BIOGRAPHIE
Aunay a donné naissance à M. Isambert, Tun de nos jurisconsultes français les plus distingués dont nous reproduisons ici la biographie (i).
IsAMBERT (François-André) , né k Aunay, canton à' Anneau, arrondissement de Chartres, le 30 novembre 1792, mort à Paris le 13 avril 1857, était issu d'une famille honorable de cultivateurs. Il commença ses études au collège de Chartres avec un tel succès, qu'il obtint, pour les terminer, une demie bourse au Lycée impérial. Lorsqu'elles furent finies, M. Guéroult, alors directeur de l'École normale, le fit nommer élève de cette école. Mais le jeune Isambert préféra se destiner au barreau et suivit les cours de l'école de droit. Il assista, en même temps, au cours de Uttéralure grecque que Gail faisait au Collège de France; il l'aida dans ses travaux et dressa pour lui les cartes d'Hérodote et la plupart de celles qui composent le grand atlas de géographie que publia cet helléniste. A la même époque, Isambert travailla aussi chez un notaire dont il ne tarda pas à devenir principal clerc. A peine âgé de 25 ans, Isambert devint, en 1818, avocat aux conseils du roi et à la Cour de cassation. Ce. fut dans cette honorable et laborieuse carrière, qu'il acquit une réputation de juriscon-
(1) Nouvelle Biographie générale (Paris, Dldot), t. XXVI, p. 12.
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— 48^ suite et de publiciste, qui le conduisit plus tard dans les assemblées législatives et au plus hautes fonctions de la magistrature. Pénétré des principes de la liberté et de la légalité, il combattit avec énergie les abus qu'il crut remarquer dans le gouvernement de la Restauration.
Il nous serait diflûcile d'énumérer ici tous les procès politiques auxquels il prît part. Il défendit devant la Cour de cassation, le général Berton et le lieutenant-colonel Caron, condamnés à mort pour avoir voulu rétablir prématurément Tempire. Il défendit encore Armand Garrel devant la même juridiction, et ce fut aussi sur sa plaidoirie, que fut rendu le mémorable arrêt qui cassa, le 7 décembre 4822, l'arrêt de la Cour d'assises de la Seine ayant condamné quatre journaux pour avoir rendu un compte prétendu infidèle des débats à la suite desquels était intervenue la peine de mort prononcée contre les quatre sergents de La Rochelle, coupables sans doute de conspiration, mais dont la jeunesse, le malheur et le courage avaient vivement excité la sympathie publique et auraient dû préserver leur tête de réchafaud.
Isambert, qui s'était associé aux efforts de la partie libérale du barreau pour assurer la sincérité des élections, qui avait pris part aux procès de tendance dirigés contre les journaux : Le Courrier français et Le Constitutionnel, qui avait signé la consultation du comte de Montlosier, eût surtout sa grande renommée à l'affaire des hommes de couleur de la Martinique. Il adressa au Roi, en son conseil des ministres, un mémoire dans lequel il dénonça Tétat misérable où se trouvait placée, par la législation coloniale, la population libre de couleur, et Tinconstitutionnalité des règlements et des ordonnances qui régissaient alors nos colonies. Puis, il suivit avec une constance courageuse les diverses phases du procès dirigé contre Bissette, Fabien et Volny, condamnés, par une cour illégalement composée, aux galères perpétuelles et à la marque, pour avoir fait circuler clandestinement, à la
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Martinique, une brochure imprimée à Paris et intitulée : De la situation des gens de couleur libres aux Antilles françaises. Il obtint, le 30 septembre 1816, de la Cour de cassation, avec la coopération de son confrère Chauveau- Lagarde, Tarrôt cassant celui qui avait prononcé cette inique condamnation. La participation d'Isambert à ce grand procès lie d'une manière indissoluble son nom à celui des philanthropes qui ont amené Tabolition de l'esclavage. Il a rempli, en France, avec quelques autres amis de l'humanité, tels que Condorcet, La Rochefoucauld, le duc de Broglie, le rôle que Clarkson-Wilberforcé, Erskine, ont joué en Angleterre. Ce sera l'éternel honneur d'Isambert d'avoir ainsi contribué à l'émancipation de toute une race d'hommes. Auteur d'un article qu'il fit insérer, en 1826, dans la Gazette des Tribunaux, contre les arrestations, arbitraires, Isambert fut traduit sur les bancs de la poUce correctionnelle. Il eut pour défenseurs MM. Dupin aîné et Barthe. Condamné à 100 fr. d'amende en première instance, il fut acquitté en appel, et il rendit encore par ce procès un éminent service à la cause de la liberté.
Malgré ces ardentes luttes judiciaires, Isambert n'en trouva pas moins le temps de se livrer à de nombreux travaux de jurisprudence et d'histoire du droit. Ce fut ainsi qu'il piiblia, à partir de 1820, un Recueil complet de lois et ordres du royaume à compter du /«' avril 1814, ouvrage dans lequel il inséra plusieurs savantes dissertations et un grand nombre de documents historiques et diplomatiques. Il conduisit ce recueil jusqu'en 1827 inclusivement. Il publia aussi en 1822 et années suivantes, avec Decrusy, Jourdan, Armet et l'auteur de cette notice, le Recueil général des anciennes lois françaises, qui ne contient pas moins de 29 vol. in-8o. Travailleur infatigable, il mit au jour, en 1826,1e Manuel du publiciste et de l'homme d'État (Paris, i826, iivol. in-8«), et à la même époque un Traité de la voirie urbaine, en 2 vol. in-12. Indépendamment de la publication de ses ouvrages, Isambert fut aussi un des collaborateurs :
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da Caurrier Français dont Châtelain était alors rédacteur principal ; de la Gazette des Tribunaux et de la Gazette des Cultes dont il fut un des fondateurs.
Telle était la position qu'Isambert s'était faite dans la politique et au barreau, lorsque la révolution de 1830 éclata. Il fut d'abord nommé directeur du Bulletin des lois par la commission municipale de Paris, fonction purement gratuite et dont il se démit au bout de quelques mois. Puis son ami Dupont (de TEure), devenu Ministre de la Justice, l'appela auprès de lui sans position officielle; mais il le présenta peu après au roi Louis-Philippe pour une place de conseiller à la Cour de cassation, place à laquelle il fut promu par ordonnance du 27 août 1830. Au mois d'octobre suivant, les électeurs de son département, fiers de l'avoir pour compatriote, l'élurent membre de la Chambre des députés. Depuis son entrée à la Chambre jusqu'à la révolution de février 1848, Isambert ne discontinua pas de siéger dans les rangs de l'opposition constitutionnelle. Il était de ceux qui voulaient sincèrement l'alliance de la monarchie et de la liberté. Il ne fut pas réélu à Chartres aux élections de 1831 ; mais, en 1832', il fut adopté par l'arrondissement de Luçon, dans la Vendée, et il fut constamment réélu par ce collège jusqu'à la révolution de fé-' vrier. Isambert pris une part active aux travaux de la Chambre. Pendant toutes les législatures dont il fut membre, son esprit ardent et investigateur lui fit livrer de nombreux combats aux abus du pouvoir et dans l'intérêt de la cause constitutionnelle, à laquelle il avait voué sa vie. Les grandes questions se rattachant à la liberté religieuse (1) et à l'éman-
(1) À ce sujet nous rapporterons un fait important dans la vie d'Isambert, et qu'à omis A. Taillandier, son panégyriste :
« Isambert élevé dans le catbolicisme, avait toujours montré contre le clergé et les corporations religieuses , une hostilité hargneuse et tracassière. Quelques années avant sa mort , il embrassa publiquement
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~ 192 - . cipation des esclaves trouvèrent surtout en lui un défenseur infatigable.
Si on songe au temps que lui demandait la préparation de ses discours à la Chambre des députés et la rédaction de ses rapports à la Chambre criminelle de la Cour de cassation, on s'étonnera de ce qu'il ait pu encore continuer ses études d'histoire, de numismatique, de géographie et de philologie. Dès 1825, il avait été un des fondateurs de la Société de Géographie; et c'est avec raison que le savant président de celte Société, M. Guignant, membre de l'Institut, disait de lui dans la séance publique du 17 avril 1857, en déplorant sa perte, « qu'il était un magistrat digne de nos anciens parlements, qui, à l'exemple des Estienne Pasquier, des Brisson, des Bouhier, et tant d'autres, associaient, par une noble alliance, les laborieux délassements de l'érudition et les devoirs austères de la judicature. » Isambert fut aussi un des membres les plus zélés de la Société de l'Abolition de l'Esclavage, dont il était secrétaire. Il est inutile de dire que sa vie toute militante lui attira de nombreuses calomnies, qu'il sut mépriser, et qui ne lui enlevèrent pas un seul de ses amis.
Les principaux ouvrages publiés par Isambert pendant la période du Gouvernement de Juillet, sont: Le Code électoral et municipal y 2^ édition, Paris, 1831, 3 vol. in-S^; — L'État religieux de la France et de l'Europe, d'après les sources les plus authentiques, avec la collaboration de M. de Lasteyrie et Condorcet-O'Connor, mais dont il eut la principale part; Paris, 1844, 1 vol. in-8o. — Un volume intitulé : Projet de loi relatif à la restitution du Chapitre de Saint-Denis; Paris, décembre, 1847, in-12, etc., et plusieurs brochures de polémique religieuse et politique. Immédiatement après la Révolution de 1848, Isambert
le calvinisme et en pratiqua exactement les cérémonies. Lors de ses funérailles , le pasteur Coquerel présida et prononça un discours dans lequel il rappela qu'il avait admis le défunt à la Sainte-Cêne. »
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fat éla membre de TAssemblée constitaante par le suffrage universel des électeurs d'Eure-et-Loir. Il se signala, dans cette assemblée, comme un des plus cbauds partisans de la cause de Tordre, et fit la première proposition pour la fermeture des clubs. Il n'abdiqua pas cependant les principes de toute sa vie, et resta fermement attaché à l'opinion libérale. Après la session de cette assemblée, obligé, aux termes de la nouvelle constitution, d'opter entre des fonctions législatives et celles de la magistrature, il donna la préférence à la dernière, et il quitta la vie politique active pour ne plus s'occuper que de ses travaux judiciaires et historiques. Il mit alors la dernière main à son édition des Anecdota de Procope, dont il donna le texte grec et la traduction, avec des notes philologiques, géographiques et numîsmatiques. Après cette savante publication, il mit au jour V Histoire de Justinien, sans texte grec, mais reproduisant une partie de l'ouvrage précédent; Paris, novembre 1856, 1 vol. in 8», en 2 parties.
Enfin il a laissé trois ouvrages inédits et terminés : la traduction des Œuvres complètes de Vhistorien des Juifs, Flavius Joséphe, avec un grand nombre de notes et de cartes; la traduction de l'Histoire ecclésiastique 4'Eusèbe; VHistoire des origines du chriMianisme, ; ouvrages qui attestent une grande science et de profondes études (1).
Isambert vivait au milieu de sa famille qui l'entourait de son amour, lorsque, fatigué par tant de luttes et de labeurs, il fut frappé de mort subite le 13 avril- 1857, entre les bras de sa famille et de ses fils. Sa perte fut vivement sentie par ses collègues et ses amis, M. Odilon Barrot s'est rendu l'interprète de la douleur de ces derniers, dans le discours
(1) Nous devons ajouter que M. Isambert, était un des collaborateurs à la fois lei plus actifs, les plus érudits et les plus consciencieux de la Biographie générale y et qu'il a enrichi ce recueil de nombreux articles , témoignant d'études aussi patientes que profondes.
(Note du directeur,)
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fa^il a prononcé sur sa tombe, et M. Dapin, en reprenant ses fonctions de procureur général à la cour de cassation a dit de lui que t c'était un magistrat docte, laborieux et assidu, et que sa dernière publication sur Procope et Justinien a révélé un genre d'érudition et des connaissances géographiques et philologiques, que ne soupçonnaient pas en lui ceux qui le croyaient absorbé par ses travaux juridiques. >
La mort d*Isambert a causé une profonde sensation dans les colonies, et un grand nombre d'hommes de couleur qui déjà, en 1838, avaient fait frapper une médaille en son honneur, ont fait remettre des adresses de condoléance à la digne veuve de celui qui s'était montré leur constant et courageux défenseur. »
A. Taillandier (2).
Nous dirons aussi quelques mots sur l'un des membres de la famille Sedillot, dont le souvenir vit encore parmi nous.
Victor-Lubin Sedillot de Beaulieu, mort le 13 août 1843, naquit à Aunay-sous-Auneau le H juin 1773. Nous ne dirons point les services militaires de sa jeunesse, son incorruptible probité dans les places de haute confiance qu'il a remplies, son dévouement dans l'exercice des fonctions municipales (il fut adjoint au maire de Chartres pendant plus de 15 ans). Toutes les vertus de l'homme privé qui brillèrent en lui s'effacent devant cette autre vertu sublime delà charité qui Ta toujours animé, et qui se manifesta
(1) M. Taillandier indique comme sources :
Biographie des Comtemporains ^ par Rabbe et de Boisjolin. — Le Biographe et le Nécrologe réunis.
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surtout avec éclat, quand il fut appelé aux fonctions d'administrateur des hospices. Tous les établissemects charitables l'ont compté parmi leurs bienfaiteurs; il administrait à la fois V Asile d'Aligre et les Hospices de Chartres; il encourageait la fondation d'un Asile pour les petits enfants j il dotait rÉco/ô communale des jeunes filles pauvres; il concourut longtemps à la distribution des secours de la Société de Charité maternelle. Et au milieu des soins si multipliés de ses fonctions publiques, il trouvait encore le temps et le moyen, d'entendre, de consoler, de soulager une multitude de misères : en un mot, il fut un homme intègre et bon, digne de sa famille^ des regrets de ses amis, de l'estime et du respect de tous ceux qui l'ont connu.
ÂRDELU.
