AUNAY-SOUS-AUNEAU
En jfuittant Anneau nous visiterons la commune d'Aunay-sous-Auneau, sa sœur en origine et en antiquités, dont elle est séparée par une distance de quatre kilomètres.
Le bourg d'Aunay, autrefois chdtellenie (1) de l'ancienne province de Beauce (2), s'étend sur une longueur d'un kilomètre à droite et à gauche de la petite vallée où coule le ruisseau d'Aumy (3), dans une position aussi riante que pit-
(1) Dict* imiv. de la France, imprimé à Paris, chez Saugrain, en 1726 , sans nom d'auteur.
(î) Un déclinalojre de 1511 , mentionne ce lieu en ces termes : « Aulnay — en BeaulsCy en la chaslelletiie de Rochefort, ou comté de Mont for t-l'Amaunj. » — Cart. des Vaux-de-Cernay (Seine el-Oise.)
(3) Cours d'eau déjk cité, pag. 155.
toresque due à la masse de plantations et de petits bois qui l'environnent et rompent agréablement la monotonie de la Beauce. Ce ruisseau a son ôîigine sur le territoire d'Aunay à un kilomètre environ au-dessus du village , dans la contrée dite € la Bonde de Chenevelle; » il coule d'abord de Test à l'ouest, pour reprendre ensuite son cours vers le nord : on y pêche quelques anguilles et divers petits poissons. Il alimentait anciennement plusieurs étangs aujourd'hui desséchés, mais dont les chaussées qui traversent la vallée sont encore apparentes. — Le cours d'eau a-t-il donné son nom à la commune où le lui a-t-il emprunté, c'est ce qu'il nous est impossible de décider; mais ici comme à Auneau nous retrouvons le souvenir de l'essence des bois (les aunes) qui couvraient son territoire dans l'origine. Aunay figure, en effet, dans les chartes du Moyen-Age sous les noms latins de: Aunetum, Alnetutn, Alnçtum-sub-Alneolo > dont nous avons donné précédemment l'étymologie (1). — Alnus (aulne) d'où Alnetum, lieu planté d'aulnes.
L'Aunay se jette dans la Voise, près du moulin de Longceux, après avoir traversé les communes d'Aunay-sous- ' Auneau, Auneau et Levainville. Il est alimenté dans ce parcours par plusieurs fontaines :
La fontaine de la Bassine, qui a sa source dans l'intérieur du village d'Aunay, lieu dit à la vallée, déverse ses eaux dans r Aunay, après un court trajet décent mètres; elle sert à l'alimentation des habitants d'une partie de ce quartier.
La fontaine de la Tordière, qui jaillit dans la contrée de ce nom, se jette dans l' Aunay après dix mètres de parcours.
La fontaine Blanche , dont l'origine est dans la contrée de ce nom, se trouve sur la limite des territoires d'Aunay et d' Auneau; ses eaux qui tarissent pendant les sécheresses
(i) Voir ci-dessus, p. 33.
d'été, se jettent dans TAunay, sur le territoire d' Anneau, après un trajet de 1,800 mètres.
Le puits du pont aux Charrois, d'une faible profondeur, sert à l'alimentation d'une partie des habitants du Grand- Mont, Tun des quartiers d'Aunay. — Plusieurs autres puits de 12 à 15 mètres de profondeur, dont quatre sont coraniunaux, servent aux besoins des habitants; les bestiaux sont abreuvés dans le ruisseau d'Aunay.
Le territoire d'Aunay est limité au nord par ceux d'Anneau et d'Orsonville (ce dernier de Seine-et-Oîse); à Test par ceux d'Allainville-aux-Bois (Seine-et-Oise) et de Sainville, au sud par ceux de Maisons et de la Chapelle-d'Aunainville, à l'ouest par ceux de Saint-Léger-des-Aubées et de Roinville. '
Le sol, calcaire-marneux, assez accidenté, est moins découvert que dans les autres parties de la Beauce; des bois d'une contenance assez étendue, se trouvent disséminés de tous les côtés du territoire et en rendent l'aspect moins agreste. La marne, qui est de médiocre qualité, et mélangée de silex, s'exploite sur le territoire à ciel ouvert, au moyen de puits de 7 à 8 mètres de profondeur, et vaut sur place 75 francs le mètre cube. Au-dessous de cette marne, on trouve dans le flanc de la vallée de grandes carrières de calcaire exploitées depuis un temps immémorial, et qui auraient servi à la construction de plusieurs monuments. On cite : l'église et le clocher d'Aunay, l'église de Paray (Seine-et-Oise), le château du Chesne, commune de Sainville , et les parties du château de Denonville construites en pierres. — Gomme aux sources de la Cgnie, on rencontre aussi des sables blancs parfaitement purs, auprès ^de la source de la rivière d'Aunay; ces sables proviennent évidemment de calcaires siliceux, dont les parties calcaires ont été peu à peu dissoutes et entraînées pas les eaux. Cette formation, dont le grès de Berchères constitue un type bien connu, contient des fossiles d'eau douce, tels que des planorbes et des lymnées.
La nature et la contenance des propriétés se divisent ainsi qu'il suit d'après la matrice cadastrale (1) :
Hectares. Ares. Centiares.
Bois taillis 151 U A2
Friches 31 33 90
Jardins potagers ii 52 62
Pâtures .2 80 20 •
Prés 33 98 38
Terres labourables plantées. . . 1 U A3
Terres labourables non plantées . 1 ,624 25 73
Vignes 25 42 36
Superficie des propriétés bâties . 8 10 41
Total. ... 1,892 82 45
Nombre de maisons , 257; 1 moulin à eau; 3 moulins à vont; 1 pressoir.
Aunay est un pays de grande culture ; les propriétés y sont peu divisées, et les parcelles ne donnent qa'une proportion de 3 2/3 par hectare, quoique les vignes présentent une surface très-morcelée. Le produit du sol est inféneor à celui de la petite culture, car les fermiers ou propriétaires qui exploitent les grands domaines, cultivant une masse de terre plus considérable que celle qu'ils peuvent fumer annuellement, obtiennent un produit proportionnellemenl plus faible que s'ils cultivaient une moindre quantité qui serait bien fumée.
