THE NEW YORK
PUBLIC LIDRARY
ASTOR, LENOX AND TILDEN FOUf^DATlONS.
Église d'Aunay-sous-Auneau.
DOCUMENTS HISTORiaUES ET STATISTiaUES
SUR LES GOUMCNES
LEVAINVILLE.
L'érection de cette commune ne date que de 1536, mais les noms primitifs du lieu « Leven-Fontana, Levana Fontana, > constatent ranciennelé de son origine. Le mot Let?^n indique^ en effet, Fexistence d'un monument celtique, Menhir ou Peulvan (pierre levée) ; Fontana rappelle le souvenir de Tune de ces fontaines sacrées chères aux Druides. Cette fontaine était sans doute celle du hameau de Oarnet, dont lious verrons que le nom est d'origine celtique.
Le polyptique d'Irminon (1) mentionne le lieu de Levain^ ville au IX® siècle comme appartenant à Tabbaye de Sainl- Germain-des-Prés ; mais son existence est beaucoup plus ancienne, si Ton considère que nous retrouvons en la possession de cette abbaye sous Charlemagne (768-814), la
^1) Dénombrement des manses, des serfs et des revenus de l'abbaye I de Saint-Germain-des-Prés , sous le règne de Charlemagne (ouvrage I publié en 1844 par M. Guérard). — Irminon fut abbé de Saiat?Gerr I main vers 800.
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plupart des biens qui lui avaient été donnés par Charles- Martel (715-741). Levainville faisait partie de la décanie (i) de Giuroldus et du fisc de ^llemeux dont il était éloigné de vingt mille pas (2) : Leven-Fontana, circiter viginti mUlibus pasmum à Villamilt inter Austrum et Eurnm (3). »
A cette époque il y avait à Levainville cinq manses (4) dont trois ingénuités; le Polyptique nous en donne la composition (5).
Le premier manse ingénuile, tenu par trois colons et deux
(i) La décanie se composait de la réauion de plusieurs terres voisines appartenant au même seigneur et soumises à une administration commune, et de la réunion de plusieurs famiUes de tenanciers placés sous les ordres du même chef; l'officier mis à sa tète portait le nom de Doyen — Decanus. — H était chargé sous Tautorité du Maire — major — de la police des terres et des hommes auxquels il était préposé, et de Tacquittement des redevances et des services imposés à ceux-ci au profit du seigneur.
Dans Torigine, la décanie était composée du nombre juste de dix villages ou de dix terres (decem) d'oii lui est venu son nom ; dès le VIHo siècle , ce nombre variait en plus ou en moins , il est même permis d'attribuer à l'institatlon une origine très-ancienne , et de la rallacber à la décurie des Romains. — Les esclaves des villœ , ou serviei rttô^ici des Romains , étaient ordinairement partagés, pour le travail, en plusieurs décuries composées de dix personnes au plus.
(S) Le pas romain valait un mètre 47 centimètres.
(3) Polypt. d'Irminon, tom. II, p. 81.
(4) Pendant plusieurs siècles, c'est-à-dire depuis les premiers temps de la monarchie, jusqu'à la fin de la seconde race au moins; le manse forma la principale base de la propriété rurale. Il comprenait une certaine étendue de terre , avec une habitation et les bâtiments nécessaires à l'agriculture. — Les manses se divisaient en trois classes : « mansi. ingenuiles , lidiles et serviles. » Ces manses connus sous la dénomination générale de manse censuel « mansus censilis » ou manse tenu à cens par un colon , un lide ou un serf, étaient ainsi appelés suivant la nature des redevances ou des services dont chacun d'eux était grevé, et non pas suivant la condition des personnes qui l'occupaient.
(5) Tom. II, p. 81.
