‹ Documents historiques et statistiques sur les communes du canton d'Auneau, arrondissement de ChartresChapitre 2 sur 36 · V. Gheming vicinaux d'intérêt commun · texte numérisé non relu

V. Gheming vicinaux d'intérêt commun

N<> 7, étAtmeau à YiUamblain^ par Orgêre» et Pércmville.

N« 19, de MorainmtU à Pussay, construit en 185fr, a un développement de 15 kilomètres. Il passe par Léthuin, Châtenayj Ardelu et débouche à Gommerviïle sur la route départementale n^ 9 de Limours à Angerville.

N« 21 , de Santeuil à Umpeau^ par Voise et CherviUe.

N<» 22, d'Eperrum à Aumau, par Ecrosnes et Bleury , avec embranchement de Saint-Symphorien à Rambouillet par Eclimont.

N<»32, de BévUMe-Comte au Gault-SainUDenis , par Francourville oùf il r^icootre la route départementale n« 7.

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No 38, de Mainîenon à Angerville, par Auneau, Aunay-sous-Auneau, Sainville et Oisonville, où il s'embranche avec la route départementale n® 9 de Limours à Angerville.

Au temps des Mérovingiens, cette contrée était encore couverte de bois ; les communes d' Auneau, Aunay et Châtenay, consacrent, par le radical de leurs noms (les aulnes et les châtaigniers) , le souvenir des principales essences forestières qu'on y trouvait. Au VII® et au VHP siècles, les religieux de Sain^Denis et de Saint-Germain-des-Prés y avaient de nombreuses possessions ; ils étaient en position de fournir à ce territoire encore mal cultivé, des bras patients et laborieux, des esprits calmes et intelligents. Sous leur influence et leur habile direction, les terres sont défrichées, les colons se multiplient, les habitations, les hébergements ou fermes, les fours, les moulins se construisent. Mais au IX* siècle, ces progrès furent détruits ou arrêtés par l'invasion des Normands , et la Beauceeutà soùfirir de cruels ravages. RoUon, leur chef, au rapport de Guillaume de Jumièges, après avoir assiégé^et pris Chartres , se dirigea vers Etampes en ravageant tout le pays circonvoisin , dont il emmena une foule d'habitants en captivité : « Stampas equidem adiens totam terrant adjacentem perdidit, quamplurrimos captivavit, — Nul roi, nul baron, disent les chroniqueurs, ne s'opposa à leurs fureurs. » Et cependant Robert Wace indique ainsi les guerriers que le Roi avait convoqués pour la défense commune :

Et à Meante à li venir Gels de Traigne et cels de Bleis, Gels d'Orléans è Vastinais, Gels del Perche et del Chartrain , Cels del Bocage è cels del Plain , De Boorges et de Berry D'Estampes et de Montlhéry (1).

(1) Roman du Rou, p. 72, 73.

Nous n'avons pas d'autres documents sur ce qui eut lieu dans la contrée qui nous occupe , durant cette longue suite de dévastations et de massacres où le besoin de se fortifier et de se défendre contre les algressions des barbares du nord, engendra cette autre fléau •presque aussi redoutable que le premier, auquel on donna improprement le nom de féodalité^ lorsqu'il ne s'agissait, en effet, que de TanarchiQ année. C'est à cette époque que furent construits la plupart des châteaux dont nous aurons occasion de parler, souvenirs du Moyen-Age détruits, les uns de temps immémorial, les autres à la fin du siècle dernier , et dont quelquesuns, encore debout, quoique mutilés, attestent le séjour de seigneurs puissants dans cette contrée. En voici les noms:

Château d' Anneau,

— de Baronville, \

— des Barres, > à Béville-le-Comte.

— de Villeneuve , )

— de Châtenay,

— de Çherville , à Oinville-sous-Auneau.

— du Chesne , à SainviUe.

— de Denonville.

— de Goimpy, à Saint-Léger-des-Aubées.

— du Gué-de-Longroi.

— de HouviUe,

— de Maisons.

— de Morainville.

— d'Oisonville.

— de Tesnières , à Francourville.

— de ViUefranche, àLevainville.

-- de Voise.

Le Moyen- Age nous a laissé encore d'autres traces

et souvenirs concernant les monastères de Belhomert

I à Béville-le-Comte, de Chauvilliers à Saint-Léger-des-

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Âiibées, de ChennevelUs à Aunay-sous-Aimeau, û'Àuzainville (1), commune de Francom^lle, de Sainville.

