PEUPLE DES ESTANGS
Vestang de Paris fut peuplé au moys de mars iiii« xiii, et y fut mis peuple de carpe admené du Gerisié à plusieurs distances, et estoit de vu à ix pouces. . ., ii"» vi^ i quarteron. (2,625).
Bresmes, demy cent.
Lestang du Moulin-Neuf M peuplé le Karesme nii^ xn, et y fut mys peuple de carpe, ii"» ixc. (2,900).
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Bresmes, r^ (100).
Et oa Karesme nue xiii y fat mis bresmes^ ly.
Brochetz, p (100).
L'estang des Perreaulx est sans peuple.
Vestang de Fontahie-Blanche n'est point peuplé.
L'estang de Marivaux^ il y fat mis ^ es Karesme iiii<^ xn et xiiii, carpes pour frayer, xxyl
Vestang d^Auneel, il y fut mis à Penthecoste nii« x, carpes ix^ (900).
Ez fossez de la Noe fut mys Tan iiii« vin, carpes, ii« (200).
Vestang de VUleneufve n'est point peuplé.
Vestang de Voyse n'a point de bonde.
Vestang de Balpiquoys, i\ y fut my&, en février une ix^ carpeaulx, xv^ ( 1,500).
c Ce présent compte a esté veu, oy, examiné et cloz à Afineel, là où Madame estoit, et de son ordonnance et commandement, le mercredy ix« jour de juing l'an mil imc et dix-sept, par Galebault du Cbesne, escuier, maistre d'ostel, messire Elle Belîn, et Pierre Renoulf, chapelains de ma dicte Dame. >
En 1463, « Noble et puissante Dame madame Perette de la Rivierre, dame de la Rocbegulon, en son nom et conmie . béritière par bénéfice d'inventaire de feu messire Charles de la Rivierre, son frère, vend à haut et puissant seigneur monsieur Michel de Touteviile, chevalier, seigneur de Moyen, et à noble et puissante dame madame Marie de la Rocheguion, sa femme, les chastel et chastelleniey terre et seigneurie d'Aunel et d'Aunay, FrancourvUle, AdonviUe, Voise et Eerosnes deppendant dudict Aunel et generallement tout ce que à icelle dame Perrette de la Rivière y peut et apartienten icelle seigneurie assis au pays de Chartres, toute haute justice moyenne et basse, fiefs et arrière-fiefs, cens, fonds de terre portant lots, ventes, saisines et amendes, rentes et revenus, plusieurs terres, prez et aulnpys, boiS; rivierre» étangs, moulins, fours banniers, pressoirs,
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lubaines^ forfaictares et plusieurs autres droits seigneuriaux ippartenans aud. château^ moyennant la somme de cinq niUe livres payées comptant et Tacquitement des charges lont lesdits héritages éloient grevés, sçavoir : 200 écus d'or deux et 297 hv. 10 sols tournois de rentes annuelles et per- [)étuelle5 dues à divers (1). »
1471. — Le roi Louis XI se trouvait à Chartres; le lOjander; peu de temps après son départ (février)^ il rendit une ordonnance qui diminua momentanément Timportance du bailUage. Aux termes de cet acte de Tautorité royale^ Louis XI donna au comte de Dunois^ en échange de la seigneurie de Ghastelaillon^ les foi et hommage^ droits et devoirs dûs à la couronne, à cause du comté de Chartres, ^dT Idi châtellenie d'Auneau y appartenant à madame de la Eoche-sur-Yon et par celle de Courville appartenant au sire Louis de Vieuxpont. Il en résulta que les appels de ces châlellenies furent reportés au bailli de Dunois (2).
1484. — Après un hiver long et rigoureux qui fit périr un grand nombre d'arbres, un printemps et un été pluvieux qui mirent obstacle à la rentrée des récoltes, il ne restait rien au paysan après le prélèvement du roi, des seigneurs et de l'Église, et plus de cent mille hommes étaient morts de misère (3), quand les États généraux qui s'ouvrirent à Tours (15 janvier 1484), vinrent mettre à nu les plaies du peuple;, elles furent dévoilées avec énergie par le cahier des doléances du commerce. Nous y voyons quel était le triste état de la campagne et surtout de la Beauce, tant de fois ravagée par cette soldatesque barbare, effrénée, instrument grossier qui achevait de détruire la féodalité en ruine , en même temps qu'elle aidait à consohder la royauté,
(1) tit. de la baronnie d*AunèâU. — Archîv. d*Eure-et-Loir.
(2) Ordon. des Rois de France, vol. XVII, p. 366.
(3; Bouchet, Annales d'Aquitaine, 286. — E. Bonnemère, Histoire des Paysans,
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profilant de la faiblesse de Tune et de l'appui de l'autre pour opprimer à son tour.
Cependant, grâce à la bonté de Charles VIII, à la constante sollicitude de Louis XII pour le bonheur des classes inférieures, qu'il assurait par des ordonnances énergiques, la diminution des impôts, la justice rétablie, les moissons fécondées, les campagnes repeuplées, tout semblait assnrei aux laboureurs une existence paisible. Ils croyaient pouvoir jouir désormais du fruit de leurs travaux. AuneaUj qui avait tant souffert, était plein d'espérance; il était heureux de se rattacher à une royauté protectrice, lui dont k dévouement faisait dire plus tard à Henri lY, au milieu des troubles de la Ligue : € // n'y a rien à craindre ici ( Auneau' pour moi, »
Mais bientôt, sous François I«% on vit s'ajouter aux misères de la famine, de la peste et de la gabelle, celles causées par de nouvelles levées de francs-archers, c Chaque » paroisse dut fournir un homme, l'équiper et l'entretenir ; » et à peine enrôlés et réunis, ces fils ingrats, ces paysans » d'hier, ces renégats de la terre, bandits dès qu'ils deve- » noient soldats, se mirent à piller 4e pays, nourrissant * leurs chevaux et juments par les champs et les prés où » ils les trouvaient, ou chez les povres gens, et leur fai » sant boire leur vin. — Ils effondraient un tonneau por » boire une gorgée , et si quelque paysan hasardoit d't*' » blés observations sur ces ineptes gaspillages, ils ^t- > çaient à faire chauffer lui-même son vin dans un^ al » dière et à venir leur laver les pieds avec cette prov-.v, J.^^. >i boisson. » (Bourdigné.)
François !«', dont la captivité ruina la France, parut, dans les dernières années de son règne, jeter un regardbienveillant sur noire Beauce, et vouloir réparer les dommages causés dans ce pays.
En 4545, il donna permission à Philippe de Sarrebruché et à Louis et Jacob de SilUj , frères, seigneurs de la Roche"
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Guy on et d'Auneau (i), de fermer et de fortifier ledit lieu d' Anneau (2). La môme année, pareille permission fut accordée aux habitants du bourg de Sainville (3).
En 1566, la châtellenie d'Auneau obtient la création d'un office de notaire royal.
1579. — € Anthoyne de la Vergne, escuier, seigneur de Monlbazin et de Voyse en partie, comme ayant la garde noble de Reyné, Claude, Françoise et Anne de la Vergue, ses enfants et de deffunte damoiselle Marie de Halain, son espouze, confesse qu'il tient et advoue tenir en fief, foy et hommage, rachapt et cheval de service avec le marc d'argent évallué selon la nature et qualité du fief touttefois et quand que le cas y eschet, de hault et puissant seigneur Henry de SUly, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roy, héritier de deffunt hault et puissant seigneur messire Jacques de Silly, en son vivant chevallier de l'ordre du Roy, cappitaine de cinquante hommes d'armes, comte de Rochefort et d'Aunel, et de très haulte et puissante dame Marie de Bourbon, duchesse de Longueville et de Toutteville, comtesse de Saint-Paul, et de hault et puissant seigneur Jean sire d'Espinay, tous seigneurs des terres et seigneuryes d'Aunel, Francourville, Voise et Adonville, c'est assavoir un lieu, manoir, hostel seigneurial, assis à Voyse qui ce consiste en maison, grange, estables, coulombier, portail »t pouslil levé, court, fossez, jardins: ledict lieu tenant i ine part à l'église dudict Voyse, d'autre part aux bois ^ devant, despendant dudict lieu seigneurial, abutantd'un T)oiit sur la rue par laquelle on va dudict Voyse à Moynville-
(1) Leur père, « Messire Bertin de Silly, seigneur de la châtellenye d'Auneau, » est représenté à la lecture du procès-yerbal de la nouvelle rédaction des coutumes de Chartres, en 1508, par Girard-le- Tirant, lieutenant ; Jean Pillon, procureur, et Thomas Brossard, greffier de ladite chastellenie d'Auneau. »
.(2) Invent. gén.\des Ch., t. IV, page 253. '(3) Ibid., page 257.
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la-Jeullain..., justice haulte, moyenne et basse; — four, mouUin et pressoirs banniers; — le péage du travers dudict Voyse ; — un muid de pré ou environ qui soulloit par cydevant et de longtemps estre en estang, abutant sur la chaussée par laquelle on passe pour aller de Santeuil à Béville-le-Comte; — un aultre pré contenant quatorze septiers, lequel estoit par cy-devant et dès longtemps aussy en ^estang et s'appelle V estang de Taupiquois, abutant. sur la chaussée par laquelle on va dudict Voyse audict Auneel ; — dix muids six septiers de terres labourables en plusieurs pièces; ■— trois mines de terre plantées en vignes, assises au vignou de Voyse abutant sur le chemin par lequel on va dudict Voyse à Auneel.
« Plusieurs les vassaulx qui tiennent en fief foy et hommage dudict advenant à cause de sa dicte terre et seigneurie de Voyse : Jeanne de Prunelay , dame d7mom//^(l), veufve messire Jean du Puy en son vivant sieur du Moullin ; — damoiselle Aymée de Guerchy , veufve noble homme Jacques de Lallier, en son vivant sieur de Noir-Espinay (2) ; — noble homme Louis de Morainville, escuîer et dame Boudin de Lestuing; — noble homme Pierre de Ghambon, seigneur de Goindreville (3); — nol)le homme Jean Brachet, sieur de Primars (4). »
On trouve ensuite comme seigneur d'Auneau, c Henri de Joyeuie, comte du Bouchage, puis duc de Joyeuse, pair et maréchal de France, chevalier des ordres du roi, granâmaître de sa garde-robe, gouverneur et lieutenant généial des pays d'Ai^ou, Touraine, Maine et Perche, puis de Languedoc. » Il était fils de Guillaume de Joyeuse, mare-
(1) Hameau dépendant d'AUounes et de Prunay-le-Gillon.
(2) Hameau de Léthuin.
(3) Hameau de la commune de Thivars.
(4) Château, commune de Guainville.
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chai de France^ et naquit en 1567. Il se distingua dans les armes, et ensuite se fit capucin^ le 4 septembre 1587^ vingt-six jours après la mort de sa femme Catherine de la Valette y sœur puinée de Jean Louis, duc d'Épernon. Voici à quelle occasion : un jour qu'à la suite d'une nuit de débauches, il passait à quatre heures du matin près du couvent des capucins à Paris, il s'imagina que les anges y chantaient matines. Frappé de cette idée, il entra dans le couvent, et y fit ensuite profession sous le nom de frère Ange.
Nous le voyons a Chartres où Henri III s'était retiré après la journée des barricades (12 mai 1588). « Le jeudi » 19 mai , dit le Livre de bois de Saint-André , sur les » huit heures du soir, arrivèrent de Paris les capusins » dudict lieu, accompagnés de M. du Bouchage (frère Ange) » capusin, portant la croix avec grande et singulière déj> votion; et estoient avec eux les pénitens gris qui précé- » doient à l'entrée de Notre-Dame lesdictz capusins, chan-
> tans et psalmodians les uns et les autes; et estant lesdictz » rehgieux entrez dans le cueur de Notre-Dame, lesdictz » pénitens crièrent à haulte voix par trois fcfis : Miséricorde, » ce frapans et getans par terre; lesquelles choses exci- » tèrent plusieurs manans et habitans de Chartres et aultres » à plorer et gémir. » — Henri III semblait touché de cette scène imaginée par les Ligueurs qui connaissaient^ son faible pour les capucins, mais il resta inflexible et ne voulut point pardonner à sa bonne ville de Paris. Comme on s'aperçut que frère Ange était soigneusement cuirassé pour amortir les coups < Harnibieu, s'écria Crillon, fouettez » ferme; ce lâche a endossé le froc par peur de porter la
> dague. »
En 1592, son frère, grand-prieur de Toulouse, s'étant noyé dans le Tarn, les seigneurs du Languedoc obligèrent frère Ange de se mettre à la tête de leurs troupes pendant les troubles de la Ligue. Quatre ans après (1596), il fit son accommodement avec Henri IV qui lui donna le bâton de
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maréchal de France. En 1599, il maria sa fille à Henri de Bourbon, duc de Montpensier; mais un jour que le Roi était avec lui sur un balcon au-dessous duquel beaucoup de peuple était assemblé : « Mon cousin, lui dit Henri IV, ces gens ci me paraissent fort aises de voir ensemble un apostat et un renégat ! » Joyeuse frappé de cette parole, rentra au couvent des Capucins où il mourut le 16 septembre 1608 (1).
1597. — Des mains de M^e de Joyeuse, la terre d' Anneau passa dans celles de François d'Escoubleau de Sourdis, seigneur de Jouy, de Launay et de Môndoubleau, marquis d'Alluye, gouverneur de Chartres, etc., premier écuyer de la grande écurie et chevalier des ordres du roi en 1585. Il épousa Isabelle Babou, dame d'AlIuye, fille de Jean Babon, seigneur de la Bourdaisière et de Françoise Robertet, dame d'Alluye.
A la date du 1er janvier 1603, nous voyons « haulte et puissante dame Madame Ysabel Babou, veufve de feu hault et puissant seigneur messire François d'Escoubleau, vivant chevallier des ordres du Roy, comte de la Chapelle, baron de Montdoubleau, sieur de Sourdis, gouverneur pour Sa Majesté es ville de Chartres, païs Chartrain, tant en son nom, que comme tutrice des enffans mineurs d'ans dud. enfant et d'elle, passer avec noble homme Jehan le Bossu, esciuer, secrétaire du Roy, maison et couronne de France et de ses finances, au nom et comme se disant, faisant et portant fort de illustrissime et révérendissime Monseigneur François Cardinal, duc de Joyeuse, un acte portant quittances réciproques de la somme de M,677 escus pour le reste de l'achat d'Aulneau. »
Le fils aîné de M™^ de Sourdis ne jouissait pas encore de la plénitude de ses droits et cependant il donne à l'un des fermiers de la terre d'Auneau, la quittance dont la teneur suit:
(1) La Henriade. — Notes, p. 264.
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« Nous marquis de Sourdis, confesons avoir receu de Hector Le Fel)ure, noslre fermier à Aulneau, la somme de 180 livres sur et en moins de se que ledict Le Febure nous peult debvoir de nostre dicte ferme d'Aulneau. Fait se vi® jour de mars mil six cens et troys. » Signé : Sourdis.
Les différents actes concernant la terre d'Auneau, de 1603 à 1618, sont signés par M"»® de Sourdis (Ysabel Babou) ou en son nom.
1612. — Charles d'Escoubleau, fils de François, marquis de Sourdis et d'Alluye, chevalier des ordres du roi en 1633, mestre de camp de la cavalerie légère, maréchal de camp des armées du roi, gouverneur de l'Orléanais, du pays Chartrain et du Blésois, mourut à Paris le 21 décembre 1666, âgé de 78 ans. Il avait épousé Jeanne de Montluc (1) et de Foix, comtesse de Garmain, princesse de Chabannais, morte en 1657.
1626. — Gaston, frère de Louis XIII, qui épousa, le 5 août, la riche héritière de Montpensier, avait reçu du Roi, quelques jours auparavant, en échange du duché d'Anjou, le comté de Blois, et les duché$ d'Orléans et de Chartres. Cet événement ne manquait pas d'intérêt pour le pays Chartrain, qui se trouvait encore une fois séparé de la couronne; cependant, il fut peu remarqué dans la Beauce, dont les forces vitales luttaient cette année contre la famine, la peste, les voleurs et une cruelle épizootie, comme le constatent les passages suivants extraits dés registres des échevins :
€ 2i avril. — Grande cherté du blé.
» 4 mai, — Désordres dans les marchés; accapareurs.
» 22 décembre. — Décidé que les échevins, pour remédier à la cherté du pain, achèteront 100 muids de blé à constitution ou intérêt.
(1) En 1618, Mme d'Escoubleau, née de Montluc, figure comme marraine de la cloche d'Auuay-sous-Auneau.
» 24 juillet. — Peste à AuiMati, Prunay-sous-Abiis et lieux circonvoisins.
» 22 décembre. — Rôdeurs de nuit, vols, pillages.
ï 26 janvier i627. — Épizoolie régnant quelque temps sur les moutons. *
• ^ Avril, — Achats d'avoine en Normandie ; tous les chevaux de la Beauce mourant de faim.
» JuiUet, — La peste sévissait dans les villages situés entre Dreux et Chartres. »
Les titres de la baronnie d'Auneau nous fournissent un document à l'appui de ces citations :
« Du dix-septiesme jour de janvier 1628.
» Sur la remonstrance faite à Monsieur (le marquis de Sourdis) par les sous-fermiers de la baronie d'Aulneau, de la perte par eulx soufferte tant à cause de la contagion que de la gresle, mondict sieur a reconnu bon que leur soit desduit, asscavoir :
» A Pierre Segault de Voise, la somme de 150 livres; — à Georges Gaultier, Isambert de Moinville et à Pierre Louvigny, 50 liv. et 6 minotz de bled à chascun d'eulx, le demy terme du prix de leur année de leur ferme; — à Denis de Baste, fermier du mesurage, 116 liv. 16 solz 4 deniers; — au tabellion Gillette, pour demy terme du prix de son année, 33 livres; — au fermier du péage, 9 livres; — au fermier du langueage, 11 liv.; — au fermier de Testalage, 30 liv. »
1646. — « Suivant lettres de Jehan NicoUe, bailly de la baronye et chasteUenie d*Auneau, pour haut et puissant seigneur Messire Charles d'Escoubleau, chevallier des ordres du Roy, seigneur marquis de Sourdis et d'AUuye, baron des baronnyes de Mondoubleau et dudict Auneau, conseiller du Roy en ses conseils, maistre de camp général de la cavallerye légère de France; Sébastien Lefebure, maistre
patticier et boullenger à Auneau^ fait donation à Téglise et fabrique de Sainct-Rémy d'Auneau^ d'un jardin clos de murs assis en ce bourg d'Auneau proche la porte de l'Evangille, juxte d'une part aux clostures de ce bourg (appelé depuis le jardin du Vicariat (1). »
3i déc. 1656. — Lettres de Pierre Bouteroue, seigneur de Villemain, licentier es loix^ advocat en la court et parlement de Paris et au bailliage et siège présidial de Chartres^ bailly de la Baronnye et chastellenye d'Auneau ^ pour hault et puissant seigneur messire Charles d*Escoubleau, chevallier des ordres du Roy, conseiller ordinaire en ses conseils d'estat et privé, gouverneur et lieutenant générai pour le service de Sa Majesté des ville et duschez d'Orléans, ville et chasteau d'Amboise, Blaisois, Dunois, Vendomois, Chartres et pays chartrains, prince de Chabannes, marquis de. Sourdis et d'Aluy, comtede Carmin, baron des baronnyes et chastelnye dudit Auneau, Mondoubleau et autres lieux (2). ^
Ces lettres concernent la vente d'une pièce de terre à Ozainville, faite aux religieux de Saint-Jean par Gabriel Bouteroue, laboureur, demeurant à Ozainville, commune de Francourville.
1664. — « Michelle Meusnier, vignerone demeurant au bourg d*Aulneau , donne par son testament à Tesglise et fabrique d'Aulneau , 3 livres de rente annuelle et perpétuelle à prendre sur une maison et un cartier de vignie,; ladite maison assise au bourg d'Aulneau proche la porte de Paris ^ juxte d'une part la saullaye du canal du moulin > d'un bout sur la ruelle qui va à ladite saullaye; ledit cartier de vigne assis au chantier d'Allonval, juste d'une part sur l'estang (3). »
(J) Tit. de la fabrique d'Auneau, — Arch. départ. d'Eure-et-Loir.
(2) Til. de Tabbaye de Saint-Jean.
(3) Tit. de la fabr. d'Auneau.
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4667. — Paul d'Escoubleau, marquis d'Alluye, gonverneur de rOrléanais etc , fils de Charles, qui précède, fut marié en 1667 avec Bénigne deMeaux, du Fouilloux, morte le 14 mai 1724. —Il était décédé en 1690. Nous le trouvons mentionné dans les titres de la fabrique d'Auneau :
> Hault et puissant seigneur messire Paul d'Escoubleau de Monluc, de Foix et de Babou, chevalier, marquis d'Alluyes et de Sourdis, comte de Carmain etdeJouy en Josas, baron de Saint-Félix, d'Anneau et autres lieux. »
A cette époque, Auneau est ainsi désigné: « Aulneau, appartenant à M. le marquis de Sourdis , baronnye et chastellenie; haute et basse justice relevant au bailliage, et seigneuries en dépendantes : Auiiay'SoubZ'Aulneau , Oynville-soubZ'Aulneau, Roynvillej Saint-Léger-des-Aubez (1). »
1686. — Un arrêt de la cour du parlement de Paris, concernant la terre de Cherville, mentionne « Messire Paul d'Escoubleau, chevalier, marquis d'AUuye et de Sourdis, gouverneur et lieutenant général pour Sa Majesté en la ville et duché d'Orléans (2). »
Moréri cite encore Henri, comte de Monluc, frère de Paul ci-dessus nommé , qui fut marié à Marguerite le Lièvre, fille de Thomas, marquis de la Grange, premier président au grand conseil, morte le 10 avril 1720. C'est sans doute ce comte de Monluc dont il est question dans un acte dont rintitulé commence ainsi :
1694. — « Hault et puissant seigneur , Monseigneur le comte de Monluc, seigneur baron d'Anneau, Aunay, Voize,
(1) Mémoire de tous les Boargs de l'étendue de r.é1ectîon de Chartres ; 1670. — Archiv. d'Eure-et-Loir.