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- 5 -^ femmes ayant quatre enfants, comprenait 17 bonniers (1) de terre labourable et deux arpents de pâture :
I. « Valtharius colonus et uxor ejus colona , nomine Isemberga ; et Adalricus colonus ; et Erbuinus colonus de beneficio Teodonis et uxor ejus colona , nomine Gisledrudis. Isti sunt eorum infantes : Grinibaldus, Ërbona , Gisleverga , Aclebolda. Omnes isti manent in Levana Fontana, tenenl mansum i ingenuilem habentem de terra arabili bunuaria xvii , de pastura bunuaria n. Solvunt similiter. »
Au second manse ingénuile , occupé par deux colons et deux femmes ayant cinq enfants, étaient attachés 12 bonniers de terre labourable, un demi arpent de pré, un demi arpent de bois :
IL — t Adalbertus colonus et uxor ejus colona , nomine Rainisma. Istr sunt eorum infantes : Rainardus, Ermuinus, Ragenildis. Et Aldaldus colonus et uxor ejus colona , nomine Widohildis. Isti sunt eorum infantes : Aldoardus, Aldoildis. Isti duo manent in Leven-Fontana. Tenent mansum i ingenuilem , habentem de terra arabili bunuaria xii , de prato dimidium aripennum , de silva similiter. Solvunt similiter. »
Le troisième manse ingénuile, tenu par deux colons et deux femmes ayant cinq enfants, comprenait 14 bonniers de terre labourable, un arpent de pré et un bonnier de pâture :
m. — « Gerulfus colonus et uxor ejus colona de beneficio Amiconis , nomine Sigenildis ; et Randingus colonus et uxor ejus colona, nomine Agna. Isti sunt eorum infantes : Ralfridus, Ulfegaudus, Geroncius, Randingus, Ratburgis. Isti duo manent in Leven-Fontana, Tenent mansum i ingenuilem , habentem de terra arabili bunuaria xiui , de prato aripennum i , de pastura bunuarium i. Solvunt similiter.
« Un colon, sa femme et six enfants tenaient le qua- (1) Le bonnier contenait environ 138 ares.
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trième manse avec 12 bonniers de terre labourable, un arpent de pré, un bonnier de pâture :
IV. — a Ermengaudus colonus ; et Madalgaudus colonus et uxor ejus colona , nomine Agenflidis. Isti sunt eorum infantes : Madalcarius, Maldalgis, Madalberta, ïngoflidis, Sigrada, Madalgudis. Isti duo manent in Leven-Fontana , tenent mansum !, habentera de terra arabili bunuaria xii, de prato aripennum i, de pastura bunuarium I. Solvnnt similiter. »
Le cinquième manse, tenu par trois colons et trois femmes ayant 10 enfants, était composé de 12 bonniers de terre labourable et un demi arpent de pré :
V. — « Nodalricus colonus et uxor ejus colona , nomine Agantrudls. Isti sunt eorum infantes : Nodalgis , Kodalgrima , Nodaltrudis. Et Nodalgaudis colonus et uxor ejus colona , nomine Agenildis. Isti sunt eorum infantes : Nodalbertus , Agenoldus. Et Maurinus colonus et uxor ejus colona , Jiomine Hildegardis ; et Acluinus colonus et uxor ejus colona, nomine Acledrisma. Isti sunt eorum infantes: Aclevoldus , Aclemarus , ^Acloildis » Aida » Aclenildis. Omnes isti manent in Leven-Fontaîia. Tenent mansum i , habentem de terra arabili bunuaria xn , de prato diraidium aripennum. Solvunt similiter. ■
1300. — Levainville faisait partie de la paroisse de BÏeury, et de la miiirie d'Ymeray; le Chapitre de Chartres y levait la dîme du grain et du vin r
« Apud Bluriacum, in métis majorie de Ymeriaco, est quedara décima grani et vini super terris et vineis sitis apud Bluriacum et Vadum-de-Longo-Rege, ubi capitulum habet terciam partem , et apud Levainvillam in dicta parrocbia ubi capitulum habet sextam partem (1). ï
1344. — Robert de Vieux-Pont et de Courville, chevalier, amortit, au profit de la chapelle Saint-Louis d'Auneau, quatre muids et demi de terre au terroir de Levenville (2).