Puis viemient les anciens prieurés d'Auneau, Ardelu^ La Chapelle-d'Aunainville, MondonviUe- Saint- Jean, Roinville ; — la maladrerie du PetiIrSainville et celle d'Umpeau.

Les églises les plus remarquables par leur ancienneté ou leur style sont celles : de Saint-Hémy-d'Auneau^ Aunay-sous- Anneau, La Chapelle-d'Aunainville, Gbâr tenay, Denonville, Garancières, HouviUe, Saînt-Légerdes-Aubées, Mondonville-Saint-Jean , Oinville-sous- Auneau, RoinviUe, et celles anciennement forfeiâées de Francourville, de Sainville et de Santeuil.

Le sol du canton d'Anneau est généralement uni et découvert ; ce n'est que dans les parties où coulent la la rivière de Voise et les ruisseaux d'Aunay et de Saint- Léger, qu'il est un peu accidenté, et où Ton remarque quelques bois plantés tant dans les vallées que sur les versants qui bordent ces cours d'eau. 1,600 hectares de bois, presque tout taillis, se trouvent disséminés sur la surface du territoire ; ils suffisent à peine à la consommation des habitants, qui du reste font très-peu de feu en hiver , parce qu'ils sont dans l'usage de se retirer dans les étables , pour se mettre à l'abri du froid.

Afin de donner ime idée précise de la constitution géologique de cette partie du département d'Eure-et- Loir, nous laisserons parler M. Laugel, ingénieur des mines (2) : '

« Les vallées de l'Eure^ de la Drcmette qui traverse Epernon et de la Voise qui passe par Qallardon et Auneau, sont

(1) On en voit les ruines dans la contrée dite de l'Alhaye.

{%) Rapport au Conseil général d'Eure-et-Loir sur le» travaux de la carte géologique agronomique du département. — (Session de 1858).

creusées dans la craie blanche; FEure depuis les environs de Chartres, la Brouette à partir d'Epernon, la Voise à partir des environs de Callardon. Sur les versants de cette dernière vallée, on voit au-dessus de la craie blanche, les sables fins et d'ordinaire très blanc, qui appartiennent à l'étage géologique des sables de Fontainebleau : cette superposition se voit très-bien, par exemple, à la ferme Montaigu placée entre Montlouet et Bleury , près d'un ruisseau affluent de la Voise : la séparation, parfaitement horizontale, est marquée par un des bancs de silex de la craie. Les sables de Fontainebleau, à partir du Gué^^-Longroy environ, marquent le fond de la vallée de la Voise jusqu'auprès de ses sources. Ces sables qui ne forment plus qu'une simple lisière dans cette région, s'étendent davantage à mesure qu'on descend la vallée vers Maintenon: ils occupent au-dessus de la craie une assez grande étendue dans l'espace compris entre Maintenon etÉpernon; au-delà de cette ville, ils forment la partie la plus importante du terrain et servent de base aux argiles dans lesquelles on exploite des meulières. La surface occupée par les coteaux couronnés d'argiles à meulières ne dépasse pas une ligne qui traverse Épernon et dont l'orientation est à peu près parallèle au cours de la Voise depuis Maintenon jusqu'à Auneau : cette orientation est tout à fait identique avec celle de l'Eure depuis Nogentle-Roi jusqu'à Villemeux, et depuis Thivars jusqu'à Saint- Luperce. Cette ligne est aussi parallèle aux escarpements qu'on aperçoit en suivant l'Eure de Chartres à La Loupe et qui sont couronnés par les forêts de Bailleau et de Châteauneuf et à un escarpement semblable qui forme le talus par lequel on s'élève dans la forêt de Senonches. Cette orientation se retrouve encore dans certains accidents qui singularisent la forme de la ligne sinueuse par laquelle se termine le grand plateau qu'on descend, sur un talus de sables crétacés pour entrer dans les étages variés de la craie inférieure qui enveloppent Nogent-le-Rotrou. Cette ligne d'orientation a donc une certaine importance au point de vue de la topographie et de la géologie du département, et il était nécessaire de la signaler.