Ce petit village de rancienne province de la Beauce^ est cité dans les chartes du Moyen- Age dès le XI« siècle, sous les noms de Ardelutum et Ardelut qui en est l'abrégé. Ce nom semble indiquer que la partie du territoire où la commune prit naissance était un pâturage entouré de murs de terre « Arda (pascuum) — Lutum muraille de terre, cloison de mortiec (1). Un passage d'Adrien Valois juslifle cette étymologie : Ille locus, eo quod pascuus erat, a pastura, ut aiunt incolcBy dicebatur Arda. Dicebant enim pastores ad invicem : Eamus et conveniamus in pasturam, hoc est, in Ardam (2). » A la colonie de pasteurs succédèrent des habitations, puis il y eut une église qui, au XI* siècle appartenait à l'abbaye de Saint-Jean-en-Vallée, près Chartres.
1099. -r Au nombre des libéralités faites par Yves, évéque de Chartres, à cette abbaye, lors de sa fondation, nous
(1) Ardens, in Hist. Gomit. Gisaens. a Valesio laudatus — Glosa, de du Gange, au mot Ârda^ p. 880.
(2) I«ot. Galt. page 86, ool. S.
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trouvons l'église d'Ardelu avec tous ses hôtes et une terre de deux charrues : « Confirmamus quoque donum ecclesiœ Hardeluth, cum omnibus hospUibus, et cum terra ad duos carrucas (1). »
Cette possession fut confirmée par les papes Pascal en 1103, Eugène III en 1150, Innocent III en 1215 « Ecclesiam Ardelecth cum omnibus hospitibus et terra ad dtms carrucas (2). »
Vers le même temps Renouf d'Ardelu « Ranulfus de Ardeluto » figure comme témoin dans une charte que nous rapporterons à Farticle de Saint-Léger-des-Aubées. A la confirmation de cette charte assiste Hilduin, fils de Hervé d'Ardelu : « Hilduinus filius Hervei de Ar deluto (3). »
1113-1128. — Etienne d^Ardelu « Stephanus de Ardeluto > figure au nombre des témoins dans une charte concernant la terre de Mantarville, qui fut rendue à l'abbaye de Saint- Jean-en-Vallée par Frédéric, frère de Jean d'Étampes. Cet acte fut passé au château d'Auneau c in Castro Alnetello (4). » — Etienne était vassal de Hubert d'Ardelu « Stephanus homo Huberti de Ardeluto. »
1742-1748. — On conserve aux archives d'Eure-et-Loir un registre du Bailliage d'Ardelu contenant 37 feuillets, concernant différents actes : < Audiences. — * Sentence fixant les gages du messier d'Ardehi à 15 sols par chaque muids de terre, ensemencés en blé ou en mars. — Réception de René Legendre, comme procureur et sergent de la pré-
(1) Gall. christ., tome VUI, col. 5, instrum. — U existe aux archives d'Ëure-et'Loir deux copies de cette charte , faites sur papier le 19 janvier 1609 , à la requête de Guillaume Laisné , prieur de Mondonvitte-la- Saint' Jehan.
(2) Gall. christ., tome VIII, col. 305, 307, 332, instrum. — On conserve aux archives d'Ëure-et-Loir des copies de ces bulles.
(8) Archives d'Ëure-et-Loir , fonds de Saint-Jean.
(4) Tit. de TÀbb. de Saint-Jean. — Archiv. dép. d'Eure-et-Loir.
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voté d'Ardelu. — Adjudications de meubles et de biens à Ardelu et Cbâtenay (1). »
ÉGLISE. — Jusqu'à la Révolution de 1793, Ardelu posséda un prieuré-cwre , dépendant de Tabbaye de Saint- Jéan-en- Vallée, de Chartres. Uéglise actuelle, qui était celle de ce prieuré, se trouve encore enclavée dans la cour d'une vasle ferme, ancienne demeure du prieur.
Nous avons vu que cette église existait dès le commencement du Xle siècle. Le pouillé du diocèse de Chartres — vers 1250 — lui donne 30 paroissiens; la cure, à la collation de Ta! bé de Saint- Jean, valait 60 livres de revenu : elle faisait partie du doyenné de Rochefort. En 1790, elle fut comprise dans le canton de Gommerville, district de Janville; et enfin, dans le canton d'Auneau, en 1801.
L'édifice de forme rectangulaire, a 20 mètres de longueur, dont 14 pour la nef et 6 pour le chœur, sur une largeur uniforme de 6 mètres 20 cent. La sacristie, bâtie à Test, en bas-côté, a 4 °» 70; le tout construit en moellon, avec encoignures, contreforts et ouvertures en pierres de taille du pays, employée sans assise réglée. Le comblé en chêne, est couvert en tuiles. — L'intérieur est éclairé par cinq croisées ogivales de 0 "» 80 sur 2 ^, en partie murées et garnies de vitraux blancs. — Le pignon ouest, est plus élevé que le toit, percé de deux ouvertures pour y suspendre des cloches; cette partie du pignon, qui surmonte le comble, est entourée d'une légère charpente en bois blanc couverte en ardoises, et forme un petit clocher quadrangulaire, de 4 ™ de hauteur.
1641. — c Suivant acte passé devant Medard Beguard, notaire royal à Chastenay, Ardellu et es environs, baillage et duché d'Étampes, messire André Massain, prebtre, "pneur-curé dudict Ardellu, y demeurant, donne 21 setiers
(1) Invent., p. 211.
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de terre en plusieurs pièces à l'esglise et fabrique Monsietir Sainct'Pierre et Sainct-Paul d'Ârdellu.
» Jean Divelain, prêtre, prieur-curé d'Ardelu, est mentionné dans plusieurs actes de 1665 à 1670, concernant diverses donations faites à Téglise d'Ardelu (1). »
1670. — « Par acte passé devant Anthoine Adrian, nottaire royal au bourg et parroisse de Gommerville et antres au baillage et prévosté d'Étampes, Pierre Adrian, marchant, demeurant à Ardeiiu, ou nom et comme gager et marguillier de Vesglise de Sainci-Pierre et Sainct-Paul à^Ardellu, confesse que la dicte fabricque tient à tiltre de cens et champart, le dict cens portant lods, ventes, deffault, saisine et amende, quand le cas y eschet, suivant la coastume d'Estampes, de vénérable et religieux prieur du couvent de SaM^Jehan-en-Vallée-lès-Chartres, seigneur dudkt Ardellu, différentes pièces de terre énoncées audit acte (1). ■
1762. — La fabrique d'Ardelu possédait aussi 1 9 mines de terre assise au terroir des champarts, appartenant au seigneur abbé commendataire de ïabbaye royale de Saint- Euverte d'Orléans; les dites terres chargées de cens et du droit de champart porté et rendu à raison de douze gerbes une de tous grains croissants à chacune dépouille sur les dites terres, portées et rendues en la grange champarteresse du dit seigneur au dit Ardelu. ]>
1768. — Nous trouvons dans les comptes de la dite fabrique, quelques détails concernant les embellissements qui furent faits à l'église :
« Payé au sieur Sureau, menuisier à Châtenay, 290 livres pour avoir fourni et placé la chaire.
» Et celle de 650 Uvres pour avoir fourni et placé toutes les boiseries, les bans, clos le tambour des portes d'entrée et autres ouvrages de sa profession.
(1) Titr. de la fabriq. d'Ardelu. — Archiv. d'Eure-et-Loir.
(2) Tit. de la fab. d'Ardelo.
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» Payé au sieur Nicollas Fritteau, serrurier à Angerville, 426 livres 10 sols, pour avoir fourny et placé un portique de fert et frize régnante sur les appuis de menuiserie à Feutrée du chœur de ladite église dudit Ardellu, ajusté les anciens couronnements au-dessus dudit portique et frizes ; lesquels portique et appuis ont esté substituez en la place de l'ancienne grille en bois (1). »
1774. — On conserve aux archives départementales d'Eure-et-Loir « un inventaire des titres et papiers de la fabrique 6*Ardelut, avec la déclaration des terres de la dite fabrique, faite à la requeste de M® Jacques-Denis Imbault, prestre, prieur-curé de la paroisse dJArdelut, y demeurant, et de Louis Chaussier, laboureur, demeurant audit Ardelut, au nom et comme marguillier en exercice de la fabrique de Saint-Pierre-ès-Liens du dit Ardelut. »
Cet inventaire servit probablement lors de la main-mise nationale sur les biens du clergé, en 1789, car nous lisons au bas de Tacte précité, la mention suivante :
« La commune d'Ardelu, canton de Gommerville, district de Janville, département d'Eure-et-Loir, appartenant à la Convention. »
Les registres de Tétat civil d'Ardelu remontent à 1668. Nous avons dit qu'au XIII® siècle il y avait 30 paroissiens; les receiisements généraux constatent :
En 1826 124 habitants.
En 1846 123 —
JEnl866 128' —
comprenant 30 ménages qui occupent 30 maisons.
On voit que, depuis 40 ans, sa population est restée stationnaire.
La principale industrie des habitants consiste dans la culture des terres; les femmes s'occupent, à tricoter, surtout pendant l'hiver, des bas et des chaussons de laine pour
(1) Tit. de la fabr. d*Ardelu. — Archiv, départ. d'E«re-et-Loir.
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les marchands de Pussay. Les produits agricoles s'écoulent sur les marchés d'Angerville^ d'Etampes et de Donrdan (Seine-et-Oise). La seule usine que Ton remarque à Ardelu est une tuilerie et une chaufournerie. L'argile se trouve sur le territoire d'Ârdelu^ mais la pierre destinée à faire la chaux, vient de Gommerville.
La commune d' Ardelu, est située dans la plaine, à 6 kilomètres d'Auneau, i29 kilomètres de Chartres et à 2,500 mètres de la route départementale n» 7 de Chartres à Angerville : elle est traversée, de Test l'ouest à Test, par le chemin vicinal de Denonville à Pussay, établi en 1849.
Son territoire est limitée par ceux des communes sui> vantes : au nord, Orlu; à Test, Gommerville; au sud, Bâudreville; à Touest, Châtenay. — Le sol, calcaire-marneux, est entièrement découvert et cultivé sur tous les points : les bois (taillis et futaie) sont situés à l'extrémité sud-ouest.
Ardelu, dépourvu d'eaux courantes, a trois puits d'une profondeur de 30 mètres et deux mares , qui conservent assez bien l'eau, excepté dans les grandes sécheresses.
Les travaux relatifs à l'opération du cadastre, ont été terminés sur le terrain en 18i3, mais, par suite des événements politiques survenus à cette époque, la matrice cadastrale n'a été mise en recouvrement qu'en 1818. La nature et la contenance des propriétés se divisent ainsi qu'il suit :
Hectares. Ares. Centiares.
Bois taillis 12 iS 30
Jardins potagers 1 64 88
Terres labourables 389 10 74
Superficie des propriétés bâties . > 87 37.
Total. ... 403 11 29
Ardelu, comme les communes environnantes, a conservé des traces de Voccupatùm romaine. Dans la contrée dite du milieu, section A, n» 605, on retrouve des vestiges d'anti-
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ques constractions de cette époque ; le sol noirci par l'incendie restitue des fragments de tuiles plates à rebords et des tessons de poterie. — En 1849, un cultivateur qui faisait enlever des terres près du village, a rencontré dans les fondations d'une ancienne maison^ un pot de terre contenant 380 pièces connues sous le nom dis Gros à Vécu, au type de Charles VI.
BÉVILLE-LE-GOMTE.
Béville est un fort village de Tan/îienne province de Beauce avec titre de comté. Son territoire est limité au nord par celui de Oinville- sous- Anneau; à Test par ceux de Saint-Léger-des-Aubées et de Roinville ; au sud par ceux de Voise et Francourville ; à l'ouest par ceux de Houville et d'Umpeau.
La rivière de Voise qui a son origine sur le territoire du village de ce nom (1), coule du sud au nord à l'extrémité est du finage de Béville; les espèces de poissons que l'on y pêche sont, le brochet, quelques anguilles, des écrevisses et divers petits poissons.
La fontaine Saint-Léger prend sa source dans la prairie de Béville, près de la jonction des chemins de Béville et de Villiers à Saint-Léger; elle déverse ses eaux dans la Voise après quelques mètres de parcours.
La fontaine de Goimpy , qui surgit encore dans la même prairie, se rend aussi dans la Voise, après un très-court trajet/
Nous citerons encore deux cours d'eau qui alimentaient autrefois les pièces d'eau du château de Baronville aujourd'hui comblées :
l» La fontaine couverte, dite Croix-Uadeleine , située à
(1) Voir ci-dessQS page 155.
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Béville^ au bas de la rue de ce nom^ avec un lavoir découvert; ses eaux prgnnenl ensuite le nom de Ruisseau de BévUle et se jettent dans la Yoise après un parcours de 2,500 mètres.
2* La Fontaine Saint-Martin (i) qui jaillit dans les bois de BaronviUe et déverse ses eaux dans le ruisseau de Béville, après un court trajet de 50 mètres. — C'était sans doute une de ces fontaines druidiques que les néophytes chrétiens placèrent souà Tinvocation de Tapôtre auquel ils durent les premières notions de l'évangile.
Saint-Martin, évéque de Tours au IV« siècle, fut un des plus ardents propagateurs du christianisme dans nos contrées; le diocèse actuel de Chartres ne compte pas moins de soixante-trois paroisses qui le vénèrent pour patron.
C'est peut-être à ces sources, à son terrain marécageux que Béville a dû son premier nom u Besis-Villa — la métairie de la Besse (2) — que nous trouvons en 984.
On connaît deux Beville, un Bevilliers, cinq Bivu-le et un BiviLLiERS ( noms qui appartiennent tous à la Normandie ou au Perche) et trois Bauville.
Un diplôme de Louis le-Débonnaire, sous la date du 13 avril 833, a été donné dans un lieu nommé Besvilla: actum Besvilla.
Ce mot peut venir encore de Balsi-villa (3) -— la métairie du maître — ou de Balsonis villa ; le dernier de
(1) Outre cette fontaine , dédiée à Saint-Martin , Téglise de Béville est placée sous son vocable, et nous trouvons Vauberge de Saint- Martin , mentionnée diins un titre de 1682.
(2) Baissa, Baissia, Locus humilis^ depressus ^ paîudosus ^ dumetis et vepribus plenus (Besse) lieu bas, marécageux, plein de broussailles — Baisa, vallis, vel locus submissus (vallée). — Balsa, apud Hispanos^ palus ( marais).
