‹ Documents historiques et statistiques sur les communes du canton d'Auneau, arrondissement de ChartresChapitre 28 sur 36 · VIII. Le fief de la Butte-Marineau · texte numérisé non relu

VIII. Le fief de la Butte-Marineau

« Le fief de la Butte-Marineau qui consiste en haute , moyenne et basse justice, droit de confiscation, forfaiture, épaves et amendes, quatre livres dix sols de même cens, portant lods, vente, saisine, deffautet amende quand

(1 2) Nous donnons quelques détails sur ces deux seigneuries à Târticle du hameau de Garnet (page 24).

, (3) Voir ci-après Tarticle de ce hameau.

(4) Situé sur la commune d'Oinville-sous-Àuneau , dont nous donnons plus loin rhistoriqne.

(5) Situé sur la commune du Gué-de-Longroi. ( Voir V Annuaire de 1867, page 360.

le cas y échet, à prendre sur neuf muids de terre sitoes entre Saint-Cheron-du-Chemin et Champseru.

» Ce fief relevant du marquis de Bonnelle à cause de îe seigneuries et fief de Gallardon^ ËcrignoUes^ Ëstslimqptâ autres endroits. »

€ Les fiefs de Prousteau, du Moulin Guislet, de Pm proche Gallardon , de la Folie ou de Chantepie , de Mamfollet, de Gallardon, du Jardin-Pommeret , de la Mantupi. de la Houssay et de Boncourt, de Vauguimon et de Mâm consistant en menus cens^ rentes seigneuriales et foncièns et autres droits censuels portant pour la plus grande partie lods et ventes^ deifaut^ saisine et amende quand 1; cas y échet.

> Les huit premiers fiefs relevant du dit marquis de Bonnelle.

» Les fiefs de la Houssaye et de Boncourt, relevant delà seigneurie de Saint-Cheron-du-Chemin.

» Le fief de Mircon, relevant de Madame de Morville,2 cause de son fief de Bizau, situé proche Epemon. »

> Cent cinq livres huit sols de rente tant seigneuriaJ(S que foncières, deux poules grasses, dix-huit poulets « vingt chapons dus par différents particuliers à la dite seigneurie de Levainville. »

Résumé des revenues de la terre et seigneurie de LevainvUU en i786.

La ferme de Levainville Le moulin de Ville . .

Le moulin de Longceux Le moulin de Longréau

A reporter

6,215 liv. » s. »d.

Report. . . 8,2931iv. » s. > d.

Location de pièces de terres, prés et vignes situés dans les diverses seigneuries dont nous avons donné le détail i,100 5 9

Les rentes foncières .660 16 9

Le produit du parc (année commune) 1,600 > >

Le droit de champart (ïd.)- . 100 » »

Les cens, lods et ventes (Id.). . . 200 » »

Total 11,954 2 6

Le domaine de LevainviUe fut démembré à la révolution le 93 et le château démoli en partie. Vers le commencenent du siècle où nous vivons, la ferme et dépendances étaient la propriété de la famille de Saint-Loup. Madame [lenouard de Saint-Loup, décédée en 1834, en fit don par jon testament à l'Hôtel-Dieu de la ville de Chartres , qui en îst aujourd'hui propriétaire.

Suivant un bail passé par rHôtel-Dieu en 1847, la ferme le LevainviUe était, louée moyennant le prix annuel de 13,000 fr., sans compter les faîsances et le montant des 3ontributions à la charge du fermier. Ses dépendances contiennent 175 hectares 27 ares 80 centiares, répartis ainsi ju*il suit :

Hectares. Ares. Genliares.

c Maisons, bâtiments, cours. . . 4 61 >

» Terres labourables 165 17 90

» Prés 5 78 20

» Aunaies > 15 60

» Bois-taillis 2 38 30

. Vignes » 16 80

Total égal. . . 175 27 80

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Levainville , situé à 5 kilom. d'Auneau et 21 kilom. de Chartres, s'élève en amphithéâtre au-dessus de la vallée où coule la Voise, dans une position aussi agréable que pittoresque. Son territoire est limité par ceux des communes suivantes : à Test Auneaû et Saint-Symphorien; au sud, Auneau et Oinville-sous-Auneau; à Touest, le Gué-de- Longroi.

Le sol^ calcaire-marneux^ entièrement uni et découvert à Test, mais accidenté et boisé au sud et à l'ouest^ est cultivé sur tous les points.