» Dans la zone située au sud des collines de sables de Fontainebleau couronnées par les argiles à meulières , ces sables

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ne sont recouverts que par la formation lacustre qui porte le nom général de calcaire de Beauce, et contient des couchés variées de calcaire siliceux compacte, exploitable comme pierre de taille, de marne, de glaise, de poudingue, de silex. On aperçoit des couches très développées de ce poudingue dans la vallée de la Voise entre le Gué-de-Longroi et AuneaUy notamment dans le village de Gamet : la pierre de taille s'exploite principalement dans cette région à At^ nay, à Roinville, à SaintrLéger'deS'Aubées : on exploite le calcaire siliceux pour chaux à la Folie située en face d' Anneau ; la marne est extraite pour l'agriculture à Garnet, près de LevainviUe, àlmeray.

» Les carrières de calcaires siliceux présentent des coupes assez développées de ce terrain pour qu'on puisse en examiner toutes les particularités les plus remarquables : parmi celles qui m'ont frappé , je citerai la suivante à cause de son importance géologique. Il est rare qu'au milieu des bancs calcaires on ne trouve pas des bancs ou des poches remplies par un amas de sable quartreux granitique : cette observation doit être mise en regard de celle qu'on peut faire dans toutes les parties de ce terrain que je nomme l'argile à silex et qui , formé principalement aux dépens de la craie , la recouvre dans toute son étendue sur le vaste plateau où est bâti Chartres.

Cette formation argileuse contient dans toutes ses parties, des grains grossiers de quartz mélangés à l'argile grise et rouge, oii sont empâtés les silex de la craie ; la position relative de l'argile à silex et du calcaire lacustre a été toujours considérée comme assez douteuse: la présence du sable granitique dans ces deux formations me semble autoriser l'opinion qui les considérerait comme synchroniques, malgré les différences de leur composition générale et le faciès des deux dépôts, l'un formé dans les eaux paisibles d'un lac , l'autre dû à un ravinement violent et à une décomposition des couches de la craie. La formation de l'argile à silex recouvre partout la craie sur tout le plateau compris entre l'Eure et la partie occidentale de l'arrondissement de Nogent-le-Rotrou : elle s'étend sur les couches de la craie blanche et recouvre aussi les couches de la craie marneuse, sans silex et de la craie inférieure à silex exploités à Se-

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Qonches. Ce manteau horizontal s'étend sans interruption sur les couches du terrain crétacé, qui remplissent toutes lesanfractuosités et les ravins que les eaux, dans leur mouvement violent, ont creusés dans la craie. On voit parfois quelques uns de ces ravins se prolonger d'un côté à l'autre d'une tranchée de route ou de celles du chemin de fer.

» Je me suis appliqué à rechercher suivant quelle direction générale s'étaient portées les eaux qui sont venues raviner la craie : un certain nombre d'observations me permet de conclure qu'elles ont coulé dans la direction générale du sud-est au nord-ouest : la nature même des ravins et leur irrégularité ne permet point d'arriver à une direction plus précise ; mais celle que j'indique, malgré son peu de précision, a peut être cependant une assez grande importance théorique.

« L'argile à silex n'est pas au jour dans toute l'étendue du grand plateau chartrain; elle ne paraît que sur les pentes des vallées ou des sinuosités du sol qui n'ont plus aujourd'hui de cours d'eau, mais ont été autrefois creusées par des eaux diluviennes. C'est dans ces plis ondulés du plateau que se trouvent les rares bouquets de bois qui accidentent la surface monotone du grand plateau à blé d'Eure-et-Loir : la nature pierreuse du sol jonché de silex, le rend impropre à la culture des céréales : on n'y voit que des bois, des vignes, qui recherchent, comme on sait, les terrains les plus siliceux; souvent même des côtes entièrement arides, couvertes de genêts désolent par leur aspect rude et sauvage, la nature ingrate du sol pierreux des vallées qui forment un contraste frappant avec la fertilité du plateau qui les domine. Les montées par lesquelles on s'élève sur le bois de Bailleau, dans la forêt de Ghâteauneuf et de Senonches, en venant de la vallée de l'Eure , sont des exemples de la nature particulière du sol , formé par l'argile à silex , surtout sur les pentes un peu inclinées.