(3) Le mot Bas, Bason, en latin Basenus, signifie dais plusieur.^ dialectes septentrionaux: Herus, le maître; Basine: Hera, la maîtresse.
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ces noms Balsto ou Balso, n'était pas rare au X« siècle, et c'est ainsi que s'appelait l'assassin de Guillaume-Longue- Epée à Pecquigny. Le nom de Béville proviendrait alors de celui d'un propriétaire gallo-romain, avec la terminaison locale villa. Les ruines et antiquités dont nous parlerons tout-à l'heure semblent justifier cette opinion.
Outre les deux noms déjà cités, voici ceux qu'elle porte dans les chartes du Moyen- Age: « Belsi- Villa, Beistilla, Besvilldy BeeviUa, Beivilla, Bevilla-Comitis ; et dans les actes postérieurar : Besville, Bainvilie-le-Comte ; Saint- l^artin-de-Benville-le-Comte, Ce dernier mot rappelant les titres nobiliaires que la Révolution supprimait, la paroisse fut nommé BÉ >^ille-la-Fontaine en 1793. Mais cette appellation ne dura que jusqu'en 1795; la commune reprit le .nom de Béville-le-Comte qu'elle a conservé depuis.
Au XVIIIe siècle Béville faisait partie de l'Election de Chartres. Dans un livre-censier rédigé en 167(V1 721, nous trouvons celte notice :
« Bainville-le-Comte , appartenant à M. de Lataignan, est une justice qui est jointe à celle de Barouville, appartenant au sieur de Lataignan, conseiller du Roy en la grande Chambre. Il y a haulte, moyenne et basse justice relevant à... »
Un état dressé en 1777 pour la perception des tailles dans le département de l'élection de Chartres désigne ainsi cette paroisse :
« Beinville-le-Comte, seigneurM. de Lattaignan; — 3 lieues du chef-lieu et de la rivière ; — U9 feux; — 3,200 septiers de terre 1 80 perches au septier); — 80 arpents de bois; — 12 arpents de vignes; — 140 arpents de prés; — 1 moulin.
Cette situation territoriale était loin de celle que lui donne le cadastre dont les travaux furent terminées sur le terrain en 1813. La matrice cadastrale qui, par suite des événements politiques survenus à cette époque, ne fut mise
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en recouvrement qu'en 1818, résume la nature et la contenance des propriétés ainsi qu'il suit :
hect. ares. eett.
Avenues et fossés 2 12 40
Bois 170 33 22
Friches 8 69 07
Jardins 14 57 38
Mares «56 »
Pâtures 4 39 92
Prés 50 08 65
Pépinières » 96 50
Terres labourables. ...... 1 ,692 37 02
Vignes 11 79 90
Superficie des propriétés bâties . 8 46 . 27 (187 maisons, 4 moulins-à-vent).
Total. . . . 1,964 36^ 33~
Le sol calcaire-marneux, assez profond et productif, présente une couche de tourbe dans toute la vallée; il est généralement plat et assez découvert, à l'exception de quelques petits vallons et de la vallée où coule la Voise. Les bois qui occupent la partie nord-est du territoire, sont plantés en majeure partie dans les plus mauvais terrains.
Les prés, situés dans la vallée de la Voise sont marécageux et de mauvaise qualité. Dans certaines parties, des plantations en peupliers et autres essences ont remplacé les roseaux et les joncs qui constituaient la principale végétation de ces prairies ; les résultats obtenus constatent qu'il serait possible d'améliorer ces prairies en faisant des saignées pour tirer les eaux , en les fumant beaucoup et en y répandant surtout de la poussière provenant de fours à chaux et à plâtre. Elles produisent beaucoup de foin, mais il est de si mauvaise qualité, qu'on ne peut le vendre et que les bestiaux ne se soucient pas d'en manger.
Les vignes qui occupaient les expositions de Test et du
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sud» produisaient année moyenne^ 182 hectolitres d'un vin médiocre. Le' voisinage des bois et de la vallée rendant ces vignes sujettes à geler ^ elles ont été successivement arrachées^ et leur emplacement mis en culture.
Sous l'occupation romaine Béville dut être un lieu important^ peut-être était-il une de ces stations militaires — loca stativa — que les romains échelonnaient sur les routes pour les besoins de leurs légions. Le chemin vicinal de Béville à Santeuil^ qui était aussi celui de Santeuil à Gallardon^ est une armenne voie romaine qui communiquait sans doute à la grande voie allant de Chartres à Sens^ dont nous avons parlé (pag. 7) et appelée aujourd'hui le vieux chemin de Saint'Mathurin. Elle est encore très visible et très reconnaissable par sa construction consistant en un lit de grosses pierres debout, recouvert d'une couche très-épaisse de pierre cassées; elle avait environ 10 mètres de largeur, réduite maintenant presque partout à ceUe d'un chemin vicinal ordinaire, par suite des fouilles que les propriétaires riverains ont faites sur les bords pour en tirer les grosses pierres qui ont servi à bâtir.
Dans la contrée de Villeneuve , à droite et à gauche de cette voie, on trouve des traces d'antiques constructions : le sol restitue constamment des débris de tuiles plates à rebords (hamatœ tegulœ) , et de grosses tuiles creuses (imbrices) , ainsi que des tessons de poterie rouge et commune. Des fouilles faites en 1849, dans la parcelle n» 602 de la section C, ont amené des pierres provenant d'anciennes bâtisses, et parmi une grande quantité de cendres et de charbons, des débris de tuiles à rebords et de tessons de poterie. Dans la parcelle 709, section D, on a trouvé un puits comblé; plusieurs autres découverts précédemment, sont restés comblés sous le sol.
Parmi les monnaies qui ont été trouvées dans ces diverses fouilles, deux moyens -bronzes sont parvenus à notre connaissance; en voici la description :
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M B d'Auguste — Avers: Tête radiée à gauche
AVGVSTVS PATER.
Revers: Dans le champ un foudre et S G. Sans légende.
M B. Monétaire d'Auguste — - Avers: Tête nue à droite : CAESAR AVGVSTVS TRIBVNl^ POTEST.
Revers. — Dans le champ S G — CN PISO. GN. F IlIV : R AAA. FF.
On remarque les mêmes traces d'antiques constructions dans la parcelle n» 869 et envirounantes de la section D, contrée de Belhomert. La tradition locale veut qu'un couvent ait existé dans cet emplacement; mais on ne voit aucuns vestiges de constructions du Moyen-Age, et on n'exhume du sol que des débris de tuiles plates à rebords et de grosses tuiles creuses de l'époque gallo-romaine.
Le territoire de Béville est littéralement couvert de ruines et de débris; nous allons en exhumer les plus intéressants :
En 1314, Philippe-le-Bel, roi de France pour témoigner, à Dieu sa reconnaissance de la victoire qu'il remporta sur les Flamands à Mons-en-Puelle, fonda un service solennel de N. D. de la Victoire, dans la cathédrale de Chartres, qui serait célébré annuellement le 17 août. Il assigna 100 livres de rente pour cet objet et acheta, pour assurer sa fondation, la métairie des Barres à Béville-le. Comte, Une partie du village, sis à son extrémité, à gauche du chemin qui conduit à Anneau, porte encore aujourd'hui le nom de ferme des Barres: c'était là sans doute qu'était située la métairie en question.
Au nombre des biens et revenus du prieuré de Louye (4), en 1696, nous trouvons :
« Rente sur la ferme des Bars, — Un muid de grain moitié froment et moitié méteil , à la mesure de Chartres.
(i) Voir les notes sur ce prieuré, à l'article d'Âuaeau, p. 40.
Cette métairie était dans la paroisse de Béville-le'Cùmte , et appartenait au chapitre de N. D. de Chartres. >
Et dans un inventaire des anciens revenus et biens de ce prieuré, on lit: « Aux Barres, sur Benville-le-Comte , un muid de froment. » c Par cet article, on reconnoit que la rente de Benville estoit payée totalement en bled froment. »
Dans la parcelle n^ 423 de la section C, lieu dit à VUleneuve, on remarque l'emplacement et les ruines d'un château du Moyen-Age qui était entouré de fossés à sec. En explorant ces débris en 1849, j'ai vu des tas de grosses pierres taillées, retirées des anciennes murailles et destinées à de nouvelles constructions. Le sol était couvert d'une couche assez épaisse de fragments de tuiles plates du Moyen-Age; on voyait au milieu des broussailles couvrant cette parcelle de terrain, l'emplacement de quatre tours qui flanquaient les angles du parallélogramme formant Tenceinte de cette demeure féodale^ et dans Tune desquelles on avait découvert en 1848 un four à cuire du pain.
C'était là probablement le château de Villeneuve qui a donné son nom à la contrée, et où la tradition veut qu'il ait existé un village dont Tépoque de destruction est inconnue. Ce qui a pu donner lieu à cette croyance locale, ce sont sans doute les substructions gallo-romaines dont nous avons déjà parlé, et qui se trouvent au bas du monticule où était situé le château de Villeneuve; mais elles sont bien antérieures à l'époque de ce château, et on ne remarque ailleurs aux environs aucunes ruines du Moyen-Age.
Les habitants prétendent aussi qu'il y a eu un château dans le lieu dit Morainvilliers ; mais on ignore totalement l'époque à laquelle il a existé, ainsi que celle de sa destruction.
A peu de distance au nord de Béville, s'élevait une maison bourgeoise nommée le Pavillon , dont il ne reste pas pierre sur pierre. L^emplacement de cette maison et du clos de
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vigne qui l'environnait, est aujourd'hui planté en bois; elle a été détruite dans le siècle dernier.
Nous avons énuméré les fontaines qui alimentent la partie basse de Béville. Dans la partie haute existent deni mares communales à l'usage des bestiaux et plusieurs poils du 8 mètres de profondeur.
Dans le courant de Tannée 1859^ en curant le puits de Béville, les ouvriers ont trouvé avec des poteries, deux grands plats en étain de 0 m. 40 de diamètre, et quatorze plus petits, dont quelques uns de forme creuse. Ils portaient, en caractères du XV«ou XVI« siècle, le nom P. Petit; pour marque de fabrique, un oiseau passant avec une croix, et les initiales p.p. (marque que Ton traduit souvent par renseigne au Signe-de-la-Croix. )
Un autre timbre, frappé sur le bord des grands plats, représentait Teffigie assez bien conservée de Saint-Pierre avec ses attributs, la clef, le livre. Bien que ces ustensiles aient été d'un usage privé , ils se rattachent à une date qui leur donne un certain intérêt (i).
Seigneurs de Béville.
Les premiers seigneurs de Béville nous sont inconnus, mais les Cartulaires de Saint-Père-en-Vallée et de Beaulieu nous font connaître les noms de plusieurs membres de ia liaison de Béville — noblesse de second ordre.
950-1100. — Arrold de Béville possédait à Chartres une maison que les religieux de Saint-Père vendirent aux confrères de Saint-flilaire « Venditionem cujusdam domus nostrae, illius scilicet quae Arroldi de Bevilla fuisse cognoscitur, notum esse volumus (2>. »
(1) Mém. de la Soc. Arch. d'Eure-ct-Loir, — Proc. verb. lom. !«• p. 194.
(2) Cart. de Saint-Père, p. 353.
Odeline^ femme de Gaufirid Bèse-Diabie^ pour le repos de feu son mari et de son fils Evrard^ donna aux religieiUiL de Saint-Père 16 deniers de cens qu'elle avait à prendre tous les ans sur cette maison :
< Odelina, uxor Gaufridi Demonem Osculantis^ pro ejusdem Gaufridi defuncti salute et Ëbrardi filii sui^ dédit nobis xvi denarios census quos per singulos hddos in quadam domo nostrahabebat, que fuerat Arroldi de Bevilla (1). »
C. liOO. — Ingelbert de Béville « Ingelbertus de Buenavilla ]» est témoin des libéralités de Hugues^ seigneur de Gallardon, d'Auneau et autres lieux ^ pour la fondation du prieuré d'Auneau (2).
1079-1101. — Gaufrid de. Béville était seigneur aux Chaises et à Beaulieu. Il figure comme témoin c Gaufrido de Bevilla « dans un accord passé entre Goufier de Villeray et les moines de l'abbaye de Saint-Père, au sujet d'une terre et d'un bois à Mousseaux, commune de Saint-Luperce (3).
1117. — Hugues de Béville < Hugo de Bevilla » assiste à la donation faite à l'abbaye de Saint-Père, par Payen, chanoine de Saint-Marlin-au-Val (4).
1119-1128. — Hugues de Béville est encore cité comme témoin dans une charte relative à la donation de la terre de Ver faite à la môme abbaye c Testes... Hugo de Besvilla (5). »
Marie, femme de Hugues, a Maria uxor Hugonis de Besvilla » étant gravement malade, pria son aïeul de se rendre à sa place au sein du Chapitre de l'abbaye de Saint-Père et de donner pour les .pauvres de leur aumône, trois arpents de terre à Beaulieu, afin d'obtenir sa guérison et pour assurer son salut et celui des siens :
(1) Cartul. de Saint-Père, p. 332.
' (2) Tit. du prieuré d'Auneau ; arclu d'Eure-et-Loir.
(3) Gart. de Saint-Père, p. 498.
(4) Ibid., p, 311.
(5) Ibid., p. 448.
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Hugues et Marie y ajoutèrent deux maisons dont les religfieux auraient la propriété après le décès de chacun d'eux. Mais en même temps pour gage de cette donation, ils chargèrent les religieux de nourrir dorénavant, de vêtir et d'instruire un enfant orphelin que jusqu'alors ils avaient élevé pour Tamour de Dieu; les priant, si Tenfant vivait et se conduisait bien , d'en faire un prêtre ou un moine à son choix (4).
1101-1124. — Hugues de Béville figure comme témoin € Hugo de Belsi Villœ * dans une charte concernant la terre de Moinville-la-Jeulin (2).