(2) Tit. de la baronnie d' Auneau. — Archiv. d'Eure-et-Loir.
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Francourville, Ouenville (l)Boinville-au-Chemin,(2)Adonville (3), el autres lieux (4). ^
1710. -- Adrien Maurice, duc de Noailles, pair de France, né le 29 septembre 1678, — marié lel*' avril 1698 à Françoise d'Aubigné, posséda quelque temps le domaine d'Auneau.
1711. — Angélique d'Escoubleau de Sourdis le porta à son mari, messire François Colbert de Chabannois, comme héritière de François d'Escoubleau de Sourdis, son père qui rélait en partie de Monsieur d'AIluyes, son frère, par transaction entre M. et madame de Noailles.
En 1719 M. et madame de Chabannois, conjointement avec messire Henry d'Escoubleau deMonlluc de Foix, baron de Sourdis et d'Alluyes, héritier substitué de dame Elisabeth Babou, son aieule paternelle, vendirent le domaine d'Auneau à M. Louis Doublet de Persan et dame Marie Anne Legendre sa femipe.
1722, — Ces derniers en firent la cession à M. Pierre d*Hariague dont les titres et qualités sont mentionnés dans un acte de vente de 1730: « Messire Pierre d'Hariague, éciiyer, conseiller secrétaire du Roy, maison couronne de France et de ses finances, premier conseiller es conseils de Monseigneur le duc d'Orléans , seigneur de la baronnie et chastellenie d*Auneau, châtellenies, terres et seigneuries en dépendantes: Aunay, Voise, Adonville, Francourville, Vieille-Cour dudit Auneau, Oynville et autres lieux. »
1738. — Aveu est rendu par les religieux de Saint- Jean à « dame Geneviève Duperon de Tupin de Corcelles, veuve
(1) Oinville-sous-Auneau.
(2) Hameau dépendant des communes de Prunay-le Gillon et Francourville.
(3) Hameau de Denon ville.
(i) Tit. de la fabriq, d'Auneau.
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de fdu messire Pierre d'Hariague, tutrice de messire Domtnique d'Hariague , écayer, son fils aisné^ mineur » à cause de leur châtellenie et seigneurie de Voise (1). »
Madame veuve d'Hariague mourut en 1749, laissant pour seule et unique héritiers deux fils : Dominique, qui lui succéda dans la baronnie d'Auneau^ et Pierre d'Hariague de Guiberville, qui était en 1751^ conseiller du Roi en ses conseils et président au Parlement de Paris.
1750-1770. — Messire D0miniqu£ d'^Hariague, seigneur baron d' Anneau et autres lieux, conseiller du Roy, maître ordinaire en sa chambre des comptes^ eut différents procès à soutenir pendant 20 ans contre les vassaux relevant de la baronie d'Auneau^ notamment les seigneurs de Francourville, et Messire Gaspard Pecou, seigneur de Cherville (2).
1777. — Nous trouvons la notice suivante :
« Auneau. — seigneur M. d'Hariague; — 4 lieues du chef-lieu et de la rivière; — 299 feux; — 2,400 septiers de terre (80 perches au seplier); — 300 arpens de bois; — 200 arpens de vignes; — 100 arpens de prés; — 2 moulins; — marché et commerce (3). »
La famille d'Hariague que mentionnent encore des actes de 1786 et 1790, clôt la liste des seigneurs d' Auneau dont la suzeraineté fut abolie par la révolution. Nous dirons tout à Theure à l'article du château, ce que devint ce domaine.
(1) A cette époque la taxe du pain à Auneau était ainsi fixée ; le pain blanc pesant 9 liTres, à 18 sols, et le pain bis pesant 9 livres, à 11 sols.
(2) Hameau de la commune d'Oinville-sous- Auneau.
(3) Département de l'élection de Chartres. — Etat dressé pour la perception des tailles. — Archiv. d'Eure-et-Loir.
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Château d'Aukeau.
Suivant Jean de Gaulle, ce serait Bureau de là Rivière, l'un des seigneurs d'Auneau (1), qui aurait fait construire ce château (1365-1400), mais nous pensons qu'il le fit seulement agrandir ou réparer. En effet, les restes de son architecture accusent une époque plus ancienne, et d^ailleurs on verra dans un titre du XI® siècle qu'il venait d'être bâti « jLlfi^colum castrum noviter exfructum (2). D'autres actes mentionnent à la même époque le marché et la chapelle du château « ipsiti^ Castelli forum ^ capellam quoque Castelli (3).
Nous avons fait connaître les seigneurs qui l'ont posséjdé; quelques détails compléteront l'historique de ce monun^ent et de la commune.
1113-1128. — Haimeric Canard fait diverses concessions à l'abbaye de Saint-Jean-en- Vallée; l'acte est passé au château d'Auneau; nous trouvons au nombre des médiateurs dom Aufrède, curé d'Aunay : € Concessio ista facta est in Castro Alnetello, mediantibus fratre nostro Ebrardo et domno Aufredo presbytero de Alneto (i), »
En 1344, le cl^apelain de la Chapelle de Saint-Louis d'Auneau obtint du sire Robert de Vieux-Pont et de Courville, l'amortissement, en sa faveur, de quatre muids et demi de terre au terroir de Levainville :
« A tous ceux qui ces présentes lettres verront et orront, .nous Robert de Vieux-Pont et de Courbeville, chevalier.
(1) Vqir d-dessus, page 57.
(2) Voir l'article du prieuré d'Auneau, page 94.
(3) Ibid.
(4) Tit. de Saint-Jeam. — Archiv. d'Eure-et-Loir.
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salut. Comme Oudard Prousteau désiroit à présent acquérir en rhonneur de notre Seigneur crucifié, de la Vierge Marie, sa mère, et du glorieux confesseur Monseigneur Saint- Loys, de notre conseil ont fait construire et ediffier en la ville d'Auneel une chapelle, laquelle il entend doer de dix livres de rente annuelle et perpétuelle. Et le Roy notre Sire ayant octroyé par ses lettres de sa grâce speeialle que de ses biens ou de ceux qu'il acquerera il puisse donner, cessier et transporter à toujours mes perpétuellement au chapelain qui institué est à présent à d.eservir ladite chapelle et ses successeurs qui instituez seront au tems avenir chapelains pour le dot de la dite chapellenie, si comme nous Tavons vu plus à plain et être contenu es lettres du Roy notre Sire, à luy données et octroyées du sceau dudit
Seigneur, a le dit Oudard et Isabel, sia femme, à
présent quatre muys et demy de terre ou environ assis au terroir de Levêville dont ledit Oudard est en notre foy et hommage, et lesquels nous tenons du Roy, notre dit seigneur, en fié pour cause de la comté de Chartres, et desquels il a baillé, quitté et délaissé à toujours mes au dit chapelain qui à présent est institué, pour luy et ses successeurs chapelains au temps avenir, ou lieu et pour les dits dix livres de rente annuelle et perpétuelle. El le dit
Oudard nous ayant requis que nous , tant comme il
nous plaist et apartient, voulussions vouloir et consentir que ledit chapelain qui à présent institué est et ses successeurs chapelains audit lieu puissent tenir librement pour cause de ladite chapelle, et qu'i celle terre pour tant qu^il
nous peut apartenir, voulussions amortir et à la re-
queste dud. Oudard avec la grâce que nous ly voudrons faire et parmy la somme de cinquante livres tournois que nous en avons eu et receu et dont nous nous trouvons à bien payez, avons amorty et amortissons ladite terre à toujours mes; et voulons et octroyons que par la tenure des choses dessus dites ainsy faittes ledit chapelain qui à présent est institué en lad. chapelle et ses successeurs cha-
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pelains puissent tenir et expletter ladite terre paisiblement
à toujours mes Renonçant, promettant, obligeant,
etc. Et pour que ce soit ferme, nous avons scellé ces présentes de notre scel, Tan de grâce mil trois cens quarante quatre, le dimanche que Ton chante en saiijte église : Letare Jérusalem (1). »
En U17, le duc de Bourgogne, Jean-sans-Peur, révolté contre le roi Charles VI, s'empara du château d'Auneau et places voisines, en allant faire le siège de Chartres (2).
Le château et le bourg d'Auneau ont été rendus célèbres par « la rouite et deffaicte générale des ReUres » en 1587 (3). Ce sanglant épisode donna lieu à beaucoup d'opuscules dont la plupart se trouvent à la Bibliothèque impériale (4^)
L'un de ces opuscules (5) a pour titre :
« Discours véritable de la desfaite des Reistres Protestants, à Aulneau, par les armes de Monseigneur le Duc de Guy se, prinses et conduictes par le commandement et sous Vauctorité du Roy , le mardi xxiiije de novembre d587 (6). »
Au bas de ce titre se trouve un petit cartouche. représentant un renard fuyant devant un chien, avec cette lé-
(1) Cap. col. aux archiv. départ. d'Eure-et-Loir. — Tit. du prieuré d'Auneau.
(2) Ozeray, Hist. de la cité des Carnutesy 1. 1*' p. 333.
(3) Voir l'Histoire universeUe de M. d'Aubigné, de 1616, t. III, p. 65, chap. XVI.
(4.) hr vol. du catalogue, page 316 LB, n"» 385, 386 et suivants,
(5) Ce livre nous a été communiqué par M. Garnier, imprimeur à Chartres, avec tin autre opuscule du temps, intitulé : « La nouvelle * de/faite et surprinse des retires à Aulneau en Beausse, par Mon- « seigneur le Duc de Guyse, le mercredi vingt-cinquième de ce « présent moys de novembre mil cinq cent quatre-vingt et sept. »
(6) Cheverny fixe l'action au 26 novembre ; il ajoute que l'on trouva dans les campements des reitres, douze assez bonnes pièces, tant canons que couleuvrines qu'on fit conduire à Chartres.
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gende: « Nunc pvgîens, olim pvgnabo. » { Aujourd'hui je fuis, mais je reviendrai pour combattre) (i).
Nous en extrayons ce passage :
« Il y eut du commencement quelque résistapce en une barricade du côté du chasteau, laquelle emportée^ ils firent deux charges à cheval dedans la place et combattirent encores dedans un grand jardin, où le dit de Ponserrac et les autres cappitaines qui donnèrent firent très-bien leur debvoir, soubstenuz de leurs corselets et picquiers, gui rompirent plus de cent cinquante picquiers contre la cavallerie.
» Les portes de la ville que les Reîtres venoient d'ouvrir pour commencer de sortir, furent incontinent gaignées et refermées par les cappitaines qu'on y avait ordonnez de peur qu'il n'en eschappast aulcun.
» La place et les dictes portes estans ainsi gaignées, ils ne tindrent plus aulcun combat ny ferme résystance, estans esperduz d'une charge si furieuse et soudaine et du feu qui fut mis en quelques maisons d'où ils tiroient, affîn de nous rendre pTomptement les maistres de la place, d'autant plus que le secours en étoit prochain.
» Il en fut estendu en fort peu de temps plus de dix-huit cens dessus la place, et prins de cinq à six cens prisonniers
(1) Cet ouvrage imprimé à Paris chez Guillaume Bichon, rue Saint- Jacques, à renseigne du Bichot, — M. D. LXXXVil, est précédé de cet avis de l'éditeur :
« Pour ce que les imprimeurs poussez d'un désir de quelque petit gain , se sont hastez de mettre en lumière les premiers aduis qu'ils ont pu tirer de la desfaicte de l'armée étrangère appellée et conduicte par les hérétiques en ce Royaume. Et que néantmoins plusieurs Cappitaines ou autres, plus curieux des certaines que des premières nouuelles, ont désiré en voir le discours véritable parmy vne infinité d'autres qui se font en diverses façons et à la discrétion des discoureurs. Cestui-cy, h Tinslante prière des gens d'honneur, a esté dressé par le% Cappitaines mesmes et gentilshommes qui ont assisté aux exploita de guerre qui ensuyvent. »
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-sine s^estant sauvé que ce qui pust sauter par dessus les murailles de ce bourg.
> Le butin ne se peut estimer, et s'y est trouvé de deux mil cinq cens à trois mil chevaux^ deux cens cinquante charriots remplis de bagage, forces armes, chesnes d'or, raedales, vaisselle d'argent et argent monnoyé, et dç cinq à six cens prisonniers, parmy lesquels il y en a plusieurs de nom et de marque, qui promettent de fort belles rançons. »
Doyen (1) raconte ainsi ce sanglant épisode :
« Le Roi (Henri III) qui étoit à Beaugency , pressa le duc de Guise de suivre les ennemis. Il partit d'Etampes, et ayant appris qu'ils étaient h- Anneau, prit la résolution de les aller surprendre. Ce bourg a un château très-fort, dans lequel le comte de Bouchage (2), frère du duc de Joyeuse, qui en étoit seigneur, avoit mis un nommé Pierre Cholard (3) pour le garder. Les chefs des protestants ayant trouvé Ce bourg commode, s'y logèrent avec leurs troupes. Cholard et sa garnison se tenoient coi dans ce château.
» Le 21 novembre, M. de Guise partit d'Etampes pour aller à Dourdan , dans l'intention de reconnaître la contenance des ennemis, et les charger, s'il les trouvoit à son avantage à Anneau. S'étant assuré du capitaine Cholard, pour entrer secrètement dans le château, y mettre des troupes pour le défendre et y faire sa retraite en cas de nécessité. Se voyant découvert, il se rapprocha de Dourdan, disposa ses troupes, et leur assigna un rendez-vous entre Corhereuse et Grosleu (4). Il fut averti que l'ennemi tenoil
(i) Hist. de Chartres, t. II , p. 89. — Voir aussi l'hisl. de Chartres par Chevard, imprimée en Tan X (1800).
(2) Depuis capucin, sous le nom d*Ange de Joyeuse.
(3) Prononcez Colard. Il était gouverneur d*Âuneau.
(4) Commune et hameau de Seine-et-Oise.
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dans la plaine trois à quatre cens chevaux pour l'aller recevoir. Il plaça M. de la Châtre, son lieutenant, en embuscade, où les reîtres devaient se rendre. Le sieur de la Châtre sortit sur eux, les chargea et les mit en fuite. Ils furent poursuivis jusqu'à Auneau , et ils perdirent dans cette affairé environ cent trente hommes.
» Pendant que les reîtres enterroient leurs morts, le capitaine Cholard sortit secrètement du château d' Auneau, alla trouver M. le duc de Guise à Dourdan, et l'avertit que les chefs s'occupoient à faire grande chère ; qu'ils faisoient mauvaise garde, et qu'il pouvoit entrer dans le château sans qu'aucun s'en aperçut.
» M. de Guise choisit deux mille arquebusiers, qu'il donna à conduire au capitaine Saint-Paul , avec huit cents chevaux qu'il devoit commander lui-même. Avant que de partir, il fut entendre vêpres, et fit exposer le Saint- Sacrement dans l'église de Saint-Germain de Dourdan. Il recommanda au curé de faire des prières pendant son absence pour l'heureux succès de ses armes, et arriva à Auneau sans être aperçu.
» Cholard reçut le capitaine Saint-Paul et les arquebusiers dans le château. Le duc de Guise se tint derrière le bourg.
» Le 24 les reîtres qui ignoroient ce qui se passoit, s'étaient préparés pour leur départ, et ayant chargé leurs charriots, le capitaine Saint-Paul fit baisser les ponts du château , tomba sur eux ; aussitôt le duc de Guise s'empara des postes , entra dans le bourg , et ils massacrèrent ces reîtres qui avaient passé leur temps en orgies. Il resta plus de deux mille reîtres sur la place. On fit quatre à cinq cens prisonniers. On prit deux mille chevaux, huit cens charriots, de l'argent et des bagages, avec huit cornettes. Fabien, baron d'Ouanu, se sauva dès la première charge, et avant que les postes eussent été gagnés, dans les marais qui sont au bas du bourg. Tout le reste demeura à la merci des vainqueurs qui, las de tuer hommes, femmes et jus-
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qu'aux enfans à la mamelle, prirent le reste des hommes prisonniers. Tous ces infortunés seigneurs étrangers , mécontents des princes et des Huguenots qui les avoient fait venir de chez eux , avaient résolu de partir d'Auneau , et de s'en retourner la veille de cette action, dont le récit déjà trop long, fait horreur.
> I.e duc de Guise voulant ruiner entièrement Tarmée ennemie, envoya le laron de Soualeinbourg avec trente chevaux, pour découvrir d'autres compagnies de reîtres. Il se retrancha dans un petit bois entre Auneau et Aunay. Un cornette qui, au bruit de l'alarme, accouroit à Auneau, s'étant présenté, ce capitaine, le défit sans aucune résistance. Le duc commanda au capitaine Saint-Paul, qu'aussitôt que ses soldats auroient partagé le butin , ils fussent le trouver à Etampes, où il se retira d'un seul trait, après avoir été vingt-deux heures sous les armes, son infanterie s'étant servie des chevaux que l'on avoit pris, pour se rendre dans cette ville. Le duc y lit chanter le Te Deum eu actions de grâces.
» Jean d'AUonville, chevalier, seigneur de Réclain ville, étoit alors à Chartres, lieutenant de M. de Sourdis, gouverneur de la ville. Aussitôt qu'il eut appris la défaite des reîtres, il partit avec sa compagnie et plusieurs volontaires de la ville , pour aller chercher les canons et les boulets que les ennemis avoient enterrez entre Saint-Léger-desAubées et Santeuil, et les fit venir à Chartres. Il se trouva deux pièces de chacune six mille quatre cent soixente-huit livres pesant, et qui jettoient des boulets à une très-grande distance : elles étoient marquées aux armes du Danemarck. Il se trouva aussi une grande quantité de boulets. Le roi, passant par Chartres, fit emmener le tout à Paris. »
On conserve à la mairie d' Auneau un petit volume in-i8 de 150 pages ayant pour titre :
flC DISCOVRS AMPLE ET TRÈS VÉRITABLE, CONTENANT leS
» plvs mémorables faitz auenus en Vannée mil cinq cens
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» quatre vingt et sept, tant en r armée commandée par Monï sieur le Due de Guy se, qu'en celle des Huguenotz condvite » par le Duc de Bovillon, enuoyé par vu gentil-homme » François à la Boyne d Angleterre. — Imprimé l'an de > grâce M. D. LXXXVIII. »
Nous y trouvons sur le château d'Auneau les renseignements qui suivent :
« Le baron d'Othna estoit logé dans le bourg d'Auneau, sans avoir le chasteau à sa dévotion; duquel je vous veux descrire Tassietle, pour ce qu'elle sert à la suite de ce discours :
» Et vous dirai que c'est un très-beau et fort chasteau assis dans la Beausse, qui a d'un des costez un grand estang, dont la chaussée donne jusques à l'une des portes du bourg, qui est fermé de petites murailles, sans fessez qui vaille, un pont-levis aux portes : c'est estang faict par son cours un petit ruisseau planté par les rives de toutes sortes d'arbres qui aiment la moiteur et ne se rend pas guéable partout, et où il y a passage ce sont moulins et villages que les huguenots tenoient lors à plus de deux lieues au dessoubs : à une des queues dudict estang (qui est trèsgrand), il y a une chaussée qui traverse tout le marets et se vient rendre dans un petit boys, qui est la garenne du chasteau à l'endroit d'une porte d'iceluy pour l'aisance dudit lieu. »
« Comme le baron d'Othna arriva audict logis d'Auneau, il y eut de ces reîlres qui donnèrent jusques sur la porte de la basse-cour (qui est entre le bourg et le château) assez grande et spacieuse et où les habitans dudict bourg avoient retiré la plupart de leur bétail , que ces reîtres désiroient avoir, et d'arrivée donnèrent jusques à la porte, dont à coups d'arquebuze ils furent rechassez et tuez deux ou trois sur la place : ce qui donna occasion au baron d'Othna d'envoyer un trompette en truchement parler au capitaine du chasteau, avec menaces que si l'on tiroit plus, qu'il brusle-
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roit tout et mesme envoyroit quérir l'artillerie pour battre ledit chasteau : à quoy ledict capitaine fît réponse qu'il ne craignoit point Tartillerie des huguenots, cognoissant la place suffisante pour se conserver , et que si Ton s'approchoit de la basse*cour ou du chasteau, qu'il n'espargneroit sa pouldre pour les en repousser. »
1591-1592. — Pendant les guerres de la ligue, Auneau fut tantôt au pouvoir du Roi, tantôt au pouvoir des Ligueurs. « Dans les premiers jours de 1591 , quinze jours après que Henri IV fut parti de Chartres, M. de Biron, que S. M. avait laissé à Chartres, alla le trouver à Manies d'où ils partirent pour aller assiéger Auneau. Le capitaine Cholard en ayant eu avis, fut au-devant du Roi, de la part de Mme (Je Joyeuse, à qui il appartenait, pour le rendre à soii obéissance. — Au mois de juin 1592, le capitaine Cholard reprit Auneau sur le Roi, mais le 26 décembre, Auneau fut remis sous Tobéissance du Roi (1). »
Le château d' Auneau tel qu'il était anciennement (2) formait un hexagone irrégulier, dont deux feices regardaient l'étang (3) qui le défendait au nord ; la grande porte d'entrée avec donjon au-dessus, munie d'une herse, d'un pontlevis, de barbacannes et meurtrières, occupait le milieu de ces deux faces; la grosse tour, qui s'élève encore majestueusement dans les airs, et que l'on aperçoit au loin dans les environs, flanquait un des angles du château au sudest; la chapelle seigneuriale occupait l'angle opposé; les deux autres angles de cette forteresse étaient défendus par des tours carrées, dont l'une, celle de l'Est, a disparu avec
(1) Doyen, hist. de Chartres, 1. 11, p. 169.
(2) Je possède la copie d'un ancien plan de ce château, qui a été dressé en 1772 par M. Demolliens. L'original se trouve eotr« les mains de M. Brooet, m^ire actuel d'Âuneau. — Note de l'auteur.