» Au-dessus de la formation à silex qui, sur une épaisseur plus ou moins considérable, recouvre la craie, s'étend encore une couche assez régulière d'argile limoneuse qui, à proprement parler, forme la couverture de toutes les terres à blé du pays chartrain. On a quelquefois considéré cette argile conmie une partie de la formation précédente, où prédomi-

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neraient tantôt les silex, tantôt les sables, tantôt l'argile^ cette opinion est tont-à-fait erronnée. Quand on e^famine avec soin la nature des sols qui fomient les plateaux d'Burôet-Loir et les ondulations légères qui s*y trouvent creusées, on s'aperçoit assez facilement que le dépôt de Târgile à silex et celui du limon correspondent à deux phénomèneid géologiques tout à fait distincts. Cette séparation de caractères se trahit par la nature agricole du sol; l'argile à silex donne un sol siliceux, brûlant, le limon au contraire se prête admirablement à la culture des céréales et contient tous les éléments d'une grande fertilité. Ce qui prouve d'une manière évidente qu'on ne doit point le confondre avec l'argile à silex, c'est sa composition chimique même; il contient les parties suivantes :

Argile et sable 75,6

Oxide de fer 6,»

Chaux 6,1

Acide phosphorique 2,2.

Perte par calcination (eau, acide carbonique). 9^6

» Cette composition donne à ce dépôt le caractère d'un véritable limon, puisque l'argile, le sable et le calcaire s'y trouvent mélangés en particules extrêmement tenues. On remarquera que l'acide phosphorique, undespktspuissajits et des plus actifs éléments de fertilité agricole , s'y trouve représenté dans une proportion assez notable. C'est à la composition de ce limon que les grandes plaines du département d'Bure-etrLoir doivent d'être si renommées, comme terres à céréales: partout où le limon fait défaut on n'a pas cherché à produire du blé, et, le sol reste recouvert de forêts. C'est ainsi que la longue expérience des i^ècles ap< prend à ces générations laborieuses qui sont vouées à la culture du sol , à distinguer les propriétés naturelles des divers terrains : ce n'est point la science qui a présidé à ces distinctions, mais elle peut bien en profiter et en appliquer les résultats à ses recherches.

» Quel est l'âge géologique du limon dont nous venons d'analyser les qualités, et qu'en un si grand nombre de

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points , on exploite pour la tuilerie sur les plateaux dont il forme la surface? Bien que la limite précise entre l'argile à silex et le limon soit quelquefois difficile à tracer sur les pentes très douces, il est pourtant évident que le limon est placé au-dessus de Targile à silex. La parfaite régularité de sa surface montre qu'il s'est déposé en nappe mince à la surface d'une grande plaine, avant que les vallées actuelles n'eusfient été creusées ; le phénomène diluvien proprement dit, qui a creusé les sillons oii se meuvent nos cours d'eau, a entamé à la fois le limon et l'argile à silex et laissé cette dernière à nu au-dessous du dépôt précédent.

» Le phénomène de creusement des vallées, qui est le cataclysme le plus récent de l'histoire géologique de notre planète, a donné lui-même lieu à de nouveaux dépôts qui portent le nom de diluviens et qu'on trouve, dans les vallées, à des niveaux plus élevés que celui des plus hautes eaux des courants actuels. Le caractère minéralogique de ces dépôts présente toujours un rapport intime avec la nature des terrains que les eaux sont venues raviner. Dans le département d'Eure-et-Loir, les formations qui ont été entamées par les courants diluviens sont le limon des plateaux, l'argile rouge à silex, la craie, les sables de Fontainebleau , le calcaire lacustre ; il faut donc s'attendre à en retrouver les éléments divers dans le diluvium des vallées. Les amas de silex roulés qu'on exploite à Courville, par exemple, et qui contiennent du gros sable en partie granitique, représentent de la manière la plus évidente l'argile à silex ; le limon qui forme des amas dans la vallée de l'Eure et qui alimente plusieurs tuileries importantes, provient, sans aucun doute, du remaniement du limon des plateaux. L'analyse chimique révèle d'une manière frappante l'action que les eaux ont fait subir au limon des plateaux, avant de les déposer de nouveau au fond et sur le versant des vallées; les éléments calcaires ont été en partie dissous et entraînés, et l'élément siliceux est plus considérable dans le limon des vallées. A l'aspect extérieur, ces dépôts peuvent à peine se distinguer ; mais l'analyse en révèle facilement la différence.

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Voici la composition moyenne du Jimon des vallées :

Argile et sable . ..'......... 77,»

Oxide de fer 6,»

Chaux , . . . 2,»

Perte par calcination (eau, acide carbonique). 13, »

Acide phosphorique 2,»

lOO,»

» Les caractères des dépôts varient considérablement d'une partie à l'autre d'une même vallée : pourtant d'une manière générale on peut dire que les silex roulés et les sables dominent dans la partie occidentale du département où l'argile à silex occupe une étendue plus considérable et se trouve entamée sur une plus grande surface; que le limon est plus abondant, surtout dans la partie orientale Uu département, dans la vallée de l'Eure, de Maintenon à Dreux; il forme des dépôts très-importants à Ghaudon, au Luat-Clairet, aux environs de Dreux, etc.