1102-1U4. — Etienne, chevalier, tils de Gaufrid de Béville, étant tombé malade, prît l'habit monastique dans l'abbaye de Saint-Père, il mourut le lendemain, et, à celte occasion, il fit de grandes largesses aux religieux; mais Robert, son frère, ne voulut pas y donner son consentement. Après de longs débats, les parties transigèrent, et Robert donna 15 sols de cens avec trois arpents de vignes; au nombre des témoins se trouvent Hugues de Béville :
c Miles quidam, Stephanus nomioe, fUius Gaufridi de Besvilla, corporis egritudine preventus , ad monachatus remedium in hoc nostro monasterio confugit , et nobis , pro salute anime sue , plurima de his que jure hereditario se contingebant, contulit. Quo facto, sequenti die, eodém ingravescente incommodo, defuactus est. At vero frater ejus, Robertus nomine,.... asseosum fraterne elemosine denegans , nosque calumpniosis infestationibus diu defatigans , longa itaque in 1er nos et ipsum contentionis altercatione protracta , tandem Robertus xv solidos census, et très agripennos vinearum concordie gratia nobis obtulit... quos... accipere concessimus... Prœsentibus plurimis.. Hugo de Besvilla... (3) »
(i) Garl. de Saint-Père, p. 293.
(3) Ibid., p. 422.
(3) Cart. de Saint-Père, p. 299.
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Circa 1130. — Jean, fils de Arrold de Béville, figure au nombre des témoins dans une charte concernant la moitié de la dîme du Mesnil donnée à Tabbaye de Saint-Père € Johannes, filius Arroldi de Bevilla (1). »
Les chanoines de Saint-Maurice de Chartres avaient aussi des dîmes à Béville.
1131-1132. — Haimeric, maire de Béville, assiste à la transaction qui fut passée entre les moines de Saint-Père et les chanoines de Saint-Jean^ au sujet d'une prébende de Samt-Martin-au-Val c Interfuerunt Haimericus, majw Beisville. »
1U8-1155. — Nous trouvons encore un Robert de Béville parmi les témoins d'une donation de deux parties de menues dixmes, faite par Isabelle, comtesse de Chartres, aux lépreux de Beaulieu : « Apud Beevillam duas partes minute décime (2). La donation de ces menues dîmes et de celle du vin, fut confirmée en 1215 par Regnault, évêque de Chartres : « Et duas partes minute decims et vini (3). »
Robert de Béville, intervint ensuite comme médiateur entre les religieux de Saint-Père et Tenfant adoptîf de de Hugues son aïeul, au sujet d'une terre dont Hugues, fils de Durand, revendiquait la possession :
« Qaam videlicet terram cum Hugo, filius Durandi, qui cogno-
minatus est Peslleve, sui juris esse diceret prudentiore usas
coQsilio, ut libère et sine placito eamdem terram sub predicta ruricolatus lege concederemus, centum nobis solidos dédit; atque apud DQtritores suos, Hugonem de BesviUa ejusque uxoretn Mariam, obtinuit, ut totam terram quam apud Bellum Locum habebant, huic
ecclesie nostre perpétue possidendam doaarent Testes . . .
Robertus de Besvilla (4). »
(1) Cart. de Saint-Père, p. 495.
(2) Gart. de Beaulieu, p. 240.
(3) Tit. du Grand-Beaulleu. — Arch. d'Eure-et-Loir.
(4) Cart. de Saint-Père, p. 303.
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- âl2 - •^
H 54. — Guillaume, vidame de Chartres, donne aux Lépreux de Beaulieu, la dîme de la paroisse de Béville et la dîme du vin ; Robert de Béville figure au nombre des témoins :
f Noscant tam présentes quam futur! quod Guillelmus vicedominus infirmis de Bello-Loco parvam decimam de parrochia BeviUe in elemosinam dédit, et decimam vini. Isti affuerunt testes : Robertus decanus, Hugo sub decanus, Fulcaudus abbas de Valeia, Guillelmus de Bellovidere, Hernaldus de Poncel, Milo Gapellanus, Gaufridus prepositus, Hugo Berengarius, Haraelinus de Muro, Robertus de Bevilla, Hugo filius ejus, Guillelmus filius Giraldi Âvegot, Gauterius carpentarius , Gaufridus pistor, Godefridus, Martinus famuli prions, Guillelmus sutor (1). b
1190. — Galeran de Béville, est cité comme témoin dans une charte de Thibault, comte de Blois, relative à la vente de la dîme de Chenonville (2) faite aux lépreux de Beaulieu, moyennant 70 livres : « Testes Galeranus de
Beevilla(3). »
12i5. — Nous voyons Regnault, évoque de Chartres, confirmer aux Lépreux de Beaulieu les grandes et menues dîmes qui leur avaient été précédemment accordées. De ce nombre étaient deux parties de menues dîmes et du vin à Béville et à Villiers-le-Comte (4) : « Duas partes minvte décime et vini apud Beevillam et apud Vilers-Comitis (5). b
Vers 1265, les gens du comte de Chartres avaient enlevé des chevaux, des sommes d'argent et des me^ibles appartenant au chanoine Arnoul de Béville, et à ses serviteurs; par compensation, les officiers du Chapitre s'étaient permis d'exiger de quelques hommes de corps du Comte le paie-
(i) Archiv. d'Eure-et-Loir, Fonds de Beaulieu.
(2) Hameau de Saint-Loup.
(3) Gart. de Beaulieu, p. 209.
(4) Hameau de Béville.
(5) Arch. d'Eure-et-Loir ; fonds de Beaulieu.
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ment à la caisse du Chapitre de cens et rentes dus au domaine. Il s'en suivit un procès qui ne fut terminé qu'en
Un passage des Mémoires de Guillaume Laisné, prieur de Mondonville (vol. V, p. 1" et suiv.) parle de BéviUe-le- Comte en ces termes :
« Le Roy, en qualité de Conte de Chartres ... a mairies à BévlUe-le-Conte et Fresnay-le-Conte, quy ont chacun une juridiction comme celle de Sours, soubs la Prévosté de Chartres, au ressort du Bailly, distante chacune une ville à 4 lieues de Chartres ; et valent 20 livres de revenu par an.
» Plus en lad. ville de Béville, y a 4 muids de bled de revenu d'un moulin à chevaulx, dont les hommes sont banyers, quand le païs est ferlil et en paix; — plus, en la dicte ville, un estang quy se peuple à petits fraiz, valant par an 200 livres ; et pour la garde d'iceluy y a un sergent aux gages de 8 deniers par jour, rcvenans à 13 livres par an (1). »
1682-1684. — On conserve aux Archives d'Eure-et-Loir 2 cahiers in-folio, papier — 65 feuillets, relatifs aux différents actes de la Mairie de Béville-le-Comte : Audiences. — Provisions de maire de Béville-le-Comte, accordées à Mathurin Fabry, par Jeanne de Montescot dame dudit lieu, veuve de Louis de Lattaignan. — Adjudication de Vauberge de Saint-Martin à Béville-le-Comte. — Contrat de mariage entre Jeanne de Montescot et Gabriel de Jouvelle, comte du Breuil. — Sentence portant que les plaids de Bévillele-Comte se tiendront au village de la Chapelle-d'Aunainville. — Appels des bailliages de BaronvHle, La Bretonniere et Machery (2).
(1) Consistance du domaine de Chartres au commencement du XVe siècle.
(2) Invent, p. 210.
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ÉGLISE. — Le vocable de Saint-Martin (1), patron de Féglise de Béville, nous signale la fondation ecclésiastique comme remontant à une époque très-reculée. Le Pouillé du diocèse de Chartres — vers 1250 — lui donne 200 paroissiens; la cure, à la collation du grand archidiacre^ valait 40 livres de revenu.
Cet édifice, de forme rectangulaire, construit en maçonnerie- et pierres de taille, est couvert en tuiles. La nef principale a 28 mètres de longueur et 5 m. 50 de largeur; à la suite se trouve le chœur; à droite du sanctuaire s'ouvre une porte coQduisant à la sacristie; à gauche, dans le chœur existe une chapelle bâtie en hors-d'œuvre; le transept, large de 5 mètres, se trouve à Textrémité de la nef principale : dans cette partie l'édifice a 18 m. 50 de largeur. La nef collatérale s'étend au midi sur une longueur de 17 m. 50; à l'extrémité Est, existe une chapelle à gauche de laquelle se trouve l'entrée de la tour quadrangulaire haute de 10 m. qui conduit aux combles. — Le chœur et la chapelle de la nef collatérale sont voûtés en plâtre ; des nervures annulaires partent des deux piles et des angles et forment voûtes d'arrêtés : le transept et les deux nefs sont voûtés en bardeau. — Les fenêtres, garnies de verre blanc posé en petits losanges sur châssis de plomb, sont au nombre de dix; savoir : six au nord et quatre au sud; dont six à plein cintre et quatre ogivales. Un œil de bœuf ouvert dans le pignon ouest est en verre de couleur formant rosace.
La porte d'entrée de l'église s'ouvre au midi, à l'extrémité Ouest de la grande nef; elle est précédée d'un porche de 4 m. 50 sur 3 m. 50, composé de deux fermes en charpente supportées par des poteaux et reliées par des poutres et un faâtage; il forme croupe au moyen de deux arréUers.
Le petit clocher placé sur le comble à l'entrée et dans l'axe du chœur, a 4 m. de hauteur sur 3 m. d^ largeur; il
(i) Voir ci-dessus, page 202.
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est en charpente, revêtu de planches sur les faces et couvert en ardoise.
Béville est propriétaire d'un presbytère et deux maisons d*écoles Tune pour les filles fondée par M. le marquis d*Aligre et Tautre pour les garçons: une vaste mairie avec un cabinet pour le dépôt des archives, occupe le !«' étage au-dessus de l'école ; cette maison a été construite en 1837. — Une pompe à incendie acquise par la commune en 1833, est remisée dans un local spécial, à la maison communale.
Béville est le chef-lieu d'une perception des contributions directes composée de huit communes : Béville-le- Comte, Denonville, Francourville, Houville, Moin ville-la- Jeulin, Saint-Léger-des-Aubées , Santeuil et Voise.
Les registres de Tétat-civil de Béville remontent à 1606. Nous avons dit qu'au XIII« siècle on y comptait 200 paroissiens; — en 1738, il y avait 400 communiants. Les recensements généraux de la population lui donnent :
En 1826 720 habitants.
En 1846 782 -
En 1866. 794 -
Ce dernier chiffre se répartit ainsi qu'il suit, entre le chef-lieu de la commune et les hameaux qui en dépendent :
Maisons. Ménages. BtbJtaDts.
BévïUele-Comie 160 188 607
Baron ville 2 2 15
Luet(le) 35 37 122
Machery 1 1 6
Marais (le) (1) 1 1 3
Moulin de Luet (le) .... 1 1 4
ViDiers 8 9 37
(1) Maison isolée dont le recensement de 1866 donne le nom pour la première fois. — Les recensemento antérieurs mentionnent encore ;
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I. Bâronville. — Château et ferme, à 2 kilomètres nordest de Béviile.
Là première partie de ce nom est évidemment un mot contracté; mais nous n'avons pas à notre disposition des actes assez anciens pour pouvoir le retrouver avec quelque certitude; nous chercherons donc son origine dans le nom d'homme Barnon (2) que le savant Huet (3) fait venir du mot Anglo-Saxon Barn^ qui signifie une grange^ un grenier, un fenil. On en trouve un exemple en Normandie, au IX* siècle , dans Barnon de Glos , la vaillant serviteur et vengeur d'Orberne de Crépon (i)r On connaît encore Bernon, Tun des chefs normands de la Seine en 855 et 858. Roger de Barneville (5) l'un des héros les plus illustres de la première croisade, est appelé, conformément à Télymologie que nous proposons, Roger de Barnonis-Villa, dans une lettre du vaillant et pieux Anselme de Ribeaumont, mort comme lui avant d'avoir pu arriver à la Terre-Sainte. Dans Éure-et-Loir : Baronval écart de la commune da Blévy , est appelé Stanum Barun valus ( 1 224 ) ; B aronvallis (i275); — BARONVILLE, ferme dans la commune de Saint- Hilaire-sur-Yerre — - est nommée Basonis-VUla (vers 1100); BaronvUle, en 1459, Bazonville, en 1621.
Nous devons ajouter, au reste, que le nom de Bernon était extrêmement commun dans les IX® et X« siècle, en France, ou il avait probablement été apporté par la race austrasienne. C'est pourquoi nous nous bornerons à rapporter à cette époque l'origine de Bâronville, et de ses homo-
le Moulin-Trubert , habitation isolée à 40 mètres de la commune, et la Mare-Neuve^ maison située à 60 mètres des murs du dernier jardin de Béviile.
(2) Bebnon est, d'après les lexicographes, la forme de ce nom, appartenant à Télément frison.
(3) Origines de Caen, ch. OXI, p. 294.
(4) WiU. Gemet. t. VII, c 2.
(5) Commune de l'arrondissement de Valognes (Manche).
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nymes, sans prendre sur nous d'affirmer qu'ils appartiennent à des propriétaires Scandinaves. Nous devons être d'autant plus réservé à cet égard , qu'un assez grand nombre de nos noms de lieu terminés en ville, appartiennent incontestablement à Fépoque normande de notre histoire. Toutefois nous pouvons non seulement affirmer que les noms d'hommes : Barnon, Bernon et Bumon appartiennent aux langues de la Scandinavie et du nord de la Germanie^ mais encore en indiquer l'origine et le sens, qui ne seront peut-être pas sans intérêt pour nos lecteurs. Tous ces mots, qui ne sont évidemment que des variantes très-légères d'un même type, proviennent, comme notre titre de Barm, du monosyllabe Barn, commune à toutes ces langues et dont la signification primitive est: /?/s, enfant; mais, comme le titre d'Infant en Espagne et ceux d'Atheling et de Cliton en Anglo-Saxon, ils ont pris un sens beaucoup plus relevé, et doivent se traduire par : homme bien né, personnage issu d'une famille distinguée et d'un mariage légitime; deux circonstances de grande importance chez tous ces peuples septentrionaux, qui tenaient essentiellement à l'illustration du sang, et avaient en horreur la bâtardise. Aussi chez les Goths d'Espagne, qui avaient apporté de leur patrie Scandinave les mêmes dispositions, n'y avait-il pas de sobriquet plus injurieux à adresser à un homme, que celui d'enfant illégitime : Hijo de ptUa.