(1) Cart. N.-D. de Chartres, tom. II, pag. 833.
(2) r^ous avons donné le texte de celte charte dans TAnnuaire de 1867, pag. 83 (Historiq. de la Baronnie d'Auneau).
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Au XVI« siècle , Levainville dépendait encore de la pa» roisse de Bleury, quoiqu'il y eût déjà une chapeUe fondée par Georges de Cochefilet, Tun de ses seigneurs, sous le vocable de Notre'Dame-de-Lorette.En 1536, Jeanne d'Angest, sa veuve, dame de Levainville, voulant mettre fin aux justes plaintes de ses vassaux qui ne pouvaient assister aux offices dans Téglise de Bleury à cause de sa grande distance de Levainville, surtout pendant l'hiver et la saison des pluies, obtint de Louis Gaillard, évêque de Chartres, Férection de cette chapelle en église paroissiale. Les hameaux de Levainville, de Garnet et du MouHn-de-Ville furent distraits de Bleury et formèrent la nouvelle paroisse de Levainville. Au nombre des anciens titres de l'église et fabrique de Levainville, conservés aux archives d'Eure-et-Loir, nous avons été heureux de trouver copie du dictum de la sentence (1) rendue à cet effet; ce titre inédit nous a paru offrir assez d'intérêt pour être reproduit iw-cxfewso. Envoie! le texte et la traduction :
« L'an du Seigneur mil cinq cent trente six, le samedi vingt troisième jour du mois de décembre.
« Au nom du Seigneur, ainsi-soit-il. Vu le procès mu dans notre auditoire au sujet de la nouvelle chapelle de la bienheureuse Marie de Lorette à Levainville, en dehors des limites de la paroisse de Bleury, \^ dite chapelle érigée en église paroissiale par dame Jeanne d'Angest, veuve de feu Georges de Cochefilet, chevalier, en son vivant seigneur temporel de Vaucelas et de Levainville ; ladite dame agissant en son nom et comme ayant la garde de Jacques de Cochefilet, encore mineur, fils et unique héritier dudit Georges, tant pour elle que pour les habitants dudit lieu de Levainville et lieux circonvoisins, Garnet et le Moulin-de-Ville; vu
(1) Cette pièce rectifie la date de 1560 donnée par nous, dubilati- Yement da reste , à la fondation de l'église de Leyainville, dans notre Dictionnaire des communes d* Eure-et-Loir y p. 10, n» 6. ^ Année
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les causes et moyens de ladite érection exposés dans la requête de la suppliante, et plusieurs raisons contraires résultant des lettres de dotation de ladite chapelle pour en foire une église paroissiale; vu le consentement de circonspect homme François- Disque, archidiacre de Chartres, conseiller de notre seigneur et roi en sa cour du parlement de Paris; vu la déclaration de vénérable homme Jérôme Moderne, curé de Bleury, docteur en théologie, et des vénérables doyen et chapitre de Chartres; vu le désistement d'opposition des gagers et paroissiens de Téglise de Bleury , l'acceptation de ladite dame requérante audit nom, et les dépositions des témoins tant sur les causes et moyens que sur la nécessité de séparer ladite chapelle de la paroisse de Bleury et l'avantage de son érection en église paroissiale; après avoir entendu le promoteur des causes de l'official de notre cour, attendu qu'il appert légitimement de ce qui précède et qu'il est constant pour Nous que la ville de Garnet, le Moiûin-de-Ville et Levainville sont tellement éloignés de l'église paroissiale de Bleury que pendant l'hiver, surtout dans la saison des pluies, les paroissiens ne peuvent y arriver sans grande difficulté, d'où résulte qu'ils ne peuvent en temps opportun assister aux offices divins ni recevoir les sacrements de l'église, principalement les enfants, les infirmes et les femmes en couches, sans compter ceux qui sont en danger de compromettre ainsi leurs affaires domestiques; considérant, que ni le curé lui-même ou son chapelain, dans les cas imprévus d'infirmité ou de mort et surtout lorsque les femmes sont en couches, ne peuvent en temps opportun apporter des secours à leurs paroissiens ou leur administrer les sacrements; considérant qu'il en est déjà résulté de nombreux et grands inconvénients, et qu'il est vraisemblablement à craindre de les voir se renouveler dans la suite ; que d'ailleurs le desservant de l^église de Bleury peut convenablement subvenir à ses besoins sans les revenus desdits lieux de Levainville, de Garnet et du Moulin-de-Ville, Nous, suivant notre devoir, pour le re-