» Parmi les dépôts diluviens, il faut remarquer d'une manière spéciale les accumulations de sable qui se sont opérées sur un grand nombre de points. Une de ces sablières, celle de Saint-Prest, près Chartres, est devenue célèbre par les ossements de mammifères qui s'y trouvent contenus : on y retrouve des débris d'éléphant fossile, et d'espèces éteintes de cheval et de cerf. Il existe des sablières analogues près de Dreux : les vallées des nombreux affluents de la Biaise , de l'Avre , et de ces deux rivières mêmes renferment un grand nombre de sablières : toute la contrée dont Châteauneuf est le centre est couverte de sabhères ; leur profondeur n'est jamais grande, mais les dépôts sableux suivent le versant des moindres ondulations du sol avec une grande régularité. Dans ces sablières, la partie supérieure des sables est rouge, il devient blanc à la partie inférieure: malgré de longues recherches je n'y ai découvert aucun reste fossile.

» Le contact entre le calcaire siliceux et les sables de Fontainebleau est visible en une foule de points dans la partie orientale du canton d' Anneau. Ce sable est quelquefois d'une extrême pureté et d'une grande finesse; il serait

très-propre à être employé dans la verrerie. J'indique, en passant, cet emploi auquel personne ne paraît avoir songé dans le pays.

» Les énormes bancs de poudingues d'Auneau et de la partie de la vallée qui avoisine cette localité, appartiennent à l'horizon des sables de Fontainebleau ; ils sont les équivalents des poudingues bien connus de Nemours et de certains poudingues des environs d'Étampes ; le ciment qui consolide le poudingue est du grès formé par du sable consolidé.

• Ces poudingues n'ont pas encore reçu d'emploi; ils pourraient être utilisés pour le macadamisage des routes, et peut-être seraient-ils acceptés dans ce but par l'administration des ponts-et-chaussées.

• A Denonville, à Maisons, le sous-sol est formé par une couche de calcaire bleuâtre, ainsi qu'à Dommerville, Arnouville et Gouillons. Dans plusieurs de ces localités, le calcaire est friable et exploité comme marne. Cette marne recouvre ordinairement la couche de calcaire exploitable pour pierre et moellon et ne forme évidemment que la partie de la formation désagrégée peu à peu par l'action lente des eaux et de l'air. Il est tellement singulier de voir marner des terres qui sont déjà calcaires, qu'on ne trouve pas facilement tout d'abord la raison d'une semblable pratique. Pourtant en y réfléchissant, oïl voit que le marnage n'a point ici pour effet d'introduire le principe de la chaux dans les terres , mais seulement d'y faire pénétrer des parties argileuses qui forment avec le calcaire un mélange intime et facilement perméable à l'air. Cette opinion semblera peut-être paradoxale, mais je la crois néanmoins fondée et je crois qu'elle peut seule expliquer les effets du marnage des ciiamps calcaires. Il n'y a point d'inconvénient à ajouter de la chaux, puisque le champ en renferme déjà; et il y a avantage à ajouter l'argile qui s'y trouve mélangée sous forme de marne. Les seules parties du plateau oii l'on tire la marne sont celles où le silice libre est en petite proportion et où la roche, uniquement composée de calcaire intimée et mélangée à l'argile, n'a point la consistance que le silice donne toujours au calcaire quand elle y est mélangée.

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» A Aunay-sous-Auneau, on trouve de grandes carrières de calcaire dans le flanc de la vallée; au-dessus s'étend la marne mélangée de silex. Comme aux sources de la Gonie , on rencontre des sables blancs, parfaitement purs, auprès de la source de la rivière d'Aunay; ces sables proviennent évidemment de calcaires siliceux, dont les parties calcaires ont été peu à peu dissoutes et entraînées par les eaux. »

Nous UjB pousserons pas plus loin ces données géologiques qui peuvent et doivent avoir une grande in- Huence sur la culture de la Beauce (1) ; mais elles nous conduisent à examiner l'état de Tagriculture dans cette partie du département.