Les terres labourables offîrent des plantations d'arbres fruitiers, principalement des poiriers et des pommiers. On remarque également dans les vignes des plants d*arbrcs fruitiers dont les produits sont de bonne qualité ; c'est même un des revenus principaux du sol dans les bonnes années
(1) Les travaux relatifs à l'opéralion cadastrale ont été terromés en 4812, mais par suite des' évéDements politiques survenus à celte époque, la matrice cadastrale n'a été mise en rocouvremeAt qu'en 1818.
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pour les petits cultivateurs et les propriétaires d'Aunay; ils vendent ces fruits aux habitants de la plaine de Beauce qui en sont dépourvus.
Les pâtures, situées sur les versants des coteaox, sont des terres en friche tout à fait impropres à la culture, mais qui pourraient être utilisées en les plantant de bois. Les cultivateurs y envoient paître leurs bestiaux et leurs moutons dans diverses saisons de Tannée.
Les prés situés dans la vallée et sur les bords de TAunay sont de mauvaise qualité, étant trop humides; ils occupent en partie l'emplacement d'anciens étangs dont on voit encore aujourd'hui les chaussées. On n'y récolte pas de foin, parce qu'ils i^ont constamment livrés à la pâture.
Les bois-taillis, appartenant à divers propriétaires, sont situés sur diverses parties du territoire; on en a planté, depuis le cadastre , une certaine quantité. Ils sont d'une assez belle végétation et se coupent tous les neuf ans. Les essences principales sont le chêne, le charme, le hêtre, le bouleau, l'orme, le fresne, l'aune, le coudrier et le saule : les produits sont employés au chauffage et aux divers usages de la localité.
Les vignes, dont la contenance est réduite à 18 hectares environ, depuis le cadastre, sont cultivées sur les revers des coteaux aux expositions de l'est, du sud et de l'ouest; l'espèce de raisin la plus répandue est celle dite Meunier: elles peuvent produire, année moyenne, 590 hectolitres de vin médiocre qui est consommé dans la localité. Les marcs sont utihsés comme engrais.
Les friches consistent dans de mauvais terrains situés sur la pente des coteaux , appartenant les uns à la commune , les autres à différentes fermes ; ils servent au pâturage des troupeaux.
Les jardins exclusivement consacrés à la culture des légumes, renferment aussi des arbres fruitiers dont les produits sont de bonne qualité.
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Les usines situées sur Je territoire d*Aunay consistent dans quatre moulins à vent dont trois sont appelés les Grands-Moulins, et le quatrième le Petit-Moulin.
Anciennement il y avait un moulin à eau sur lequel les religieux de Saint-Père levaient la dîme au XI© siècle « decimam unius m^lendi quod situm est in Alneto. » — Ante an. 1080. — Cette usine, situé au bas du Grand-Mont, étajt mise en mouvement par les eaux du ruisseau de FAunay; mais comme elle ne pouvait fonctionner convenablement, la chute d'eau étant trop faible, le conseil municipal en vota la suppression par délibération du 18 messidor an II (6 juillet 1794).
Une foire annuelle dite de Saint-Eloi, a lieu le 25 juin et ne dure qu'un jour; on y vend des bestiaux et divers objets de rouennerie, bonneterie, mercerie et chapellerie. Beaucoup de domestiques des deux sexes s'y trouvent à l'heure de midi pour se louer.
L'origine d'Aunay, ainsi que celle de la plupart de nos anciennes communes, se perd dans la nuit des temps; toute trace de l'époque celtique , si toutefois il a existé des monuments de ces temps reculés, a disparu de la surface du sol, rien ne rappelle aujourd'hui le souvenir de nos ancêtres dans cette contrée , sinon quelques souterrains que l'on remarque à la vallée, à peu de distance des dernières maisons. L'entrée de ces souterrains étant fermée nous n'avons pu les visiter, mais voici ce que nous en ont dit plusieurs personnes d'Aunay qui les ont parcourus jjkis d'une fois. Ces excavations consistent en allées ou galeries larges de deux mètres environ, d'une hauteur à peu près égale, bordées à droite et à gauche de cellules creusées dans le roc, affectant la forme d'un demi cercle; une de ces galeries aboutit à une vaste pièce circulaire, garnie à son pourtour de bancs de pierres taillés dans la roche , au milieu de laquelle on remarque d'énormes dalles de pierres inclinées ou supportées par d'autres pierres. Nous trouvons
(1) Hameau d'Aunay-sous-Auneau.
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là tous les caractères des monuments celtiques dont M. de Caumont donne ainsi la description (1) :
« Un grand nombre de souterrains ont été observés en Picardie et dans plusieurs communes siluéés des deux côtés de la rivière de Somme; ce sont pour la plupart des allées larges de sept à huit pieds et d'une hauteur à peu près égale, bordées à droite et à gauche de cellules creusées dans la roche. Ces petits appartements sont carrés ou bien ils s'arrondissent et forment des demi-cercles. Partout ils sont crousés avec art et ceux du mêms souterrain ont la même forme et les mêmes proportions. L'on croit que ces excavations ont été pratiquées par les Celtes pour se cacher lors d'un danger pressant, et pour y retirer du blé ou d'.autres provisions, comme le faisaient les Germains, suivant le témoignage de Tacite: « Soient subterraneos specus aperire eosque insuper fimo onerant, suffugnm hiemiet receptaculum frugibus (2). »
« L'abbé Lebœuf, qui connaissait de pareilles excavations dans plus de 30 paroisses, depuis Tembouchure de la Somme jusqu'auprès de Péronne, supposait qu'elles avaient été pratiquées ou au moins considérablement agrandies aux IX^ et X» siècles, par les habitants du pays, afin de se mettre à couvert contre les Normands qui remontèrent souvent la Somme à cette époque, et que plusieurs antiquaires les regardent comme un ouvrage Gaulois, ce qui l'engage à les signaler sans toutefois se décider pour cette dernière opinion. »
Quant à l'existence de cette locahté sous l'occupation romaine, elle ne peut-être révoquée en doute aujourd'hui puisque l'on rencontre sur son territoire des traces non équivoques du long séjour qu'y ont fait les vainqueurs des Gaules. La contrée des Fourneaux à la Vallée, a fourni, en 1850, des débris de grosses tuiles plates à rebords et des fragments de poterie; en 18U, un habitant d'Aunay, en
(1) Cours d'antiquités monumentales , tome I^r, p. 163.