(3) Aujourd'l^ui la prairie.
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les bâtiments attenants ; le tout était ceint de larges et profonds fossés à sec^ dont une partie existe encore. A gauche se trouvaient les vastes Commwws du château, la basse-cour, un jardin potager et une glacière près de laquelle on voit les fondations de l'église de l'ancien prieuré de Saint-Nicolas.
A la fin du XVIIIe siècle, par suite des dispositions conte nues au testament de M. et Madame d'Hariague derniers seigneurs d' Anneau, daté du 14 août 1730, la totalité de la terre d' Anneau se trouvait appartenir à dame Hermine- Françoise d'Hariague, mariée à Jean Théodore de Moges, tant en sa qualité de seule héritière de M. Dominiqtie d'Hariague, fils aîné des époux d'Hariague, décédé en 1789^ qu'au moyen de la remise à elle faite par M. Pierre d'Hariague, son oncle, de ses droits résultants dudit testament^ suivant acte du 18 janvier 1790: cette remise reçut son exécution au moyen de ce que Pierre d'Hariague est décédé, sans postérité masculine le 29 germinal an 2, (18 avril 1794), postérieurement à l'abolition des substitutions.
Charles Théodore marquis de Moges, épousa, le 13 messidor an VI (1er juillet 1791), Amélie Antoinette Victorine de Broglie, qui lui apporta en dot le domaine d'Auneau.
En 1810, ils vendirent ce domaine à Charles Jacques Chapelain de Seréville et Charlotte-Elisabeth-Thérèse Marie Chapelain, sa sœur, épouse de Georges Antoine Gabriel Thibault Henri de Poilvillain, marquis de Crenay^ maréchal de camp.
La marquise de Crenay devint seule propriétaire de la terre d'Auneau le 10 mai 1826, tant en sa qualité d'héritière pour moitié du sieur Chapelain de Seréville , son père, qu'au moyen de l'abandon à elle fait par l'acte de liquidation et partage des biens dépendant de la succession de ce dernier et de la communauté d'entre lui et dame Thérèse Pauline Négrone, son épouse.
En 1834, M. et Madame de Seréville vendirent ladite terre moyennant la somme de 320,000 fr. à M. François-Guillaume
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Locré, propriétaire à Paris, qui la revendit l'année suivante à M. Armand Letavernier de la Mairie,
Le 8 mars, madame Marie Antoinette Guillemeaa de Saint-Souplet, et son mari, M. Amée Ernest Louis, comte de Butant se rendirent acquéreurs de la terre d*Auneau; mais déjà le château et ses dépendances avaient subi de nombreuses et regrettables mutilations.
Avant de l'abandonner à la comtesse de Rutant, les propriétaires spéculateurs en tirèrent tout le parti possible ; en outre ils vendirent, au prix de la féraille, les armures (casques, cuirasses, jambards, brassards etc.) provenant de la défaite des Reîtres en 1587, et que Ton avait conservés jusqu'à cette époque dans la tour d'Auneau comme un trophée de cette sanglante et mémorable journée : six chariots en furent remplis. Il est à regretter que Tadministralion municipale n'ait pas fait l'acquisition de plusieurs échantillons complets de ces armures qui ont été cédées à vil prix.
Le 8 septembre 1860, la comtesse de Rutant vendit le domaine d'Auneau à M. Jules Ernest Lescuyer d'Attainville, député du Var au Corps législatif, qui en est aujourd'hui propriétaire. La partie à gauche, contenant les appartements de maître, est mal entretenue et à peine habitable. On montre la prison, les cachots, la bibliothèque, la chambre ou' coucha le duc de Guise après la sanglante journée de 1587 — au mur est encore fixé un reste de couronne qui servait de baldaquin. Dans la chapelle située à gauche en entrant et donnant sur le fossé d'enceinte, on ramasse les grains — Les anciens vitraux n'existent plus ; la magnifique boiserie du pourtour et de l'autel , œuvre du XV* siècle est destinée à être vendue (1). — Le moulin féodal vient d'ôtre converti en laiterie et fromagerie. — A la place du prieuré s'élèvent les bâtiments qui servent à l'exploitation
(1) Visite au château en août 1866.
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de la propriété devenue un domaine rural. En face, le vieux donjon qui dresse dans les airs sa carcasse démantelée et rongée par le temps, semble protester contre cette profanation : « sic transit gloria mundi. »
Prieuré d'Auneau.
Vers 1100 (1) Hugues, seigneur de Gallardon, Auneauet autres lieux, en reconnaissance de ce que les religieux de Bonneval avaient fort honorablement enterré Hervé, son père , leur avait donné plusieurs biens avec la chapelle de Saint-Nicolas qui était dans son château d'Auneau. Robert, abbé de Bonneval, y envoya plusieurs religieux de sa communauté, ce qui donna naissance au prieuré d'Auneau.
Hugues, étant près de partir pour la Terre-Sainte, confirma aux religieux d'Auneau tous les biens que lui et les siens leur avaient donnés en plusieurs fois, et il en ajouta de nouveaux, entre autres un manse (habitation) auprès du château d'Auneau qui venait d'être construit , une charrue de terre, les fours établis et à établir dans ladite villa, la foire du château, la dîme et le tonlieu (2) de toutes les herbes et de tous les fruits, l'étang auprès du château avec la moitié du moulin qu'on devait y construire; Idi chapelle du château et quinze hvres pour contribuer à son érection. Au nombre des témoins figurent: Ansold de Mongerville (3), Rainold de Br^js; (4), Jean ^^Eclimcmt (5), Osmond d'Auneau, Guy et Milon frères de Hugues :
(1) Voir ci-dessus, page 35, la note 4.
(2) Droit de douane oii d'entrée qui frappait les denrées et les mai'chandises transportées par terre ou par eau , à leur arrivée au quai ou à la porte de la ville.
(3) Hameau de la commune de Santeuil.
(4j Hameau de la commune d'Umpeau.
(5) Hameau de la coninïune de Saint-Symphorien.
Cir. a. 1100. — « Quoniam que Dei sunt non occultare, sed ut tardioiibus tepidioribus que imitanda proponaatur, juxta ejus prcceptum luceni coram hominibus concedet lucere , tam futuris quam presentibus litterali tenacitate volo declarare quia fîdelibus ego Hugo , Gualardonensium dominus , Deo dicatis cenobitalibus in Bonevaliensi monasterio , summo régi , ejusque quorum assunt ibi reliquie martyribus devotè famulantibus , pro patris mei Henrici absolutione traditi tam honorifice ab ipsis inibi sépulture , et ut ego crebri eorum adminiculante deprecatione erui a Jebennali tribulations, paradisique perfrui noerear amena exultatione , largitus sum de meis possessionibus solemni donatione que cartule buic miserendo nominatim mandavi retinere , scilicet mansum quod Foesvilla vocatnr totum , apud Alneellum castrum noviter extructum , terram aratri unius culture sufficientem, etfurnosqui in ipsa villa facti vel futuri sunt; decimam quoque culturarum mearum que ibi erunt , nec non ipsius castelli forum decimam et omne berbarum fructuumque teloneum , et Slagnum quoddam cum dimidia parte molendini inibi construendi; capellam quoque castelli, et ad ejus edificationem quindecim libras monete carnotensis , et quicquid homines mei servi sive liberi illis dederunt, concessi. Huicvero interfuerunt testes qui hoc audierunt et viderunt : Guarinus clericus , canonicus sancte Marie ; Gaufridus raariscalcus ; Hugo Fulcoini ; Albericus coquus ; Ansoldus de Mengervilla; Guido et Milo fratres mei; Hairaericus et Herveus balisterii; Rainoldusdeërae; Johannes de Clismunt; Ivo Gaucherii ; Johannes vitulus; Rainardus clericus; Osmundus de Alneel; Guillelmus de Viri; Robertus Brito. »
Hugues, touché de la piété des religieux et pour les aider à continuer les constructions qu'ils avaient convenablement commencées, leur fit encore plusieurs donations comprenant: le presbytère à'Eclimont (1); la dîme des terres cultivées et des vignes en quelque lieu qu'elles soient ou seront ; toute la foire de Saint-Nicolas ; l'aire du moulin de Ravalois (2) à Gallardon; tout ce qu'il possédait dans le
(1) Hameau de la commune de Saint-Symphorien.
(2) Voir t)luâ loin raccord de lâ9â.
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château d'Auneau, c'est-à-dire le territoire, les maisons et les jardins depuis la porte de Saint-Romain et les celliers (1) des religieux jusqu'à la rivière :
d In festivitate quoque ipsius sancti scilicet Nicholai videns quia nominati fratres jam data honorifice construebant , donum adauxi scilicet presbiteratus de Edimonte et decimam culturarum mearum ubicumque erunt vel fuerint et vinearum que habebam vel habiturus eram et forum totum quod vulgô fera dicitur in festivitate ipsius sancti. Nec non apud Galardonem aream molendini que Revacallis nuncupatur ; in castello quoque jam dicto Alneello scilicet quicquid habetur a porta que respicit Sanctum Homanum et ab officinis fratrum et domos et ortos usque ad aquam. Hii affuerunt testes : Robertus filius Gasthonis. Guillelmus dapifer. Marinus prefectus. Harduinus de Danovilla. Osmundus de AlneeL Haimericus arbalestarius et filius ejus Ansoldus, Ingelbertus de Bunena villa Johannes de Sclimonte. Odo de Danovilla. Seguinus frater Roberti filii Gastonis. Gaufridus filius Milesendis. Guido de Barzileriis. Durcardus de Ursunvilla. Gaufredus Goignart. Radulphus ex Puleo. Albericus coquus. Ascelinus de Pomerio. Garinus et Guido fratres mei cum quibus tune signe crucis cartulam firmavi. »
Cependant le prieuré prospérait; Hugues voyant que les religieux passaient les jours et les nuits dans les exercices de dévotion et du culte divin, désira en augmenter le nombre afin d'avoir une plus grande part dans leurs prières. A cet effet il leur fit encore de nouvelles donations, savoir : la dixième partie des revenus de son péage à Anneau et à Gallardon; la dîme du marché à Gallardon et des dc.ix fours qu'il y possédait; la terre d'une charrue à Voise :
« Deindè videns raonachos a supra scripta Deo devota congregatione apud nos jam devotos regulariter jam degere , Deoque ut pote a tanta concione bene extractos in hymnis et laudibus die noctuque
(1) Offlcinœ, in monasterîis dictse aedicula; in quibus asservantur qua ad victum aut alios usus Monachorum spectant. — Du Cange
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deservire , ut talium numerus quorum me credebara plurimum posse adjuvari precibus , adaugeretur , unde plures vite uecessaria habere nt donavi. Scilicet de quatuor redditibus quos habebam^ vulgariter pedagia nominales , decimam partem. Redduntur autem apud Alneellum et apud Hildopontem et apud Lumret et apud Galardonem. In ipso quoque castello Galardonis dedi decimam mercatum , et de duobus furnis quos inibi habebam cariorem propre domum Nivelonis situm ; tali videlicet tenore quatinus mater raea, dum advixerit, fructus indè colligat, si vivons els concedere noiuerit voluntate spontanea. Dedi et apud Veosiam unius carruge terram. Testes ex parte mea : Guido frater meus. Marinus prefectus. Herveius filius Pétri. Herveius balistarius. Seguinus et Ansoldus de Sanctiul. Robertus de Danonvilla. Osmundus miles. Garinus Villanus. Johannes de Sclimonte. Germundus de Sclimonte. Nivelo filius Germundi. Ex parte eorum : Guido de Barzileriis. Hugo filius Fulchoini. Isembardus Mariscalcus. Teudo de Nemore, Albericus quoquus. Gaufredus Mariscalcus. »
Une autre libéralité fut encore faite par Hugues au prieuré d'Auneau, à l'occasion d'une guérison miraculeuse due à 1 intercession de Saint-Rémy. Ce pieux seigneur nous raconte ainsi le fait :
« Le jour de la fête du saint confesseur, pendant qu'on célébrait une messe solennelle en son honneur, on apporta dans un petit charriot un malade dont le pied était, depuis trois semaines, dévoré par le feu sacré (1). Il resta ainsi couché jusqu'aux vêpres implorant le secours de Dieu par les mérites du saint, et il recouvra aussitôt la santé. En apprenant cette cure merveilleuse, moi Hugues j'accourus tout joyeux
(1) Maladie pestilentielle (espèce d'érésipèle) connue aussi sous le nom de feu Saint- Antoine ^ feu de Saint-Fiacre, mal de Saint- Marcou, de Saint-Main et des Ardents. Les symptômes de cette maladie qui ravagea en 945 et en 1130 la France et rAUemagne, étaient une soif brûlante qu'aucun remède ne pouvaii apaiser. On eut recours à la châsse de Sainte-Geneviève , qui , au dire des chroniqueurs, arrèla les progrès de la maladie.
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et je fis don au précieux confesseur de la terre d'une charrue de labour, savoir de deux bœufs à Soulaires et de deux autres bœufs à Voise. En signe d'investiture (1) Guillaume, fils de Rotald, déposa un couteau sur Tautel:
< In alla quoque festivitate prescripta confessoris, dum missa celebraretur solemnis, allatus est quidam in redula nimis anxius, cujus pedem tribus ebdomadibus consumpserat ignis divinus , qui usque ad vesperas inibi adjacens ipsius sancti auxilium attentius deposcens. Domino quantum apud se ipsius sancti possent mérita demonstrante, subito curatus est. Cujus curationem ego Hugo audiens. letus adveni, atque precioso confessori terram cultui unius Karruge sufîficientem per cultellum Willelmi filii Rotaldi donavi , apud villam que dicitur Solaris duorum boum, et apud Voesiam duorum. Testes Guillelmus Rotaldi. Vulgrinus pelliciarius. Odo pistor de famulis monacborum. Tebaldus de Pometo. Radulpbus de Puteo. Stephanus carpentarius. j»
Enfin Hugues étant sur le point d'aller visiter le Saint- Sépulcre à Jérusalem, après avoir recommandé à ses fidèles ses châteaux et sa fille unique Mathilde, du consentement de cette dernière, d'Agnès sa femme, et de Guérin son frère, confirma aux religieux de Bonneval toutes les donations ci-dessus détaillées ; il y ajouta deux clos de vignes qu'il avait à Gallardon et une charrue de terre à Auneau :
c Doâiimcum quoque sepulcbrum Jerosolymis petiturus, audientibus quibus ipso die , castella mea et filiam meam commendavi mais
(1) La transmission de la propriété n*é(ait entièrement accomplie qu'après la célébration de la cérémonie appelée investiture , qai répondait à la mancipation romaine, L'insyestiture, qui ressemble à la saisine actuelle , mettait la chose dans les mains du nouveau propriétaire , qui auparavant la possédait de droit et non de fait. La tratlition ou ensaisinement consistait dans la remise d'un objet quelconque k la personne à laquelle on transmettait la propriété. — Les Mém. de la Société arehéoicgique d'Eure-et-Loir contiennent un spécimen d'iuvestiturée au Moyen-Age. — Tom. ffl p. 136.
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fidelibus, Garino quoque fratre meo et uxoré mea Agneïé atque unica mea MahiMi audientibus et ooncedentibus, cunetaque bone-% ^allensibus fratrîbus diversis temporibus diversa per loca dona?«rant %eque eorum carta quam habebat presens abbas Robertus in maiiibus continebat recitatis, duo dausa vinearum que apud GalArêonan m publica dividit eis adauxi ; videlicet post tneum obitam alterum et presenlialiter alterum. Apud Alneeilum quoque post me habendum illis meam propriam carrucam donavi cum omni apparatu et omnibus illius culturis. Hoc autem totum ut jam predixi , Garinus frater meus cum^uxore^mea et filia mea que inde ob memoriam rei geste, ut pote parvula , unum denarium de abbate aceepit , ad hoc enim eos convocaveram , audientibus testibus subscriptis, concessit. Testes : Robertus Gathonis. Isnardus de Gaiis. Drogo Alberti. Gaufridus Haganonis et Radulfus frater ejus. Guillelmus de Sancto-PitUo. Guillelmus Gauffridi Strabonis.' Robertus nigro dorso. Garnerius de Sancto Hylario. Guillelmus Rotaldi. — Hoc autem meum benefîcium meis annuens precibus, comes de Petra-forti, Guido nomine, de cujus fevo eral , cum uxor sua concessit. Testes : ego ipse , Urso- Ursonis filius, Simon Neelfa (1). »
Comme tout bien patrimonial était censé appartenir à la famille, c^est-à-dire , non-seulement à Findividu qui le possédait actuellement, mais encore à tous ceux auxquels il pouvait échoir un jour par héritage, on avait soin, dans les donations et dans toutes les aliénations en général, de les faire approuver par tous les parents, souvent, pour obtenir leur approbation, quelques présents étaient nécessaires. On en distribuait aussi aux enfants; car leur consentement ne leur était pas moins demandé, même lorsqu'ils étaient à la mamelle. C'est ainsi que, dans la charte qui précède, nous voyons Fabbé de Bonneval donner un
(1) Chart. orig. Titres du prieuré d'Auneau — Arch. départ. d'Eureet-Loir — Celte longue charte éiiuméranl les libéralités de Hugues, est ôans date, mais nous croyons pouvoir là ](jlacer vers 1100, aiinée \ de l'élection de Robert, abbé de Bonnevaî.
denier à la petite fille de Hugues, en mémoire de la libéralité de son père. Le consentement du seigneur suzerain de la terre et même de ses enfants, était aussi demandé : c'est pourquoi la donation de Hugues fut approuvée par Guy, comte de Rochefort, en présence de témoins.
Joscelin I, seigneur d'Auneau, eut un long démêlé avec Hugues, abbé de Bonneval, au sujet de la dîme des terres appartenant au prieuré d'Auneau. L'abbé et ses religieux prétendaient que, depuis longtemps, ils la tenaient de la libéralité des seigneurs d' Anneau. Joscelin disait au contraire que toutes ces terres étaient exemptes. Cette contestation ftit terminée par Robert, évêque de Chartres, en présence et du consentement de Tècle, femme de Joscelin et de son frère Geoffroy, chanoine de Chartres; Gauthier, prieur d*Auneau , figure au nombre des témoins. Joscelin confirma aux religieux qui desservaient le prieuré d'Auneau « le » Redisme (1), c'est à sçavoir après le dixiesme, l'onziesme » de tout son blaage de blez et d'avannes et d'autres grain » que il avoit. » Il leur donna en outre cinq arpents de terre situés à gauche du chemin d'Auneau à Roinville :
1155-1164. — « Ego Robertus DeigratiaCarnotensisepiscopus, ut memoriter teneàtur , litteris assigna^i quod dominus Joscelinus de Auneelh redecinoationem culturarum suarum quam monachi Bonevallenses clamabant ex dono domini Hugonis de Galardone et pet successiones dominorum Auneelli diu tenuerant , injuste auferebat. Qui tandem sainiori adquiescens consilio, ut super hoc pax irrefragabiliter inter ipsum et monachos deinceps haberetur, in ilia sua cultura que est ad sinistram euntibus de Auneello Roenvillam , dédit eis quinque agripennos eorumdem culture coniiguos, fratre ipsius et uxore id concedentibus , Gaufrido scilicet et Tecelina. Quo facto que inter monachosi et dominum Joscelinum diu fuerat fînem habuit controversia. Pax ista in audientia nostra composita fuit , présente
(1) Redecimatio , décima para Decimœ sac Décima decimœ. Du Gange , GIoss.
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domino Inguone abbate Boncvallensi ; domino Fulchaudo abbate sancti Johannis de Valeia ; domino Amaurico cantore ; domino Willelmo archidiaconoDunensi; ChristianoprioreBonevallensi; Gauterio priore Auneelli ; astantibus etiam domino Joscelino et fratre ejus Gaufrido canonico, ipsorum quoque avunculo Hugone de Acrivilia , Hugone de Tuvilla ; Garino de Alneto patricio. Litteras aulem hujus pacis, neunquamdebeat perturbari, sigilli nostri impressions roborandas fore decrevimus et roboravimus (1). >
En 1184^ Ancelle Buot^ donne à Téglise de Saint-Nicolas d' Anneau , une hostise , située à Etampes avec toutes ses dépendances., Guy, seigneur d'Auneau, approuve cette donation, comme seigneur dominant de fief :
« Veraciter et absque dubio sciant universi quod Ansellus Buordi, scitu pariter et assensu bebigno Grangerie sue c-onjugis et filiarum suarum Marie scilicet et Agnetis , suique mariti Wiilelmi, dona?it ecclesie beati Niclwlai de A/»eo/o quandam hostisiam apud Stampas in terra sua consistentem , spe salutis et quietis auime iilii Hugonis , habendam in perpetuum et tenendam absque contradictione , eum omnibus ejusdem hostisie redditibus et justicia. Donum autem istud effecit Ansellus et bénigne concessit et uxor ejus et omnes âlii prenoroinati super altare beati Nicholai apud Alneolum. Testibus istis ibidem asistentibus qui subscribuntur, ex parte monachorum : Guido dominus oppidi, et Joscdinus frater ejus, et Teseelina mater eorum, et Michael decanus etSevinusGorloein. Quod utratum foret in posteram , auctoritate sigilli béate Marie de Stampis , ubi postea convenerunt, placuit bas présentes litteras ex integro confirmari. Presentibus istis et audientibus quorum nomina sic intytulaotur : Petrus ejusdem ecclesie precentor et Gauterius de elemosina, Hilde-
(1) Cette charte est sans date , mais au nombre des témoins nous trouvons Ingon ou Hugues qui était abbé de Bonneval en 1163 ; Foulques, abbé de Saint-Jean-en-Vallée (1151-1172) ; elle émane de Robert, évêque de Chartres, qui siégea de 1155 à 1164. — Copie collât, le 30 mai 1733 ^ par Michel et Leroy , notaires royaux à Chartres , sur Torigioal en parchemin étant au trésor de l'abbaye royale de Bonneval. — Arch. départ. d'Eure-et-Loir.