Le fief de Baronville, mentionné en 1584, dans le terrier de Béville-le-Comle, était vassal du duché de Chartres et ressortissait pour la justice au bailliage de Chartres.
1770. — a Déclaration censuelle par la fabrique de la Chapelle-d'Aunainville à Messire Louis-François de Latlaignant de Bainville, chevalier, grand trésorier des ordres royaux militaires et hospitaliers de Notre-Dame de Mont- Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, seigneur hautjusticier de la mairie de Béville-le-Gomte, la Chapelle-d'Aunainville, Aunainville, DillonvilUers, Baronville, Machery,
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—•218 — La Bretonnière et autres lieux, estant de présent en son thateau de Baronville, paroisse de BéiAlle-le-Comte (1). >
Le ehâteau actuel de Baronville n'est autre chose qu'une vaôté maison bâtie à la moderne au milieu des bois qui en dépendent, inhabitée depuis longtemps et ayant besoin de grandes réparations. Le parterre et les jardins, passés à rétat de prairie, ainsi que les pièces d'eau en partie comblées, attestent l'abandon dans lequel on a laissé ce beau domaine. Il aurait été, dit-on, érigé en majorât vers 1806 par M', le marquis d'AUgre, en faveur de M. Etienne de Pometeu son petit-fils , à condition qu'il porterait le nom de d'Aligre avec le titre de comte. — Deux puits particuliers alimentent cette localité; une mare dépendant du château, est destinée à l'usage des bestiaux.
Depuis 1822, M. le marquis d'Aligre entretenait àBévillele-Cotaite une école de filles.
Lors de son décès arrivé en 1847, il a donné cet établissement à la commune par une disposition testamentaire, ainsi qu'une somme de cent mille francs tout le mobilier existant à Baronville (l'argenterie exceptée) et les baliveauxde ses bois de Baronville, pour subvenir à l'entretien des deux institutrices, à celui de l'école et pour y fonder un hospice,
IL LuET (le). — Hameau situé au nord-ouest et à 1,900 mètres de Béville, est appelé Luetum et Luatum au XIII® siècle. Le chapitre de Chartres avait des terres au Luet: « XXX sext, terre apud Brayacum , aparté Luati » — Item XVIIIsext. ad longum territorii de Luato (2). > — Le Luet, dépendant de la prébende de Clévilliers, payait au Chapitre une rente annuelle de quarante trois sous 7 deniers : « In prebenda de Cluvillari Luatum reddit XLIII sol. VII den (3). »
(1) Tit. de la fab. de la Chapelle-d'Âunainville.
(2) Polypt. de ^, D. de Chartres, Tom. 2, p. 330.
(3) Ibid. p. 396.
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Suivant un bail de 1658, les religieux de Fabbaye de Saint-Cheron près Chartres avaiem sept livres de redevance • par an, sur huit setiêrs de terre qu'ils possédaient au Luet, Ces terres étaient affermées' en 1712, pour trois "mines de blé (un setier 2 minots) (1). ' i "• -^
Un puits de 12 mètres de profondeur et une mare communale, conservant mal Teau pendant Tété, servent aux besoins des habitants et des bestiaux.
III. Machery. ■— Ancienne seigneurie, aujourd'hui ferme, au nord et à 1300 mètres de Béville. Ce lieu est appelé: Machere en 1239 — ; Marcherium, 1282; Macheri, 1^82; Maschery, 1564. Son nom latin indique un lieu marécageux dans Torigine.
Robert de Machery, chevalier, vivait en 1232.
En 1682-1684, les appels du Bailliage de Machery étaient portés à la mairie de Béville-le-Comte (2). ^
Un puits de 4 mètres de profondeur et une mare dépendant de la ferme, servent aux besoins des habitants et des bestiaux.
IV. ViLLiERS. — Ancien fief du duché de Chartres, aujourd'hui hameau et ferme situés à 3,400 mètres de Béville, est mentionné dès le XII® siècle.
1158. Philippe Chenard, seigneur de Louville-la-Chenard, avait coutume de ramasser en commun dans une même grange toute la dîme de Louville et celle de Villiers appartenant aux lépreux de Beaulieu près Chartres. Regnault, frère de Philippe, ayant eu à ce sujet une diflacullé avec les lépreux, il fut convenu, en 1197, que ces derniers feraient construire à Louville une autre grange dans laquelle les colons des lépreux seraient obligés de conduire toutes les dîmes et tous les champarts des terres que les lépreux avaient à Villiers :
(1) Tit. de Tabb. de St-Çheron. — Archiv, d'Eure-et-Loir.
(2) Invent. p. 210.
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c Leprosi etiam facient unam grangiam firatribus Raginaldi apud LooviUani juxta aliam in qua cultores terrarum de Villeriis omnes décimas et campipartes de territorio de Villeriis afférent^ excepta décima agripennorum... Âctum Soiis anno millésime centesimo nonagesimo septimo... (1). >
En 1215, ce lieu s'appelait Villiers-le-Comte « Vilers- COMITIS (2). »
1221. — Odeline, mairesse de Villers^ abandonna aux lépreux de Beaulieu la grande et la menue dîme qu'elle tenait en fief du prieur de Beaulieu :
c Odelina^ majorissa de Villers,. . décimas videlicet magnam et minutam quas de priore Belli-Loci Garnotensis in feodo tenebat^ in manu nostra resignavit... Âctum anno gratie millésime ducentesimo vigesimo primo (3). »
1270. — Devant Tofficial de Chartres, Philippe Chenard, chevalier, seigneur de Louville et de Villiers, reconnaît que les prieur et frères de la léproserie de Beaulieu-les- Chartres ont eu de tout temps la moitié indivise avec lui des dîmes et champarts de Villiers, même sur ses terres, et qu'il est tenu de rendre ledit champart à la grange dudit prieur à Louville, sans pouvoir enlever ses grains avant d'être champartés , à moins que lesdits prieur et frères ne fussent en défaut; et pour avoir champarté lui-même Tannée précédente, sans leur mandement il promet de les en indemniser; les lépreux lui font remise des amendes dont ils avaient formé la demande contre lui en jugement :
« Philippus Chenart, miles, recognovit quod Prier et firatres Belli-Loci Leprosarie Garnotensis,.. habuerunt et haberc consueverant ab antique, singulis annis, medietatem campipartiura et decimarum in terris suis de Vilers sitis in parrochia de Loovilla-Ghenardi
(i) Cart. de Beaulieu. p. 153.
(2) Voir ci-dessus, p. 212.
(3) Gart. de Beaulieu, p. 848.
pro indiviso, et dictus miles aliam medîetatem dictarum campipartium et decimarum pro indiviso. Et dicti prior et fratres per se seu per mandatum suum servientes suos fide ligatos erga militem campipartaverunt abantiquo, singulis annis^ omnes fructus crescentes in dictis terris dicti militis de Vilers,,,, Datum et actum anno Domini millesimo ducentesimo septuagesimo^ mense Junii (1). »
Villiers possède uti piiits commun de 14 mètres de profondeur et une mare, communale dans laquelle il y a toujours du poisson.
V. Barres (les) — Barrœ — - ancien fief, dont nous avons déjà parlé ci-dessus, page 206.
Il existe en France six communes nommées la Barre, sans compter celles qui s'appellent, les Barres et Barreaux, Eure-et-Loir compte 28 hameaux ainsi nommés: 15 la Barre ^^Qu\ ou joint à un autre mot; 1 la Barrerie; 3 les Barres; 3 la Barrière; 1 Barrouy ; 1 Barry ; 1 Bary; 2 Barreau; 1 le Bart.
Ce mot vient du celtique où il désigne une barrière, une clôture, et, par extension, une enceinte formée par des barreaux, des pieux, des obstacles quelconques au libre passage. — En celtique, le mot Bar ou JBarr, signifie branche — Barren, pluriel Barrenou, (barre, pièce de bois, levier, gaule) '— Barrena: barrer, fermer avec des barres, des pièces de bois, des lices.
Les barres se disent surtout de toute espèce de clôture que Ton mettait pour fortifier les villes, les châteaux, ou pour en défendre l'entrée : « Barrée dicuntur prœsertim repagula ac septa quœ admunimenta oppidorum et castrorrum, vel ad eorum introitus ac portus ponuntur, ne inconsuUis custodibus in eos aditus quibusvis pateat (2). »
La commune de la Barre située sur la voie romaine de Lisieux à Paris, voie qui a continué de servir pour la
(1) Gart. de fieaulieu, p. 147.
(2) Gloss. du Gange.
grande circulatioa jusqu'à Tépoque de la création de la grande route de Paris à Cherbourg^ qui ne remonte pas à plus d'un siècle, nous offrç une particularité remarq[iiable. On y voit de grandes écuries qui servaient à loger les. chevaux de somme, employés alors au roulage^ et 4^a^ lesquelles on les suspendait au moyen de mécanismes encore existants, sans leur laisser la faculté de se coucher ^ dans la crainte qu'ils n'eussent plus été en état de se relever au moment du départ. On conçoit que plus ce passage était fréquenté, et plus l'obstacle que la féodalité y apportait à la libre circulation, dut recevoir le nom de Barre, dçs voyageurs et des rouliers mécontents du temps d'arrêt qu'il y fallait faire et du péage qu'il y fallait acquitter.
C'est à la même coutume que le fief qui nous occupe paraît devoir son nom : il indiquerait soit un poste avancé, soit le lieu où s'acquittait le péage au profit du seigneur de Béville. Nous avons déjà cité en 1696 la ferme des Bars sur laquelle le prieuré de Louye avait à prendre un moid de grain; un titre de 1518 en fait aussi mention :
. < BanvUle-le-Com^e $ui ung lieu appelé les Bars que tient à présent maistre Jehan Pigeart, ung muy de blé froment mesure dudit lieu (1). »
On connaît à BévUle la ri/^ des Barres.
Les usines situées sur le territoire de Béville consistent dans trois moulins à vent: deux sont construits en bois, dont l'un au nord-ouest à 750 mètres de Béville, est appelé \e moulin de Luet; l'autre, au sud-est, à 150 mètres du viUage, se nomme le Moulin-Leroy-y le troisième, construit en pierres, est situé^au nord et à 1 kilomètre de Béville; il porte le nom de moulin de Machery,
L'industrie principale des habitants se borne à la culture des terres et de la vigne; les femmes tricotent aussi, pendant l'hiver, des bas et des chaussures de laine pour les marchands de Dourdan et environs.
(1) Prieuré de Louye, appendice, p. 73.
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GHÂMPSERU.
Le territoire de Ghampseru est limité par ceax des communes suivantes : au nord ^ Bailleau-sous-Gallardon ; à Te&t Ymeray et le Gué-derLongroi; au sud, Umpeau et Houville, à l'ouest, Collain ville. Les chartes du Moyen-Age désignent cette paroisse sous les noms de Campus-Serucus, Campuê^Sericus, CampuS'Sirutus, d'où sont venus successivement ceux de Champcheru, Chanseru et Champseru, Ces appellations indiquent que la partie du territoire où la commune a pris naissance, fat une des premières livrées à la culture Champ- Semé : Tun de ses hameaux porte aussi le nom de Champ- Gamier.
L'origine de Champseru se perd dans la nuit des temps; l'absence de toutes traces de l'époque gauloise et de l'occupation romaine fait supposer que cette localité ne remonte pas au delà du Moyen-Age. Il paraîtrait qu'à cette époque Champseru aurait été plus considérable, csu'de chaque côté du chemin dit la Vielle-Rue, à^ la sortie septentrionale du village, on remarqué dans le sol des traces d'antiques constructions. Les mêmes indices, aiçsi que des puits isolés se rencontrent à droite et à gauche du chemin qui conduit à Umpeau, à l'extrémité sud-est de Champ^er.u.
Cette commune située en plaine, est dépourvue d'eaux courantes; le fossé d'Umpeau, qui prend à Champseru le nom de Ravin'de'la-Vallée-de'Saint-Serge , et qui a son origine aux sources d'Umpeau, fournit beaucoup d'eau pendant l'hiver et au commencement du printemps, mais il tarit au mois d'avril et pendant tout le reste de l'année : les habitants s'alimentent d'eau au moyen de quatre puits qui ont 25 mètres de profondeur, dont un seul est commun : deux mares communales et une particulière, conservant parfaitement l'eau, servent à abreuver les bestiaux. La distance de Champseru à Chartres est de 16 kilomètres :
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à Auneau de H kilom., et à Gallardon, bureau de poste, de 4 kîlom.
La route impériale n° 188, ancienne route de Chartres à Paris, traverse le territoire, vers son extrémité sud, sur une longueur de 4 , 500 mètres. — Le chemin vicinal de grande communication du Gault à Epernon par Brou et Sours, limite le territoire à TEst, sur une étendue de 2,500 mètres; -— des chemins vicinaux conduisent deChampseru àMonceaux-Saint-Jean, à Champ-Garnier, à Gallardon, à Pampol et à Ymeray.
Le sol de Champseru, calcaire-marneux, est^ presque entièrement découvert et cultivé sur tous les points; quelques bouquets de bois sont épars çà et là sur le territoire.
Les travaux relatifs aux opérations du cadastre ont été terminés en 1812, mais par suite des événements politiques survenus à cette époque, la matrice cadastrale n'a été mise en recouvrement qu'en 1818. Elle divise la nature et la contenance des propriétés ainsi qu'il suit :
, hect.
Bois-taillis 21
Jardins-potagers 7
Landes et bruyères 5
Terres labourables. ..... 1,411
Terres vaines et vagues .... 6
Vignes 1
Superficie des bâtiments. ... 5 (216 maisons).
Totaux. ... 1,460 89 83
Cette situation, était déjà loin de celle que nous donne un état dressé en 1777 pour la perception des tailles dans le département de l'élection de Chartres :
• Champserut. — Seigneur , le Chapitre de Chartres ; — 3 Ueues du chef-lieu et de la rivière ; — 50 feux; — 2,000
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ares.
cent.
septiers de terre (80 perches au septier); — 100 arpens de bois ; — 6 arpens de vignes.
Les bois-taillis ont été beaucoup augmentés depuis le cadastre; ils sont disséminé» par bouquets sur le territoire, dans les plus mauvais terrains; les essences principales sont : le bouleau qui domine, le chêne, Forme, le frêne, le saule, le peuplier, et le coudrier; on les coupe tous les 10 ou 12 ans et le produit ne suffit pas au chauffage des habitants.