(2) Tac. de Moribus Germanie, cap. IIII.
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débarrassant l'entrée des souterrains dont il est parlé plus haut, a découvert des substructions antiques desquelles il retira u,ne grande quantité de grands bronzes romains. En 1850, on trouva au même lieu un moyen bronze à Teffigie de Titus, parfaitement conservé et couvert d'une belle patine; en voici la description :
M. B. Titus. — Avers, Tête radiée^de Titus à droite : T. CAES. IHfP. AVG. F. TR. P. COS, VI. CENSOR.
Revers. La paix, drapée et debout, tient de la main droite une patère au-dessus d'un autel allumé, et, de la gauche , un caducée et une branche d'olivier: PAX. — Dans le champ s. c.
Au lieu dit les Grands-Moulins, dans les parcelles n^* 67, 68, 69, 211 et 212 de la section E, un particulier a aussi découvert en 1850 des traces d'antiques constructions beaucoup de débris de tuiles plates à rebords , de grosses tuiles creuses et des fragments de poterie, parmi lesquels se trouvait un grand bronze à l'effigie de Famtine mère, assez bien conservé et couvert aussi d'une belle patine verte :
G. B. FAUSTiNE MÈRE. — Avers : Tête de Faustine, mère à droite : « DIVA FAVSTINA. j)
Revers: Femme drapée assise sur un tabouret, tenant sur sa main droite un petit globe surmonté d'jun oiseau , et
de la gauche une haste : AETERNITA — Dans le
champ s. c.
Les parcelles n°» 854, 855 et 856 de la section H, lieu dit à la Cordelle, présentent également des traces de constructions antiques.
A gauche du chemin qui conduit d'Aunay à Nélu, il existe sur un assez long espace de terrain des traces de constructions qui paraissent avoir appartenu au Moyen- Age, ce qui a donné lieu de faire supposer aux habitants d'Aunay que leur commune s'étendait anciennement Jusqu'à Nélu, distant de deux kilomètres.
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Ante an. 1080. ■— Les anciens seigneurs d'Aunay nous sont peu connus. Le premier dont les chartes du Moyen- Age fait mention, est Gaultier qui flgure dans une donation faite à Tabbaye de Saint-Père concernant la vicairie de Honville (1) et de Réclainville. Gaultier, dont le donateur tenait cette vicairie, consentit à cette libéralité avec ses fils Gauthier, Goslin et Gaultier : « Huic quoque dono assensum prœbuerunt Walterius de Alneto, cujus beneficio hane ipsam vicariam supra .dicttis Gualterius' tenuerat; filii que ejus Gunlierius, Gauslinus, Gualterius^ cum pâtre, assenserunt (2).. »
Nous voyons encore Gaultier d*Aunay, se porter caution de la donation d'un jardin faite à la dite abbaye, vers le même temps : « Walterius de Alneto astipulator constUutus est soliditatis (3). »
Il consentit aussi, comme seigneur dominant du fief, au déguerpissement de la vicairie d'Abonvilie (4) et d'un alleu àSaint-Piat, fait à la même abbaye par Gaultier, fils de Fleald, et de sa femme Fredesinde. Au nombre des témoins figurent le fils de Gaultier, Evrard de Levéville; Rainald, fils de Hugues de Réclainville; Hugues de Tréon; Germond de Saint- Aubin.
c Gualterius filius Fledaldi, et uxor ejus Fredesindis, cum assensu Gualterii de Alneto, de cujus fisco erat, . . . vicariam Abonis ViUœ et totius territorii ejusdem villae, cum alodo Picati-Villaris , sancto
Petro gurpivit Hujus rei testes sunt : Gualterius de Alneto et
filius ejus Gualterius , Ëvrardus de Levais Villa ; Rainaldus filius Hugonis de Reclamantis Villa ; Hugo de Treijone ; Germundus de Sancto-Albino (5). »
(1) Hameau de Boisville-la-Saint-Père .
(2) Cart. de Sainl-Père, t. !«', p. 204.
(3) Ibid., p. 206.
(4) Hameau de Levéville-la-Ghenard.
(5) Cart. de Saint-Père , t. !«', p. 207.
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1096. — Etienne, comte de Chartres, ayant succédé à Thibault, son père, le vicomte Hugues réclama, comme les possédant à titre héréditaire, plusieurs vicairies qui appartenaient à l'abbaye de Saint-Père de Chartres. A la prière de l'abbé Eustache, Etienne reconnut le droit des moines en présence de plusieurs de ses féaux « fidèles > au nombre desquels figure Gaultier d'Aunay « Gtialterius
de Alneto Actum est hoc Carnotis publke in ecclesia
Sancti'Petri, anno dominice incarnatimiis millesimo nonagesimo 7J, régnante Philippo rege in Francia (1). »
Ante an. 1102. — Ce Gaultier ne se montra pas toujours favorable aux moines de Saint-Père, car nous voyons Eustache, leur abbé, se plaindre des exactions commises par ce seigneur envers un de leurs frères qu'ils avaient préposé à Tadministration de Téglise d'ÉpeautroUes que Hugues de Dreux avait donné à Vabbaye. Gaultier se désista de ses injustes prétentions moyennant cinquante sous qu'il reçut des religieux.
« Postquam Spelterolensis ecclesia data est nobis a Hugone Drocensi . . . frater ille quem illuc misiraus fréquenter a GuaUerio de Alneto injurias et damna pertulit , donec praefato Gualterio quinquaginta nummorum solidos dediraus (2). »
1101-1115. — Gaultier eut encore un fils nommé Guérin qui figure avec son frère Gonthier dans un acte de restitution faite à Tabbaye de Saint-Père, d'une terre dont il avait pendant longtemps usurpé la possession :
< Memoriam succedentium innovet presens descriptio, quod Garinus de Alneto illam terram, quam in suis usibus diutius usurpaverat, humiliter satisfaciens , annuente Gautherio fralre suo, sancto Petro reddidit. . . (3) »
(1) Cart. de Saint-Père, 1. 1", p. 240.