Les travaux relatifs à Topération du cadastre ont été terminés sur le terrain en 1811 , mais par suite des événements politiques survenus à celte époque, la matrice cadastrale n'a été mise en recouvrement qu'en 1818. D'après cette matrice, la nature et la contenance des propriétés de Levainville se divisent ainsi qu'il suit :

Hectares. Ares. Centians-

Terres labourables 420 59 60

Prés 19 08 01

Vignes. . . . .' 46 95 60

Bois taillis • • • ^ 24 48

, Jardins potagers. ...... 5 02 82

Ozeraies et aunaies. ..•...* 26 94 91

Pièces d'eau 1 17 70

Pâtures » 13 60

Marnières » 07 »

Murgers » 06 80

Terres vaines et vagues .... 3 72 09

Superficie des bâtiments. ... 4 18 29

Total 537 ^ 90^

Cette situation était déjà loin de celle que nous trouvons dans un état dressé en 1777 pour la perception des tailles dans les paroisses du département de l'élection de Chartres:

— « Levainville-soubz-Gallardon — seigneur, M. Carrm — 4 lieues sur la rivière -— 88 feux -— 1,600 septiers

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de terre (80 perches au septier) — 60 arpens de bois et aulnays — 60 arpens de vignes — 6 arpens de prés — 2 moulins. »

Un autre travail fait en i850 par les agents des contributions directes nous fournit les détails qui suivent :

« Levainville est un pays de grande culture sous le rapport agricole, quoique les parcelles y figurent dans une proportion de 9 2/3 par hectare, ce qui est occasionné par la culture des vignes et celle des oseraies et aulnaies qui sont morcellées à Tinfini.

» Les prairies, situées sur les bords de la Voise, sont marécageuses et produisent des foins abondants mais de mauvaise qualité; on- pourrait cependant les améliorer au moyen de quelques travaux de drainage et de terrassements. Plusieurs propriétaires ont tenté ce moyen avec succès; d'autres ont cherché à utiliser ces prairies en y faisant des plantations d'osiers et de peupliers.

> Les vignes, dont la contenance est réduite aujourd'hui à 30 hectares environ, sont situées sur le revers des coteaux, aux expositions du sud et de l'ouest; l'espèce de raisin la plus répandue est celle dite meunier : la qualité de vin est médiocre. Ces vignes peuvent produire, année commune, 3 hectolitres de vin par hectare, ce qui donne une récolte moyenne de 1,090 hectolitres — l'excédant de la consommation locale est vendu dans les environs. »

Les registres de l'état civil de Levainville remontent à 1590, c'est-à-dire presque à l'époque de son érection en paroisse — 1536.

Le pouillé de 1738 donne à la paroisse 240 communiants.

Les recensements généraux de la population constatent :

En 1826 362 habitants.

En 1836 , . 351 —

In 1846 333 —

En 1856 319 —

En 1866 324 -^

On voit par cet exposé que la population va toujours en diminuant depuis 50 ans; on en attribue la cause au pea d'étendue du territoire susceptible d'être occupé, la ferme de Levainville en comprenant le tiers à elle seule^ et aussi à ce que les jeunes gens qui se marient vont s'établir dans les environs.

Les 324 habitants constatés par le recensement de 1866 se répartissent ainsi t^u'il suit entre le chef-lieu et les hameaux qui en dépendent.

Maisons. Ménages. HabiUBli.

Levainville 18 18 65

Beauregard 1 1 3

Gamet 70 73 222

Girafe (la) 1 1 3

MouUn-de-ViUe (le) .... 8 8 31

Totaux. . . 98 101 324

L Beauregard. — Espèce de belvédère de l'ancien château de Levainville, situé à 240 mètres de l'église, et depuis longtemps converti en manoir rural.

IL GmAFE (la). — Ecart et auberge au nord-ouest et à 2 kilomètres de Levainville, sur le bord de la route impériale n° 188, de Chartres à Paris. Cette habitation a élé construite en 1827. '

IIL Garnet. -— Ce hameau, situé au sud et à 600 mètres de Levainville, s'étend en amphithéâtre sur le bord de la vallée où coule la Voue, dans une position tout à fait pittoresque; il se divise en Garnet-Haut et Garnet-Bas.