Le canton d'Auneau, pays de grande culture, est un de ceux du département d'Éure-et-Loir où la propriété est la plus disséminée et où le morcellement du terrain se fait surtout remarquer; il contient 29,913 hectares de terrain, divisés en 92,438 parcelles, ce qui donne 3 parcelles 9 centièmes par hectare. Il jouit d'im avantage immense par la belle et honne constitution de ses fermes, ce qui en rend la tenue bien plus facile et l)lus économique. Ces résultats sont dus à la supériorité déjà ancienne d'une culture entendue, à Fintelligence et au bon accord des propriétaires, propriétairescultivateurs et fermiers.

Au Moyen- Age , on donnait aux fermes le nom d*hébergemmt. Il y en avait de grands et de petits , mais ils comprenaient généralement plus déterres que les hospices (tenure des hôtes ou colons partiaires). Les uns étaient engagés à des cultivateurs moyennant une rente perpétuelle ; les autres étaient devenus les apanages des maires et constituaient le principal revenu de ces officiers ; d'autres étaient doimés à d^ métayers

(1) GoDsiiller à ce sujet le mémoire remarquable de M. Boutet, médec'm-Tétérinaire à Chartres, intitulé : La culture de la Beauce , <0A état actuel^ son passé, son avenir; ouvrage coaromié en 1864 par la Société d'Agriculture, Sciences, Belles-Lettres et Arts d'Orléans.

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ou çolom partiairçs, soit vi^gèremeut, soit à titre cle maiu-ferme ou d'emphytéose , moyeimant des cens en argent ou des redevances en nature. Le Polyptique d'Irminon (an. 800) nous fournit différents détails qui permettent d'apprécier l'importance des hébergements de notre pays. On y voit que la loi de ^a culture n'a pas varié depuis 600 ans.^ans la plaine beauceronne le terrain exploité comprend toujours une superficie relativement considérable. Cette quantité diminue dans les vallées et dans les boçagers voisins du Perche.

Vpiçi d'après le Polyptique en quoi consistait l'héb^gement du pays çhartrain, en tant qu'çnsemble de constructions rurales;

» Un mur trôs-^levé en pierre ou en terre, protégé à l'extérieur par un fossé sec, large et profond, ou par des douves pleines d'eau, entourait la ferme. On pénétrait dans la cour principale par un grand portail avec poterne, sorte de fortification d'une construction monumentale; des chambres, des greniers, des galeries étaient pratiquées au-dessus. Dans l'intérieur de la cour se trouvait la maison d'habitation du métayer, ordiuftirem^nt attenante au portail ; pui^ venaient, â droite et à gaucjie, le§ bâtiments d'exploitation, étables (1), poulaillers, porcheries, pressoir, four, appentfe à usagep divers, et, dans le fond, les granges avec leurs doubles portes ; un colombier en forme de tour s'élevait dans un coin de la cour ou dans le jardin. Tous ces bâtiments édifiés en pierre ou en terre , étaient couverts sgit en tuile, soit en chaume, soit en bardeaux, selon les localités et l'importance de l'hébergement. Le jardin potager, compris le plus souvent dans

fi) Il est quelquefois qyesUon 4e bergeries, beroherie^t danç le Pohplique, vw» Faremeat. Le mçt sfabula, élables, désignait tous ]fi» bâtiments propres à Tbabitation des races chevaline, bovine et ovine.

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Fenceinte murée, renfermait les arbres fruitiers, les treilles et quelquefois un vivier à poisson; quelquefois aussi un verger séparé du jardin à légumes, s'étendait derrière les granges et fournissait une pâture aux volailles de la ferme. Dans les lieux où Ton cultivait la vigne, il y avait des caves et des celliers creusés dans le roc. 1

On voit que, sauf le portail monumental et les douves , la grande ferme beauceronne du Moyen-Age ne différait pas de la ferme moderne.

A l'époque que nous venons de citer, le cheval de travail ou roncin, equus, roncinus, était employé plus souvent conune bête de somme ou de trait que comme bête de labour. Il servait surtout aux charrois, la charrue étant réservée de préférence aux bœufs (1). Le mauvais état des chemins rendait aussi les services du cheval indispensables comme bête de selle. Tous les voyages se faisaient à cheval, et les femmes ellesmêmes ne connaissaient d'autres moyens de transport que les palefrois où les haquenées (2).