(2) Cart. de Saint-Père, p. 251.
(3) Ibid., p. 251.
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A cette époque Gonthier, fils de Gaultier d'Aunay (1), étant devenu seigneur de Molitard (2), fit de grandes concessions à Fabbaye de Saint-Père. Après avoir donné son consentement à la vente des vicairies que les religieux avaient achetées dans la^Beauce, il leur assura la libre possession de toutes les terres et vicairies qui provenaietit de ses libéralités ainsi que de celles que ses hommes leur donneraient ou vendraient par la suite. Les religieux inscrivirent son nom au nombre de leurs bienfaiteurs et l'admirent à la participation de leurs prières :
« Gunherius de Monte- Lethardi , filius videlicet Gualierii de Alneto , de vicariis quas in Belsia nobis Gualterius filius Flealdi vendidit, tam in Abonis Villa, quam in aliis locis, assensum libentissime prebuit, donumque super altare sancti Pétri posuit. Non solum de datls vel vcnditis , sed etiam de dandis vel vendendis , solidam nobis firmitatem dédit , ut a suis militibus acciperemus ; et non solum vicarias quae de ejus beneficio esse noscuntur , sed etiam terras quas sui milites sancto Pctro dare vel vendere voluerint, assensum praebuit ut habeamus. Quapropter nos eum collegimus in orationibus et in omnibus bonis operibus , ut parliceps praemii sit nobiscum in regno cœlonim. . . (3). »
Ante an. 4112. — Nous trouvons encore un Gaultier d'Aunay — Gautenm de Alneto — au nombre des témoins de diverses donations faites à Fabbaye de Saint-Père (4).
4112. — Il assiste comme témoin dans une charte con-
(1) Appelée aussi Gohier d'Aunay, Gohonerius de Alneto, dans le Cartulaire de l'abbaye de Thiron. Les archives d'Eure-et-Loir possèdent un sceau de Gohier, sans doute fils de celui qui nous occupe. C'est un sceau rond, en cire verte, portant au centre un écu de... à trois mains de.... 2 et 1, avec ces fragments de ^légende: f sic
[ILLVM] GOH [ERH] DE A [ENET] 0. «
(2) Ancienne commune, réunie à celle de Gonie, en 1839.
(3) Cart. de Saint-Père, p. 239.
(4) Càrt. de Saint-Père, p. 630, 631, 634 et 635.
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ceraant la donation faite à la même abbaye d'un hôte avec une maison et un courtil à Liancourt « Walterio de Alneto ... (1). Actum est hoc anno ab incamatione Domin^ millesimo centesimo duodecimo, » Une autre charte — circa an 1114 — concernant la même donation, le désigne sous le nom de « Walterio Alnei (2). »
1130-1150. — Gaultier d'Aunay consentit aussi avec Odeline sa femme, à la donation de la terre de Miseray (3) faite à Tabbaye de Saint-Père, par Érard, père d'Odeline. Au nombre des seigneurs dominants du fief, figurent Gonthier d'Aunay, qui n'était pas encore marié, et GosceUn de Mongerville (4).
« Concesserunt uxor Erardi, et filia Odelina cum viro suo Galterio. Sed et capitales domini de quorum feodo terra eodem gradatim descen débat, hoc concesserunt : Gunherius de Alneto, nondum uxo~ ratus et Goscelinus de Mongeri- Villa, . . (5) »
1168. — Joscelin d'Aunay <r Joscelintis de Annidello » figure au nombre des témoins dans l'acte approbatif de la donation faite par Gauthier de Friaise à l'abbaye du Grand- Beaulieu près Chartres (6).
1176-1180. — Hemeric d'Aunay « Teste Hemerico de Alneto > est cité comme témoin des donations faites à l'abbaye des Vaux-de-Cernay, par Adam de la Chapelled'Aunainville (7).
Vers 1201. —Suivant un passage du Cartulaire des Vauxde-Cernay ^ Guy, seigneur d' Anneau, paraît avoir été en même temps seigneur d'Aunay :
(1 2) Cart. de Saint-Père, p. 630, 631, 634 el 635.
(3) Hameau d*£peautrolles.
(4) Hameau de Santeuil.
(5) Cart. de Saint-Père , p. 504.
(6) Cart. de Beaulieu, p. 379.
(7) Cart. des Vaux-de-Cernay, t. I»', p. 63.
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< Rente de grains et argent à Aunay-lez-Aulneau.
» L'abbaye des Vaux-de-Cernay possède deux muids de bled de rente sur la grandie^ dixmes et champars qui furent messire Philippe-le-Mohier, chevalier, assis à Aunayen-Beausse, et cent sols tournois sur la terre d'Aulnay, qui fut à messire Guy d'Auneel, chevalier, sire dudit lieu (1). »
12H. — Guillaume Morbier, du consentement de ses frères , Garnier , Jean et Philippe , fit don à Fabbaye des Vaux de Cernay , pour le repos de Tâme de Garnier , son père, d'un muid de blé-méteil à prendre chaque année sur le champart d'Aunay-sous-Auneau :^
« Reginaldus , Dei gratia , Carnotensis Episcopus , omnibus pre^ sentes litteras inspecturis , in Domino salutem : Ad universorum noticiam volûraus devenire quod Willelmus Moreher, miles, de assensu uxoris sue Philipe et fratrum suorum Garnerii , Johannis et Philippi , dédit monachis Vallium Sernaii , pro anima patris sui Garnerii, in perpétua m elemosinam, unum modiura hibernagii, percipiendum annis singuhs in campiparte de Alneto. In cujus rei testimonium et munimen, présentes litteras sigilli nostri impressione fecimus roborari. Actum anno gracie Mo GG» XI*» (2).