Ce lieu est appelé Guerné en 1312, dans le Carlulaire da Grand-Beaulieu. Nous trouvons l'étymologie de son nom dans les mots Vern (origine celtique), Vame {origine tentonique) signifiant tous deux Monceau, et devenus Game et Guerne, par la permutation si fréquente au moyen-âge des lettres V et G. Le mot celtique Vern, en breton Gwem,

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désigne un aulne (arbre)^ l'une des principales essences forestières des Gaules. Après la conquête, lorsque César-Auguste imposa la terminaison latine aux villes et aux territoires, Garne devint Garnetum dont nous avons fait Gamet.

Au XYII^ siècle, c'était une châtellenie importante comme l'indiquent les anciens titres que nous allons citer.

Pour constituer une châtellenie, la seigneurie devait être revêtue de quatre caractères principaux, qui étaient : la mouvance immédiate de la couronne ou d'un fief supérieur, tel que comté ou baronnie ; la haute , moyenne et basse justice; le droit de construire un château ou maison forte; et enfin le droit d'établir un notaire ou tabellion Or, nous allons voir que la seigneurie de Garnet jouissait de toutes ces prérogatives.

1643. — « Bail de terres appartenant à la fabrique de Levainville, passé devant Mathurin Marin, tabellion et greffier en la chastellenie , ferre et seigneurie de Garnet, par messire Noël Vacherot, lieutenant de ce bailliage de Garnet, demeurant à.... paroisse de Saint-Remy-d'Auneau (1). »

1669. — a Lettres de Mathurin Maulle, bailly de la châtelenie de Garnet, terre, justisse de Levainville et autres lieux, pour haulte et puissante damme Françoize Angélique Aubry, veuve de feu haull et puissant seigneur messire Charle de Cochefillet, vivant chevalier, conte de Vaunineux, damme de Levainville, Garnet, le Moulin-de-Ville^ Sainct-Cheron-du- Chemin, Saint-Serge, le Moulin-Guillet, la Brosse, le'Masteau, le Boisgasson, Garanlières, lesChesse, Parvancherre, Miramaingne, Mongaudry, Argenviliers, l'Aumône, Monthuan et autres lieux, portant que pardevant Laurent Lanctin, tabellion, commis et estably en la châtelenie dudict Garnet, le Moulin-de- Ville, Sainct-Cheron-du-Chemin, pour Madame des dits lieux, Perrine Foucher, demeurant au dict Garnet, a donné et légué à l'églize de Levainville un cart de vigne

(1) Tit. de la fab. de Levainville.

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assis et située au vignoble de Garnet, champtier des Marmouzets (1). »

1715. — « Devant Jacques Gabriel, tabellion juré de la chastellenie de Garnet, pour M. le prince de Guéménée, seigneur des dits lieux, Germaine Juvault, feinme de Simon Amelinne, vigneron, demeurant à Garnet, paroisse de Levainville, donne et lègue à Téglise de Levainville huit boisseaux de terre assise au terroir à'Aticouville (2) champtier des Poteries. »

1730. — « Legs à la fabrique de Levainville d'un quart de vigne, assis au vignoble de Garnet, champtier des Graviers, tenant d'un bout la ruelle de Garnet à Véglise de Levainville, i

En 1786, la seigneurie de Garnet dépendait de Levainville; le terrier de ce domaine, dressé à cette époque, en donne ainsi la description :

« La seigneurie de Garnet est une châtellenie ayant fiefs, arrière-fiefs, justice haute, moyenne et J)asse, droit de tabellionné et de sceau authentique, poids et mesures, sur les maisons dudit Garnet, confiscation, forfaiture et grave; droit de premier plat de noces qui se font en ladite châtellenie, sinon un écu d'or avec un gâteau et amande faute de payer ledit droit; droit de moulin à vent, de mouture et chasse ; grains sur le village dudit Garnet et habitants dudit lieu; rachapt, marc d'argent, cheval de sen^ice et autres droits féodaux; rentes seigneuriale et foncière, cens, surcens, portant lods, gands, ventes, deffaut, saisine et amande, quand le cas y échet et le pressoir à vin dont il a été ci-dessus parlé, comme compris dans le bail de la ferme de Levainville, avec les terres labourables > prés et aulnays qui composent le domaine de la seigneurie de Garnet.

(1) Fab. de Levainville.

(2) Hameau du Gué-de-Longroi.