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mède des âmes, des corps et des intérêts des paroissiens desdits lieux et de leurs successeurs, accueillant avec bienveillance, comme étant louable, sainte, juste et raisonnable, la supplique de ladite dame Jeanne d'Angest, pour l'accomplissement du salutaire dessein et de la pieuse intention dudit chevalier Georges de Cochefilet, son mari, libéral fondateur de ladite chapelle, approuvons et homologuons en premier lieu le revenu de trente livres tournois de rente (environ 800 francs) appartenant à ladite Jeanne et par elle donné et assigné sur la terre et le domaine de Levainville, comme dotation de ladite chapelle, pour Tusage du prêtre de la paroisse, à charge de célébrer dans ladite chapelle le service di^^n comme on a coutume de le faire dans réglise paroissiale de Bleury, en y ajoutant un psaume et des oraisons pour les morts à la messe et aux Vêpres paroissiales, selon qu'il est contenu plus expressément dans les lettres rédigées à ce sujet. Ensuite , par la même dévote, honnête et opportune occasion, Nous confirmons ladite chapelle élevée à Levainville sous 1^ vocable' de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de sa mère immaculée la Vierge Marie de Lorette, et Nous V érigeons à perpétuité en église paroissiale et bénéfice curial, et nous rétablissons avec un cimetière, une croix boisée, un sacraire, une fontaine baptismale, un clocher, Tétendard de la croix, un processionnal, un presbytère et autres droits et insignes paroissiaux quelconques, en faveur desdits Jeanne, Jacques et des autres habitants présents et à venir de Levainville, de Garnet et du Moulinde-VilIe, autrefois paroissiens de Bleury, les exemptant de toute obéissance et sujétion à ladite église de Bleury, et Nous les assujettissons à Tégection de l'église, du presbytère et du cimetière de Levainville, à leur réparation et entretien , et à toutes obligations quelconques envers ladite église et son curé, suivant la coutume du diocèse de Chartres. La présentation actuelle du curé dans la dite église et toutes les fois qu'elle deviendra vacante de quelque manière que ce soit, appartiendra à Tarchidiacre de Chartres, mais la.
collaUon et toute institution de la cure appartiendra à Nous et à nos successeurs. L'évêque et Tarchidiacre auront chacun sur le desservant et les paroissiens précités la juridiction accoutumée telle et aussi étendue qu'ils avaient auparavant sur le curé et les paroissiens de Bleury, avecle droit de synode et de garde des processions de la Pentecoste ou des cires, et autres droits et redevances dus à Tévêque et à l'archidiacre sur le dit recteur ou curé de Levainville, comme ils les avaient et les ont encore sur le curé et Féglise de Bleury. Pour subvenir à ces charges, le curé de Levainville percevra pour son gros six setiers de grain que jusqu'à présent le curé de Bleury avait à prendre sur la grange des dîmes à Bleury, par les mains du doyen et chapitre de Chartres ainsi que de l'abbé et couvent de Sainl- Jean-en- Vallée de Chartres. Lesdits paroissiens de Levainville, de Garnet et du Moulin-de- Ville rendront audit recteur ou curé toutes et chacunes des menues dîmes et la portion des grosses dîmes qu'ils avaient coutume de fournir pour les terres situées depuis le grand chemin de Paris vers Carnet et Levainville, sans piifiuclice du droit de percevoir par les mains des doyeû et chapitre de Chartres la moitié des grosses dîmes de l'ancienne paroisse de Bleury, droit auquel nous n'entendons point déroger par les présentes.