1227. — Philippe d'Aunay, chevaUer, oblige au chapitre de Chartres la moitié de sa dime de Moutiers :
« Ego Johannes de Monasteriis , miles Noble homme Philippe de Alneto y chevalier, a obligé au Chapitre, pour 80 livres tournois qu'il reconnaît avoir reçu , la moitié de toute la dîme qu'il possédait à Moutiers : ledit Philippe pourra racheter cette dîme à sa volonté , de mars en mars , moyennant le rembt)ursement de l'argent prêté. Tant que le Chapitre conservera la moitié de ladite dîme, il se chargera d'amodier la dîme toute entière , ita quod si infra dies 'postquam eum tradiderit invenire poterit aliqnem qui plus unum modium ex ea dare voluerit, ipse eam habebit. Jean de Moutiers,
(1) Cart. des Vaux-de-Cernay , t. II, p. 120.
(2) Cart. des Vaux-de-Cernay, t. !«% p. 183.
seigneur du fief, approuve et garantit cet engagement. Acium amiu Domini M° CC^ XX^ V/*», mense janttario (\). »
1234. -— Pétronille, femme de Gilbert d'Aunay, vendit au prieur et aux lépreux de Beaulieu, près Chartres, pour le le prix de trente cinq livres, monnaie de Chartres, une tenure (2) qu'il avait dans la rue de la Gibeterie, et quelle tenait desdits prieurs et lépreux. Elle leur donna en contrepiège une vigne qui était dans la censive desdits lépreux :
« Omnibus présentes litteras inspecturis, magister R. offîcialis decani Carnotensis in Domino salutem. Âd universorum noticiaRi voluraus pervenire quod Pelronilla uxor Gileberti de Auneto, in presentia nostra constituta , recognovit se vendidisse priori et fratribus Belli-Loci leprosorum Carnotensis quandam teneuram quam habebat in vico qui dicitur Gibeteria, precio triginta et quinque libramm Carnotensis ; quam teneuram dicta Pelronilla tenebat a dictis priore et fratribus superius nominatis. Astrinxit se dicfa Pelronilla sub fide sacramenlo in manu nostra quod contra vendicionem istam per se nec per alium de cetero non veniret. Dédit et prefata Petronilla coram nobis quandam vineam in contraplegium de censiva dictonmi prions et fratrum. Promissit vero eadem Petronilla ceatum solidos Carnotensis pro pena de garandicione fideliter et légitime ad usus et consuetudines partrie contra omnesfacienda. In cujus rei testimonium et munimen présentes litteras ad petitionem partium , sigilli curie decani Carnotensis munimine fecimus roborari. Actum anoo Domini Mo CGo XXXo IIIIo mense Julii (3). »
Les lépreux de Beaulieu avaient encore à Aunay la troisième partie des dîmes de la Baste « apud Alneolum terciam partem in décima de la Baaste (4). »
(1) Bibl. imp. Liv. des Privil., Cûrt. 28 bis, fol, i25 t^.
(2) PrsBdium, possessio, hereditas, quidquid ab aliquo tenelur. — Alleu, possession, héritage, tout ce que Ton tient de quelqu'un en ûef.
(3) Cart. de Beaulieu, p. 117.
(4) Cart. de Beaulieu, p. U.
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1274. — Gaçot d^Aunay, écuyer, donne à la maison des Filles-Dieu de Chartres, quinze arpents de terre dans la paroisse d'Aunay-sous- Anneau. Jean Barat, Simon Barat, écuyer, et Perin d'Aunay, écuyer, approuvèrent cette donation comme seigneurs féodaux (1).
1317. — Les chanoines du chapitre de Chartres avaient un domestique considérable, des richesses en argenterie et acn meubles précieux, des équipages de chasse. Après la mort du doyen, Thibault d'Aunay , on constata que son 'écuyer Etienne de Pénil avait soustrait et porté chez le chevallier Guillaume de Coûtes, 19 henaps d'argent, 5 pots d'argent^ 1 dragier d'argent, 1 henap à pied d'argent, une placière à mettre une chape^ 2 couvertoirs de menu ver, une panne de menu ver , de l'argent et des meubles (2).
1416. — Dans le compte (3) des recettes et dépenses de la châtellenie d' Anneau, rendu à madame de la Rivière, dame d'Auneel , nous trouvons plusieurs documents concernant la terre d'Aunay qui relevait de ladite châtellenie :
« Recepte à cause de la terre d'Aunay. — Cent livres , VII sols, XI deniers.
» Despenses : au curé d'Aunay pour un hostel à Aunay. XXX sols.
» A l'abbé et couvent des Vadlx-de-Cernay, pour Vostel des Polt^s à Aunay. — xx sols.
» Pour façon du clos de la Noe à Aunay, — xvi liv. vu sols, VI deniers.
5> Pour avoir recouvert la granche de la Noe à Aunay, et reffaire un huys à la granche des Polyes, que les gens d'^armes avaient mis en feu.
(1) Archiv. dép. d'Eure-et-Loir.
(â) Keg. cap., séance du jour de la lune, après la Nativité, 1317. — Mss. Bibl.
(3) Ce compte est extrait d'un cahier conservé aux archives de Seine-el-Oise , dans le fond de Tabbaye des Vaux-de-Cernay.
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» Recepte de blé : de la ferme de la Noe. — vi muids VIII minots.
» De la ferme de Tostel et terres des Polyes. — v muids vin setiers.
» Despense de blé : aux curés d'Auneel, à*Aunay et de Voyse. — III muids vi seliers ;
» Aux coulons de Villeneufve et d'Aunay. — x setiers.
» Despense d'avoine: au curé d'Aunay. — Un muîd iiii setiers ;
Recepte de vins : des dismes d'Aunay. — xxm queues et demye (1).
» Peuple des étangs : ez fossez de la Noe fut mis Tan m. iiiic VIII (1408) 200 carpes. »
On conserve aux archives d'Eure-et-Loir un registre des déclarations faites eu 1619 par les tenanciers de « dame Marye de la Boigne, dame de la Boissière d*Aunay, espouze de deffunct hault et puissant seigneur messire René Duclos^ vivant chevalier de l'ordre du Roy, conseiller et maistre d'hostel de Sa Majesté , seigneur de la Forest, d'Aunay , des Loges, de la Boissière-Patue , à cause de son fief de la Boissière dudict Aunay, relevant de la baronnie d'Auneau (2).