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— 27 ~ » Ladite seigneuriQ et châtelleniè de Garaet, relevant de S. A. S. Monseigneur le prince d'Orléans^ à cause de son duché Grosse-Tour et Palais-Royal de Chartres. >

En iSU, les habitants de Gamet, faisant creuser un terrain pour rétablissement d'un puits^ découvrirent à cinq mètres de profondeur une source abondante sur laquelle ils firent établir une pompe qui fournit, avec quatre puits particuliers, Teau nécessaire à Garnet-Uaut, Ceux de Gar^ net-Bas s'en procurent à \di fontaine qui jaillit au bord de la côte^ et se jette dans la Yoise après un cours de quelques mètres.

La Tvmre de Voise passe au bas de Gamet dans la vallée de ce nom après avoir reçu le ruisseau d'Aunay; son cours est du sud au nord-ouest; on y pêche de l'anguille en abondance, du brochet, quelques carpes et gardons, des écrevisses et autres petits poissons.

La fontaine de Cocatry prend sa source dans la contrée de même nom et déverse ses eaux dans la morte rivière de la Voise, après un court trajet.

Il y a tous les ans à Garnet un apport ou assemblée considérable qui a lieu le 8 septembre, fête de la Nativité de Notre-Dame; les habitants des communes environnantes se rendent en foule à ce pèlerinage.

La châtelleniè de Gamet comprenait encore la seigneurie du Masteau, appelée Masetellum au XIII® siècle. Ce mot, le même que Masellus, diminutif de Mansus (hahitatio, domus) indiquait le manoir ou habitation seigneuriale, nommée, au Moyen- Age, Mazelot, devenu, par corruption de langage, Masteau : c'était, en effet, la résidence des seigneurs de Gamet. Nous trouvons celte appellation dans un livrecensier du château d'Arcis-sur-Aube : « Le Galois (doit) pour le dit Mazelot demi courvée. Jehan David, pour un Mazelot, demie courvée. 3>

En 1207, Philippe, seigneur du JJfflS^^at*, figure comme caution d'une transaction passée entre le prieur d'Auneau

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et le seigneur de Oinville, pour la propriété d'une maison à Boisgasson, hameau d'Auneau : « Fidejussores dédit dminum Philippum Masetelli (1) >

Voici quelle était la consistance de la seigneurie du Masteau en 1786 :

« La seigneurie du Masteau consistante en fiefs, arrièrefiefs, justice haute, moyenne et basse (lesquelles justices sont réunies à celles de Garnet), droit de confiscation, forfaiture, droit de rachapt, marc d'argent et profit de fief, rentes seigneurialles et foncières, cens, surcens, portant lods, gands, ventes, deflaut, saisine et amandes quand le cas y échet, droits de vente pour les échanges et de retenue sur tous les héritages dépendant de ladite seigneurie.

> Les justices de la seigneurie du Masteau, relevant de S. A. S. Monseigneur le duc d'Orléans, à cause de son duché Grosse-Tour et Palais-Royal de Chartres.

> La dite seigneurie du Masteau et dépendances relevant de la seigneurie de Beauvoir, proche Dourdan. »

IV. MouLiN-DE-ViLLE (le). — Hameau situé dans la vallée sur le bord de la Voise, dans une position riante et pittoresque,

En parcourant la plaine, les yeux du voyageur doivent être fatigués de la monotonie du paysage, et il lui sera loisible d'éprouver la même satisfaction que l'Arabe qui rencontre une oasis au milieu des sables du désert. Nous laisserons donc à gauche la commune du Gué-de-Longroi, et nous nous égarerons un instant au milieu du gracieux vallon qui se cache, comme un nid d'oiseau, sous la ver- . dure des collines environnantes. D'abord, il faut entrer dans un de ces chemins creux que les paysans du bocage ont appelé Tr aines, et qui jouissent d'une éternelle fraîcheur, grâce aux rameaux entrelacés des ormes et des sycomores qui forment une voûte impénétrable aux rayons du

(1) Tit. du prieuré d'Auneau. — Archives d'Eure-et-Loir.

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soleil. Vous voyez devant vous la bergeronnette trotter gaîment et balayer de sa queue blanche le sable fin du sentier; la cigale, à votre approche, regagne les hautes herbes, et la grenouille verte se réfugie sous les toufifes de cresson. Après quelques minutes de marche, vous débouchez sur une vaste pelouse arrosée par les mille irrigations d'un ruisseau limpide.... et pour peu qu'il vous soit agréable de suivre les sinuosités fleuries de ce ruisseau, vous ne tarderez pas à rencontrer Técluse d'un moulin.... Et maintenant, pendant que vous allez admirer la beauté du paysage, bercé doucement par le clapotement de Teau, laissez-nous vous dire la légende de cette usine.

