en leur lieu. Citons dès à présent les communes suivantes: Ardelu, Aunay-sous-Aimeau, Béville-le-Gomte , La Chapelle-d'Aunainville, Champseru, Ghâtenay, Denonville, Francourville, Garancières, Houville, Léthuin. Maisons, Mondonville- Saint -Jean, Oinville,
reçu son nom actnel lors de la translation des restes de Saint-Mathurin qui auraient suivi cette ancienne voie romaine pour être reconduits à Larchant.
(1) M. l'abbé Poisson pense que ce mot peut venir de Sine puteo^ pour désigner un lieu privé de sources ; mais nous croyons que le champtier a pris son nom des puits à moitié comblés qu'on y trouve.
(2) Voir le détail de ces découvertes, publié dans les Mémoires de la Société archéologique d' Eure-et-Loir ^ lome !«' , p. 97 et 178.
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Oisonville , Orlu , Roinville , Sainville , Umpeau et Vierville : on y a trouvé épars ou parmi des substructions et des débris de maçonnerie , beaucoup de médailles en or, en argent et en bronze, et une foule de menus objets de tout usage , et de tessons de poteries rouges; si le nombre des témoignages fait la preuve, Texistence d'habitations romaines , sur ces divers points, sortira pleinenient démontrée.
Nous venons de faire connaître les anciennes voies de communication du canton d'Auneau ; voici maintenant les noms et le. tracé des routes et chemins qui sillonnent son territoire.
I. Chemin de fer de Paris à Tours. — Cette ligne part de Brétigny , â 32 kilomètres de Paris, circule dans la vallée d'Orge, en côtoyant Arpajon, Saint-Chéron , Dourdan , et monte par le vallon de Sainte-MesmQ au plateau de la Beàuce. Une fois là , il court à niveausur cette grande plaine pendant près de 50 kilomètres, d'Ablis à Bonneval , en touchant deux centres de culture. Anneau et Foue^. A Bonneval, le chemin rencontre le Loir, et marche alors à côté du cours d'eau, comme l'avait déjà fait la route impériale n® 10, aborde Ghâteaudun, puis descend dans la vallée, et arrive à Vendôme, après im parcours de 170 kilomètres depuis Paris.
Le tracé de cette ligne entre Dourdan et Santeuil, avait d'abord été fixé par une décision ministérielle du 24 août 1861, qui plaçait la gare d*Auneau à plus de trois kilomètres de la ville. Cette décision était motivée sur ce que Ton ne pouvait approcher davantage du chef-lieu de canton sans allonger le parcom*s, sans construire dans le parc d'Aimeau un viaduc de 20 mètres d'élévation sur 400 mètres de longueur et enfin sans augmenter la dépense dans une mesure hors de proportion avec l'importance des intérêts locaux. Sm*
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les instances de la population appuyées des vœux dtx Conseil général, la compagnie produisit un nouveau, tracé rapprochant la ligne à 1,500 mètres environ d'Anneau et qui fut sanctionné par décision du 7 décembre 1862. L'emplacement des stations dans le département fut fixé par des décisions des 25 décembre 1862 et 23 avril 1863, à Axmeau, Saint-Léger-des-Aubées, Santeuil, Allonnes, Boisville-la-Saint^Père, Voves, Le Gault-Saint-Denis, Bonneval, Ghâteaudim et Cloyes. Cette partie de la ligne a été livrée à la circulation le 26 décembre 1865.
n. La route impériale n" 188, de Paris à Chartres , traverse l'extrémité du canton de l'ouest au nord-est, sur une étendue de 9 kilomètres, et passe au Gué-de Longroi-
III. La route départementale m 7 de Chartres à Angerville, où se trouve une station du chemin de fer de Paris à OWéfl»^, coupe l'extrémité sud du canton, de l'ouest au sud-est, sur une étendue de 8 kilomètres; elle passe à Francourville, à proximité de Voise et à Santeuil.
IV. Cbemins vicinaux de grande communication : N<> 1, (2e Boisville et Santeuil à Dourdan par A\meau;
s'embranche à Voise sur la route départementale n« 7, passe à Saint-Léger-des-Aubées, à Roinville et à Anneau. Cette ligne très-fréquentée, a un développement de 12 kilomètres dans le canton.
N"" 2, de Mondoubleau à Dourdan, par Voves et Ouarmile, passe à Denonville, SainviUe et Garancières; en quittant cette commune, il s'embranche sur la route impériale n"" 191 gui traverse la route départementale de Limours à Angerville.
N® 7, de Chartres à Étampes, traverse le canton par le milieu , de l'ouest à Test , sur une étendue de 25 ki-
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lomètres; ilpasseàHouvîlle, Béville-le^omte, Sainvffle et à proximité d'OisanvilIe.
N«>19, (FAuneau à Pîthiviers'par Janviile et Toury, passe d* Anneau à Denonville, Mondonville-Saint-Jfean et va traverser à angle droit la route départementale n» 7, entre Ouarville et Grouillons, après un parcours de 13 kilomètres dans le canton.
N<» 28, du Gault à Epemon pc^r Brou et Saurs , s'embranche à cette dernière commune sur la route départementale n» 7, croise à Houville le chemin de grande communication n° 7, passe à Umpeau et rencontre la route impériale n*» 188 entre le Gué-de-Longroi et Champseru : il a un développement de 7 kilomètres.
N» 32^ d'Auneau à Jouy, construit depuis 1848. Il passe à OLnville-sous- Anneau» à Umpeau où il s'embranche avec la i*oute impériale n° 188, et à Champseru; son parcours est de 9 kilomètreft: la traversée de la vallée de la Voise n'était pas encore commencée