Nous trouvons les notices suivantes :
1670-1721. — « Aunay-soubz-Auneau, appartenant à M. le marquis de Sourdis. Il n'y a point de justice ; vont plaider à Auneau (3). »
On voit par là que la seigneurie d' Aunay suivait encore la mouvance de la châtellenie d'Auneau dont elle fit partie jusqu'à la révolution de 89.
1777. — « Aunay-sous- Auneau, seigneur M. d'Hariague. — 5 lieues du chef-lieu et de la rivière; — 181 feux; —
(1) Il fallait trois muids de via pour un tonneau qui se nommait communément demy-queue.
(2) Tit. de la baronnie d'Auneau.
(3) Mémoires des bourgs de l'Election de Chartres.
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2,400 septiers de terre (80 perches au septier; 150 arpents de bois; — 120 arpens de vignes; — 80 arpens de prés) (2). »
V église d'Aunay, sous le yocable de Saint-Eloi, est une de ces œuvres gracieuses dont l'art chrétien a doté le pays chartrain au XIII« siècle. Sa longueur intérieure est de 38 mètres, sa largeur de 16 mètres 30 et sa hauteur sous voûtes de U mètres 50. Elle était ceinte anciennement d'une épaisse. muraille qu'on nommait le Fort, dont les fondations sont encore apparentes sur le sol : on ignore Tépoque de sa destruction.
Dans Forigine, elle se composaitde la grande nef actuelle, du chœur et du sanctuaire, appartenant au style roman • de transition, de la fin du XJI» siècle ou du commencement du Xllle. Le bas-côté nord qui ne date que du XIV ou XV* siècle, est voûté en pierres avec nervures et pendentifs; les baies de fenêtres sont garnies de meneaux. Il serait dû^ suivant la tradition, à la munificence de deux frères Laudrin ou Audrin, habitants d'Aunay, selon les uns, de Chenevelle, selon les autres, et qui auraient employé tout ce qu'ils possédaient à cette construction.
Le sanctuaire, de forme circulaire, est éclairé par trois baies à ébrasements profonds. On y remarque un bel autel du XI1« siècle, que M. le curé d'Aunay a découvert, tout mutilé par le marteau révolutionnaire, sous un crépis de mortier revêtu d'une enveloppe de bois pourri qui servait d'autel pauvre pour la Sainte- Vierge. lia table est d'une seule pierre fine et très-dure ; sa longueur est de 2 mètres 20 centimètres, sa largeur de 80 c, son épaisseur de 30 c. La tranche du devant se compose d'un carré, d'un double chanfrein, d'une gorge ornée de 7 rosaces, de quatre chapiteaux ornés de feuillages, un à chaque angle, et deux géminées au milieu; les cinq croix de consécration indiquent
(1) Département de FElection de Chartres, — Etat de recouvrement des tailles.
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— d80 qu'il n'y avait sur cet autel ni tabernacle , ni gradin. Les quatre colonnes qui avaient été brisées, ont été rétablies.
Plusieurs archéologues distingués prétendent que l'autel majeur était avancé au XIII« siècle pour laisser par derrière place pour le presbyterium; la découverte dont nous venons de parler, indiquerait le contraire. La partie ornée était adhérente au mur de Fabside , comme le prouve la maçonnerie sur laquelle reposait cet autel. Ces savants pourraient dire aussi, en voyant les deux pierres tombales de moines que l'on a trouvées, l'une de prêtre, l'autre de diacre, que le chœur actuel était autrefois occupé par le prieuré de Chenevelle, près Aunay, où l'on voit un reste de chapelle; alors Tautel principal aurait été l'entrée du chœur et celui que l'on a trouvé serait un autel de rétro, autel de matines* Mais nous ne pouvons partager ce sentiment, car les deux piscines que l'on a découvertes dans le mur, sont toutes deux placées dans l'abside sous la baie du côté du midi. Les fouilles que l'on pratiqua pour assainir l'église firent aussi rencontrer : les colonnes et le soubassement de l'autel; une partie de la devanture en pierre mince, sur laquelle était gravée une croix, sans doute à l'endroit du sépulcre, à moins que cet autel n'ait recouvert le tombeau d'un martyr; et enfin des pots à charbon et des débris d'étoffes provenant de diverses sépultures que renfermait l'église (1).
Du côté de l'Épitre, on voit une belle piscine à double cuvette avec colonnes, moulures, clocheton, chapiteau, colonnes, etc. Le marteau démolisseur ne l'avait pas plus respectée que l'autel, et VArmarium ou sacraire, qui se trouve à droite, avait aussi disparu en partie, pour faire place à des boiseries style Louis XV.
Ce sanctuaire qui a été restauré dans son état primitif avec l'autel, la piscine et le sacraire, est fort intéressant et digne d'être visité.
(1) Ces pots et ces débris ont été donnés au musée de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, par M. Hue, curé de la paroisse.
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Le chœar se compose de deux travées avec baies étroites et à lancettes; la nef en a trois. Toutes les voûtes sont en pierres, soutenues par de belles nervures qui reposent sur autant de colonnes ornées d» leurs bases et chapiteaux.
La façade est éclairée par trois baies à lancettes ; quatre contreforts aigus soutiennent le pignon. La porte placée au milieu, du même style que Téglise, ornée de quatre colonnes, a 3 m. 80 c. de hauteur, sur 1 m. 75 c. de largeur. La porte, de forme arc surbaissé, avec ses moulures, clochetons, dais, etc., est fort curieuse; la statue qui la décorait a été brisée pendant la Révolution de 93.
A Tangle du transept nord, où Ton a étahli la sacristie, se trouve Tescalier qui conduit aux coml)les et au clocher qui s'élève au-dessus du chœur. Ce clocher, l'un des plus beaux du diocèse, est construit en pierres avec charpente en fer, couverte d'ardoises, et date du XIII« siècle: il a 40 mètres de hauteur. Ses huit baies à lancettes ornées de colonnes, trèfles, chapiteaux, et ses deux ceintures de chimères grimaçantes, en font une magnifique lanterne.