Prononcé judiciairement par révérend père en Jésus- Christ et seigneur dom Louis, par la grâce de Dieu etda Saint-Siège, évoque de Chartres, séant dans son auditoire pour tribunal, en présence : de maître Guillaume Le Blanc, occupant au lieu de maître Jean Péan, absent; du procureur de ladite requérante et de ses adjoints, et aussi dudit Leblanc, procureur dudit cur^ de Bleury; de maître Jean Gazicr, procureur du grand archidiacre de Chartres; de maître Philippe Percheron, procureur des môme doyen et chapitre de Chartres, et en l'absence de maître Jean Thevard, procureur des autres intimés opposants. »
1336. — « Âiino Domini mUIesimo quingentesimo trigesimo sexto, die sabbati vigesima ter lia mensis decembris.
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« In Domine Domini , Amen. \iso processa in aaditorio nostro agitâto super uove capelle Béate Marie de Laureto aptid Levainvillam infra fines parrochie Bleuriaci, in parrochialem eccîesiam erecHone per dominam Johannam ab Ângesto Viduam defancti GeorgU a Gochefiletto , milite , dum viveret dominus temporalis Yantelasîi et Levainville, sao et Jacobi a Gochefiletto sui et dicti Georgii fîlii et heredis unie! annis minoris gardiano nomine , tam pro se quam pro habitant!bus in dicto loco de Levainvilla et locis vicinis de Gameto et MolendinO'de-Villa, secum adjuuctis supplicantis requisita causis et mediis dicte erectionis concludentibus nonnulUs rationibus in conlrarium litteris dotationis ejusdem capelle pro parrocbiali ecclesia , consensu eircumspecti viri Francisci Disque archidiaconi carnotensis, domini nostri Régis in parlamenti curia parisius consiliarii , nec non Venerabilis viri Hyeronirai Moderni curati de Bleuriaco, doctoris in theologia et venerabilium decani et capituli Carnotensis declaratione , raatriculariorum et parrocbianorum ecclesie de Bleuriaco opponentium desistencia, prefate domine requirentis nomine quo procedit acceptatione, depositionibus testium super causis et mediis ac necessitate divisionis supradicte parrochie de Bleuriaco et commoditate erectionis prelate capelle in parrochialem , cum acto ad audiendum jus audito promotore causarum officii curie noslre, quia nobis légitime constitit et canstat quod villa de Gameto, Molendinum-de-Villa et Levainvilla tanium distant a parrochiali ecclesia de Bleuriaco , ut tempore hyemali maxime cum pluvie incidunt, non possunt parrochiani sine magna difficultate ipsum adiré, undë non valent congruo tempore ecclesiasticis officiis interesse nec recipere ecclesiaslica sacramenta pênes presertiln et pueri ac invalidi et pregnantes, ut etiam in his qui potentes sunt periculum rei familiaris et domesticie non omittamus, nec curatus ipse aut ejuscapellanus repentinis occurentibus casibas infirmitatis \el mortis et maxime parturieniibas mulieribus opportune succurrere seu sacramentorum sulTragium prebere possunt. Et quod hinc evenerunt multa et magna inconvenientia que etiam ne in fuiurum, quod est verisimile, iterum evenîant limetur, quodque minister dicte ecclesie de Bleuriaco , prêter proventus dictorum locorum de Levainvilla , Garneti et Molendini-de-Yilla, convenienter sustentari potest, Nos, officio nostro , pro rejnedio animarum corporum et rerum parrocbianorum dictorum locorum et successorum suorum , laudabilem , sanclam , justam et rationabilem prefate domine Johanne ab Angesto supplicationëm benigno favore prosequentes, ad consummationem salutaris propositi et pie mentis supradicU mititia Georgii a GocbefileUo ejus mariti , dicte