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rius presbiter, Michael Burdonis, Hugo de Merevilla, Hernullus cellarius. Actum publiée anno incarnati Verbi M°GoLXXXo1II1û (1). >
Le prieuré d'Auneau avait encore à Marchai-Parfond (2) la dîme des novales (3)^ dont la possession lui fut contestée par Hervé, seigneur de la Chapelle-d'AunainviUe. Malgré Texcommunication qui fut lancée contre lui, Hervé n'en persista pas moins dans son injuste prétention ; mais à la fin il se repentit de ses méfaits, et les parties firent, devant Farchidiacre de Chartres, un accord par lequel il fut convenu que la dime des bois convertis en terre labourable, serait partagée par moitié entre Hervé et les religieux du prieuré; que les autres terres resteraient en la possession respective des parties; mais que les colons de ces terres continueraient à être soumis à la juridiction des religieux :
1201. — H[enricus} Gamotensis archidiaconus omnibus ad quos littere iste pervenerint in Domino salutem. Noverint universi tam présentes qiian futuii qaod cum inter monachos Bonevallenses ex uoa parte et Herveum de Capella ... (4) , super decimatione quos rumdam wmalium que apud Marckes-pro/iindum sita sunt , in curia nostra contencio verteretur» presentibus Willelmo priore de Alneoio
ad cujus prioratum decimationes iUius territorii cum tota villa
noscantor, eteodem H., de consilio sapientum virorum, predicto H. per|)etuum silentium imposuimus , et decimationem novalium de qua agebaiur predictis monachis Bonevallensibus juste et eanonice ad. . . H. judicabo pararet noluisset» immo et contumaciter recessisset, in ipsuiB fecimus excommunicationis sententiam promulgari. Qui
Herveus tandem penitens, meditantibus discretis viris, cum p
amicabiliter composuit in hune modum. Prêter terram quam colunt
(1) Orig. sur parchemin. — Archiv. départ. d'Eure-et-Loir. — TiL du prieuré d'Auneau.
(2) Paroisse de Prunay-sous-Ablis. ^Seiûe-et-Oise).
(3) Terrt^ eu bois ou ea friche , mi^es eo culture.
(4) Les passages pointés manquent daus l'original dont une portion est déchirée.
homines de Marches-profundo , quorum homiDurn omnis jurisdictio proprie ad monachos pertiaet^ cujus terre terragium et décima inter
ipsos tum Herveum equaliter dividentur, fuerunt ibidem ali-
quando nemora duo in terra m arabilem jam redacta ; quorum unum ad monachos, alterum ad Herveum ex parte uxoris sue proprie
pertinebat, et de arabilis tenebat quam Herveufr, predicli
monachi de jure requirebant quod eis, sicut prediximus, diffinitam senientiam in curia uostra fuerat adjudicata. De communi igitur as-
sensu partium quod terre Ule de novo arabiles quas singule
partes quasi proprias retioebant, de cetero inter ees et eorum successores communes erunt, sicut et cetera quas homines
ejusdem ville excolunt, ita quod terra et omnes alie obven-
tiones prêter minutam decimam cujus due partes ad monachos, tertia ad presbiteruro pertinet^ sine fraude et dolo equaliter inter eos
dividentur ; ita sane quod quandiu vixerit quandam d tatem
novalium sepedicli Hervei in dotalicium tenet, vel douée ad eundem Herveum vel ad beredes suos illa medietas revertatnr, monachi
novalia sua extra partem Hervei sibi proprie retinebunt^ et in
medietate quam in pressenti Herveus tenet monachi nichilominus mediam partem habebunt. Revertente vero illa parte quam domina tenet ad Herveum vel successores ejus bine et inde omnium novalium redditus omnimodi, sicut predictum est, inter eos communes erunt. Monachi vero homines de Marches-profundo qui terras illas excolunt, in suo dominio sicut antea possidebunt, et omnimodam in eos habe> bont jostidam. Ita quod nominato Herveo a portione omnimoda censuum et clamorum dicte ville penifcus excluso^ omnis juridictio ville ad monachos in pérpetuum pertinebit^ et clamores de extra metas ville ad aures solius prions Alneoli porvenient ventilandi et per euriam tamen prions medietatem obventium dicto Herveo intègre percepturo. Hanc compositiocem firmiter et inviolabiliter observandam prestito sacrenmento et iide interposita firmaverunt idem Herveus et uxor sua Gila , que hères erat terre illius, concedentibus filiis Roberto, Hemerico et filiabus suis Odelina, Jacquelina, et inde xviii libras carnotensis monete a monachis receperunt. Hoc concesserunt domini illius terre et pro posse suo garandizare promiserunt et Amelina et Garinus filius ejus. Et ut hoc ratum et immobile perseveret^
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ego H. carnotensis archidiaconus » ad petitionem utriusque partis et dominorum qui hoc io mea preseotia concesserunt , litteris commendavi et sigilli mei impressione firmavi. Actum anno gratie MoCCol^. Testes sunt hii ; ex parte raonachorum Willelmus de Bazochiis tune temporis prior ; Garinus de Mauritania ; Gervasius frater ejus ; Johannes Brito ; Girardus de Guigne ; Petrus de Chalete ; Gaufridus , presbiter de Roenvilla ; Landricus de Roenvilla ; Philippus Martel ; H. de Bercheriis; Johannes de Masetel; L. de Godlon; Marquerius major. Ex parte Hervei : Amulfus de Duison ; Petrus de Janviler ; Gaufridus de iVberaj/,- Radulfus, presbiter de Orphin; Petrus Borel; Garinus Galtier ; Thomas Durant de Galardone ; Ogerius , presbiter de Capella-Onenville (1). »
Les marchands d'Auneau étaient tenus de payer aux religieux du prieuré d'Auneau le droit de coutume (2), à chacune dixième semaine. Gui, seigneur d'Auneau, leur contesta longtemps ce droit que ses ancêtres leur avait accordé; mais à la fin il convint de ses torts, et d'après l'avis des prudhommes et des gens de justice à ce commis, il reconnut que les religieux devaient exercer le libre usage de leur droit; et que tous les négociants bouchers et autres, tant ceux qui habitaient Auneau que ceux qui y venaient, devaient Tacquitter. Celte transaction fut approuvée par Isabelle, femme de Gui et ses héritiers :
1202. — Ego GiUdOf dominus Alneoli, omnibus présentes litteras inspecturis. Noveriot universi quod cum inter me et monachos .42»eo/isupercoDsuetudinibusquas negociatores in décima septimana que ad eos pertinet et solvere tenentur , controversia fuisset diutius agitata , ne in scrupulum récidive contentionem posset iterum suscitari , composiiionem tenuimus in hune modum. Scilicet quod vir discreti et viris ordine judiciarii firmaverunt ut negociator tam
(1) Chart. Orig. aux Archiv. départ. d'Eure-et-Loir ; lit. du prieuré d'Auueau.
(2) Le mol coutumes * consuetudines » désignait des droits établis par l'usage, tels que le cens, le tonlieu, la justice, etc.
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castrensis quam forensis , occasione censive a domino Âlneoli
facte in supra dicta septimana a consuetudine monachorum liber non possit esse nec absolutus , sed omnes convenientes tam carnifîces quam alii in septimana eis pertinente consuetudinem suam cum orani integritate persolvent. Hec volumus ut accusatio a me vel serviente meo negociatoribus facta , predictis monachis super consuetudine sua possit prejudicium gignare. Hoc concessit Isabel uxor mea et heredes mei. Et ne in posterum possit aliquo modo refragari, chartam istam feci sigilli mei munimine confirmari. Âctum est hoc anno incamati Verbi millesimo ducentesimo secundo^ mense decembri (i). »
1207. — Le prieuré d'Auneau possédait à Boisgasson (2) une hoslise avec un verger. Un homme- de la milice de Jean, seigneur d'Oinville-sous-Auneau, s'en étant emparé, Germain, prieur d'Auneau, porta plainte à Girard, abbé de Bonneval, dont le prieuré relevait. Jean d'Oin ville et Hugues son fils, Robert de Bretonvilliers (3), pour ses fils, furent mis en cause, et, après enquête, en présence et de Tavis de plusieurs prudhommes au nombre desquels figure /^an, seigneur d'Auneau, les religieux du prieuré furent rétablis dans leur possession :
e Ëgo Girardus Bonaevallensis ecclesiae minister humilis, totus que ejusdem ecclesiae conventus, notum facimus tam presentibus quam futuris quod cum mota fuisset controversia inter Germanum priorem nostrum de Alneolo ex nostra parte , et dominum Johannem de Oinvilla, etHugonem filium ejus, et Robertum de BretonviUari, pro filiis suis, ex altéra, super quadam hostisia apud Nemus Gachonis sita , quam quidam homo predictorum militum injuste occupaverat. Tandem medietante prudentum et bonorum virorum consilio , utraque pars fide et plegiis prestitis , in discretos viros dominum
(1) Orig. Tit. du prieuré d'Auneau. — Archiv. départ. d'Eure-et- Loir.
(2) Hameau d'Auneau.
(3) Uameau d'Aunay-soua-Auneau.
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Hubertum sacerdotem de Prunelio , et dominum Johannem de Alneolo , et dominum Johannem de Masetello , milites , compromisit , et ad JNemus-Gachonis die statuta conyenientes, diligentiet légitima inquisitione per testes idoneos super occupationem de predicta hostilia facta, presentibus partibus, ex arbitrio ipsorum assensum suum probantibus, prioratui nostro de Alneolo jam dictam hostisiam cum virgulto juxta posito, métis inter terram nostram et terram militum çirca quaque positis, reddiderunt. Occupator autem jam dicte hostisie et heredes ipsius infra antiquam hostisiam in terra
militum edificabunt, et per terram monachorum et exitum
suum et extensionem palmorum suorum , sicut limitatum est , habebunt, salva tamen justitia prioris de Alneolo que ad vias ipsius ville pertinet, si quid infra metas exitus hostisie militum distinguentes fuerit forisfactum. Hoc domina Johanna et Robertus dp Bretonvillari sub interpositione fidei sue observatarum promiserunt. Hugo quoque filius domine Johanne, fidejussoris dédit dominum Philippum Masetelli, et dominum Hugonem de Prunaio^ Victurium de Garanceriis avunculum suum. Nosutratum et stabile perseveret, litteras nostras in testimonium damus et sigilli nostro auctoritate in perpetuum confirmamus. Datum anno gratie M«> CG^ septimo. Et sigillatum (1). >
1235. — - Guillaume, seigneur d'Oinyille, confirma aussi a donation de la terre de Boisgasson, faite par Hugues d'Oinville, son frère,, au prieur d'Auneau, pour son anniversaire :
« Ego Guiilelmus dominus OinvUle omnibus tam presentibus quam futuris ad quos littere iste pervenerint salutem in Domino. Sciant universi tam présentes quam futuri quod bone memorie Hugo de OinviUa, frater meus, me concedente et volenté , priori et monachis de Mneob , pro anniversario suo in ecclesia sua in perpetuum celebrando, dédit et concessit unam hostisiam quam ipse habebat in villa propria monachorum que dicitur Boscus Guasconis ^ insuper, et omnem arpentum terre situm juxta viam que ducit ad Parnoium,
(1) Orig. en parchemin aux arch. d'Eure-et-Loir. — Tit. du prieuré d'Auneau.
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et exitum et consuetudinem adistud et istam hostisiam pertineotes,
laeujus rei muoimen predictis monachis has litteras dedi sigilli
md munimine roboratas; Actum anao Doiuini M"* CG» XXXo quiato , mense maio (1). «
Les religieux du prieuré de Saint^Nicolas-d'Auneau avaient encore à Boisgasson cinq setiers de terre que leur avait donnés Guillaume, seigneur de Oinville-sous-Auneau, chevalier.
1235. ~ « — Ego Willemus, dominus Oinviîle, miles, notum facio universis tam presentibus quam futuris , pro anime mee et animarum patris et matris mee^ nec non et uxorum meorum Marguerite jam defuncte et Agnetis adhuc existentis remedio, me in perpetuam elemosinam contulisse priori et monachis sancH Nichoîai de Alneolo , concedentibus uxore mea Agnete adhuc existente et matre mea Johanna et filio meo majore natu Haimerico et aliis filiis meis Hugone, Willelmo, quandam terram quinque sextarios bladi sementis vel parum plus capientem , sitam apud villam dktorum monachorum que dicitur Boscus Gachonis , juxta viam que ducit ad sanctum Remigium , cum omni justicia que in iila terra habebant vel habere poterant , quiète , libère et pacifiée in perpetuum possidendum. Predicti yero monachi ne hujus sibi coUati benificii viderentur ingrati, michi , uxore mee et filiis carissimis... trecentes solidos donaverunt. Ego vero , eorum erga me liberalitatem attendens, et eorum ecclesiam super dicta pecunia et elemosina volens conservare independentem , in manu predicti prions fîduciavi quod si aliquiis super facto isto earum ecclesiam calumpniam
pateretur donavi pecuniam et omnia dampna ecclesie illata
per me vel heredes meos vel occasions ipsorum cognita vel probata
in dicta terra prefatis priori et monachis, ego et heredes mei in
integrum restaurare. Hoc etiam concesserunt et voluerunt prefati uxor mea Agnes et fîlius meus major natu Haimericus , et fîde interposita in manu prions ad hoc idem tenendnm se modis omnibus
(1) Orig. en parchemin aux Àrch. d'Eure-et-Loir. — Tit. du prieuré d'Auneau.
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obligayeruDt. Âd hec omnia perOcienda et tenenda bona fide Willelmus de Obville, meus avunculus , et Raginaldus domiaus . . .
miles sororis , et Almaricus de Esquilmonte , miles fide data
in manu supradicti prioris se plegios concesserunt. Quod ut ratum , firmum et stabile in perpetuym perseveret, hanc presentem carlam priori et monachis pradictis dedi sigilli mei munimine confîrmatam. Actum Alneoli anno Domini Mo CG* XXX^ quinto , mense Maio. — Testes ex utraque parte : Odo ... de Alneolo ; dictus prior ; Guillelmus Galopin . decanus ; Theobaldus Achais ; Henricus de Binais ; Petrus de Trinitate ; Martinus de la Ronce , monachi ; Willelmus de Obville ; Raginaldus .... Almaricus de EsquUlemonte , milites (1). »
Les offrandes qui se fesaient dans les églises de Saint- Rémi et de Saint-Nicolas d' Anneau, et dans la chapelle du château d'Anneau, donnaient lieu à de fréquentes discussions eiitre le prieur d' Anneau et ses religieux d'une part, et le curé d' Anneau d'autre part. Hubert, archidiacre de Chartres , mit fin à ces différents par une transaction passée entre les parties, au mois d'avril 1242, et par laquelle il fut convenu que les offrandes de toute nature seraient partagées par moitié entre le prieur et le curé. Cette transaction régla en outre les obligations et les devoirs respectifs des parties. Nous la rapportons en entier^ comme offrant une peinture
(1) Charl. Archiv. d'Eure-et-Loir. — Til. du prieuré d'Auoeaa. — Au bas est écrit : « Coliationné sur roriginal en parcbemin étant aa Trésor du château d'Auneau dont il a été tiré et à Tinstant remis par inoy Michel le Pié , notaire royal au bailliage de Chartres , résidant audit Anneau cejourd'huy deuxième jour de janvier mil sept cent trente deux. >
A cette pièce est anexée une copie sur papier au timbre de la Généralité d'Orléans, portant cette mention : « GollalionDé à l'original en parchemin et à l'instant tiré du trésor de l'abbaye de Bonneval rendu au révérend père Dom Ghaumont procureur, de ladite abbaye par nous notaires royaux gardes-nottes soussignez , le trente mai mil sept cent trente trois. — Signé ; Michel et Leroy. »
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— i09 des coutumes de l'époque, dont plusieurs sont encore en vigueur aujourd'hui :
1242. — f Universis présentes litteras inspecturis H[ubertus] archidiaconus carnotensis saiutem in Domino. Notum facimus quod cum inter priorem et monachos de Alneolo ex una parte, et Michaelem presbiterum et personam sancti Hemigii et sancti Nicholai de Alneolo ex altéra^ contentio vcrteretur super omnibus oblationibus .factis et faciendis in ecclesiis sancti Remigii et sancti Nicholaii de Alneolo et in capella domini de Alneolo, qualité? et quando dicte oblationes debebant recipi, custodirï et partiri inter ipsos. Tandem de bonorum virorum consilio dictus prior pro se et manachis suis ex una parte , et dictus Michael ex altéra , super dictis contentionibus et omnibus aliis controversiis et querelis usque nunc habitis , inter ipsos compromiserunt , fide média , in nos et religiosum virum fratrem Blondellum camerarium abbatie sancti Pétri carnotensis , sub predicte fidei interpositione promittentes quod ipsi iirmiter et inviolabiliter observarent quicquid nos et dictus frater Blondellus super premissis pace vel judicio ordinaremus. Nos vero communicato bonorum virorum consilio per arbitrium nostrum diximus , precepimus et ordinavimus quod in ecclesia sancti Remigii de Alneolo erit una pixis , in ecclesia sancti Nicholai alia , et in capella domini castri de Alneolo alia pixis , et erit quelibet bene ferrata , et istas pixides custodiet presbiter, et prior unam clavem habebit et presbiter aliam. In istis pixidibus reponentur omnes oblationes venientes ad manum presbiteri et capellanorum suorum et prions et monachorum suorum, et quandô placuerit priori et presbitero dividentur omnes ille oblationes inter priorem et presbiterum equaliter, scilicet quia prior habebit unam medietatem et presbiter aliam. Candele, viuà et panes que oiferentur in predictis ecclesiis sive ad manum presbiteri et capellanorum suorum , sive ad manus prioris et monachorum suorum, ila tractabuntur. Panes et -vina , fmito officio post recessum populi , dividentur equaliter inter ipsos et quilibet reportabit medietatem suam. Candele reponentur similiter , fmito officio et post recessum populi, in qualibet illarum ecclesiarum, in quadam archa communi que habebit duas claves quarum unam habebit presbiter et prior
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aliam, et qualibet septimaaa, die sabbati post vespertinum offîcium, divident per singulas illas ecclesias prier et presbiter caadelas per totam septimanam ita repositas , et prier habebit uaam medietatem et presbiter aliam. Hoc salvo quod ante divisionem accipientur octo candele super communitatem que remanebuot ad s^vitium dictarum ecclesianini facieodum. Prier habebit , si voluerit , moDachorum custodem vel alium in singulis illis ecclesiis, qui intererit ceiebratioDi missarum et oblationîbus facieodis , et videbit quo modo oblationes tractabuntur. Et similiter presbiter habebit custodem suum , set eustos prioris non accedet ad manum presbiteri seu capellanorunn suorum celcbraocium , nec stabit justare altare , célébrante presbitero vel capellano ipsius ; nec custos presbiteri simiHter , prière vel monachis celebrantibus, propter vitandum populi scandalum.
» Item arbitrando diximus , precepimus et ordinavimus quod persona, quando de novo instituetur in sacramento quod faciet apud Bonam-Vallem , abbati et conventui dicti loci tanquaro patronis suis jurabit de istis et aliis juribus ecclesie Bone-Vallis observandis booa fîde , sicuti jurare consuevit ; et capellani et clerici jurabunt semel per totum illud temporis qui erunt continue in servitio presbiteri , quod similiter predicta bona fide observabunt et attendent , et quod nec facient damnum nec fieri sustinebunt seu priori sive presbitero contra predicta. Hoc idem juraraentum facient prières qui pro tempère erunt in dictis ecclesiis de Alneolo, presbiteris qui ibi pro tempère ministrabunt.
» Item arbitrando diximus^ precepimus et ordinavimus quod statim incepta missa , sive presbiter et capellani sui célèbrent , sive prier et monachi , ponentur ille pixides in qualibet dictarum ecclesiarum super altare in quo quando celebrabitur , et ille qui celebrabit , sit presbiter^ sit capellanus suus, sit prier, sit monachus, factam oblationem ad manum suan venientem iu ipsa receptione in conspectu omnium mittet in pixide.
» Ista autem sunt ordinata inter priorem et presbiterum super predictis de consensu dictorum prioris et presbiteri coram nobis, accedente assensu abbatis Bone-Vallis per litteras suas patentes. In quorum omnium testimonium et munimen^ ad petitionem predictorum prioris et presbiteri présentes litteras conscribi fecimus et sigilli
nostri muDimioe roborari. Actam anno Domini milledmo GGo qua* dragesimo secundo, messe Aprili. (1). »
1249. — Guy, chevalier, seigneur d'Auneau, pour assurer l'anniversaire de sa femme Elise nde, dans l'église d'Auneau, donne au prieuré du lieu deux setiers de blé à prendre sur les dixmes de Morainville : .
€ Uoiversis fidelibus ad quos présentes litterae pervenerint , ego Guido , miles , dominus Alneoli , notum facio quod ego volens michi precavere inspectu presenlis vite incertitudine , dedi et concessi in perpetuam elemosinam monachis et prioratui , a predictis monachis seu mandato ipsorum super parte seu portione mee décime de Morainvilla annuatim in sanctum feslum omnium sanctorum percipienda intègre et habenda, ita sane quod predicti monachi, ob redditus hujus modi donationem et assignationem , anniversarium defuncte Hdkendis quondam uxoris mee annuatim in fes*,o beati Johannis evangeliste , factis tamen in vigilia ejusdem festi vigiliis et orationibus solemnibus, in memonam et remedium ipsius in ecclesie de Alneolo singulis annis tenenlur celebrare. Promittens bona fîde me contra hujus modi redditus donationem et assignationem non venturum de cetero per me vel per alium ; nec easdem in posterum revocaturum nec predictos monachos nec mandatum eorumdem super hoc aliquatenus molestatunim, nec in contra tractaturum. Quod ut ratum et stabile permaneat in hiturum, présentes litteras sigilli mei dedi predictis monachis munimine et impositione roboratas. Actum anno Domini miUesimo ducentesimo quadragesimo nono , mense Januario (â). >
4254. — Ce même Guy, consent à ce que le prieur et les religieux d'Auneau afferment les grosses et menues dîmes dépendant du prieuré :
« Ego Guido, dominus Alneoli, miles, notum et manifestum facio et fieri volo universis présentes liUeras inspecturis quod prior
(1) Chart. Orig. aux Archiv. déparl. d'Eure-et-Loir.