Les vignes dont le produit était trop éventuel, ont été successivement arrachées et leur terrain planté en bois.
1131-1141. — Richard, maire de Champseru abandonne à l'église Notre-Dame de Chartres Tintégralité des past (1) de la Mairie: « Ricardus, major deCAMPO-SERico... dédit et concessit in perpetuum..,, omnes intègre pasitus de majoria Campi-Serici (2) •
1206. — Au mois de novembre, le Chapitre de Chartres acquit, moyennant 65 livres char traînes, à* Etienne, maire de Champseru, dû consentement de ses fils, Mathieu et Philippe , tous les droits qu'il avait sur la grange du Chapitre à Champseru, excepté une mine d'avoine et les droits qu'il possédait dans les prébendeis de Senainville (3), Loinville (4), Champ-Garnier (5), et Breez (6).
(1) Le droit de past était un droit de gîte et de procure que le seigneur avait coutume d'exiger de ses censitaires, et qui consistait en la nourriture tant du maître que de ses domestiques et de ses chevaux , à certaines époques de l'année. Au XII^ siècle, cette redevance fut convertie presque partout en une rente en argent , mais l'ancien nom continua à figurer dans les actes pour rappeler Torigine et la cause de cette rente.
(2) Chart. N.-D. tom. I. p. 137
(3) Hameau de Goltainville.
(4-5) Hameaux de Champseru.
(6) Hameau d'Umpeau.
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1212. — Geoffroy d'Auneau, chanoine de N. D, de Charlr^,irère de Guy,., seigneur d'Auneau, achète d'Etienne maire de CAamps^rt^^ moyennant 35 livres de monnaie Ghartraine, payées comptant, tpwt ce que ledit maire possède dans les mairies de. C^a«%p^arm'er et de Loinyille, saiWoiT : jus mUtendi in granicis messium excussores, vkiacum, fghiacum, ordeacum, investiones, submpnitiones hominum, bonagia et districla..,. Cette vente est consentie pjar Eremburge, femme d'Etienne, Mathieu son fils, Guillaume de Poresac, Nicolas et Etienne de Brac, Hubert de JVba. Geoffroy fait donation à Téglise de Chartres de tout ce qu'il vient d'acheter, à la condition que les chanoines prébendiers des mairies susdites seront tenus de payer chaque année une- somme de cinquante sous, dont l'emploi dépendra de la volonté du donateur ou qu'il pourra percevoir à son profit, sa vie durant, s'il le juge convenable. Datum anno gracie M^ CC» XXo, mense Marcii (2). >
1226. — Sur le rapport des chanoines délégués du Chapitre de Chartres, constatant l'insuffisance des revenus de différentes cures, le curé de Saint-Martin de Champsera reçut du Chapitre, à titre d'augmentation, une terre de trois muids et quatre setiers, à la charge de verser chaque année à Notre-Dame deux muids de froment au fur de Loëns, dans l'octave de la Toussaint, pour le pain du Chapitre (1).
i278. — Les archives d'Eure-et-Loir possèdent un certain nombre d'actes originaux de manumissions, ou affranchissements de vassaux par les seigneurs; presque. tous sont accordés pour l'admission des impétrants à la tonsure, < ad clericatum et tonsuram clericalem. » Dans l'un de ces
(i) Cart de Notre-Dame , par MM. de TEpinoîs et Merlet ; t. Il, p. 64.
(1) luvcDt. du chap,, C. LXXV , B, 1.
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actes nous trouvons Thibault, fils de Guillaume^ maire de Champseru (i)i
1261-1271. — Le Chapitre de Chartres achète 20 setiers de terre à Champseru; plus une mine de terre et deux poules pour une ostise, dans la dite villa, moyennant la somme de 40 livres, faisant partie des 200 livres données pour son anniversaire, par Jean de Sully qui devint archevêque de Bourges (1261-1271).
1300. — Champseru était le chef-lieu d*une prébende du Chapitre de Chartres, dont dépendaient les prêtrières de Baglainval (2), Bailleau-sous-Gallardon, Breez (3), Champ- Garnier (4), Champseru, Le Coudray (5), Harleville (6), Loinville (7), Senainville (8) et Umpeau:
Le polyplique de Chartres (an. 1300) nous fournit quelques détails qui font connaître les produits du &ol de Champseru à cette époque :
Dan& la mairie de Champseru, y compris Umpeau et Breez, outre la dîme, la laine, les pâtures, le cens et trois sous dus par le curé de Champseru, les trois prébendes payaient au Chapitre pour les légumes et la vesce 6 livres 17 sous 6 deniers ; pour la prévôté 17 livres 6 sous 2 deniers; pour la dîme du vin 10 livres, et 40 sous pour les champarts. Les batteurs de la grange de Champseru avaient les pailles et les menus fourrages des orges, des fèves, des pois et des lentilles :
« In majoria Campi- Seruci , cum Uno-Pilo et Brayaco, cura décima , lana et pastibus , cum tribus solidis quos débet presbiter
(1) Fonds du chap. , C. Lxxxiv, A, 1.
(â) Village, commune de Gallardon.
(3) Hameau , com. d'Umpeau.
(4) Hameau, com. de Champseru.
(5) Nom d'une ancienne seigneurie près Gallardon.
(6) Hameau, com. de Bailleau-sous-Gallardon.
(7) Village, com. de Champseru.
(8) Hameau, com. d€ Goltainville.
Campi'Seruci.., reddunt pro legumine et vecia v lib. xvii sol. VI den., et pro prepositura xvii lib. vi sol sol. ii den. ; pro décima viiii X lib., et XL sol. pro campipartagiis Campi-Seruci pro parte majoris.... et propter hoc habent trituratores emptos a majore et ordeacium, fabacium, pisacium, lenticiliarum stramina minuta et paleas de granchia Campi-Seruci. »
Le Chapitre avait encore de rente annuelle et perpétuelle, 6 li^es sur le maire du lieu pour quelques terres réunies à sa mairie; 36 sous pour la bannerie; 6 muids 4 setiers de blé pour la rente appelée la moulte :
c Âpud Gampum-Serucum , que est priDcipalis villa prébende Campi'Seruci /m prepositura Nogenti-Fisci , habet capitulum annui et perpetui redditus : vi lib. super majorera loci, pro aliquibus terris eidem majorie annexis ; xxxvi sol. pro redditu qui vocatur bennerie ; v mod. nn sext. bladi perpetui redditus qui vocatur molta. >
Champseru payait pour la taille 84 liv. 10 sol : « summa quam reddit Campus-Serucus de taillia UU^ IlIIlib. Xsol. »
U82. — « Lettre du bailli de Chartres portant que vénérable et discrète personne messire Robert Bonnefont, prebtre, prieur du prieuré de la Magdelaine du Grand- Beaulieu, malladrye de Chartres, en son nom comme prieur dessus dict, et au nom des frères dud. prieuré, a vendu et transporté à Jehan Gobillart, demeurant à Pampou, à Robin Godeffroy et Jehan Gueroust demeurans en la paroisse de Champseru, la couppe de tout le boys estant en une pièce contenant cinquante à cinquante cinq arpens ou environ, appartenant audicts prieur et frères dud. Beaulieu, assis à Far/mW^ (1).... pour le pris et somme de soixante livres tournois... Donné soubz le scel de la chastellenie de Chartres, le samedi vingt ungniesme jour de décembre. Fan mil CCCC. IIII" et deux (2). >
(1) Hameau de Bailleau-sous-Gallardon.
(2) Drig. aux archiv. d'Eure-et-Loir. — Boit, de Beaulieu.
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1488. — Au mois de mai de cette année^ le Chapitre de N. D. de Chartres ût VacquisUion sur Antoine Haudry^ delà mairie de Champseru et de ses appartenances que ledit Haudry tenait en ûef du Chapitre (1).
1670-1721. — Dans un livre censier du domaine de Chartres, nous trouvons:
« Champseru, appartenant à Messieurs du Chapitre. Il n'y a point de justice; vont plaider à Loings. »
1764. — « A cette époque, il y eut procès entre Louis Davaille et les habitants de Champseru, pour le curage du fossé qui fait le tour du village jusqu'au chemin de Champseru à Saint-Serge (3).
Eglise. — Le vocable de Saint-Martin , patron de la paroisse, indique la fondation ecclésiastique comme étant très-ancienne. Nous la trouvons citée dans le Nécrologe de réglise N.-D. de Chartres dès le XII« siècle; le curé payait au Chapitre 25 sous pour Fanniversaire de Milon de Garnay, chanoine :
Ânte an. 1120. — « Auniversarium Milonis de Garneyo, caDonici dyaconi , qui émit pro nostra ecclesia quoddam pratum apud Unum- Piium, quod dédit ad censum xxv solidorum . . . quos habemus per redorem ecdesie de Campo-Seivco . . . •
Le Polyptique de Chartres — 1300 — mentionne aussi cette rente de 25 sous et cette église :
c Habet capitulum xxv sol. annui et perpetui redditus super
ecclesiam dicti loci Item apud dictam ecdesiam Campi-
Seruci 11 modios frumenti... pro libertate pensionis dicte ecclesie... »
(1) Fonds du chap., C. Lxxxvi, bis, A, S. — Archiv. d'Eure-et- Loir.
(3) Invent. p. 188.
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4253. ~ Richer de Blois, chanoine de Notre-Dame de Chartres, acquit d'Etienne, maire de Nogent-le-Phaye et dô sa femme, une pièce de terre labourahle au terroir de Champseru, derrière Téglise — monasteritMn (1) — dudit lieu (2). Ce mot indique qu'elie était déjà paroissiale. Le Fouillé du^ diocèse de Chartres (vers 1250), la range d'ailleurs au nombre des églises du Chapitre de Chartres. € Ecclesie capUuli Camotensis . . . Champseru » et lui donne 120 paroissiens : elle dépendait du doyenné d'Épernon.
L'église de Champseru a, dans œuvre, 28 mètres de longueur; elle comprend une nef principale, longue de 17 m., large de 7 m. 60; elle est éclairée par trois fenêtres dont une ogivale et deux à plein cintre ; une quatrième fenêtre est bouchée. — A la suite se trouvent le chœur (7 m. 50 sur 7 m. 40) elle sanctuaire, long de 3 m. 70, terminé en hémycicle, éclairés par trois fenêtres dont une ogivale et deux à plein cintre; une quatrième, donnant sur la tour, est ogivale. — Sur le côté nord de la grande nef se prolonge une nef latérale, longue de 15 m. 20, large de 4 m.; elle ouvre sur la grande nef par quatre arcades ogivales, ayant chacune 3 m. 80 d'ouverture et reposant sur des pilastres de forme octogonale en pierres de taille : leurs chapiteaux sont ornés de diverses sculptures. Ce bas côté est éclairé par cinq fenêtres de forme ogivale, dont l'une se trouve au bout Ouest : les baies sont coupées par des meneaux surmontés de rosaces dans le style du XV« siècle. Le pignon occidental est percé de trois fenêtres dont une à plein cintre et deux ayant une circonférence entière. C'est là que s'ouvre la porte d'entrée, de forme plein
(i) Au Moyen-Age , on donnait à une église le nom de monaste^ rium (moustier, mostier)^ non pas parce qu'elle était desservie par des moines, mais parce qu'elle était paroissiale. < Ea enim (zdes non monachorum , sed Parochialis est, » — Universim Eccleéiœ omnes MoNASTERiA dictœ (vita S. Protadii Episc. )
(2) Fonds du Ghap., G. uxxvi bis, A 3. (Arch. d'£are-et-Loir. )
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cintre : elle est Jirécèdée d'an porche loig de è m., large de i m. 70.
A Textrémité Est dé la nef latérale s'élève une tour quadrangulaire (3 m. 60, sur 4 m. 40), dont l'entrée se trouve dans le chœur: elle a 19 m. de hauteur totale, dont 17 m. 70 du sol à l'entablement et 4 m. 60 pour la toiture. Ali bas de cette tour est établie la sacristie couronnée par une, voûte d'arête de forûie ogivale avec nervures en pierre. Un escalier circulaire eti pierres de taille, est placé dans un dès angles de la tour.
Les autres dimensions principales de Tédifice se résument ainsi qu'il suit : hauteur extérieure, du sol à l'entablement, 7 m. — hauteur perpendiculaire de la toiture, 6 m. — hauteur extérieure du bas-côté, du sol à l'entablement, 14 m. 1&; — hauteur perpendiculaire de la toiture, 4 m. 50 — hauteur intérieure de l'église, du carrelage à la naissance du lambris, 6 m.; Hèche du lambris, 3 m.; — hauteur intérieure du bas-côté, du carrela jge à la naissance des voûtes, 3 m. 60; flèche des voûtes, 2 ih. 50.
Le presjjytère et le cimetière tiennent à l'église.
Les usages de l'église paroissiale de Saint-Uartin de Champseru, rédigés eh 1760, ont été publiés pair Si. Merlet dans les Mémoires de la Société Archéologique d'Euré-et- Loir, tome [er, p. 250.
Les registres de l'état civil remontent à 1610 et les premiers actes sont rédigés en latin.
Au XIII® siècle, Champseru comptait 120 paroissiens. — - En 1738, il y avait 120 communiants et 59 feux en 1777. Les recensements généraux de la population lui donnent :
En 1826 314 habitants.
En 1836 338 —
En 1846 326 —
En 1856 342 —
En 1866 325 —
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Ce dernier chiffre se répartit ainsi qu'il suit entre le cheMieu de la commune et les hameaux qui en dépendent :
Maisons. Ménages. Habitants.
Champseru
Champgarnier
Loiûville
Monceaux-Saint-Jean .... Moulin-de-Monceaux (le). . .
Pampol
Saint-Serge .......