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capelle liberalis Jtaudatoris , imprimis annuuin redditom triginta librarum Turonens. prefate Jobanne pertinentem etper eam collatum et assignatum saper terram el domiDium de Leyainvilla in dotatiooem dicte capelle ad usus sacerdotis ejus parrochialis, approbamos et homologamus, ad onus celebrandi iD dicta capella divinum offîcium sîcut in ecclesia parrochiali de Bleuriaco celebrare solitum est, adjectis psalmo et orationibus pro defunctis in missa et vesperis parrochialibas, proot in litteris super hoc confectis expressius continetur. Deinde per devotam , honestam et opportunam occasionem , supradictam capellam nomini domini nostri Jesu>Ghristi et ejus genitricis immacula te Virginis Marie de Laureto apud Levaio'irillam eonfirmatam in parrocbialem ecclesiam et beneficium curatum perpetuum erigimus et constitoimus cum cimiterio , cruce buxata , sacrario , baptismal! fonte , campanali , vexillo crucis , processiouali , presbiterio , et aliis insignis et jaribus parrocbialibus quibuscumque pro dicta Johanna , Jacobô pro reliqois habifantibus nunc et in futurum apud Levainyillam , Gametum et Holendinum- de-Villa olim parrocbianis de Bleuriaco, illosab observatione et objectione predicte ecclesie de Bleuriaco absolutos, presbiterii edificationi ecclesie et cimiterii de LevainYilIa reparationi et interteutioni ac aliis quibuscumque pari*ochiaIibus obligationibus erga dictam'ecclesiam et curatum ejus secundum consuetudinem diocesis camotenxîs subjicientes. Curali autem in dicta ecclesia presentalio nunc et quotiescumque ac quomodocumque yacabit, ad arcbidiaconum Carnotensem ; collatio yero et quevis institutio ad nos et successores nostroâ pertinebit. Habebit uterque et episcopus et archidiaconus in rectorem et parrocbianos predictos solitam juridictionem qualem et quantam olim et nuper habebat in curatum et parrocbianos de Bleuriaco, eum jure synodi, et processionum Penthecostes custode vel ceramm, et aliorum jurium et debitorum episcopalium et arcbidiaconatum in dictom rectorem seu curatum de Levainvilla sicut habebant novissime et habent in -curatum et ecclesiam de Bleuriaco. Pro quibus oneribus snpradictis etiam ad bec sextaria sex grani de grosso, quod hactenus curatus de Bleuriaco in granchia decimarum apud Bleuriacum per decanam et capilulum carnotens. ac abbatem et conyentum sancti Johannis-m- Yalle carnotens. percipere solitus est , capiet curatus de Leyainvilla. Reddent dic(o curato seu rectori predicti parrocbiani de Levainvilla , Garneli et Molendini-de-Villa omnes et singulas minutas décimas et eam portionem grossarum deçîmaram quam curato de Bleuriaco prèstare solebant pro terris que a magno itinere parisiens! versos Garoetum et Levainvillam site sunt, sine prejudicium juris percipiendi per
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decanum et capîtuluiû Camotenses medietalem gros&arum decimanim in parrochia veteri de Bleoriaco , cui per présentes derogare noti inteDdimos.
« Lafa judicialiter per reverendum in Ghristo patrem et dominum domnum Ludovicum Dei et sancte sedis apostolice gratia carnotensem episcopum in suo auditorio pro tribunali sedentem, in presentia magistrorum Guillelmi Le Blanc occupantem loco magistri Johannis Pean absentis, procuratoris dicte actricis requirentis et adjunctorum , ac etiam dicti Le Blanc, procuratoris jam dicli curati de Bleuriaco, magistri'Jobannis Gazier, procuratoris ejusdem majoris arcbidiaconi carno tensis, magistri Pbilippi Percberon, procuratoris eorumdem decani et capituli Garnotensis, et in absentia magistri Johannis Tbevard procuratoris aliorum reorum opponentium. »
Après son érection en église paroissiale, la chapelle de Notre-Dame de Lorette ne conserva point son vocable; elle fut placée sous Tinvocation de Saint-Gilles , (1) , patron actuel, dont la fête se célèbre le premier septembre.