(2) Arcldv. d'Eure-et-'Loir. — Tit. du prieuré d'Auneau.
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et monachi de Alneolo possunt tradere ad modiationem , pro voluutate sua , cuicumque voluerint , et , si maluerint , per S6 coUigere, décimas suas grossas et minutas , et quod ego contra voluntatem dictorum prions et monachorum non possum ad modiationem sumère décimas supradictas. In cujus rei testimonium predictis priori et monachis présentes dedi litteras sigilli mei munimine roboratas. Actum anno Domini M» GC^ quioquagesimo quarto , mense julio(l). »
Le seigneur Guy, tout libéral qu'il fût envers les établissements religieux, était très-jaloux de ses prérogatives et de ses droits, surtout en ce qui concernait la justice. Il eut de fréquents démêlés à ce sujet avec le prieur d'Auneau ; et les transactions qui étaient consenties par les parties, subissaient toutes les fluctuations de leurs intérêts. Nous donnons ici Tune de ces transactions, la plus importante pour le prieuré d'Auneau :
1292. — « A tous cens qui verront cetes présentes letres, Guy , sire d'Auneel, chevalier, salut en nostre seigneur. Scachent tous que comme contention ou discorde fut meue ou s'entendoit à mouvoir entre relligieus hommes Tabbé et le couvent de Bonneval d'une part, et ^ie sire d'Auneel, d'autre, sur c'est ascavoir que lesdits relhgieus disoient et affermoient en nom d'eux et de leur église pour raison de \QXiT prieuré d'Auneel, que la joustice et la seigneurie haute et basse de la rue que l'on appelle la Rue aux Moines , assise en la ville d'Auneel et es apartenances dudit Auneel, et en la rue aux Ravalais et à Sainct-Remy et es autres îeus assis en la ville d'Auneel et es apartenances dudit Auneel, et en la ville du Boisgasson, de Gauvilliers et de Levesville et es terrouers et apartenances desd. trois villes, étoient leur et leur apartenoient, et en étoient en saisine pour raison de leur église et de leur prieuré d'Auneel, et gie §ire d'Auneel dessus dit disoie et affermoie au contraire que la joustice desd. Ieus haute et basse étoit moye et à moi apartenoit
(i) Orig, archiv, départ. d'Eure-et-Loir ; Tit. du prieuré d'Auneau,
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- il3 - 30ur cause d'héritage, et en saisine et possession estoie de loustice et de toute manière de joustice; à la parfm, pour bien de pais et par le conseil de bonnes gens, frère Jehan le Chesoy , prevoust et moine de Bonneval , avec procuration Bt spéciau commandement desd. abbé et couvent de faire composition et compromis des dites choses , si comme il aparoist en unes letres de procuration scelées des sceaux desd. abbé et couvent, desqueles la teneur est tele :
«« Universis présentes litteras inspecturis , frater Johannes , divina
permissione humilis abbas monasterii Bonevallis totiusque ejusdem
loci conventus, eternam in Domino salutem. Notum facimus quod
nos in causa que movetur inter nos et priorem nostrum de Alneolo ,
ex una parte, et nobilem virum et potentem Guidonem dominum de
Alneolo y ex altéra, ratione prioratus nostri predicti de Alneolo ,
fratrem Johannem de Gheseio prepositum et monachum exibitorem
presentem facimus et instituimus procuratorem generalem tam pro
nobis quam per nos coram omnibus judicibus ecclesiasticis et secu-
laribus quibuscumque quorum nomine censeantur ; dantes ei procu-
ratori nostro plenariam potestatem et spéciale mandatum agendi pro
nobis ,^ nos que defendendi, jurandi in animam ipsius et nostras de
calumpnia seu de veritate dicenda, ponendi omnibus, renunciandi,
insignandi, paciscendi , pacificandi, componendi, compromittendi ,
gratificandi et ratificandi » et omnia alia et singula faciendi quod nos
faceremus seu facere possemus, si présentes essemus, ratione
igitur quicquid par procuratorem nostrum dictum de predicta
causa actum fuerit seu etiam Promittentes sub ypothequa
rerum nostrarum et procuratoris nostri predicti , predicto procuratori nostro si necesse fuerit judicatu m. Et hoc omnibus quorun^i interest seu interesse potest tenore presentium significamus. Datum anno Domini M» CC^ nonagesimo secundo , die luno post isti sunt dici , mehse Marlio. t>
» Pour bien de 4)ais et pour le prouflttt de leur abbaye et àovLÔit prienr d'Àuneel, d'une part, et gie Guy sire d'Auneel dessus dit, d'autre, confessons et reconnaissons avoir fait tele composition et tele ordonnance entre nous, c'est asca-
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voir que les devants dits religieux ont et oront et rendront paisiblement sans co;itredit à tousjours mes^ toute la joustice haute et basse des villes ci-dessus nommées et écrites , c'est ascavoir en la ville du Boisgasson, en la vUle de Gauvilliers et en la ville de Levesville et en toutes les apartenances desd. villes, c'est ascavoir es villes dessus nommées la joustice des villes et des chemins tant comme les villes el les maisons durent en long et en lé, et es chemins dehors lesd. villes tant comme le terrouer doudit relligieux et leurs hôtes ourera et sera leur et à leurs hôtes deçà et delà douz chemins, et ce de la manière que les devant dicts relligieux ne peuvent et ne pourront rien demander en rien que ce soit en fié, en rerefié ou censive demoy Sire d'Auneel dessusdict es villes et es apartenances si aucunes en y a qui sont tenu de moy ou d'autres, excepté ce que lesdits relligieux y ont, et ce qu'ils tiennent d'eux, si comme il est dessus dict, ainçois demeurera à moy dit seigneur d'Auneel dessus dit, toute la joustice haute et basse es leus qui sont tenus de moy ou d'autres esdites villes et es apartenances, excepté ce que lesdits relligieux et leurs hontes y ont en la manière dessusdite , fors tant que lesdits relUgieux ont et auront par mon consentement la joustice haute et basse d'un hébergement d'un curé-prêtre de Bourville assis au Boisguaçon, ainsy comme ils ont es villes dessus dites par cy-devani; lesquelles villes et les apartenances sont assises dedans les bournes et les termes de la châtellenie d'Auneel. Et le dit procureur reconnoit que si l'on fesoit édifice nouveau hors des dites villes ou terroir d'iceux Relligieux et la terre ne fut leur que d'une part, la joustice dou chemin me demeureroit.
« Et il (ut ordonné entre moy et ledit procureur qu'en ladite ville d'Auneel, c'est ascavoir en la rue que l'on apelle la rue aux Moines y et en la rue qui est apelée la rue aux Ravallois, et à Saint-Rémy et ailleurs en la ville d'Auneel êtes apartenances tenus des dits Relligieux à cens, toute la joustice haute et basse sera moye et demeurera à moy
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— H5 — et à mes hoirs sans contredit paisiblement desorendroit à tousjours mez^ sans que les dits Bellig^euz y puissent rien demander^ fors tant seulement que les dits Relligieux, auront^ tendront et posséderont paisiblement à toujours mez esdites rues et audit leu de Sainct-Rémy et ailleurs en la dite ville d'Auneel et es apartenances tenus des dits Relligieux et es fours apartenants aux dits Relligieux, la joustîce et amande jusques à sept sols et demy sur leurs boutes et les demeurants esdits leux et des étrangers foriaisants esdits leux pris au présent forfait dont l'amende monteroit à sept S0I2 et demy et non plus, sans ce que les dits Relligieux puissent rien demander en la joustice des dits leux outre la joustice et l'amande de sept solz et demy, sauves les rentes et les redevances deues aux dits Relligieux, qu'ils ont accoutumé avoir sur leurs boutes ou leurs terres, et les amandes deues aux dits Relligieux pour raison desdites rentes et redevances eues toutes ces choses par leurs mains. £t adjoute que si il avoit quelqu'un qui emportast leur champart sans les requerre de cbamparter, ou qui celast leur vente, ils auroient telle amande, comune raison et coutume de la cbâtellenie dessus dite d'Auneel.
> Et il fut accordé entre nous que ou manoir desdits Relligieux et es circonstances dudit manoir, si comme il se poursuit et que les murs et la clôture se porte, soit en granche ou en mesons, jusques à la voye par laquelle Ton vet à la fontaine d'une part, et jusques à Tétang de Monseigneur Pierre de Vendosme, chevalier, d'autre, et jusques aux bournes du foussé d'entre mes bois et la vigne auxdits Relligieux, auquel manoir devant dit assis à Auneel, je n'avois point de joustice, ainçois demeurera toute la joustice haute et basse auxdits Relligieux dudit manoir et des circonstances dessus divisées, se lesdits Relligieux prêtent ou louent pour demeurer à aucun homme ladite granche ou meson assise entre ladite granche et la voye et la fontaine, desquels leux la joustice haute et basse reviendroit et appartiendroit à moy et à mes heurs sur les boutes demeu-
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— 116 ~ rans es dits leux tant que les houtes y demeureront, sauves la joustice auxdits l^Uigieux et leux dessus dits jusques à sept sols et demy^ ainsy comme ils ont es autres leux dessus nommés. Et ont et auront les dits Relligieux leurs aisances devant ladite granche et devant la meson qui y tient, et la joustice jusques à sept solz et demy des la porte de Sours, par devers la granche par où ils s'en issent de leur meson, jusques au coin qui vet à la fontaine si comme leur domaine dure à faire leur aisance, et ce qui m'éloit, leur sera sans encombrer le chemin.
» Et il fut accordé que les hommes demeurant esdites rues et au leu de Saint-Rémy sous lesdits Relligieux en la ville d'Auneel et es appartenances et ailleurs, seront quittes et délivrez des tailles et de toutes coutumes de leurs biens qu'ils tendront et nouriront pour raison des marchandises, ils payeront leur coutume en notre château aux us et coutumes du marché de la Châtellenie d*Ameel, et les banages des vins, et iront au ban toutes les fois qu'ils y seront appelez de par moy pour cas de toute justice, fors de celle qui appartient auxdits Relligieux, et seront quittes de toutes autres redevances en moy fesant lesdites redevances et saufves les redevances deues auxdits Relligieux. Et poar les dits hontes seront tenus à aller en ost ou chevauchée avec le commun de ma ville d'Auneel ou en assaut d'ennemis fet en- houle et en domage de ma châtellenie d'Auneel, ainsy que ceux de ma ville d'Auneel, à ma semonce et à mon amonestement ou de mon commandement, toutesfois qu'ils en seront requis ou mètre sera présent moy ou mon certain commandement.
» Et il fut accordé que les houles auxdits Relligieux demeurans es trois villes dessus dites, viendront en ost et en chevauchée ou en assaut d'ennemis , moy présent ou mon certain commandement, à la semonce et à l'amonestement dudit prieur d'Auneel ou de son commandement, avec le commun de mes gens de la ville d'Auneel; et sera tenu ledit prieur ou son commandement à semondre lesdits
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hoxnmes toutes fois que moy ou mon commandement les amonestera pour les choses dessus dites en la manière devant dite.
i> Et il fut accordé de la dixième semaine et dou dixième marché, que les dits Relligieux ont en mon marché d'Auneel, ledit procureur reconnut qu'ils n'y ont nulle joustice, fors ce qu'ils y ont et auront la dixième semaine et le dixième marché si comme il en a coutume et si comme il est dit pardessus.
1^ Et il fut accordé de moy que ou propre domaine aux dits Relligieux assis es dites trois villes et apartenances, si comme il est dit cy dessus, et en la vigne qui est apellée la Vigne de la Jeulenne, et en la terre qui est apellée la Folie , les dits Relligieux ont et auront toute justice haute et basse dans les chemins qui tiennent à la dite terre la Folie, de çà, de là, tant que la terre se comporte, desquiez chemins je ay et auroy toute la joustice haute et basse; et les dits Relligieux ont et auront la justice de ceux qui mefferont dedans ladite terre de la Folie et en ladite vigne de la Jeulenne, tant seulement se ils étoient pris au présent m effet. Et se meffet se commençoit ailleurs en mon lerrouer et en ma joustice et les mauffeteurs s'enfoissent et se transportassent en ladite terre de la Folie et en ladite vigne de Jeulenne, la joustice me demoureroit. Et si les dits Rellii:\exix édiffient ladite vigne et ladite terre, la joustice de ladite terre et de ladite vigne, haute et basse, me demoureroit des illeuques en avant, sauves ce que lesdits Relligieux y auront joustice de sept solz et demy, ainsy que es autres chouses dessus dictes. — Et lesdits Relligieux poront fere lever ou lever leurs fourches au terroir d'une des trois villes devant dites, sauf ce que ils ne les poront faire à la Folie ne au-deçà dou Boisgaçon. Et poront les dits Relligieux tous les mauffeteurs pris esdites trois villes et es terrouers et es apartenances et es leux dessus nommez, amener à Auneel en leur meson pour garder, pour mettre et remener les dits mauffeteurs sans contredit de nul leu,
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- 448 -T aux leux où ils auront été pris pour juger, sans ce que ih les puissent juger, sans audit prieur ne ramener comme homme juge Et ne les porront juger à Auneel se ils n'étoient pris en leur meson à Auneel et es circonstances de la dite meson; ou se ils y étoient jugez ou en une des trois villes laquelle que ils voudront, ils ne les porront mener comme homme juge tant que ils soient entrez au lerrouer d'une des trois villes dessus dites.
» Et il fut accordé qu'à moy et mes heurs toutes les terres qui seront converties en vigne, toutes les dixmes d'icelles est et sera moye; et se il arrivoit que les vignes soient ou fussent converties enterres, toutes les dixmes d'icelles sont et seront aux dits Relligieux.
» Et il fût accordé que moy et mes heurs ne porront empêcher ne clore la rue que Ton apelle la rue aux Moines par laquelle Ton vet ou grand chemin de Paris en manière que lesd. relligieux ny ayent voye suffisante pour eux et pour leurs gens et pour ce que mètre leur sera.
» Et il fut accordé que s'il avenoit qu'aucunes des héritages aux boutes ou aux tenans desdits relligieux écheissent à moy ou à mes heurs pour quelque cas que ce fut, moy et mes heurs seroient tenus à mettre hors de notre main lesdits héritages et dedans Tan et jour que nous en serions requis et amonestez dudit prieur, suffisamment ou de son commandement; et si nous ne les motions pas dedans Tan et jour, le prieur le porroil assenser comme à son propre domaine, sauves ma joustice ainsy que l'ay en lad. ville d' Auneel et es aparlenances de lad. ville.
€ Et il fut accordé que lesd. relligieux ont et auront dans la terre de Roinville et de Pointerel et ailleurs se ils en ont, point en ma châtellenie d' Auneel, hors les leux dessus nommez , la joustice de sept sols et demy ainsy qu'à Auneei et es leux dessus dits, sur lesquels leux je ay et auray toute la joustice haute et basse en la manière et en la forme dessus dite, sauves les lettres desd. relligieux es choses que ils tiennent hors cette présente composition, en tatit que
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elles doivent être sauves de droit, lesquelles je n'entends pas par cette présente composition d'être reformez ne aprouvez. Ne peuvent lesd. relligieux par lettres nulles que ils ayent demander joustice ne seigneurie nulle en ma châtellenie d'Auneel fors cette joustice tant seulement que ils ont par cette composition , ne héritages fors ceux qu'ils tiennent, et sauves tontes mes bonnes raisons, saisure et autres choses à moye et à mes heurs et auxd. relligieux et à leur prieur dessus dit.
« Et gie sire d'Auneel dessusdit promets en bonne foy que en contre cette présente composition et es autres choses devant dites desorenavant ne vendroi et n'esseoiroi à venir, ne les rapelleroi , ne ne feroi rapeller par moy ne par autres, en repost ne en apointement pour raison nulle telle que elle soit, ainsois les tiendroi et les garantiroi fermement à tousjours mes envers lesd. Relligieux, sans jamais venir en contre. Pour lesquelles choses tenir et garder fermement, je en oblige aux Relligieux moy et mes heurs et tons mes biens meubles et non meubles présens et avenir, et renonce à ce fet à toutes exceptions, deffences, allégations et consiliations par quoy je puisse venir contre les choses devant dittes ou aucunes d'icelles. En témoing de laquelle chose gie sire d'Auneel dessus dit, chevalier, donne auxd. Relligieux ce tes présentes letres scelées de mon propre sceel. L'an de grâce mil deux cens quatre vings doze au mois de mars et scellées en lacs de soye rouge et jaune » (1).
Malgré les libéralités faites par Guy et ses prédécesseurs au prieuré d' Anneau, les religieux qui le desservaient n'étaient pas très-exacts à célébrer, comme ils étaient obligés de le faire, une messe dans la chapelle du château d' Anneau, et une autre messe dans celle du prieuré pour les
(1) Cop. coll. Arch. départ. d'Eure-et-Loir — Titres du Prieuré d* Anneau.
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anniversaires desdits seigneurs. Guy s'en plaignit à Geoffroy, abbé de Bonnevai, qui soumit la question à son Chapitre et enjoignit au prieur d'Auneau d'avoir à se conformer aux prescriptions contenues à ce sujet dans la charte de l'abbé Girard (1), son prédécesseur, de manière à ce que de pareilles plaintes ne se renouvelassent plus à Tavenir :
1320. — « Universis présentes litteras inspecturis frater Gaufridus divina permission e abbas humiiis monasterii Uone-Vallis, eternam in Domino salulem.Cum nobilisvir Guido, dominas de Alneolo, miles, coram nobis et nostro generali capitulo conquereretur quod licet prior noster de Âlneolo et ipsius socii monachi nostri teneantur , ut dicebat, qualibet die in capella castri sui de Alneolo unam missam perpetualiter celebrare , tamen sufficienter et hora competehti requisiti, et inprioratu predicto aliam missam pro defimctis antecessoribus suis juxta formam conteotam in quadam carta bone memorie defuncti Girardi abbâtis predecessoris nostri et conventus dicti monasterii nostri, multos fecerant defectus. Quare petebat ipsos ad poenam propter hoc debitura, ut asserebat, condemnari. Cujus modi suplicacionis consilium habuimus ac legi fecimus copiam dicte carte. Qua lecta et plenius intellecta per nos et dictum totum capitulum , extitit declaratum dictum priorem et socios suos monachos predictas missas quotidie celebrare debere , exceptis aliquibus diebus in dicta carta contentis , juxta formam ipsius carte , ipsos ad hoc de nostro et consensu omnium in his scriptis de cetero obligantes, tali condilione quod dictus dominus de dictis deffectibus , si qui erant quos prior predictus non confitebatur , se totaliter deportavit, et ipsos de dictis deffectibus quitavit et absolvit a tempore retroacto ûsque nunc. Nos vero fratri Petro priori ad presens dicti loci districte injunximus coram dicto capitulo , quatinus deinceps ipse per se et suos socios ad dictas missas celebrandas , ut dictum est , taliter se habeat q od nullus inveniatur deffectus , et quod dictus dominus ad nos super hoc non redeat questurus. Datum et actum in dicto generali capitulo ,
(1) Girard, deuxième de ce nom, était abbé de Bonnevai en 1261 et 1279.
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anno Domini M» CCC<» XX^ secundo , die Jovis in festo sancti Itfartini hiemalis, omnibus consentieutibus nullo que contrudicente (1) »
« Donné pour copie sous le scel de la chasîellenie d'Auneel. Pan de grâce mil trois cent trente deux, le vendredy après feste de Saint-Luc évangéliste :
Le prieur d'Auneau avait encore à Saint-Symphorien le droit de haute et basse justice. Les seigneurs de Gallardon ayant voulu lui contester ce droit, Tabbé de Bonneval porta plainte au roi Charles IV, qui, par un mandement daté du 2 août 1325, enjoignit au bailli d*Orléans de faire cesser tout trouble et empêchement à. ce sujet :
1325. — « Karolus, Dei gratia Francie et Navare rex, ballivo Aurelianensi vel ejus locum tenenti salutem. Conquesti sunt a nobis religiosi abbas et conventus monasterii de Bona-Valle , ordinis sancli Benedicti, ^norque prioratus d'Aunel ad dictum monasterium pertinentis, in nostra, sicutdicunt^existentes garda speciali, quodcum ipsi habcant oranimodam altam et bassam juridictionem super dictis locis et personis ville sancti Symphoriani , sint que ac ipsi et eonim predecessores fuerunt in pacifica possessione, vel quia a tanto tempore quod de contrario memoria non existit , exercitii juridictionis predicte, nichilominus domini de Galardone seu eorum gentes quedam expleta justicie ia locis predictis fecerunt , predictos religiosos in sua vel quasi predicta possessione turbantes et impedientes indebite et de novo. Quare mandamus tibi quatinus ..... stant de premissis , amotis impedimenlo et turbatione predictis , dictos religiosos facias sua vel quasi predicta possessione gaudere, quas
sic manu nostra tanquam superiori posito et per nianut
facta recredentia pro ut et ubi fuerit facienda exhiheas
Aurelianis secunda die augusti , anno Domini millesimo trccentesimo vicesimo quinto (2). »
(1) Cop. coll. aux Archiv. départ. d'Eure-et-Loir. Tit. du prieure d'Auneau.