L'âne, dont il est du reste, fort peu question dans nos documents, parait avoir été employé au labour dans quelques lieux de la Beauce Etampoise. Ainsi il est question d'une terre d'un âne, miim asini, à Montarville , paroisse de Sainville, dans un acte de

(1) C'était un axiome du Moyen-Age qu'il y avait plus d'avantage à se servir du bœuf que du cheval pour la charrue. (Voir le Fleta I, II, chap. Ixxiij, dans les Coutumes anglo-normandes deHouard, et le Traité d'économie rurale au Xllh siècle ^ donné par M. Lacour dans la Bihlioth. de l'Ecole des Chartes, V série, vol. II, p. 138).

(2) AiDsi une charte de 1138 nous apprend que Falca, ûWe de Hugues, maire de Voves, ne put se rendre à Chartres, parce qa'étant prèle d'accoucher, il lui était impossible de monter à cheval. (Vol. U^. p. 144).

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1120 environ, et à Oisonville^ dans un acte de 1128 (1). Vers 1143 , une ânée de' terre (2) fut donnée à Tabbaye de Saint-Père par Pierre d'Orlu , pour prix de sa manumission : « una asi7iata terre, a Petro cfe Orlu^ pro libertaîe sua, donata (3). »

L'agriculture, qui est en voie de prospérité dans le canton d' Anneau depuis plus d'un demi siècle, laisse cependant encore beaucoup à désirer, pour atteindre au degré de perfectionnement où elle est arrivée dans certains départements ; les cultivateurs ont saisi avec empressement quelques-unes des améliorations qui ont été introduites dans cet art si difficile, aussi jouissent-ils de l'aisance que l'on remarque dans les localités qui ont consacré tous leurs soins à la culture, mais ils n'ont pas encore été assez loin. l\ faudrait de toute nécessité donner plus d'extension à la culture des prairies artificielles, des plantes fourragères et des pommes de terre , afin d'augmenter encore le nombre des bestiaux, et se procurer une plus grande quantité d'engrais, pour les combiner avec l'emploi de la marne, que l'on trouve par tout le territoire et dont l'excellente qualité est reconnue.

L'assolement est toujours triennal, et les terres se labourent avec une charrue attelée de deux ou trois chevaux. Les cultures dominantes sont celles du blé , du méteil, du seigle, de l'orge, de Tescourgeon, de l'avoine et, dans quelque communes, de la vigne. La

(1) Archiv. départ. ; fonds de Saint-Jean.

(â) L'ânée contenait environ 7 arpents, c'est-à-dire S95 ares 4.0 centiares , soit qu'elle indique la quantité de terre qu'un âne peut la. bourer eu un an, soit qu'elle serve à désigner celle qu'on ensemence avec autant de blé qu'il en faut pour la charge d'un âne. -- CartuL de Saint-Père, Prolég., no 160.

(3) Carlul. de Saint-Père, p, 379.

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piartie d^assolement destinée aui jachères , comprend les trèfles, luzernes, sainfoins, pois, vesces, bizailles, lentilles, haricots, quelques pommes de terre et navets, très-peu de betteraves, de colzas et de carottes fourragères; la culture de ces derniers légumes, si utiles aux bestiaux, permettrait aux cultivateurs d'en augmenter le nombre et de se procurer plus d'engrais.

Une chose digne de remarque, c'est que les communes situées dans les vallées et où la propriété est beaucoup plus disséminée, jouissent d'une plus grande aisance que les communes de la plaine où règne la grande culture ; le produit des premières , eu égard à la qualité du sol, qui est inférieur, est proportionnellement plus élevé.

Les prairies situées dans les vallées où coulent la rivière de Voise , et les ruisseaux d'Aunay et de Saint- Léger, sont généralement humides et marécageuses ; elles ofîrent, vu la mauvaise qualité du foin, peu de ressources pour la nourriture du bétail. Il serait cependant très-désirable, au point de vue agricole et hygiénique, de voir convertir ces marais tourbeux à eau stagnante, en prairies de bonne qualité, fom'nissant une récolte abondante aux localités dont elles dépendent ; mais il faudrait pour cela faire quelques dépenses et quelques travaux, ce qui n'entre point dans le caractère des habitants de la Beauce.