Cette église, isolée et placée entre Levainville et Gamet, présente un rectangle de 20 mètres de longueur sur 8 mètres 50 c. de largeur, avec un croupe polygonale formant un demi hexagone régulier. Elle est construite en moellon avec baies, angles et contreforts en pierre de taille — couverture en tuiles. Elle se compose d'une nef longue de 12 met. 50, et du chœur à gauche duquel se trouve le Iranssept (7 met. 50); la sacristie est un petit bâtiment irrégulier attenant au nord-ouest du chœur et au transsept. Un petit clocher, placé dans Tangle^ nord-ouôst de la nef, est construit en charpente de bois de chêne revêtu en planches et couvert en tuiles. — La voûte de l'église est en lambris de chêne; celle du transsept, ancienne chapelle seigneuriale, est plafonnée : des nervures annulaires, partant des angles et des piles, forment voûtes d'arêtes. — L'intérieur est éclairé au sud par 3 fenêtres à plein cintre et le transsept par un œil de bœuf placé dans le côté ouest. Les vitraux
(1) Saint-Gilles, abbé en Languedoc, vivait dans la première moitié du Yle siècle.
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sont en verre ordinaire posés à petites lozanges sur châs^ de plomb. L'absence de fenêtres au nord indique que Ton avait l'intention de construire de ce côté une nef coUatérak qui aurait eu 4 mètres de largeur égale à celle da transsept. — Deux portes. Tune à plein cintre, placée à l'oaest, et une petite, ouverte au sud, donnent accès dans la nef.
Les Mémoires de Guillaume Laisné, prieur de Mondoaville, contiennent un « extraict des litres et papiers estans chez Monsievr de Vaibcelas, en sa maison de LevainvUkj entre Aulneau et le Gué-de-Lauray , près Gallardon-, »
Ce recueil débute par une sorte d'arbre généalogique de la famille de Cochefilet, commençant h Colin de CocheOJet, écuyer, époux de Guillemelte de Hersées, dame de la Pelonnière, Corbonnois et Souazé (\) qui vivait en 1408. — Viennent ensuite de nombreux extraits d'actes des XV», XVIe et XVII» siècles intéressant cette famille et faisant connaître ses alliances avec les familles de Lars, de Létourville (2), de Mauny, des seigneurs de Saint-Aignan, de Hangest, d'Albret de Moissans, de Bailleul de Prulay, de Gruel de la Frette, Arbalesle, de Laubespine. Quelquesunes de ces pièces nous ont paru dignes d'être transcrites :
lo — P. 93. — « Lettres de provisions, intitulées Thibault d'Armignac, dit de Termes, escuyer d'escurie du Roy, bailli de Chartres, et passées par devant Jehan Macé, clerc tabeUion audit Chartres, le vendredi 17 juillet UoO, par révérend père en Dieu Robert (3), évêque de Maguelonne, en faveur de Guillaume de Cochefilet, dit Cochard, escuyer, pour raison du gouvernement et capitainerie du chaslel et place de Montferant. »
(1) Sohé^ commune du canton d'Âuthon, arrondissement de Nogent-le-Rotrou.
(2) Hameau de Boisville-la-Saint-Père , canton de Voves.
(3) Robert de Rouvres tint le siège de Maguelonne de mara 1433 à décembre 1453.