La restauration de l'église d'Aunay, ce petit chef-d'œuvre d'architecture, a été terminée en 1862.
Le puits de Saird-Eloi, situé à côté de Téglise, a une profondeur de 8 à 10 mètres; son eau est réputée pour avoir la propriété de conserver la santé aux bestiaux; sa structure remarquable par son antiquité, rappelle les constructions celtiques. L'entrée se trouve aujourd'hui appuyée au sud contre le mur de l'église dans lequel on aperçoit encore la trace de la porte qui communiquait à l'intérieur et que l'on a bouchée depuis longtemps. On y descend par un escalier tortueux d'un mètre de large, taillé grossièrement dans le roc et couvert de grosses dalles de pierres brutes et plates, semblables à celles des allées couvertes des Gaulois. Au bas de cet escalier se trouve un petit récipient circulaire taillé aussi dans le roc, qui était autrefois rempli d'eau, et dans lequel on en puiserait à peine quelques litres. On
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attribue raltération de cette source à la perforation de plusieurs puits dans le voisinage. C'est encore là une de ces fontaines sacrées dont nous avons parlé (p. 130) et qui fut, dans les premiers siècles, Tobjet d*un culte ou d'un pèlerinage.
Outre réglise et la maison curiale, Aunay possède une école de garçons construite en 1845, avec logement pour rinstituteur, et dans laquelle se trouve au rez-de-chaussée, une salle destinée aux réunions municipales et au dépôt des archives. L'école des filles, avec logement pour Tinstitutrice laïque, a été bâtie en 1828 contre l'église. Près de la mairie se trouve une remise pour la pompe à incendie et ses accessoires, dont l'acquisition a eu lieu en 1848.
Les registres de Fétat civil ne sont pas antérieurs à 1700.
Au XlIIe siècle, Aunay comptait 170 paroissiens; — en 1736, 360 communiants et en 1777, 181 feux.
Les recensements généraux de la population lui donnent:
En 1816 974 habitants.
En 1836 1,006 —
En 1846 1 ,022 —
En 1856 1,060 —
En 1806 1,055 —
Ce dernier chiffre se répartit de la manière suivante entre le chef-lieu de la commune et les hameaux qui en dépendent :
Population agglomérée :
Maisons.
Ménages.
Habitants.
Aunay
Quartier des Pattes . .
— • du Grand-Mont.
— du Petit-Mont .
— de la Rue . .
— de la Vallée . .
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Population éparse :
Bretonvilliers 5
Chenevelle 2
Magenla 1
Maison de garde 1
Malassis 2
Nélu .• 12
Les recensements antérieurs mentionnent encore: le quartier du Marchais, 3 maisons^ 4 ménages et 14 habitants; — La Boissière (\), 7 habitants; —La Croix-de-Fer , 60 habitants, réunis au Grand-Mont, — un moulin à eau détruit en 1841.
I. Bretonvilliers. — Celte localité figure au nombre de celles où Tabbaye de Saint-Père-en-Vallée de Chartres avait des possessions qui lui furent rendues ou confirmées par Ragenfroy, évêqùe de Chartres — vers Tannée 954 — « m Bertoni-Villare quartarium unum (2). » Le mot villare indique que, dans Torigine, il y avait là un domaine rural qui prit le nom de son propriétaire ou colon. Au XIII® siècle les deux mots étaient réunis; nous trouvons Robert de Rretonvilliers « Robertus de Bretonvillari » comme témoin dans un accord fait en 1207 entre le prieur d' Anneau et le seigneur d'Oinville-sous- Anneau (3).
Dans l'origine, les terres qui composaient les fiscs comprenaient des habitations plus ou moins rapprochées, plus ou moins nombreuses, dont les différents systèmes formaient, suivant le cas, une villa, une villula, imvillaris. M. Guerard pense que, dès le VIIP siècle, on doit entendre
(i) Ancien fief, appelé la Boissière-Patue , en 1619.
(2) Cart. de Saint-Père , p. 53.
(3) Voir ci-dessus, p. 105.
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en général par villa un village, avec son territoire; et par villaris^ un hameau avec les terres qui lui appartenaient. Il n'était pas rare que la villa eût une église et formât une paroisse rurale; tandis que le villaris n'était, dans le principe, qu'un écart ou une dépendance de la villa. Le terme de villula paraît avoir eu la même signification que celui de villaris. Du reste, la valeur du nom devait changer avec l'état de la chose : ainsi des villaris s'étant agrandis dans le cours des siècles, devinrent eux-mêmes des villa et formèrent des paroisses; et quoique leur condition fût modifiée, ils n'en conservèrent pas moiûs leur ancienne dénomination.
Bretonvilliers est aujourd'hui un hameau situé au sud et 3 kilomètres d'Aunay; il est composé d'une ferme, domaine principal, et de six autres maisons rassemblées, construites en pierres et couvertes en tuiles plates : l'unique industrie des habitants consiste dans la culture des terres. Un puits communal de 40 mètres de profondeur, sert à leur alimentation, et une mare commune, mais conservant mal l'eau, est destinée à l'usage des bestiaux.
Le chemin de grande communication n^ 7 de Chartres à Êtampes, passe par ce hameau, et c'est là que s'embranche sur cette voie, le chemin no 49 d'Auneau à Pithiviers, par Janville et Toury.
Le 44 avril 4844, les ouvriers occupés aux terrassements du chemin n° 1 ci-dessus, trouvèrent, à 50 cent, environ de profondeur, les ossements de plusieurs corps humains qui se réduisirent en poussière lorsqu'on y toucha, excepté une tête à laquelle il manquait la mâchoire inférieure et qui paraissait avoir appartenu à un homme robuste. Dans le premier moment, on fit remonter l'existence de ces ossements à l'année 4587, époque de la défaite des Reîtres; mais on ne tarda pas à revenir sur cette opinion. Et d'ailleurs on sait que cette défaite eut lieu à Auneau même (1).
(1) Voir ci-dessus , p. 85.