Il s'agirait de remplacer la rigole étroite et tortueuse qui sert de lit à ces cours d'eau, par un canal plus large et plus direct, capable de contenir toutes les eaux environnantes, d'ouvrir dans les prairies, des saignées ou rigoles transversales communiquant au fossé principal, et y déversant les eaux qu'elles recevraient des propriétés voisines ; on avancerait l'œuvre d'assainissement si, de temps en temps, l'on conduisait sur ces prairies un peu de terre végétale, principalement dans les bas-fonds, afin de relever insensiblement le

lerrain. Par ce moyen, on parviendrait en peu de temps à se procurer un foin naturel très-abondant et de bonne qualité, et à détruire les miasmes malfaisants qui s^échappent de ces vallées pendant les chaleurs de Tété. Quelques propriétaires actifs et soigneux, ayant fait des travaux peu importants dans leurs prairies, ont cependant obtenu des résultats très-satisfaisants , mais il faudrait que le travail fût général, pour assurer un succès complet.

Au point de vue des anciennes divisions territoriales, les communes qui composent aujourd'hui le canton d'Auneau appartenaient â trois pagi « le pays chartram^ le Pinserais, le pays d'Etampes, »

Aucun auteur romain ne parle de nos pagi, et ce silence persiste jusqu'aux temps mérovingiens. Le nom du pays chartrain t Pagus Carnotinus^ » de ce pagus major par excellence , qui avait absorbé primitivement le territoire de la cité Gallo-Romaine, nous est donné pour la première fois par Grégoire de Tours à Tannée 587. C'est à Tannée 690 que nous découvrons le Pinserais a Pagus Pinciacencis » dont nous suivons les traces jusqu'au X« siècle.

Le pagus d'Etampes, (pays de Dourdan) s'étendait à la fois sur trois diocèses: Paris, Chartres et Sens. Il comprenait au midi et au-dessous de Dourdan , Garahcières^ Chdtenay et Gommerville. (I)

Sous les subdivisions provinciales s'effaça Tancien réseau gaulois et se constitua la colonisation romaine qui, bientôt après devait cédera l'invasion franque , mais sans perdre encore son caractère, ses villes et ses régions de Ja conquête, gardés par une main pins puissante que celle des conquérants même : la main de TÉglise !

(1) Gnérard, Polypt, d'Irmin.y p. 64.

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Le Christianisme naissant , à mesure qu'il prenait la place du paganisme gallo-romain , dut maintenir le plus souvent les divisions et 'juridictions civiles et militaires acquises : la hiérachie ecclésiastique se montra aussi soigneuse de conserver des cités d'une autre époque , que son autorité sut se rendre facile à faire servir le temple ancien d'église nouvelle, pour introduire et greffer, sans trop de secousses, et par une sorte de transition naturelle, en des esprits peu éclairés et peu enclins au changement, son action et son culte.

Le pagus du primitif sol gaulois , qui répondait à tout le territoire d'une cité ou d'un diocèse, devint, au Moyen-Age , avec les divisions de provinces et seigneuries, une fraction le plus souvent diocésaine, archidiaconé, archiprêtré, doyenné (1), par exemple, et lui donna son nom.

G*est ainsi que , sous le rapport de l'organisation religieuse, les 28 paroisses du canton d'Aimeau, toutes comprises dans le diocèse de Chartres, dépendaient de trois doyennés :

(1) La décanîe « decania » qui se présente dans les monuments anciens, n'était que la subdivision d'un district diocésain, ou celle d'un fisc peu étendu. Dans le premier cas, elle prenait le nom de doyenné, et signifiait la réunion d'un certain nombre de paroisses placées sous la juridiction d'un doyen rural; dans le second cas, la décanie désignait une partie du fisc et somprenait un certain nombre de tenures placées sous l'inspection d'un officier nommé pareillement doyen. — Primitivement, la décanie était composée du nombre juste de dix villages ou de dix terres (decem) , d'oti lui est venu son nom. Dès le Vin^ siècle, ce nombre variait en plus ou en moins ; il est même permis d'attribuer à l'instilution une origine très-ancienne, et de la rattacher à la décurie de la villa des Romains. Les esclaves des vUlœ^ ou servi rustici des Romains, étaient ordinairement partagés, pour le travail, en plusieurs décuries composées de dix personnes au plus.

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Le doyenné d'Épemon répondait à la partie nord du pagus chartrain.

Le Doyenné d'Aimeau était pure Beauce , mais de cette Beauce voisine de Chartres, qui, avec quelques paroisses du doyenné de Brou, formait la partie méridionale du pagus Chartrain. »

Le Doyenné de Rochefort, confinant à celui d* Anneau, était une fraction du pagus d*Etampes(pay8de Dourdan), dont le surplus dépendait de l'archevêché de Sens.

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