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~ 15 — 2« —P. 94. — « Contrât passé pardevant Pierre Paré, tabellion à Ymeray, sous le Chapitre de Chartres, le mardi 28e décembre 1535, par lequel dame Jeanne de Hangest, veuve de messire Georges de Coche filet, chevalier, seigneur de Vaucelas et de Levainville , tant en son nom que comme ayant la garde noble de Jacques de Cochefilet, écuyer, mineur dudit défunt et d'elle, donne au curé de Saint-Martin Ae Bleury 30 livres de rente à prendre sur 100 livres de rente à elle assignées par son contrat de mariage, et appert par icèlay contrat que le défunt seigneur Georges a fondé l'église porochiale de Levainville, en rhoimeur de Nostre- Dame de Lorette. »
30 — P. 95. — « Contrat de mariage passé le iO juin 1567, entre Jacques de Cochefilet (1), escuyer, seigneur de Vaucelas et de Levainville, d'une part, et demoiselle Marie Arbaleste, fille de noble homme Guy Arbaleste, vicomte de Melun, seigneur de la Borde, conseiller du Roy et président en sa chambre des comptes à Paris, et de damoiselle. Magdelaine Chevalier, sa femme, d'autre patt. »
1670-1721. — € Ley AimiLLE'SoubZ'Gallardon, appartenant à M. le comte de Vaussilardz qui a droit de moyenne et basse justice relevant à Gallardon.
» Plus il y a le hameau de Carnet dépendant de ladicte paroisse, appartenant audit seigneur de Vaussilardz qui a droit de haute et basse justice relevant de Chartres.
» Plus il y a le liameau de Vauzé dépendant de ladicte paroisse, appartenant à M. de Bonnelle qui a droit de moyenne et basse justice relevant à Gallardon (2). »
1726-1730. -^11 y eut procès entre Philippe de la Vergne,
(1) Jacques de Cochefilet fut le père de Rachel, femme du grand Sully.
(2) Mémoire de tous les bourgs de l'étendue de l'élection de Chartres. — Archives d'Eure-et-Loir.
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seigneur d*Aunay, el Charles- Adrien de Ramezay, seigneur de Levainville, pour cens et rentes (1).
La terre et seigneurie de Levainville (2) ayant haute, moyenne et hasse justice, appartint à S. A. Monseigneur Charles de Rohan, prince de Guéménée, comme ayant épousé Elisabeth de Cochefilet de Vaucelas. Après le décès de cette dame arrivé en 1720, cette terre échut, suivant partage du 31 décembre de cette même année, à son fils, S. A. Monseigneur Hercule Meriadeck de Rohan, prince de Guéménée, duc de Monlbazon, pair de France.
En 1756, un bail pour la fabrique de Levainville est passé devant le notaire tabellion juré établi dans les châtellenles de Garnet, le Moulîn-de-Ville, Saint-Cheron-du-Chemin et dépendances, pour Monseigneur le prince et Madame la princesse de Guéménée, seigneur el dame desdits lieux et autres, résidant au château de Levainville (3).
1761. — Par suite du partage des biens de la succession du prince de Guéménée, le 28 décembre, la terre et seigneurie de Levainville passa entre les mains de « très-puissant et très-illustre prince S. A. Monseigneur Louis-René- Édouard, prince rfe Rohan, évesquedeCanople, coadjuteur de Févesché de Strasbourg, abbé commendataire des abbayes de la Chaise-Dieu et de Montmajour, seigneur de Levainville, Garnet, Bm-du-Maàeau et autres lieux. >
1767. — « Le 31 juillet, il en fit la vente, moyennant 150 mille livres, à Robert Caron, écuyer du Roi, payeur des rentes de l'Hôtel-de-Ville de Paris, qui lui constitua une rente de six mille livres. »
(1) Bailliage de Chartres. ~ Archives d'Eure-eAoir.
(2) Les renseignements que nous donnons sur le domaine de Levainville sont extraits de deux actes de vente en daté des 31 juillet 1767 et 30 novembre 1786, qui existent aux archives de l'Hôtel-Diea de Chartres.
(3) Tit, de la fabrique de Levainville,
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4786. — « Robert Caron étant mort sans héritiers , la terre et seigneurie de Levgnville, fiefs et domaines en dépendant, furent vendus par adjudication en Thôtel du lieutenant général de police à Paris, le 30 novembre 1786, a Me Péchiné, procureur au parlement, moyennant la somme de trois cent mille livres. — - Ce domaine se consistait ai^si qu'il*suit :