(2) Orig. en mauvais état. — Archiv. départ. d'Eure-et-Loir. ~ Au dos est écrit: « Pour la Seigneurie, haute, moyenue et basse
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- in —
Mais^ déjà le prieuré d'Anneau n'avait plus la même importance. Les seigneurs successifs d' Anneau > occupés de leurs affaires personnelles ou de celles du royaume , ne lui avaient conservé qu'une tutelle oflicieuse; les prieurs finirent par ne plus y résider. Nous avons dit qu'en 1469 (1) le tombeau de Bureau de la Rivière, placé dans l'église du prieuré n'était môme plus entretenu; dix ans après, ce prieuré avec toutes ses dépendances, était affermé cinquante livres par an :
1479. — € A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Jean Daniel litentié es loix, bailly de Frécot, pour révérend père en Dieu monsieur l'abbé de Bonneval, salut. Scavoir faisons que pardevant Michel Larlicle, clerc, tabellion juré de la châtellenie dud. Frécot, fut présent personnellement relligieux et honeste personne frère Barthélémy Salé, prêtre, prieur du Prieuré d'Auneau, membre de ladite abbaye de Bonneval, lequel congnut et confessa avoir baillé et affermé du jourd'huy jusques à trois ans et trois ceuillettes prochains venus, continuels et accomplis, à Relligieux et honeste personne frère Guillaume Laloyeau , prêtre, prieur du prieuré de Baignolles, membre dépendant de lad. abbaye qui a pris de luy son prieuré d' Anneau, ainsi qu'il se poursuit et comporte en toutes et chacunes ses apartenances et dépendances quelconques, tant en V église que delwrs, et tant en spiritualité, temporalité et en justice comme autrement , pour les tenir et exploiter par led. preneur ou ses ayans causes, led. lems durant, enhoré et honoré, pour le prix et somme de cinquante livres tournois de ferme ou pension que led. preneur en a promis et s'est tenu de payer et rendre par luy, ses successeurs ou ayans causes au dit bailleur, à ses
» justice de Saint-Symphorien , pour le prieuré d'Auneau. — Le 30 niarsl733, le révérend père dom Ghaumont, procureur de Tabbaye de Bonneval se fit délivrer par les notaires royaut de Chartres une copie de ce mandement qui est jointe à rorigioal. (!) Voir ci-dessus pag. 63.
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successeurs ou ayans causes par chacun an led. lems durant, aux termes de Noël et de Pâques par moitié, à commencer premier payement à Noël prochain, le second à Pasques après en suivant, et de là en avant chacun an auxd. termes par moitié, led. tems durant. Et sera teiiu led. bailleur de bailler aud. preneur toutes lettres, papiers et enseignements qu'il a servants à faire venir cens et revenus dud. prieuré; lesquelles lettres, papiers et enseignements led. preneur sera tenu rendre aud. bailleur à la fm dud. lems. Et aussy sera tenu led. preneur de faire le service dud. prieuré d'Auneau led. tems. C'est ascavoir tous les samedis vespres, et tous les dimanches et fêtes commandées, vespres et messes et matines aux fêtes solennelles.
< Item, payera et acquittera led. preneur chacun, an, led. tems durant, c'est ascavoir à Monseigneur TEvesque de Chartres cent sols tournois, à M. le grand archidiacre de Chartres cinquante deux sols e^l six deniers, et à Monsieur frère Lois d'Illiers, abbé de lad. abbaye de Bonneval, tout le droit de senne (4) à luy deu à cause dud. prieuré, duquel droit de senne mon dit sieur l'abbé ad ce présent, pour raison de ce que ledit preneur est son reUigieux, et en faveur de luy le quitte pour soixante sols tournois par chacun an, led. tems durant, sans préjudice de son dit droit de senne pour le tems avenir.
« Item, sera tenu ledit preneur de payer chacun an ledit tems durant le jour du chapitre général, à mon d. sieur Tabbé de Bonneval quarante sols pour le droit de robes dos cloistrez de ladite abbaye de Bonneval ; lesquels quarante sols mondit sieur Tabbé modère pour lesd. trois ans à un écu d'or par chacun an. Et pour seureté de bien payer la dite somme de cinquante livres tournois seulement chacun an, led. tems durant, honorable homme Pierre Gautier, demeurant à» Bonneval, s'est, pour et à la requeste dud.
(1) Synode , assemblée ecclésiastique.
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preneur, constitue et estably pleige envers led. bailleur. Promettant, obligeant, renonçant etc. Donné en témoing de ce soubz le scel de lad. châtellenie, le vingt huitiesme jour d'avril. Tan de grâce mil quatre cent soixante dix neuf. > (1).
Les guerres de religion qui ensanglantèrent le seizième siècle, ne furent pas moins fatales au prieuré d'Anneau qu'aux autres établissements religieux qui furent taxés en raison de leur importance vraie ou présumée, pour subvenir aux affaires du Roi :
4563. — « Les commissaires subdéléguez au dioceze de Chartres pour le fait de Taliénation accordée au Roy par notre saint-Père le Pape du bien temporel des églises de ce royaume pour subvenir aux affaires de Sa Majesté, à tous ceux qui ces présentes verront, salut. Scavoir faisons qu'aujourd'huy pardevant nous, issue de plaids du baillage et siège présidial de Chartres, à Theure de dix heures du matin, en présence du premier advocat et procureur du Roy du dit baillage et de M« Nicolas Frérot, commis et député de révèrent père en Dieu TEvesque de Chartres et le clergé du diocèze dudit Chartres , et de M^ François Menard , commis et député de par le Roy pour assister aux avaluations et déclarations qui seront faites par nous des biens et revenus des églises du diocèse de Chartres, suivant Tédit du Roy. Nous Christophle de Herouard, conseiller du Roy, notre sire, lieutenant général, juge royal au duché baillage de Chartres et ressorts d'iceluy, commissaire dudit seigneur en cette partie, certifions à tous qu'il appartiendra avoir cejourd'huy, à la requeste dudit procureur du Roy, pour et au nom dudit seigneur, vendu et adjugé trente deux sols six deniers tournois de cens qui appartenoient au prieur d'AïUneau, et qu'il avoit droit de
(i) Cop. coll. — Archiv. départ. d'Eure-et-Loir. — Tit. du prieuré d'Âuneau.
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prendre par chacun an sur plusieurs terres et héritages assis en la paroisse de Saint Cipforien, avec le droit de justice telle qu'elle appartient au seigneur censier par la coustume du baillage de Chartres et pays chartrain, avalluées de revenu par chacun an à la somme de 50 solz, à Michel Bailleavoine, conseiller du roy en le baillage, pour et moyennant la somme de quatrevingt-quinze livres tournois, à laquelle somme a mis aujourd'huy et enchery les choses susdites comme plus offrant et dernier enchérisseur, la chandelle allumée, à l'extinction du feu d'icelle. Lequel Bailleavoine a dit et déclaré que ladite enchère par luy mise audit droit de cens et droit de justice cy-dessus déclaré, étoit pour et au nom de M« Jean de Poncher, seigneur de Chamfereau et d'Eclimont , conseiller du Roy et màistre des requestes de son hostel. Ce que M* Pierre de Bast, comme procureur dudit sieur de Poncher, a dit avoir accepté. Auquel de Bast audit nom avoué, attendu icelle acceptation pour luy faicte et au nom et du consentement du procureur du Roy, avons enjoint de par le Roy, de porter ou envoyer dans huitaine prochainement venant es mains du receveur général des finances du Roy à Paris la ditte somme de 95 livres tournois, et d'icelle nous en apporter acquit et quittance vallable, pour après icelluy acquit et quittance par nous veue, faire dellivrer au dict seigneur de Ghampfereau le décret de la ditte vente et adjudication des choses susdittes, le tout suivant le pouvoir qui nous en a esté donné par les lettres patentes et édit cy-dessus à nous adressé de la part dudit seigneur Roy. Fait et donné audit Chartres, le jeudy dix-huitième jour de novembre Tan mil cmq cent soixante et trois. » (1).
En 1705, le prieuré d' Anneau n'existait plus que de nom; par un décret du 17 août, Paul Godet-des-Marets, évêque de Chartres, en avait réuni les biens et revenus au
(1) Archiv. départ, d'Eure-et-Loir. — Tit du prieuré d'Auneau.
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petit séminaire de Saint-Charles dont la fondation à Chartres avait été autorisée par le Roy en 1699 :
« Paul, par la grâce de Dieu et authorité du Saint- Siège apostolique, évoque de Chartres, conseiller du Roy en tous ses conseils, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut. Scavoir faisons que vu la requête à nous présentée par le vice-promoteur de notre officialité et cour épiscopalle de Chartres, par laquelle il nous a remontré que depuis l'établissement des petits séminaires, confirmé par lettres-patentes de Sa Majesté, du mois de février 1699, il a été permis par autres lettres-patentes d'imposer sur les bénéfices de notre diocèze jusques à la somme de trois mille livres par an pour l'entretien des petits séminaires établis en notre diocèze, jusqu'à ce qu'il fût uni auxdits petits séminaires des bénéfices d'un revenu suffisant pour leur entretien, et comme il n'a point encore été fait aucune union depuis l'obtention desdites lettres patentes, notre dit vice-promoteur ayant remarqué que \e prieuré d'Anneau dépendant de Vabhaye de Saint'Floreniin de Bonneval dans notre diocèze, de revenu de mil à douze cens livres, dont est présentement titulaire le sieur de Segonzac, chanoine de notre cathédralle, conviendroit auxdits petits séminaires, il s'est trouvé obligé de noixs en demander l'union, requérant qu'il nous plût ordonner que ledit prieuré d'Auneau demeurera uni auxdits petits séminaires établis dans notre diocèze, pour jouir par iceux de tous les fruits et revenus en dépendans, en les réservant néantmoins au profit du titulaire sa vie durant.... Tout vu et considéré, et le saint nom de Dieu invoqué, après que ledit Berny audit nom de procureur de mondit seigneur l'Evêque duMans, abbé de Bonneval,a d'abondant pour lui donné son consentement à la dite union, nous, évêque de Chartres, de notre authorité épiscopale, avo7is éteint et supprimé, éteignons et supprimons par ces prése^ntes le titre dudit prieuré d'Auneau, et en avons uni et incorporé, unissons et incorporons à perpétuité tous les fruits et revenus .
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appartenances et dépendances d*iceluy aux petits séminaires établis en notre diocèze, pour être employez à leur subsistance et entretien, à condition par les supérieurs desdits petits séminaires d'acquitter et faire acquitter toutes les chargés tant spirituelles que temporelles dudit prieuré, à commencer du jour qu'ils entreront en jouissance desdits fruits et' revenus qui seront néantmoins réservés au titulaire sa vie durant. Donné à Chartres en notre palais épiscopal, sous notre seing et sceau de nos armes, et soiis le contreseing de notre secrétaire ordinaire, le lundy dix septième jour d'aoust mil sept cens cinq, en présence de M® Michel Jaquin, prêtre, porte-croix en notre église cathédralle, et M» Claude Dryus, diacre, chapelain en notre dite église, demeurant à Chartres, qui ont signé avec nous la minute des présentes. » — Signé: Paul,év. de Chartres {iy — Audessous se trouve le sceau de ses armes portant de gueules à trois godets d'argent, 2 et i. -— Autour ou Ht: Paulus episcopus carnotensis. » (2).
Cette réunion fut confirmée en 1770 par lettres-patentes du Roi dont la teneur suit :
1770 — « Louis, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, à tous présens et à venir salut. Nos chers et bien amés les prêtres de la congrégation de la Mission, directeurs du Petit Séminaire de la ville de Chartres, nous ont fait exposer que par lettres-patentes du mois de février mil six cens quatre-vingt dix-neuf (1699), enregistrées en notre cour de parlement à Paris le trente juin suivant, le feu roy notre très-honoré seigneur et bisayeul auroît confirmé et aprouvé V établissement fait à Chartres d'un petit séminaire et de ceux aussi établis à Saint-Cyr, Nogent-le- Rotrou et Fresnes, pour ces derniers ne faire qu'un seul et même corps de communauté avec celui de Chartres, et au-
(1) Pan! God6t des Marets fut évêque de Chartres, de 16^0 à 1709. (a) Aux arch. départ. d'Eure-et-Loir. — Tit. du prieuré d'Âuneau.
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roil consenti à toutes les unions de bénéfices ou de cures qui pourroient être faites à ces petits séminaires ; — que par autres lettres du douze mai de la même année aussi enregistrées en noire dite cour le trois juillet suivant, le même- monarque auroit encore permis d'imposer une somme de trois mille livres par an sur les bénéfices du diocèze de Chartres, jusqu'à ce qu'il eût été uni auxdits petits séminaires des bénéfices d'un revenu suffisant pour leur entretien; qu'en conséquence de ces diverses autorisations et après les instructions et informations requises en pareille circonstance, il est intervenu trois décrets du sieur évêque de Chartres, par le premier desquels en datte du d 6 avril 1705, il a éteint et supprimé le titre du Prieuré de Saint- Pierre de Mellay, dépendant de l'abbaye de Saint-Calais, ordre de Saint- Benoist, et. en a uni et incorporé tous les fruits et revenus à perpétuité aux petits séminaires établis dans son diocèze; qu'il en a usé de même par ses deux autres décrets dattes l'un comme l'autre, du 17 aoust de la même année pour le Prieuré de Saint-Vincent scitué à Chartres et pour celui d'Auneau, tous deux dépcndans de l'abaye de Saint-Florentin de Bonneval, aussi ordre de Saint- Benoist; que les prédécesseurs des exposans n'ont négligé de faire confirmer ces unions que parce qu'ils étoient dans la confiance que les lettres qui les avoient autorisées étoient sufisantes pour leur consolidation ; mais qu'eux mieux instruits de la nécessité de faire revêtir de nos lettres patentes les décrets qui les ont opérées , nous faisoient très humblement suplier de vouloir bien les leur accorder. A ces causes, de l'avis de notre conseil qui a vu les trois décrets du sieur évêque de Chartres, le premier du 16 avril 1705 et les deux autres du même jour 17 aoust suivant, dont expéditions sont cy attachées sous le contre scel de notre chancellerie, et de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, nous avons loué, aprouvé et confirmé, et par ces présentes signées de notre main, louons, aprouvons et confirmons lesd. trois ftécrets portant extinction et suppression
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des litres des prieurés de Saint-Pierre de Mellay, de Saint- Vinceut et d'Auneau, et union et incorporation à perpétuité de tous les fruits et revenus en dépendans aux petits séminaires établis dans le diocèze de Chartres. Voulons et nous plait qu'ils ayent leur pleine et entière exécution aux charges, clauses et conditions y portées, pourvu toutes fois qu'en iceux il n'y ait rien de contraire aux saints décrets et constitutions canoniques, à nos droits, ni aux arrêts et règlements reçus dans notre royaume. Si donnons en mandement.... Car tel est notre plaisir. Et afin que ce soit chose facile et stable à toujours, nous avons fait mettre notre scel à ces dites présentes. Donné à Versailles, au mois de février, l'an de grâce mil sept cent soixante dix et de notre règne le cinquante cinquième » <1).
Un Fouillé du diocèse de Chartres dressé en 1738, mentionne le prieuré d'Auneau en ces termes :
« AxmediVi y prieuré de Saint-Nicolas, ordre de Saint-Benoist — colla teur, l'abbé de Bonneval,— 1,600 livres de revenu — réuni au Petit-Séminaire de Chartres. »
1786 — Doyen en parle aussi dans son histoire de Chartres (tom. 2, p. 222): « Outre l'église paroissiale, d'Auneau, il y a un prieuré de l'ordre de Saint-Benoît, sous le litre de Saint-Nicolas , dans lequel , quoique réuni au Séminaire de Saint-Charles de Chartres, réside un prêtre séculier, qui en dessert la chapelle, et y dit la messe tous les jours. »
Cette chapelle, qui se trouve aujourd'hui avoir son entrée sur la rue Rochefort, n'existait pas dans cet endroit lors de son érection en 1100; elle avait été bâtie derrière le château, au-dessus de la glacière que l'on remarque dans le parc ; les fondations sont encore apparentes dans la cour actuelle de la ferme. On ignore à quelle époque elle a
(1) Arcl)iY. départ. d'Eure-et-Loir, — Tit. du prieuré d'Auneau.
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pu être réédifiée dans ce lieu, mais ce doit être postérieurement à Vérection de la chapelle Saint-Louis qui fut faite, comme nous Tavons vu en 1344, dans Tintérieur du château. La chapelle Saint-Nicohs tient d'un côté à la maison d'école et à la mairie, de l'autre, à des maisons particulières. Elle se Compose d'une nef et du chœur avec une tour au côté sud : le chevet présente la forme d'un demi cercle. La chapelle construite comme la tour en maçonnerie de moellon, est couverte en tuiles. Elle a 25 mètres de longueur sur 7 m. 70 c. de largeur, 7 met. de hauteur de pan et 11 mètres de hauteur au faitage. L'intérieur est éclairé par cinq fenêtres à plein cintre garnies de verre blanc posé en petits lozanges: 3 au nord, une au chevet et une à Touest. La tour couverte en ardoises, a 15 mètres de hauteur sur 3 m. à la base.
ÉGLISE d'Auneau.
Le paganisme élevait des autels à la nymphe de la fontaine et un temple à la déesse du fleuve; il adorait la création dans ses œuvres matérielles ; le christianisme qui condamna l'œuvre d'idolâtrie, a conservé le symbole et ï)urifié le culte, en remontant au créateur par l'intercession du patron. Le Moyen-Age, époque de naïve ignorance et de foi ardente, faisait instinctivement une large part à l'amour du merveilleux, de là, dans l'origine, des croyances vX des pratiques superstitieuses, vice opposé, par excès, à l'adoration et à la religion, qu'eut à détruire l'église nouvelle, comme l'ivraie parmi le bon grain.
Sous la pression ou la civilisation romaine, l'origine gallo-carnute n'était pas si bien effacée, sans doute, qu'il n'en demeurât des traces profondes dans les mœurs, las coutumes et les traditions; l'eau des sources que le culte druidique avait jecherchée , honorée même, dut rester en renom et honneur, chez la génération païenne : puis quand
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pénétrèrent, aux Ve et VI® siècles, avec la lumière de la foi, les premiers apôtres du christianisme, dans les ténèbres de nos contrées, Terreur ancienne s'éclaira de la vérité nouvelle, et Teau lustrale devint Teau du baptême. C'est ainsi que fréquemment nous trouvons Tautel à côté de la * fontaine, le baptistère à l'entrée de l'église.
Puis, la piscine salutaire qui donnait la régénération spirituelle au néophyte passa dans la suite pour guérir le malade des soufifrances du corps, et la confiance traditionnelle s'en est perpétuée jusqu'à nos jours, où la source, encore, ne sert pas seulement aux besoins de la vie, aux usages agricoles et industriels, mais où plusieurs sont réputées spéciales à certaines maladies, et, dans la croyance des pèlerins, ne guérissant pas seulement par la vertu salutaire de leur eau, mais aussi et surtout, par la dévotion propre du pèlerinage. Ces cures, ainsi cherchées par un moyen extra médical, puisent leur principe dans un sentiment de foi naïve et sincère qui en absout la pratique : la dévotion des fonticoles modernes au saint de la fontaine ifdi pas gardé, d'ailleurs, ces croyances fausses que condamnaient les premiers conciles, elle s'est dépouillée de l'idolâtrie païenne, pour se renfermer dans la prière purement chrétienne.
Telle fut sans doute l'origine de l'église d'Auneau, qui s'éleva sur la fontaine druidique, primitif baptistère des néophytes que la parole des premiers apôtres du Christianisme appelait au martyre, et qui fut sanctifiée par le vocable de l'un d'eux, SairU-Rémi (1), aujourd'hui patron de
(1) SMQt-Rémi, archevêque de Reims en 460 , mort en janvier 533 à 96 ans. Il baptisa Glovis en 496 , après la bataille de Tolbiac et convertit presque tous les sujets de ce prince. Plusieurs paroisses du diocèse de Chartres Tont aussi adopté pour patron : Berchères-la- Maingoty Berchères-sur-Vesgre , Boullay-Mivoye, Dangers, Fadainville , Faverolles , Feuilleuse f Oinville-sous-Auneatt, Prouais, Revercourty Saint-Rémi-sur-Avre , Vérigny. Nous cfterons encore SainURémy-des-BrièreSy ancien fief dans la conmiant de Néron, vassal du duché de Chartres.
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la paroisse : « Sanctus-Remigius de Alneolo. » On a trouvé diverses haches celtiques dans les environs.
< En tête des sources chartraines qu'on peut appeler sacrées, dit M. de Boisvillette (1), la fontaine Saint-Maur de Saint-Rémi est surtout populaire dans la Beauce, par lanciennetQ, la vertu et l'affluence de son pèlerinage que Chevard (2) fait remonter avec la tradition, aux temps gaulois. Elle guérit les paralytiques, les goutteux et les épileptiques qui s'y rendent en foule, la veille surtout de la Saint-Jean, y passent souvent la nuit, puisent à la piscine et invoquent le patron.
a Son aspect n'offre rien de monumental, c'est un modeste bassin carré d'environ 1 mètre, placé au nord de l'église dans l'angle du contrefort le plus voisin de la sacristie, et couvert d'une voûte de briques, close par un grillage; on y descend par un petit escalier de trois marches : mais sa position, sa réputation, son jour même de dévotion, s'accordent à en faire le représentant authentique d'un baptistère des premiers âges chrétiens. Comment de l'invocation toute spéciale de saint Jean-Baptiste et de saint Rémy, l'eau salutaire est-elle passée sous celle de saint Maur? La question liturgique n'a pas ici sa place, mais s'il est permis de voir dans la plupart des fontaines placées aux seuils des églises une piscine baptismale, tout concourt là, et la place et le nom, pour attribuer ce caractère certain à la fontaine de Saint-Rémy et de Saint- Jean.
L'église actuelle, située au hameau de Saint-Rémi, distant d'un kilomètre (3), ne doit pas être celle que construisirent les premiers chrétiens et que les hordes barbares détruisirent ou mutilèrent au Ville ou au IX^ siècle. L'architecture de cet édifice permet d'en fixer la date du X© au XI® siècle; mais il a subi, depuis cette époque, bien des
(1) Mém. de la Société arch. d'Eure-et-Loir , tome I«r^ page Ixxx. (î) Hisl. de Chartres, tome l«r, pages 84-89. (3) Voir ci -après page 143.