' Totaux. . . 89^ 93 ' 325
I. Champgarnier. — Hameau situé au nord et à 2,000 kil. de Champseru. C'était une ancienne mairie du Chapitre de Chartres, citée en 1206 et en 1212. Le polyptique de Chartres -— 1300 — la mentionne sous les noms de Campus-Guarnerii, Campus-Garnerii. Le maire de Champseru payait au Chapitre de Chartres pour Champgarnier : onze livres de revenu pour la terre et quatorze sous pour la Bannerie (1) : « pro terra pertinenti, Campus-Garnerii J!ri/iô. —pro redditibus qui vocantur Bannerie, major Campi-Seruci reddU pro Campo Garnerii XIIII sol. » — Pour les revenus en blé appelés la moulte, Champgarnier rendait VII setiers de blé :
« bladi perpetui redditus qui vocatur Molta, Campus-
Garnerii débet VII sext, »
Plus 18 deniers pour les coutumes de cette moulte. a Item Campus -Garnerii reddit XVIII den. de coustumis dicte moite. >
La mairie de Champgarnier avait été vendue par Jean, maire de Champseru à Geoffroy d'Aunay, chanoine de N. D. de Chartres, qui en fit donation à cette église :
(i) Le droit qu'avait le seigneur de contraindre ses tenanciers de moudre à son moulin. — Le même mot désignait aussi la redevance payée pour l'exercice de ce droit.
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c Gaufridus de Âlneolo , factus canonicus , émit à Johanne , majore de Campo-Seru, de Loevilla et de Campo-Gamerii majorias, et quicquid in earumdem villarum territoris possidebat... i
Il existe dans ce* hameau un puits commun de 33 mètres de profondeur et une mare communale.
II. LoiNViLLE. — Ancienne seigneurie, située à 2,400 m. au nord de Champseru, est appelée dans les chartes du Moyen- Age Loeni-Villa, Loinvilla, Loenvilla^ Loevilla, et dans les actes postérieurs, LoyenvUle, Laynville: (LoivUla, LoynvUla), — Son nom semble indiquer que dans l'origine, c'était une villa ou métairie relevant de la mairie de Loëns — Loenium (Loen), chef-lieu de la juridiction temporelle du Chapitre de Chartres (1) : elle devint ensuite le chef-lieu d'une prêtrière.
Un aveu de Miles Piguerre, seigneur de Loinville, en 1628, nous fait connaître que la mairie de Loinville n'était pas considérable; elle ne consistait qu'en quelques pièces de terre au champtier de la Chevalerie. Le Chapitre de Chartres devait pour ces terres foi et hommage au sieur de Loinville et de la Bouteillerie, qui lui-môme relevait de Gallardon (2).
Nous avons déjà cité la prébende de Loinville en H31lUl. Elle ûgure au nombre des villas du Chapitre de Chartres en 1133. — t Loivillam ».
1138. — Gaultier de Loinville « Gaulterius de Loesvilla » assiste comme témoin d'une donation faite au chapitre de Chartres, par Hugues, maire de Voves (3).
(1) L'ancienne maison de Loens existe encore à Textrémité du Marché- à-la-Filasse à Chartres; elle est affectée aujourd'hui au service de la Manutention militaire. Une portion de Thôlel était occupée par les prisons du Chapitre ; mais la majeure partie servait à serrer les blés, orges, avoines, vins, cidres, etc., provenant des prébendes et seigneuries.
(1) Invent, du Chap., C. LXXXl bis, D, 2.
(1-3) Gbart. B. M. Gamutensls; tom. 1 et 2.
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4201. —- Hugues, Guiilaume et Haimeric de Loinville, seîgnears da fief^ se portent personnellement garants de raccord fait entre le chevalier Mainier et le chapitre de Chartres, pour assurer l'anniversaire de Guy, chanoine ; au nombre des témoins se trouve Hugues de Loinville : ... domini feodi Hugo, Willelmm et Haimericus de Loesvilla... Testes.., Hugo de Loesvilla.
On a vu précédemment qu'Etienne , maire de Champseru avait sur la mairie de Loinvii/^, différents droits qu'il vendit, en 1212, à Geoffroy d'Auneau.
1300. — La dame de Loinville avait à Bisseau, commune de Villeau, un carreau (1) de terre que mentionne le Polyptique de Chartres : « prope Bussellum II sexters juxta carellum domine de Loynvilla. t — La prébende et la mairie de Loinville sont plusieurs fois mentionnées dans le même Polyptique sont les noms de Loinviîla, Loerivilla elLoevilla.
Cette localité possède un puits commun, de 30 mètres de profondeur, et trois mares, dont deux sont communales.
in. Monceaux-Saint-Jean. Ecart situé au sud et à 2,200 mètres de Champseru , consiste en deux fermes. La villa ou métairie primitive de Monceaux fut achetée par M.Raim* bauld de Chaunay, chanoine de N D. de Chartres et archidiacre, et donnée par lui à cette église :
ÂDte a. 1180 — » XVI hai^endas Mardi, obiit Raimbaldus de Calniaco, hujus ecclesie canonicus et archidiaconus... qui villas subscriptas huic ecclesie adquisivit videlicet... Moncellos (2). >
Hugues, vicomte de Chartres, avait déjà donné au Chapitre de Chartres la Viguerie (3) de Monceaux qui passa ensuite à l'abbaye de Saint-Jean.
(1) Ancienne mesure — 21 pieds carrés faisaient un Carreau, et cinq cents carreaux un quartier.
(2) Cart. N. D. de Chartres (NécroL), tom. III, p. 42.
(3) La juridiction des Viguiers qui se bornait d'abord à la moyenne et basse justice , comprit en suite les attributions des hauts-justiciers.
- 235^ -- Elle figure an nombre des donations faites par le Chapitre à cette abbaye et qui furent confirmées en lOÔiS par Yves , évêque de Chartres :
« Confirmamus donum vigerie iotius terre de MonteUis , cuià omnibus consuetudinîbus, actum ab Hugone, vicedomino hujùs ci- \itatîs. » ,
C'çst par suite de ces dispositions que Ton ajouta plus tard le noni de Saîht-Jean à celiii de Monceaux «l Monbelti- Sancti'Johannis (1). »
Renault, maire de Monceaux, figure cominë témoin dans une charte (1170-1187) « Raginaldus , major de Momellis; > (2) —V nous trouvons aussi Richer de Monceaux « Richerius de Moncellis (3). »
^1237. — Les religieux de Tabbaye de Saint- Jean avaient à Monceâux-Saint-Jean huit seliers de blé à prendre sur une pièce dé terre contenant quatre setiers et niine :
c Apud MonceUos-Sancti-Johannis quandam peciam quatuor sextaries seminis et unam minam... et de blado de Moncellis octo sextarios... » (4).
1282. — Léger de Monceaux et Jeanne, sa femme, donnent aux lépteux de Beaulieu le fief de Boursières à Umpeau (5); <k Leodegarius de Moncellis et Johanna ejus uxor, » (6).
1287. — Une charte concernant la paroisse d'Umpeau,
énonce le chemin conduisant de ce lieu à Monceaux-Saint- Jean : « Viam per quam Uur de Uno-Pilo apud Moncellum- Sancti-Johannis > (7).
(a-â) Cart. N. D. de Chartres, tom. I" p. 102, 185.
(3) Archiy. d'Eure-et-Loir -~ fonds de Saint-Jean.
(4) Archiv. dép. d'Eure-et-Loir. — Fonds Saint-Jeaû.
(5) Nous rapporterons le texte de cette charte à l'article d'Umpeau.
(6-7) Charte orig. fonds de Beaulieu, aux archîv. d'Éure-et-Loir.
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Un puits particulier de 20 mètres de profondeur et une mare communale servent aux besoins des habitants et des bestiaux.
IV. — MoDLiN-DE-MoNCEAUx (le) — Auborgo située à â kil. de Ghampseru. Les anciens titres appellent ce lieu « r Auberge du Moulin-à-VerU de Monceaux, Un acte testamentaire de d685, en faveur de la fabrique de Denonville, énonce « un setier de terre assis au terroir de Champseru, sur lequel estoit cy-devant basty un mouliinràrvenli appelé de Saint-Martin. »
V. — Pampol. — Hameau situé au nord-est et à 1,500 mètres de Champseru. Il porte dans les chartes du Moyen-Age les noms de : Pampool — 1208; PampooU — 1248; Pampolium^ Painpolium — 1300; Penpoviler, PampoU — 1445.
Le Chapitre de Chartres avait à Pampol ^ dans la mairie de Champseru, 15 sous de cens annuel, sur une terre appelée le Champ-du-sous-Chantre, située proche le chemin conduisant de Chartres à Paris, et longeant les terres de la Maladrerie de BeauUeu :
c Apud Pampolium, in majoria Campi-Seruci, est quidam terra que vocatiir campus-Sùccentoris , sita juxta chiminum qui ducit de Carnoto apud Parisius et juxta terras leprosariae Belii-Loci » (1).
La prébende de Champseru avec Pampol payait au même chapitre 23 livres par an pour les terres qui lui appartenaient, et le maire de Champseru, 4 sous pour la bannerie:
€ Campus-Serucus , cum Painpolio\ reddit XXIII lib., — major Campi-Seruci pro Pampolio IIII sol (2). Plus XI sous pour la grande pâture et 12 deniers pour la mouture, donnée pour Fobit de Edolad. — Enfin III sous de cens pour Tanniversaire de Gilon , archidiacre : c Apud Penpoviler^ pastus majoris XI solidi, et pro tri- Ci) Cari. N.-D. tom. 2, p. 328.
(2) Ibid. p. 393,401.
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turatore XII denarii — UI solidos census super terris sitis apud Pampolium, in prebenda de Campo-Serruco... (1).
Dans un acte testamentaire de 1556, en faveur de la fabrique de Champseru,nous trouvons mentionnée une mine de terre assise au terroir de Pampoux, champtier de la Marre-Marotte,
Un puits commun de 20 mètres environ de profondeur et une mare communale servent aux besoins des habitants et des bestiaux.
VI. — Saint-Serge — Sanctm-Sergius — écart, situé au nord-ouest et à 2^100 mètres de Champseru, consiste en une seule ferme. Cette localité est ainsi désignée en 1670-1721 :
« Plus il y a le hameau de Saint-Serge, appartenant à M. de Vaussilard, qui dépend de ladite paroisse (Champseru) qui a droit de haute, moyenne et basse justice relevant au Bailliage. i>
Au XIïI« siècle cette ferme faisait partie des revenus de la Chapelle Saint-Serge qui appartenait au chapitre N.-D. de Chartres. Deux passages du Polyptique — 1300 — en font mention :
f Cum archidiaconatu Capelle Sancti-Sergii de curia episcopi, cujus collatio pertinet ad Capitulum. » — Item reddunt matutinariis pro décima vini Sancti-Sergii VI sol. »
La Chapelle Saint-Serge et Saint-Bacche était située à Chartres dans l'enceinte du cloître , du côté de TÉcritoire de révêché, sur remplacement occupé aujourd'hui par une partie de la grille et de la cour d'honneur du palais épiscopal. L^évêque Renaud de Mouçon en fit donation au Chapitre en juillet 1190. Les historiens ecclésiastiques disent qu'au XIII« siècle la. dévotion à Saint-Serge et Saint-Bacche était si vive que les fondations pieuses, services, obits, anniversaires, augmentèrent considérablement le revenu de
(1) Gart. IH. D. tom. III, p. 24, 25.
cette chapelle ,^ui prit plus tard le nom d^ Saint-Nicolas. M. Godet-des-Marais^ voulant agrandir, la cour de Tévêché, obtint du Chapitre^ en 1702, la cession de la chapelle Saint- Nicolas; elle fut détruite en 1703, et lé travail dô démolition mit à découvert le tombeau' de Sàin^Calét^ic qui vivait au sixième siècle, et plusieurs grands sarcophages dé la plus haute antiquité (1).
GHAPELLE-D'AUNAINVILLE.(La).
Le Berceau de cette commune fut AmainvUle, aujourd'hui i^un de ses hameaux situé à 1 kilomètre. Lofs de 'fétabhssement du christianisme, on y bâtit une chapelle qui fut placée sous le vocable de Saint-Lubîn, l'un àes premiers apôtres de nos contrées. « Ce saint personnage était évêque du diocèse et du pays chartraîn au VI® siècle; il fut de tbut temps l'objet d'une grande vénération et. d'un culte tout particulier. Saint-Lubin Die coinpte pas moins de seize paroisses qui l'ont adopté poui^ patron de leur église' dans notre, département.
Au XIII® siècle, la chapelle primitive était devenue une église paroissiale. Le Fouillé du diocèse de Chartres (v. 1250) la placç. dans le doyenné d'Auneau et lui donne 54 paroissiens; la cure, à la nomination du grand arc)iidiacre, valait 16 livres de revenu : « Ecclesie parrochiales in decanatu AlneolL., Càpella- Oynville. « Dans les chartes du Moyen- Age, elle porte' les noms de: Capellade-OnenvilléXi^bi); Capella (1207); la Chapelle-d'Ounenvillè '(idlO); la Chapelle-d'Onainville ( 1 555 ) ; Saint-Lubin'de-là'Chapelle-d'ÂU' nainville (1736). Elle fit partie du district de Janville et du canton de Sainville, lors de la formation du département d'Eure-et-Loir en 1790; par la seconde organisation de ce
(i) Uist. de Chartres: Ghevard, tom. S, p. 10. — de TËpinois, tom. ier, p. 238.
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département en ISOi , elle fut comprise dans rarrondis3ement 4e Chartres et dans le. canton d'Anneau.
Les traces de Foccnpation romaine- dans Ja contrée sont consacrées par les débris et antiquités trouvés à Dillonvilliers et dont nous parlerons plus loin.
Le territoire de la Chapelle-d'Aunainville est limité par ceux des communes suivantes : au nord, Aunay-sous-Auneau, à Test, Sainville et Maisons; au sud, DenonviÛe; à l'ouest, Saint-Léger-des-Aubées.
En 1777 la consistance territoriale de la commune était ainsi établie :
« La Chapelle-d'Aunainville — seigneur' M. de La Taignan ; — 5 lieues du chef-lieu et i de la rivière ; — 70 feux ; — 1,360 septiers de terre (80 perches au seiptier) ; — 24 arpents de bois; — 1 moulin-à-vent » (1).
Cette situation était déjà bien modifiié.e au moment des opérations cadastrales en 1813 (2).
bect, ares. cent.