« Vers le milieu du dix-septième siècle, sur la pente de cette même colline , aujourd'hui boisée , se dressait le château de Villefranche , flanqué de quatre tourelles et tout hérissé de pignons aériens. Depuis cette époque, le vandalisme de 98 a fait rouler au bas de la colline les derniers débris du vieux manoir féodal dont il ne reste plus que la porte d'entrée; l'aubépine fleurit sur ses fondations détruites. Le Aoulin, près duquel nous sommes arrêtés, et dont le toit rouge se détache sur la sombre verdure des platanes qui l'entourent, était une dépendance du château. En 1655, le château était occupé par la marquise de Villefranche , comme héritière de son mari tué à la bataille de Sens, 1648. — C'était une femme qui avait obtenu beaucoup de succès à la cour de Louis XIII, mais que Mazarin avait reléguée dans ce manoir pour la punir d'avoir pris part aux troubles de la Fronde. Le château de Villefranche devint la propriété du comte de Ranizau , par la donation que lui en avait faite le marquis, son compagnon d^armes. Cette même année, où le comte de Rantzau épousa la marquise de Villefranche, Tusine que vous voyez s'appela, par abréviation, le Moulin-de-Ville..., »

Certes, nous nous intéressons beaucoup aux légendes, surtout quand elles constatent un fait historique; mais ici la tradition est en désaccord avec les titres, car nous avons

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- SOvuCp. 41) que le Moulîn-de-Vîlle portait déjà ce nom en 1536 — Molondimm de Villa, — En 1786, c'était encore nne seigneurie qui dépendait du domaine de Levainville (1) et dont voici la consistance à cette époque :

« La seigneurie du Moutin-de-Ville consiste en un moubn à eau, faisant de blé farine, avec le cours d'eau; chambre pour le meunier, fournil, grange, écurie, poulailler, et grenier sur le dit moulin couvert de tuiles, quatorze arpents ou environ de prés faucbables, dont partie sur la seigneurie de Levainville, et l'autre partie en la censive de MM. du chapitre de Chartres, le tout affermé moyennant sept cent cinquante livres par an.

> La seigneurie consiste en outre en haute, moyenne et basse justice, aussi actuellement réunies aux justices de Carnet, en rentes seigneuriales et foncières, c^s, surcens, portant lods, gands, ventes, saisine et amandes quand le casyéchet.

> Les justices du Moulin-de-Ville, relevant de S. A. S. monseigneur le duc d'Orléans, à cause de son duché Grosse-Tour et Palais-Royal de Chartres.

» La seigneurie dudîl Moulin-de-Ville et dépendances, relevant de M. Hariague, à cause de sa seigneurie d'Hoinville. »

Suit la désignation des pièces de terre, prés et vignes dépendant du Moulin-de-Ville et que nous résumons de la manière suivante :

Terres labourables 36 arpents.

Prés 18 Id.

Aunâies. . 1 Id. 1/2

Vignes 5 Id.

Sur les dix-huit arpents de pré, il y avait quatorze arpents faucbables autour du dit Moulin-de-Vîlle en plusieurs pièces situées dans la seigneurie de Levainville.

(1) Voir ci-desBus, page 13.

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« De plas^ il dépend de la location dudit moulin^ le droit de pêche depuis le pré appelé la Pointe-Moriveau jusqu'au Moulin-de- Ville, depuis la grille d'Angle jusqu'au Gué-de- Longroy de droite à gauche , et depuis le Gué-de-Longroy jusqu'au moulin Guislet; les émondes des arbres des peupliers d'Italie, saules et autres, depuis la chaussée du Moulin-de- Ville à Auconville, du Moulin-de- Ville à Angle, du Moulin-de- Ville à Garnet.

» Le Moulin-de-Ville est loué moyennant onze cent douze livres par an, mais qui se trouvent réduites à mil quatrevingt'dîx-huit livres au moyen des distractions faittes d'une mine de terre et d'un minot et demi de terre donnés en échange de prés cédés au sieiir Caron , acquéreur du domaine de Levainville en 1767. »

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