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- 133 -^ modifications accusées par les différentes parties qui le composent. Il présente la forme d'une croix tronquée à la branche méHdionale, et mesure, dans œuvre, 29 mètres 50 de longueur sur 14 m. ^0 de largeur. La grande nef, est large de 6 mètres 50 cent.; les deux petites nefs latérales ont chacune i mètres de largeur. A droite et à gauche du chœur demi-circulaire, se trouvent deux chapelles. La tour s'élève au-dessus du chœur. La sacristie qui porte 4 mètres sur 5, est située au nord dans l'angle du bas-côté et du transsept dont la longueur est de 6 m. 50 cent.
L'ensemble de l'édifice est peu gracieux à l'extérieur, mais l'on s'arrête volontiers devant la porte d'entrée principale, dont la baie et la voussure ogivales nous offrent un beau spécimen 'du style de transition (Xlle au XIII® siècle). Au-dessus se trouve une fenêtre du même style, qui repose sur une corniche composée de deux tores séparées par une gorge profonde, et soutenue elle-même par des corîaeaux à figures grotesques.
Les travaux de restauration qui viennent d'être achevés à l'intérieur, ont permis de voûter en maçonnerie les trois nefs qui étaient lambrissées en chêne. Ils ont amené la découverte d'une ptscwie placée à droite du sanctuaire, et d'un sacraire situé derrière le maître-autel. Le sanctuaire, est aujourd'hui richement décoré de peintures murales et de vitraux de couleurs; au centre se trouve un bel autel roman dont la sculpture représente le baptême de Clovis par Saint-Rémi. — Cette restauration remarquable est due au zèle infatigable de M. l'abbé Popot, curé de la paroisse. Avant de l'entreprendre, il avait proposé au conseil municipal de conserver l'église de Saint-Rémi, dont on eut diminué la grandeur comme chapelle du pèlerinage, et d'affecter à la construction d'une nouvelle église, au centre du cheflieu, la somme importante provenant dés dons et souscriptions qu'il avait recueillis, et auxquels seraient venus s'ajouter les votes annuels de la commune , du département et de l'Etat. Il y a lieu de regretter que cette proposition
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avantageuse pour les habitants^ n'ait pas été prise en considération.
Nous citerons encore une pierre tumulaire encastrée dans là muraille du bas-côté de la chapelle Saint-Maur :
*t FAiCT : LAN : i6i2 Hh
(Personnages.)
Cy deuant gist le Corps de honorable homme Mes. guy Michenet luy viuant ProQureur fiscal Et Recepueur gênerai De la Baronnie Et Chaftellenye D'aunel Lequel Dededa Le 20 Jour Dapuril Lan 16 12 Et Nestoict Lors De Sondi£l Deceft Age Que De 87 Ans
Pryez Diev Povr Son Ame.
ET Aledict michenet Laisse Loyse. . . vav »î* Sa Famme eT Devlx EnFans Lesne . . . sx pie&rb Michenet Age De : 1 2 Ans : Et ProTEsM . . ie . et. »}♦ Age De : 8 : Ans »î*
Au-dessous du monogramme formé àe& lettres M, G et H entrelacées, sont agenouiUés devant le crucifix un homme,
une femme et deux enfants : c'est la famille Michenet^ objet de l'inscription.
Ensuite se trouvent une tête de mort et des os en sautoir entremêlés de larmes, le tout terminé par un espèce de cartouche portant au centre un sablier presque fruste, accosté de deux ailes.
Hôtel-Dieu d'Auneau.
Auneau possédait, de temps immémorial, un Hôtel-Dieu et la chapelle Saint-Cosme et Saint-Damien en dépendant, pour le soulagement des pauvres malades de la localité. Cet établissement, dont on ignore l'époque de la fondation et le nom des auteurs, était situé dans la rue de Rochefort, à côté de Tauberge actuelle du roi d'Espagne; il était administré par des Sœurs hospitalières. Par édit du Roi — mars 1693— les biens de cet établissement de charité, furent réunis à l'hôpital d'Ablis, à condition d'y recevoir les pauvres malades d'Auneau, à proportion des revenus provenant de ces biens :
« Vu au Conseil du Roy l'avis du sieur évêque de Chartres et du sieur de Rouville, conseiller de Sa Majesté en ses conseils, maître des requêtes ordinaire de son hôtel, l'intendant et commissaires départis en la généralité d'Orléans, sur l'employ à faire au profit des pauvres, des biens et revenus des maladreries, hôpitaux et hôtels-Dieu y mentionnés, du diocèse de Chartres, en exécution de l'édit et des déclarations des mois de mars, avril et aoust 1693, oûy le rapport du sieur de Freubert de Remillon, maître des requestes, et suivant l'avis des sieurs commissaires départis par S. M. pour l'exécution desdits édits et déclarations, et tout considéré.
» Le Roy, en son conseil, en exécution desdits édits et déclarations, a ordonné et ordonne quil sera établi un hôpital des pauvres malades à Ablis, auquel S. M. a uni et unit les cens et revenus de la maladrerie de la Magdeleine
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dudit Ablis , de l'Uôtel-Dieu d'Auneau et chapelle de Saint- Cosme et Saint-Damien en dépendant , de la Maladrerie de Saint-Maur du Petit-SainvUle , pour en jouir du !«' juillet 4695, et estre lesdils revenus employés à la nourriture et entrelien des pauvres malades qui seront reçus audit hôpital, à charge de satisfaire aux prières et services de fondation dont peuvent estre tenus ledit hôtel-Dieu et lesdites maladreries, et de recevoir les pauvres malades des lieux et paroisses où sont situés ledit hôtel-Dieu d*Auneau et ladite nialadrerie de Sainville, à proportion de leurs revenus^ et sera ledit hôpital régi et gouverné par des administrateurs de la qualité portée par les ordonnances et suivant les statuts et règlements qui seront faits; et, en conséquence, ordonne Sa Majesté que les titres et papiers copcemant lesdites maladreries et ledit Hôtel-Dieu et chapelle, biens el revenus en dépendant, qui peuvent estre en la possession de maistre Jean-Baptiste Macé, ci -devant greffier de la chambre Royalle, aux archives de Tordre de Saint-Lazarre, et entre les mains des commis et préposés par le sieur Intendant et commissaires départis en la généralité d'Orléans, même en celles des chevaliers dudit ordre, leurs agens, commis et fermiers ou autres qui jouissoient des biens et revenus avant Fédit du mois de mars 1693, seront délivrés aux administrateurs dudit hôpital, à ce faire les dépositaires contraints par toute voie, ce faisant, ils en demeureront bien et valablement déchargés. — Et pour Texéculion du présent arrest, seront toutes lettres nécessaires expédiées.
» Fait au Conseil d'Estat privé du Roy, tenu à Paris , le 9 mars 1696. »
Cependant la maison continua à être habitée par une Sœur qui instruisit les jeunes filles jusqu'à Tépoque de la révolution de 1789.
Anneau, anciennement chef-lieu d'un doyenné (1), aujourd'hui chef-lieu de canton et siège de la justice tle paix,
(1) Voir ci-dessus, page 29,
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est situé à 25 kilomètres de Chartres, — longitude occidentale 0'» 33' iT' —; il {possède : Bureau d'enregistrement,— Bureau de poste, — Brigade de gendarmerie à cheval, — Station du chemin de fer de Paris à Tours (2) , — Marché le vendredi de chaque semaine, — trois foires annuelles : la Saint-Côme (27 septembre); celle du jour des Morts (2 novembre) et celle du 4undi de Pâques, Elles ne durent qu'un jour; mais les deux premières sont surtout remarquables par le nombre considérable de moutons, vaches et porcs qui s'y trouvent.
La fête patronale de Saint-Rémi se tient le premier dimanche d'octobre au hameau d'Equillemont; une autre assemblée se réunit au chef-lieu de la commune le dimanche qui suit la fête de TAscension.
Les anciens registres de Fétat-civil d' Anneau sont trèscurieux à consulter; on y rencontre souvent des notes remplies d'intérêt.
Au XIII*^ siècle, Anneau comptait 324 paroissiens, en 1736, 600 communiants, et, en 1777, 299 feux.
Les recensements généraux de la population lui donnent :
En 1816 1541 habitants.
En 1836 1616 —
En 1846 1652 -
En 1856 1741 —
En 1866 1678 —
Maisons. Ménages. Habitants.
Population agglomérée. ... 258 341 1055 Population éparse 148 171 623
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~ 138 - Ces derniers chiffres se répartissent ainsi qu'il suit, entre
la commune chef-lieu et les hameaux qui en dépendent :
Population agglomérée :
Anneau :
Maisons. Hénages. Habitants.
Château (le) 2
Kue Porte-de-Chartres. . . *. 11
— Porte-d'Orléans 38
— Porte-de-Paris U
— Porte-de-FEvangile ... 13
— Basse 74
— du Champ-de-Foire. ... 3
— du Croc-aux-Chiens ... 10
— de la Mairie 7
— du Marchais (1) »
— Neuve 4
— des Places 2
— Rochefort(2) 8
Place du Marché 71
Ruelles (les) 1
Totaux ... 258 341 1055
(1) Le nom de celte rue indique qu'il y avait là un tnai*ais ou étang. « Marchesium, Pahfs, S^agnum ,< marais, étang, lieu marécageux, appelé marchais au Moyen-Age). On y voit encore une mare commune qui contient toujours parfaitement Teau même dans les sécheresses extraordinaires.
(2) Cette rue voisine du château , doit son nom à rancienne famille des Rochefort, que nous avons citée en faisant l'hialorique des seigneurs d*Auneau. -- Rochefort en Yveline , bourg du canton nord de Dourdan , arrond. de Rambouillet, Seine-et-Oise , était un doyenné de Tancicu diocèse d£ Chartres» comme on Ta vu pag. 30.
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Population éparse :
disUiice
Maisons.
Ménages.
Habitants.
da cheMieu
Bergeries (les) . .
Boisgasson . . .
Briquerie (la) . .
Chaumière (la). .
Cossonville . . .
Equillemont. . .
Folle (la) . . .
Saint-Rémy (le Grand)
Saint-Rémy (le Petit)
Poiiit-du-Jour(le)
Roches (les). . . .
Totaux. .
I. BERGERiES.(les). — Hameau et ferme, au nord-est et à 500 mètres d'Auneau, sur le chemin de grande communication n» 1, deVoves à Dourdan. L'unique industrie des habitants est la culture des terres et de la vigne. Un puits particulier, de 20 mètres de profondeur, sert à leur alimentation; une mare, aussi particulière et contenant bien son eau, est destinée aux bestiaux.
II. Boisgasson. -- Hameau et ferme au nord-est situé à 3,300 mètres d' Anneau, par la ferme et à 3,650 mètres par le moulin. Ce lieu est désigné dans les chartes du Moyen- Age sous les noms latins de Nemus-Gachonis , Bo$cti$'GuasconiSy BoscuS'Gachonis , devenus successivement Bois-Gaston, Boisguazon, Boisguaçon, Boisgasson. La première partie de ces noms indique que l'emplacement où le hameau prit naissance, était dans Forigine couvert de bois qui furent essartés (défrichés); opération dont le souvenir est consacré par le nom des Essarts, que porte un hameau situé au nord de Boisgasson et qui dépend aujourd'hui de la com-
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mune de Saint-Symphorien. Le nom fie Gaston rappelle celui de l'un des seigneurs de ce fief dont les enfants figurent comme témoins des libéralités de Hugues de Galiardon envers le prieuré d' Anneau « Robertus films Gasthoms, Seguinus fratei' Roberti filii Gastonis. » (i) (vers 1400). Ce Robert assiste encore comme témoin avec Hugues de Gailardon, dans une charte de l'abbaye de Saint-Père. « Htigo de Galardone, Robertus filius Guachonis. » (1090-1100).
1688. — Charles Vacherot, marchand laboureur au Boisgasson, paroisse d'Auneau, lègue par son testament à la fabrique d' Anneau une mine de terre site au terroir d'Auneau, champtier de la Boissière ; — à Marie Musnier , sa femme, l'usufruit d'une maison située audit Anneau proche la porte d'Orléans (^).
Nous avons dit quelles étaient à Boisgasson les possessions du prieuré d'Auneau (3), et celles de l'abbaye des Vaux de Cernay. Ce lieu qui portait le nom de ville en 1292 (4), est bien déchu de son importance primitive. On y remarque seulement une ancienne chapelle convertie aujourd'hui en grange. Peut-être dépendait-elle du prieuré que l'on dit avoir existé à Boisgasson; mais on ignore l'époque de sa fondation, ainsi que celle où il a été détruit.
Trois puits particuliers, de 20 mètres de profondeur, servent à l'alimentation des habitants; trois mares, dont une est communale, sont destinées à l'usage des bestiaux.
Le chemin vicinal de Boisgasson à Levainville est en bon état de viabilité; il n'en est pas de même de ceux qui conduisent à Bleury et à Ecuries.
ni. — Chaumière (la), hameau formé depuis la confection du cadastre en 1812. Il est situé au nord et à 800 mè-
(1) Voir ci-dessus, pages 96-99.
(2) Tit. de la fabrique d'Auneau.
(3) Voir ci-dessus, page 105.
(4) Idem, page 107.
1res d'AuneaU;, sur la route départementale n^ 17 (dite des Essars) d'Auneau â la route impériale n^ 188. Une fontaine, munie d'une pompe en 1847, sert à ralimentatîon des habitants occupés à la culture des terres, de la vigne et aux travaux de la chaufournerie; les bestiaux sont abreuvés dans le ruisseau d'Aunay peu éloigné.
IV. CossoNViLLE. — Hameau et tuilerie, à 2,500 mètres à Fouest d'Auneau, situé au pied du coteau qui borde la vallée où coule la Voise, sur le bord du chemin de grande communication no 32 d'Auneau à Chartres.
Le mot ville qui forme la deuxième partie de son nom, constate l'antiquité de ce lieu où il y eut, dans l'origine, une villa ou une métairie. C'était là que se faisait sans doute, comme Tindique la première partie du mot, la perception de la caisse (1) ou droit de mesurage des grains au profit du seigneur. — Cossa, Cossia (pensitationis species). Le mot Cossus désignait aussi une mesure pour le vin (mensurœ vinariœ species).
L'industrie des habitants consiste dans la. culture des terres et les travaux de la tuilerie. Ils se procurent facilement de l'eau à l'aide de puits peu profonds ; les bestiaux sont abreuvés dans la Voise. Des chemins vicinaux conduisent de Cossonville à Roinville et aux Roches.
V. Equillemont. — Ancienne seigneurie, village important situé au nord-ouest à 1,800 mètres d'Auneau par le chemin d'en bas , et à 2,250 mètres par le chemin d'en haut. Son nom lui vient de sa situation sur le sommet d'un coteau « Declivis mons » qui borde la vallée de TAunay ; les nombreuses plantations qui sont à sa base, ainsi que les arbres fruitiers et les vignes qui l'entourent, lui donnent un aspect tout-à-fait pittoresque.
Nos 'chartes du Moyen-Age , mentionnent ce lieu dès le XIIP siècle sous le nom de : Escuillemmit (1208). — En 1213, Amaury d'Esquillemonl et Ameline sa femme
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€ Amauricus de Esquillemont et Amelina uxor sua (\) donnent à Fabbaye de Saint-Chéron 3 oboles de cens à prendre sur deux arpens de terre sis à Houville (2). On trouve aussi Esquilmons en 1235 (3).
1416. — Un compte des recettes dépenses de la châtellenie d'Auneau contient quelques détails concernant Equillemont:
« Repcette à cause de la terre d'EsquUlemont,--xxin\ïv. XIX s. Vu d.
» Dépense pour avoir reffail la charpenterie du presiouer d'EsquUlemont, — cxv s.
9 Pour avoir couvert en chaume la maison de Madame à Ecrosnes et les bergeries d'Esquillemont. — m liv. x d.
» Recepte des champars d'Esquillemont. — ni setiers de blé.
j> Recepte de vins. — Dismes d'Esquillemont, Boisgaçon et les Roches, — viii queues et demye (4).
Equillemont donne son nom à un ruisseau qui se jelte dans la Rémarde, après avoir arrosé la commune d'Armenonville-les-Gâtineaux.
Plusieurs puits de 20 mètres de profondeur, dont un communal sur lequel on a établi une pompe en 1849, servent aux besoins des habitants; deux mares, dont l'une est communale , sont à Tusage des bestiaux.
Des chemins vicinaux conduisent d'Equillemont à Boisgasson, aux Roches, à Ecuries, et à Saint-Rémy.
VI. Folie (la). — Hameau situé à 500 mètres au nord d'Auneau, sur le chemin vicinal qui conduit aux Bergeries. Celte voie, ouverte en 1845, est bien entretenue. L'iudus-
(1) Ch. de l'abbé de Saint-Cheron.
(2) Hameau de Boisville-la-Saint-Pcre.
(3) Chart. de Tabb. de Saint-Jean-en- Vallée.
(4) H faUait trois muidb' de viu pour un tonneau qui se nommait communément demy -queue.
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trie des habitants consiste dans la culture de la vigne et les travaux attachés à une chaufoumerie. Ils se procurent de Teau pour leur usage à la fontaine de la Folie et à YAigayoir (réservoir d'eau) contigu, destiné à abreuver les bestiaux. Nous trouvons cette localité mentionnée en 1292 (1); Torigine de son nom est commune à plusieurs hameaux d'Eureet-Loir appelés 4ans les chartes du moyen-âge « StultUia — . Locus ou Loculus StultUiœ ]> ; elle remonte à l'établissement du christianisme dans nos contrées, et indique qu'il y avait là l'un de ces monuments élevés aux divinités du paganisme. Les premiers apôtres eurent fort à faire pour les détruire (2) ; ils sanctifièrent les uns et attachèrent aux autres le ridicule < Stultitia j», épithète flétrissante qui resta au lieu quand la chose cessa d'exister.
VIL Grand-Saint-Rémy (le). — Ce lieu, nous l'avons dit (3) , paraît avoir été le berceau de la commune d'Auneau, et tire son nom de l'église paroissiale de Saint-Rémi. Il a encore donné naissance à la communauté des filles de la Providence qui ont quitté Anneau en 1848, pour venir à Chartres sous le nom de Dames-de-Bon-Secours. Nous allons entrer dans quelques détails à ce sujet.
En 1719, il y avait au petit couvent de SainviUe une sainte fille appelée Nicolle Liot , originaire d'Auneau, connue sous le nom de sœur Scholastique. Elle quitta cette maison pour se livrer à une vie plus intérieure et plus tranquille, en compagnie de sa sœur qui se trouvait dans le même couvent dont l'abbé Cassegrain était alors directeur. Ces deux sœurs qui n'avaient pas quitté rhabit de leur première communauté, se retirèrent à Auneau en 1725 dans une petite maison où elles se proposèrent de vivre solitaires en se livrant toutes entières à l'exercice de la piété et des
(1) Voir ci-dessus, page 117.
(2) Idem, page 130.
(3) Idem, page 34.
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bonnes œuvres : elles pressentaient que plusieurs bonnes âmes pourraient se joindre à elles, dans le même genre de vie, et qu'il en résulterait une nouvelle communauté.
Trois ans après, en 1728, une petite maison située à Saint-Rémi, près de Téglise paroissiale, ayant été mise en vente, sœur Scholastique en fit Tacquisition, elle la fit réparer et s'y logea en attendant des compagnes.
Un an .environ, après que la sœur Scholastique fut sortie de Saipville, Tabbé Cassegrain, contraint de quitter la communauté, par suite de sa nomination à la cure de Loaville, vint visiter les sœurs de Saint-Rémy, ef il fut si enchanté de la situation de ce lieu solitaire, qu'il se promit de venir plus tard s'y fixer pour y terminer sa carrière et consolider Tœuvre déjà commencée. Il y arriva, en effet, en 1734, et, l'année suivante, le couvent fut bâti pour loger la mère et M. Cassegrain, sur un terrain acquis par sœur Scholastique.
Ce fut à cette époque que ce digne ecclésiastique posa les règles fondamentales de l'institut qui ne devait jamais posséder d'autres biens fonds que les bâtiments de la communauté et ses appartenances, le travail devant être l'unique fonds sous la direction de la Providence. Aussi, de concert avec sa coopératrice, il ne crut rien faire -de mieux pour consolider l'entreprise, que de lui donner pour fondateur <i Vaimable Providence du Sacré-Cœur de Jésus » et d'en faire porter le nom aux pauvres filles qui ne devaient avoir" d'autres ressources. Puis, pour réunir tous les cœurs dans les louanges de Dieu, l'abbé Cassegrain composa un petit office très-court et en français, afin qu'on pût l'apprendre aisément et le réciter en travaillant. Enfin, pour rendre plus sensible le grand objet du culte de la maison, il voulut que les Filles de la Providence portassent sur leur poitrine, comme marque distinctive de leur profession, une médaille d'argent en forme de cœur surmonté d'une croix et gravé des S. S. noms de Jésus et Marie.
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En 1740, Tabbé Cassegrain fut appelé à la cure de Sainl- Roch à Paris, puis on lui, offrit l'évêché de Québec. Sa modestie l'empêcha d'accepter cette dernière dignité; la sœur Scholastique d'ailleurs était morte sur ces entrefaites^ à rage de 46 ans (1«' juillet 1741), et rétablissement d'Auneau réclamait tous ses soins : la communauté comptait déjà treize filles. Mais il fut bientôt obligé de quitter encore momentanément ses brebis, pour répondre à Tinsigne honneur que lui fit le cardinal Fleury, en le mandant auprès de lui. Ce voyage eut lieu au mois de novembre 1742. Le cardinal^inistre voulait encore se faire illusion (1), mais Tabbé Cassegrain l'avertit de sa fin prochaine et lui donna le saint-viatique ; il mourut, en effet, le 29 janvier 1743, à rage de 99 ans et 6 mois. Louis XV, lui fit élever un superbe mausolée sur lequel on mit Tépitaphe suivante qu'on attribue à Maurepas et qui peint assez bien l'égoïsme et l'ambition de ce ministre :
« Ci-git , qui loin du faste et de l'éclat ,
« Se bornant au pouvoir suprême ,
« N'ayant vécu que pour lui-même ,
« Mourut pour le bien de l'Etat. »
Telle était la probité sévère du vieux ministre, qu'à sa mort sa succession se trouva à peine celle d'un bourgeois médiocrement riche, et qu'elle n'aurait pas suffi à la moitié de la dépense sans la libéralité de Louis XV. C'étaient cette probité et ce désintéressement que le cardinal estimait dans l'abbé Cassegrain et qui l'avaient porté à être son bienfaiteur et son ami.