Terres labourables 710 38 . 95
Bois-taillis . 15 41 98
Jardins-potagers 6 41 15
Superficie dep bâtiments 3 94 34
La contenance des bois-taillis n'est plus aujourd'hui que de 7 hectares 95 ares 78 centiares par suite de défrichements opérés particulièrement au hameau de Dillonvilliers. Ceux qui restent sont situés aux environs de la Chapelle ; les essences sont le chêne, l'orme, le bouleau et le cou-
(i) Etat dressé pour la perception des tailles dans le département de l'élection de Chartres.
(2) Les travaux du cadastre ont été terminés sur le terrain en 1813; mais par suite des événements politiques de Fépoque, les rOles ne furent mis en recouvrement qu'en 1818.
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drier. On le» coupe toas Içs 9 ans et les produits sont consommés dans la localité à laquelle ils ne suffisent pas.
Il n^existe plus de prairies naturelles et les vignes ont été détruites.
Le chemin vicinal de grande communication n® 7, de Chartres à Ëtampes^ sert de chemin vicinal pour aller à Béville et à Saînville. D.'autres chemins vicinaux conduisent à Aunay-sous- Anneau, à Nélu, et à Dillonvilliers.
Le chemin vicinal de grande communication n» 19, d'Anneau à Pithiviers par Janville et Toury, passe sur le territoire de la Chapelle à Touest^ entre Aunainville et Dillonvilliers.
A l'extrémité sud, passe encore le chemin de Saint-Léger à Adonville, dit le chemin de la Fringale ; — celui de Santeuil à Aunay, dit la voie charretière, traverse aussi le territoire entre Dillonvilliers et Adonville.
Les documents anciens concen\,ant la Chapelle sont peu nombreux; voici ceux que nous avons pu trouver :
Circa 1168. — Adam de la Chapelle « Adam de Capella > et Florie sa femme, Ermengarde leur fille, épouse de Hugues d'Etampes, et leurs enfants Adam, Amaury et Hémeric, donnent à Tabbaye des Vaux de Cernay toute leur terre de Proverlu écart de la commune d'Ablis (Seine-et-Oise) (1).
1201. — Oger, prêtre de la Chapelle-d'Aunainville, figure comme témoin dans une charte rapportée ci-dessus, pag. 104 « Ogerius presbiter de Capella-Onenvile. »
1296-1297. — Dans un compte des revenus de la même abbaye, la dîme de La-Chapelle « décima de Capella, i de Gourville, de Mérobert, de Nicolas d'Ecrosnes et de Voise, figure pour deux muids trois setiers de blé (2).
La famille Ballu, issue du Thimerais, posséda la terre de la Chapelle-d' Aunainville, Le plus ancien membre connu
(1) Cart, des Vaux-de-Cernay , t. !«', p. 48.
(2) Ibid., p. 936.
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est Jehan, dénommé dans un aveu rendu à la comtesse d'Alençon le 27 janvier 1350 (1).
1587. — Il est probable que les Retires dont nous avons raconté la défaite (page 85)^ auront fait une excursion jusqu'à la Gbapelle^ et y auront perdu plusieurs des leurs dans quelque rencontre avec les troupes catholiques commandéies par le duc de Guise. Il existe , en effet , sur le territoire de la Chapelle un lieu de contrée nommé la Marnière des Reitres^ sans doute par ce que les cadavres de ceux qui ont succombé dans cette rencontreront été enfouis dans une marnière ouverte à cette époque.
Au nombre des biens et revenus du prieuré de Louye (22), en 1696, nous trouvons :
1» c Terre de la Chapelle-d'Aunainville. — Cette terre, située dans la paroisse du même nom , près d'Anneau , avec toute la seigneurie directe, se composait de plusieurs fiefs, dont les plus connus sont Gandin et Garancières (3), d'où relevait le fief de Bouchemont (4); et en outre, de plusieurs terres en roture. La Chapelle-d'Aunainville consistait en une grande cour avec colombier à pied au milieu ; manoir, jardin, granges, étables et autres bâtiments d'exploitation, avec un parc planté de bois ; le tout clos de murailles ; une chapelle dans l'église paroissiale, avec droit d'inhumation en icelle ; un moulin à vent ; huit ou neuf arpents de bois taillis entourés de fossés; dix muids de terre labourable, avec tous droits de cens, champart, lods et ventes, etc; le tout affermé moyennant 1,500 livres par an, payables en trois termes, Noël, Pâques et la Saint-Jean; et, en outre, à la charge de recevoir et héberger les religieux et leurs
(i) Mém. de Guillaume Laisné p. 177.
(2) Voir les D0t«8 sur ce prieuré à Tarticle d'Âuneau, pag. 40.
(3) Village sur la Mauldre à 7 kil. de Monifort (Seine-et-Oise)
(4) Hameau de la com. de Saint-Symphorien canton de Maintenon (Eure-et-Loir).
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chevaux toutes les fois qu'il leur plairait de Tenir visiler leur chapelle.
€ L'acquisition de cette seigneurie fut faite le 2 septembre 1687, du sieur GcLSton de Forax, seigneur de Forax et de la Chapelle-d^AunainviUe. Elle fut payée 1 a somme de 24,775 livres, sur laquelle 500 livres furent employées à acheter un collier à madame de Forax.
a 2* Bente sur la métairie du Gault. — Cette métairie fut achetée à la même époque, et comprise dans l'acquisition de la Chapelle-d'Aunainville, dans le territoire de laquelle elle était située. Elle avait appartenu à un sieur de GauU, qui lui donna son nom. — En 1760, le prieuré arrenta cette métairie foncièrement et à perpétuité , moyennant 40 livres. >
Au nombre des anciens titres concernant la fabrique de la Chapelle-d'Aunainville et déposés aux archives d'Eureet-Loir, nous avons trouvé un compte-rendu par Girard Haligre (1), receveur ordinaire du domaine du bailliage et duché de Chartres appartenant à Madame Renée de France, touchant les recettes faites de la Saint- Jean 1564 à pareil jour 1565.
Ce compte fait mention... du rachat de la terre de ia Chapelle-d'Aunainville par Guillaume de Varennes, écuyer.
1670-1721. — La Chapelle-d'Aunainville avait haute el basse justice relevant au bailliage et chastellenie de Ouarville-en-Chartrain (2).
4678. — Mcspire Jean-Baptiste Gaston de Brouard, chevalier, seigneur de Forax et de la Chapelle-d'Aunainville, et
(1) Girard Haligre , d'abord mesureur du sel au grenier de Chartres, était fils de Jean Haligre, grèneiier au même bureau. U dut, en 1556, la charge de receveur du domaine an crédit de Claude Haligre, valet de chambre du Roi et trésorier général des finances de madame Renée.
(2) Onarville, commune dm canton de Voves.
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dame Françoise Umclève, son espouze, donnent à Téglise dodit liea de la Chapelle : un callice garny de sa patène et un ciboire, le tout d'argent; ledit ciboire couvert de sa robbe de velours rouge cramoisy garnie de mollet et frange d'or et d'argent » (1).
1770. — Déclaration censuelle faite par la fabrique de la Chapelle-d'Aunainvilie, à Messieurs les Révérends pères prieur, supérieur et religieux du couvent de Notre-Dame de Louye-les-Dourdan, seigneurs du- fief , terre et seigneurie de la Chapelle. »>
ÉGLISE. — Nous avons dit (pag. 238) que le vocabte de' Saint'Lubin indiquait ^ancienneté de la fondation ecclésiastique de réglise de la Chapelle. Toutefois Ton trouve dans un testament de 1631, une donation faite à l'église et fabrique Nostre-Dame de la Chapelle-d'Aunainville.
Cet édifice de forme rectangulaire construit en moellons avec angles, contreforts et baies en pierre de taille, a dans œuvre 26 met. 50 de long et 8 met. de large. Il comprend la nef et le chœur à la suite duquel se trouve la sacristie , bâtie en hors d'œuvre et ajoutée à l'église primitive; elle a i met. sur 5. A l'extrémité nord et à gauche du chœur ^ existe un transept long de 7 mètres sur 5 met. de largeur et plafonné en plâtre. Au sud, vers le milieu du chœur, s'ouvre l'entrée de la Tour, haute de 22 mètres, savoir : du sol à l'entablement 13 met., la lanterne 5 met., la toiture 7 met. ; elle a cinq met. sur 8, le bas est voûté en maçonnerie. — La cage de l'escalier, large de 2 met., et prise en dehors de la tour, conduit au clocher et aux combles. L'élévation extérieure de la nef et du chœur, voûtés en moellons avec nervures en pierres, est de il met. 50. Dan g le pignon ouest, s'ouvre la porte d'entrée, dont la baie en
(1) Tit. de la fabriq. de la Chapelle d*Aunainville. — Archiv. d'Eure et-Loir.
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anse de panier^ est surmontée d'une arcature sur laquelle s'appuie une fenêtre ogivale. Cinq autres fenêtres ogivales sont vitrées en carreaux à petits losanges sur châssis de plomb.
La Chapelle possède aussi un Bureau de bienfaisance jouissant d'un revenu annuel de 300 francs payés par l'Hôtel-Dieu de Chartres et dont voici l'origine :
M. l'abbé Desjôies, par son testament du 26 ventôse an XI (17 mars 1802), avait fait don à l'Hôtel Dieu de Chartres, de la ferme qu'il possédait à la Chapelle-d'Aunainville, a la charge de donner une partie du revenu aux pauvres de la Chapelle; ce digne prêtre étant mort en 1810, FHôtel- Dieu entra en jouissance de la ferme l'année suivante. Jusqu'en 1843 la somme de 300 francs avait toujours été versée entre les mains du curé de la Chapelle qui les distribuait aux pauvres, selon sa volonté; mais depuis celle époque, un bureau de bienfaisance ayant été organisé, l'Hôtel- Dieu a converti le revenu de 300 francs en une rente annuelle et perpétuelle de la même somme payée au bureau de bienfaisance.
Les registres de l'état civil existent depuis 1632 jusqu'en 1641, puis il y a une lacune, et ils ne recommencent qu'en
Au XlIIe siècle la Chapelle comptait 54 paroissiens. — £n 1777, il y avait 70 feux (environ 210 habitants); les recensements postérieurs lui donnent :
En 1826 306 habitants
En 1836 294 —
En 1846 285 —
En 1856 295 -
En 1866. 273 -
Ce dernier xhiffre se répartit ainsi qu'il suit entre le cheflieu et les hameaux qui en dépendent :
MaiMat. Ménagas. HabitanU.
La Chapelle 9 10 39
Aunainville 38 42 152
Dillonvilliers 23 . 25 82
Les recensements antérieurs mentionnent encore le Moulin-à'Vent de la Chapelle, situé à 750 mètres du chef lieu de la commune, et celui dit de Goimpy,
l. Aunainville. — Ancien fief, vassal du duché de Chartres, situé à 1 kilom. de la Chapelle, est la principale agglomération de la population. C^est là que se trouve la maison d'école qui a été acquise par la commune en 1850 :
André d'Aunainville n Andréas de Unenivilla * figure comme témoin des donations faites par Guy, seigneur d'Auneau, en 1195, au prieuré des Moulineaux. C'est la première mention que nous connaissions de ce lieu; il porte dans les chartes du Moyen-Age les noms de : Oneinvilla, en 1228;— Onaynville'prèS'Auneau^en 1349;— Aunevilte, en 1389; — Franville, v. 1450; — Aulminville , en 1555.
Il existe deux puits de 25 à 30 mètres de profondeur, dont un commun, qui servent aux besoins des habitants; deux mares communales, conservant assez bien l'eau, sont à l'usage des bestiaux.
IL Dillonvilliers. — Hameau situé à l'ouest et à 3,300 mètres de la Chapelle. — Il est aussi appelé dans les anciens .titres ; Dionviler, Dignonvilliers et GuignonvUliers. Le nom que ce lieu portait au Moyen- Age, — Dyonvillare — indique qu'il était déjà important à cette époque (1). La grande ferme de DillonviUiers était d'ailleurs anciennement
(1) ViLLAHE {villula vel viculus deeem aut 4 S domorum sen familiarum) — Villiers, petit bourg composé de 10 ou 12 msiisons ou familles, appelé au Moyen- Age VUlois et Vilois.
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un château ou maison seigneuriale ; les modicalions qu'on y a faites ne permettent pas d'apprécier la constmctioD primitive. On remarque encore quelques meurtrières daDS les murs ^ restes sans doute des fortifications dont le cMlean était entouré pour être mis à couvert d'un coup de main et servir à sa défense.
Dans l'emplacement occupé par cette ferme, ainsi que dans les terrains adjacents au sud^ on a rencontré en 1844, lors de Tenlèvement de terres pour les reporter sur d'autres pièces , des traces de constructions Gallo-Romaines : la grande pièce de terre voisine renferme encore beaucoup de substruclions que l'on remarque facilement lorsque les grains qu'on y a semés commencent à pousser. Les ouvriers ont exhumé de ces fouilles quantité de débris de tuiles plates à rebords , de tessons de poterie , ainsi qu'un poignard en fer oxydé dont nous donnons le dessin. On y a trouvé également, plusieurs monnaies romaines dont quatre nous ont été communiquées ; en voici la description :
I. P. B. Tki^cvs père (i) —Atws. Tête radiée et barbue à droite : IMP TETRICVS P. F AVG.
Revers — femme drapée et debout, tenant de la main droite un rameau et sur le bras gauche une corne d'abondance : HILARITAS AVG.
II. P. B, Claude-le-Gothique (2). — Avers, Tête radiée «^ droite : DIVO CLAVDIO.
Revers — Autel allumé : CONSECRATIO.
ni. P. B. Carin (3) — Avers. Buste radié à droite : GARI- NVS NOBILIS CAES.
(1) Célèbre Gaulois, président de l'Aquitaine sous Valérien et Gal- Jien. Indigné des débauches de Gallien , il se fit déférer l'empire en 267. Aurélien le vainquit eu 274 et le fit servir à son triomphe.
(2) Déclaré empereur par l'armée après la mort de Gallien, il mourut de la pesle en 270.
(3) Fils aJné de l'empereur Car.us, fut déclaré Césor par son père en 282, et Auguste en 283. Il fut assassiné en 285.
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