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Les travaux de terrassement furent continués; on fouilla 70 mètres de terre dans l'espoir de trouver quelques débris d'armes ou autres qui auraient éelairci ce point de notre histoire. On trouva encore plusieurs squelettes à l'angle d'une pièce de terre qui dépend de la ferme de Bretonvilliers; les corps étaient^ comme les premiers, enfouis à 50 centimètres de profondeur et se trouvaient placés à l'extrémité du chemin de Chartres à Étampes, au nord-est de Bretonvilliers. Le dernier squelette découvert le 12 au matin, était placé la tête au sud et les pieds au nord; Tos frontal était enfoncé, la télé était remplie de terre, la mâchoire inférieure était encore garnie de toutes ses dents assez bien conservées. Malgré les précautions prises, les os se brisaient au moindre effort; il a donc été impossible d'enlever le corps intact.
On n'a trouvé qu'une petite pièce de monnaie de cuivre portant le nom de Gaston" V. F. P. D ; le revers était entièrement oxidé. Cette pièce semblable à plusieurs qui ont été trouvées dans notre département et qui portent ordinairement le millésime de 1650, doit se rapporter à Gaston d'Orléans, oncle de Louis XIV. On sait qu'après la mort de sa femme Marie, en 1632, il devint usufruitier de la principauté de Bombes et mourut en 1660; la date de cette monnaie doit donc être placée entre les années 1634 et
Dans la parcelle section E n^ 422, qui longe le chemin de grande communication no 7 et fait face à la mare, on rencontre des traces de constructions du Moyen-Age ; une cave voûtée existe encore dans son entier sous le sol. Au bout de cette pièce de terre se trouve celle qui renfermait les squelettes dont nous venons de parler; si, comme le veut la tradition, il y a eu autrefois un couvent dans ce lieu, ces corps ne seraient-ils pas ceux des religieux morts dans le couvent et enterrés dans le cimetière attenant à leur habitation ?
Les titres de la châtellenie d'Auneau mentionnent le <i fief
et seigneurie du fief Savlge assis à Brelonvilliers, paroisse d'Aunay. »
II. Chenevelle. — Écart à 2 kilomètres au nord-est d'Aunay, se compose d'une ferme avec de vastes bâtiments et d'une maison de maître bâtie en 1847; toutes deux construites en pierres et couvertes en ardoises, tuiles plates et chaume. L'existence de cette ferme est ancienne, car nous la trouvons mentionnée en 1289 sous le nom de Ckenevelles (la villa ou ferme du Chesne), dans le cliarlrier de la léproserie du Grand-Beaulieu près Chartres. C'est sans doute ce qui a donné lieu à la tradition conservée dans le pays, qu'il y avait à Chenevelle un prieuré ou une habitation de moines. Une mare conservant bien l'eau et située devant la ferme dont elle dépend, est destinée à l'usage des bestiaux; un puits particulier de 33 mètres de profondeur sert aux besoins des habitants.
III. Magenta. — Maison isolée, nouvellement construite : son nom rappelle le souvenir de l'un de ces illustres épisodes qui ont immortalisé l'armée française pendant la guerre d'Italie en 1859.
IV. Maison de garde. — Habitation de l'un des gardesbarrières sur la ligne du chemin de fer.
V. Malassis. — Ancienne ferme, aujourd'hui abandonnée, située à 3 kilomètres à l'est d'Aunay. Elle appartenait originairement à l'abbaye royale de la Virginité, ordre de Citeaux, et, en dernier à l'État qui l'a vendue le 3 novembre 1830. Nous extrayons ce qui suit du procès-verbal d'adjudication (1) :
« La ferme dite de Malassis, commune d'Aunay-sous- Auneau, consiste en : l» une maison proprement dîte, écurie y attenant, grenier au-dessus; 2 étables, 2 berge-
(1) Arch. départ. d'Eure-et-Loir. — Biens nationaux.
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ries, 1 grange à blé, 1 grange à avoine de quatre grandes travées, 1 petit bâtiment formant volière et poulailler, fournil, hangar, cour au milieu des bâtiments fermée de deux portes dont une charr^ière, en laquelle cour est un puits à eau.
2> 2° 25 hectares 74 ares 25 centiares de terre labourable;
^» 3° 18 hectares 21 ares 74 centiares de terre labourable, audit lieu;
» 4<> 18 hectares 9 ares 28 centiares de terre labourable;
» 50 2 hectares 47 ares 52 centiares en bois taillis au bout de la pièce n» 4 ;
» 60 23 hectares 79 ares 9 centiares de terre dont 9 hectares 90 ares en friche, provenant originairement de V abbaye royale de la Virginité, ordre de Citeaux, et en dernier lieu appartenant à TÉtat; affermée par bail emphy théotique du 3 juin 1745 devant Huet, notaire à Mantoue en Vendomois, pour 99 ans, moyennant 330 fr. et les contributions.
» Mise à prix : 10,947 fr.
j> Vendue pour 28,800 fr. au sieur Charles-François Foiret, cultivateur à Auneau et Charles-François Chantard, tanneur à Bonneval, acquéreurs chacun pour 1/2. »
VI. NÉLU. — Hameau à l'ouest et à 2 kilomètres d'Aunay. Nous trouvons cette localité mentionnée au XII« siècle sous les noms de Nellutum et Nerlu, Ils indiquenjt un lieu marécageux dont Tétymologie paraît être la réunion des deux mots Nero et Lutum. Le premier était synonyme de Aqua (eau), chez les Grecs et les Latins (1); le second, Lutum, signifie boue, bourbe, fange, limon.
Odon ou Eudes de Nélu « Odo de Nelluto » est mentionné comme témoin dans une charte de l'abbaye de Saint-Jeanen-Vallée, 1113-1128. Le pape Eugène, par une bulle de 1150, confirme à cette abbaye leurs nombreuses posses-
(1) Grœci recentiores Néron aquam vulgo dicunt, voce corrupta ex Grœco Neros^ humidus.
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sions au nombre desquelles figure la villa Nerlu. Celle circonstance a sans doute donné lieu à la tradition locale portant qu'il y avait autrefois à Nélu un couvent de moines, dit de Saint- Jean, fondé par\n seigneur de Nélu nommé Rongols; mais nous n'avons pu découvrir aucune pièce relative à cet ancien établissement.