(1) Pour le flatter et adoucir les terreurs de son âge, on avait soin depuis longtemps de grossir les gazettes d'exemples de centenaires. Quoique le cardinal ait été membre de l'Académie française , de celle des inscriptions et de celle des sciences , on ne connaît de lui aucun ouvrage.
Après la mort du cardinal, Tabbé Casse^ain revint à pied à Anneau, en compagnie de son neveu, avec un âne chargé de leur modeste bagage.
Débarrassé des grandeurs, il put dès lors donner tous ses soins à la communauté objet de ses prédilections. Les bâtiments furent agrandis, mais la maison principale étant devenue encore trop petite, il fit bâtir une annexe pour coucher les pensionnaires qu'on introduisit dans rétablissement. L'église d'Auneau lui dut aussi de notables améliorations.
Le 13 décembre 1749, l'abbé Cassegrain fut rappelé à Chartres pour être chanoine, dignité dont il fut pourvu le 30 du même mois , malgré sa volonté. Au mois de mars 1752, il fut nommé supérieur de la congrégation de la Croix fondée dans cette ville. Le 26 juin 1765 il résigna ces fonctions, et se retira à Anneau où il finit ses jours le 18 février 1771 , à l'âge de 78 ans 24 jours (i). Il fut inhumé, comme il l'avait demandé, dans le cimetière de Saint-Rémi, au lieu de la sépulture de ses filles dont onze étaient déjà mortes dans des dispositions propres à lui faire espérer de leur être réunies par l'âme dans le ciel; son corps fut placé à côté de celui de la sœur Scholastique qui avait été le pre niier instrument dont Dieu s'était servi pour accomplir son œuvre. La même pierre sépulcrale recouvrit leurs dépouilles mortelles ; on y fit placer une croix en fer avec la figure du sacré cœur environné d'une couronne d'épines, grands
(1) Paul Cassegrain y naquit à Angerville-la-Gàie, bourg de rancinii diocèse de Chartres, sur la route de Paris à Orléans, le dimanche de la Sexagésime, 25 janvier 1693, jour de la conversion de saint Paul dont on lui donna le nom, comme si l'on pressentait, dit l'abbé Durand, que cet enfant serait aussi appelé un jour à diriger des âmes et à répandre la parole de Dieu. Son père et son aieul qui exercèrent à Angervillc la profession de chirurgien, se rendirent recommandables par leur habileté dans l'exercice de cet art non moins que par leur piété .et leur charité envers les pauvres.
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objets de Ja dévotion do Fabbé Cassegrain et auxquels son * ëpitaphe fait allusion :
ff Épris de la beauté de cette solitude ,
« Il méprisa pour elle et la ville et la (Jour.
€ Là le cœur de Jésus fit sa plus chère etode ,
• Il mit toute sa joie à Tairper à son toor.
« Toi que ce digne prêtre eut tant de soin d'instruire ,
(( Reliens bien ces leçons , ô peuple de ce lieu ;
« Du fond de son sépulchre il semble encore te dire :
« Tu mourras, fuis le monde et n'aimes que ton Dieu (1)!
Par son testanient Fabbé Gassegrain avait fait à la communauté remise entière de tout ce qu'il avait dépensé pour contribuer à sa fondation et à son accroissement; il lui donna iOO pistoles pour célébrer annuellement la fête du Sacré-Cœur, et disposa en faveur des pauvres d'une somme de 2;,000 livres, qui devait lui rentrer au bout de quelques années.
Le 26 février 1771, Fabbé Durand, chanoine de la cathédrale de Chartres et neveu de Fabbé Cassegrain, lui succéda comme supérieur de la communauté de Saint-Rémy. Les dons et les libéralités de ce digne prêtre étaient de nature à donner à Fétablissement une existence assurée ; il continua et soutint avec zèle Fœuvre de bienfaisance que son oncle avait commencée. — Sur sa tombe qui fut placée dans Féglise d'Auneau, oh grava cette simple inscription :
Ici repose LE CORPS DE Charles -RENÉ DURAND,
PRÊTRE, CHANOINE DE CHARTRES, DÉCÉDÉ LE 30 AVRIL 1800, ' ÂGÉ DE 73 ANS.
(l) Extrait de la Vie de M. Gassegrain, par M. l'abbé Durand, son successeur, manuscrit conserve dans les archives de la Commu- Ranlé des Sœurs de Bon-Secours à Chartres.
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— i48 ~ Après Fabbé Durand, vint Tabbé Deshayes, autre neveu de l'abbé Cassegrain. Il ne fut pas moins généreux que ses prédécesseurs envers la communauté, dont la situation financière lui permit d'augmenter le personnel. Alors plusieurs filles généreuses d* Anneau entrèrent au couvent et y versèrent leur fortune dans l'intention de se rendre utiles à leurs concitoyens nécessiteu:^, car alors les jeunes filles pauvres d'Auneau recevaient une instruction gratuite de la part des sœurs de Saint-Rémy.
Les lois de la République et de TEmpire ayant obligé chaque congrégation à soumettre ses statuts à Tapprobation du chef du gouvernement, la communauté de Saint-Remy présenta en janvier 18H , les siens dont voici la teneur :
Art. l«r. — U association des Filles de la Providence, établie à Saint-Rémy d'Auneau, a pour fin l'instruction gratuite des enfans et le soulagement des pauvres malades.
Art. 2. — Les Filles de la Providence ne font que des vœux simples, et on les renouvelle d'année en année, le 21 novembre, jour de la Présentation de la Sainte-Vierge.
Art. 3. — Elles sont gouvernées par une supérieure élue tous les trois ans , à la majorité des voix et confirmée par le supérieur ecclésiastique. — La même supérieure peut être réélue au bout de ce temps, et continuée ainsi tantqu^il plaira au supérieur et à la communauté de la laisser en charge.
Art. i. — Outre la supérieure, il y a deux autres sœurs associées au gouvernement de la Maison, savoir : une assistante et une maîtresse des novices, nommées par la Supérieure.
Art. 5. — Il y a encore des sopurs nomméqaent désignées par la Supérieure et l'assistante, pour tenir les écoles et "assister les pauvres malades.
Art. 6. — Le temps de l'épreuve est au moins d'un an, à compter du jour de l'entrée de la postulante dans la Maison.
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Art. 7. — Chaque sœur conserve son droit de succession et en dispose conformément aux lois de TEtat^ mais ce qu'elle apporte en dot devient commun à la Maison.
Art. 8 — On renverrait tout sujet indocile et rebelle à ses supérieurs, mais on n'en viendrait là qu'à Textrémité.
Art. 9. En cas de sortie volontaire ou forcée, on remettra fidèlement à chaque sœur tout ce qu'elle aura apporté, et tous ses biens meubles de quelque nature qu'ils soient, sans pouvoir accepter son argent ou ses meubles qui ont été consommés dans la Maison.
Art. 10. — Les sœurs de la Providence sont soumises, pour tout ce qui regarde le spirituel à l'évoque diocésain (i), et pour tout ce qui regarde le temporel aux magistrats du pays qu'elles habitent.
Art. 11. — Elles ont le costume le plus simple. >
Ces statuts furent approuvés par décret impérial du 29 janvier 1811.
A l'abbé Deshayes, mort en 1812, succéda l'abbé Manille, qui décéda en 1825.
Jusqu'en 1821 , l'établissement de Saint-Rémy était une propriété privée qui se transmettait de supérieure à supérieure, mais à cette époque une vente en forme et notariée fit passer la Maison et ses dépendances à la communauté que le décret impérial de 1811 avait reconnue sous le titre de : € Institution des FUles de la Providence de Saint-Rémy d*Auneau. »
En 1825, la direction de l'établissement fut confiée au nouveau curé d'Auneau, l'abbé Frocinel, qni la conserva pendant sept ans.
Le 19 mai 1832, elle passa entre les mains de M. Peyre, grand vicaire de Chartres, mais en septembre 1833, il fut remplacé par M. Tabbé Blondeau, de Chartres, qui diri-
(1) Le canton d'Auneau relevait alors du diocèse de Versailles; l'éyèché de Chartres ne fut rétabli qu'en 1821.
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• — i50 — gea le couvent jusqu'en mai 1837. Après lui ce fui. l'abbé I.£maire, yicaire à Auneau.
Jusqu'au moment de la direction de ce vicaire , il n'y avait pas eu d'exemple qu'une sœur fut sortie du couvent soit par suite de changement de volonté, soit par suite de contrainte, et les paroissiens pouvaient être portés à croire qu'une fois les vœux accomplis, il s'établissait entre les sœurs et la communauté un lien indissoluble ; mais Farrivée de l'abbé Lemaire à la direction- a fait voir qu'il en était autrement.... Plusieurs, au nombre desquelles était la Supérieure, furent obligées de quitter le couvent.
En vertu d'une autorisation du Gouvernement, la communauté vendit, en 1843, un lot de terre situé sur le territoire d'Anneau. C'était le prélude de ce qui devait bientôt arriver. — Trois ans après, en 1846, les sœurs dont le costume était une robe de laine blanche avec v,n juste et un tablier noh y le changèrent pour un vêtement tout noir, et un an plus tard, à l'instigation du vicaire Lemaire, elles abandonnaient en partie leur couvent pour venir à Chartres où elles avaient acquis une maison rue du Puits-Berchot : le reste de la communauté s'y rendit en 1848. ËMn, une demande fut formée en 1850, pour obtenir l'autorisation de transférer l'établissement à Chartres, d'en changer le nom en celui des Dames de Bon-Secours, et de vendre la maison de Saint-Rémy.
Le conseil municipal d' Auneau, se fondant sur l'avantage qui résultait pour les pauvres et les malades de la ville, de voir rétablissement des Sœurs de la Providence subsister à Sâînt-Rémy, forma opposition à leur demande de translation, réclamant au moins la présence de trois sœurs pour porter des secours aux malades de la localité, et dans le cas où il n'y aurait pas lieu de le faire, priait le ministre des Cultes de faire déclarer cette propriété communale , à l'effet d'y instituer un hospice ou autre établissement de bienfaisancMB. Un décret du Président de la République , en date du 10 février 1851, statuant sur l'affaire, autorisa la
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communauté des Sœurs de la Providence de Saiot-Rémy d'Auneau : l*» à transporter le siège de son établissement à Chartres (Eure-et-Loir); — 2<> A vendre aux enchères publiques, sur la mise à prix de 10,400 fr. la propriété d'Auneau et ses dépendances, et à affecter le produit de cette aliéBation au paiement de l'acquisition ci-après ; — 3* à acquérir des époux Hervet, moyennant 32,500 fr. une propriété sise à Chartres, dans le faubourg Saint-Maurice.
Un décret impérial du 13 août 1856 confirma tous ces faits; Tarticle 1er est ainsi conçu :
< L'Association religieuse des Filles de la Providence de Saint-Rémy, reconnue d'abord à Auneau (Eure-et-Loir) par décret du 29 janvier 1811, comme communauté régie par une supérieure locale, et transférée sous le même titre à Chartres, par décret du 10 février 1851, est autorisée comme congrégation dirigée par une supérieure générale. >
Telle est succinctement l'histoire du petit établissement commencé à Saint-Rémy d'Auneau , selon les désirs de la sœur Scholastique et par les soins de l'abbé Cassegrain ; œuvre modeste qui a progressé malgré nos révolutions et qui est devenue aujourd'hui une maison-mère^ dont les ramifications tendent chaque année à s'accroître.
Le petit hameau de Saint-Rémy est situé à un kilomètre d'Auneau dans la vallée de l'Aunay, et les nombreuses plantations qui l'environnent -lui donnent un aspect aussi riant que pittoresque. Plusieurs puits, dont l'eau est presque au niveau du sol, servent à l'alimentation des habitans qui se livrent exclusivement à la culture des terres et de la vigne ; les bestiaux sont abreuvés dans le ruisseau de l'Aunay. Le territoire est traversé par le chemin vicinal de Saint-Rémy à Cossonville.
VIIL Petit-Saint-Rémy (le) — Ce hameau est situé dans la vallée, à l'ouest et à 400 mètres d'Auneau, sur le chemin qui conduit au Grand Saint-Rémy. L'industrie des habitans consiste dans la culture des terres et de la vigne. Une
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pompe établie en 1847 leur procure de l'eau; les bestiaux sont abreuvés dans le ruisseau de TAunay.
IX. PoiNT-DU-JouR (le). — Ecart au nord-est et à 500 mètres d'Auneau; il n*y a que 2 maisons et 7 habitants occupés à la culture des terres et de la vigne. Ils se procurent de Teau pour leur usage à la pompe du hameau de la Chaumière qui est à leur proximité; les bestiaux sont abreuvés dans le ruisseau de TAunay.
X. Roches (les). — Hameau situé dans la vallée au nordouest, à 2,400 mètres d'Auneau par le chemin du bas, et à 2,700 mètres en passant par Equillemont. Les habitants sont abondamment pourvus d'eau soit par la fontaine des Roches, soit au moyen des puits presque au niveau du sol ; les bestiaux sont abreuvés dans le ruisseau de TAunay, distant de 50 mètres.
Des chemins vicinaux conduisent des Roches à Gamet et à Boisgasson.
Aux renseignements généraux donnés plus haut sur la géologie du canton d'Auneau, nous ajouterons ceux qui sont particuliers à la commune chef-lieu.
Le sol d'Auneau est argileux , recouvert d'une couche de terre végétale d'une épaisseur de 0 m. 50 c. de bonne qualité , mais allant en s'amoindrissant vers les versants des vallées où elle disparaît complètement , pour laisser l'argile à découvert sur une assez grande étendue. Cet argile est susceptible de culture ; les bois y poussent vigoureusement ainsi que la vigne et les pommiers, et on y obtient des demi-récoltes de blé avec des engrais et de la main-d'œuvre.
Sous la couche d'argile dont l'épaisseur varie de 1 m. 50 à 2. mètres, contenant du silex en grande quantité , on rencontre une terre glaiseuse , appelée dans le pays vache; sons celle terre se trouve la marne, a une distance de 300 mètres environ du ruisseau de l'Aunay. En se rapprochant davantage, et sur le penchant des coteaux qui bordent les
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vallées sur le territoire d'Auneau, la marne disparaît pour faire place à des couches épaisses de sablon blanc ou grès.
Dans quelques parties, du côté de Saint-Rémy notamment, où les eaux semblent avoir séjourné plus longtemps, on trouve des lits de sable de ravine contenant une grande quantité de cailloux roulés et des morceaux de silex à formes arrondies ; si on les brise , on y découvre le plus souvent àes fossiles de mer, généralement de petite dimension. Ce sol uni et découvert au sud, et boisé dans les autres parties, est accessible et cultivé sur tous les points.
Les travaux relatifs à Topération du Cadastre ont été terminés en 1812, mais, par suite des événements politiques, •survenus à cette époque, la matrice cadastrale n*a été mise en recouvrement qu'en 1818. Elle résume la nature et la contenance des propriétés ainsi qu'il suit :
hect.
Aunaies et oseraîes 30
Bois-taillis et futaye 219
Canaux »
Carrières . »
Jardins potagers 18
Mares »
Pâtures 3
Prairies naturelles 86
Terres labourables 1,193
Terres vaines et vagues .... 5
Vignes 81
Superficie des bâtiments. ... 11 25 38
Total. . . . 1,652 06 67~ « Nombre de maisons 350 ; — 1 moulin à eau ^i); —
(1) Ce moulin silué au bas de la rue Rochefort^ a deux paires de meules, nouveau système, qui ne peuvent fonctionner simultanément, à cause de l'insuflisance du ruisseau qui les met en mouvement ; Tusine ne travaille qu'à façon pour Auneau et les hameaux environnants.
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res.
e«iit.
2 moulins à vent(1); — 1 tuilerie (2) ; — 1 four à chaux (3); .— 3 pressoirs à vin. »
Les prairies naturelles , situées dans la vallée où coule le ruisseau d'Aunay^ sont généralement de mauvaise qualité ; cependant celles qui sont dans l'intérieur du parc du château, produisaient du foin de bonne qualité, avant qu'on eût exhaussé le niveau de Teau du ruisseau pour donner de la valeur au moulin; mais cette usine étant aujourd'hui supprimée, comme nous venons de le dire, ces prairies peuvent être améliorées.
Les pâtures ne sont autres que les parties plus élevées des prairies du parc; c'est improprement qu'elles ont ét<j ainsi désignées, elles devaient faire parties intégrantes des prés, mais être classées différemment. Aujourd'hui, le foin qu'elles produisent est meilleur.
La contenance des vignes, fixée par le cadastre à 81 hectares 37 ares 93 cent. , se trouve actuellement bien diminuée, attendu l'éventualité" de leur produit. Elles sont situées sur le revers des coteaux qui bordent la vallée, à l'exposition du sud ; l'espèce dominante est celle du raisin dit meumer ; elles peuvent donner en moyenne 2,000 hectolitres de via médiocre qiii ne suffisent pas à la consommation locale. Dans ces vignes et sur le penchant de ces coteaux, on a fait des plantations d'arbres fruitiers; priûcicipalement des pommiers qui produisent des fruits de banne qualité ; c'est même un des principaux revenus du sol, dans les bonnes années, pour les propriétaires qui vendent ces fruits aux habitants de la plaine de Beauce.
(1) L'un des moulins, dit d'ÉquiUemont , au nord, ne fonctionne plus, fautre qui était situé au charoptier du Moulin, à l'ouest, est détruit.
(2) Située au hameau de Cossonville, page 141.
(3) Située au hameau de la Folie, page 14^.
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— i55 — Cours d'eau et fontaines»
La Voise, qui sert de limites, à l'ouiest, aux territoires d'Auneau et de Roinville, a son origine à Voise cojnmune de ce canton. Ce cours d'eau appelé dans les chartes du Moyen-Age « Voosia, Voesia, Voisia » avec ses branches de Saint-Léger, de Béville et d'Aunay, réunies non loin d' Anneau, dont le cours se grossit, à droite, de la Rémarde sous Montlouet, de l'Ocre (Occre, ruisseau d'Acre) sous Gallardon, du ruisseau de Gas à Houx, et vient se jeter dans TEure à MainteDôn, constitue une vallée tourbeuse, produit des alluvions de la plaine , où les premières sources n'apparaissent que vers Aunay et Roinville, alors qu'elle a creusé son lit à la profondeur des sables et poudingues qui reposent sur la craie.
La Voise sort de l'étang de Saint-Léger, lequel, dit Souchet, est quelquefois sec d'eau ; » Ans où les particuliers »- engraissent leurs héritages de son limon, et puis autres i> ans où l'eau y revient semblable à celle de la Cosnie, où » par un secret admirable de la nature on retrouve du » poisson. »
Le ruisseau d' Aunay ^ qui p.rend sa souree sur le territoire du village de ce nom, à 5 kilomètres au-d€9Sus d'Auneau , coule de l'est au nord, au bas de la ville et se jette dans la rivière de Voise à l'extrémité nord-ouest du territoire : les espèces de poisson que l'on y pêche sont : le brochet, l'anguille, la carpe, le gardon et quelques écrevisses qui y sont, du reste, assez rares. Il reçoit, comme affluents les eaux de plusieurs fontaines tant au-dessus qu'au-dessous d'Auneau.
Affluents de l' Aunay. — Rive gauche.
L La fontaine à Jean, qui prend sa source au bas de la côte des Bergeries.
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II. La (ontaine de la CKaumiere, qui jaillit sous le hameau de ce nom ; elle est munie d'une pompe et on y a établi un lavoir public non couvert.
III. La fontaine de Sac-à-Vin, qui a son origine au bas de la côte de la Folie.
IV. La fontaine de la Folie, qui surgit au* bas de la côte de ce nom. En 1838, on y a construit un lavoir en pierre et couvert.
V. La fontaine de Cadix, qui sourde dans la contrée^ et au pied de la côte du même nom : elle est aussi entourée d'un bassin en pierres pour l'usage des habitants.
YI. La fontaine de la Ruelle, qui sourcille au bas de la côte d'Ëquillemont.
MIL La fontaine de la Butte d'Equillemont , quia sa source à mi-côte de cette butte.
Toutes ces fontaines déversent leurs eaux dans la rivière d'Aunay , après un parcours d'environ 80 mètres.
Affluents de VAunay. — Rive droite.
I. La fontaine Picot, qui a son origine près du hameau des Roches^ dans la contrée de Picot.
IL La fontaine des Roches, qui prend sa source dans le hameau de (^ nom.
III. La fontaine Saint-Màur, qui jaillit sous l'église d'Au* neau située au Grand-Saint-Rémy (1).
IV. La fontaine du Petit-Saint-Rémy , qui sourcille au bas de la côte de ce nom ; Bile est munie d'une pompe à Tusage des habitants de ce quartier.
V. La fontaine du Château, entourée de maçonnerie, en face et presque au pied du château d'Auneau ; elle se trouve actuellement dans le lit du ruisseau d'Aunay et ne se remarque qu'aux époques où le ruisseau est mis à sec pour le curage.
(1) Voir ci-dessus, p. 132.
VI. La fontaine du Cognet, qui surgit à Textrémité est du parc du château , au bas du coteau où se trouvent les bois.
Les eaux de ces fontaines, excepté celle du château, se jettent dans TAunay, après un très-court trajet de 30 à 50 mètres.
VIL Le ruisseau dfi Fontaine-Blanche, qui prend sa source dans la contrée de ce nom, à la limite des territoires d* Anneau et d'Aunay, vient réunir ses eaux à celles de FAunay dans le parc du château, après un parcours de 1,800 mètres.