‹ Documents historiques et statistiques sur les communes du canton d'Auneau, arrondissement de ChartresChapitre 29 sur 36 · MAISONS · texte numérisé non relu

MAISONS

Au Moyen- Age , on appelait messum une portion de champ avec un manse ou maison nommée mes dans notre idiome. MesuSy le même que mansus^ désignait aussi une mes. Les mots massa, m^assum, masa, masada, de même origine que marna et mamus, s'appliquaient à une circonscription de terre, ou, Suivant quelques auteurs, à une réunion de plusieurs domaines ruraux.. — Le domaine principal s'appelait c Massa y vUla vel casula. ^ (Maasse, Maïsse.)

Maisons (i), ancien prieuré de l'abbaye de Morigny (2) ,

(1) Les mots maison et maisons, seuls oa joints à un autre mot, forment les noms de 45 communes de France et de 70 hameaux ou écarts dans Eure-et-Loir. — Il ne faut pas perdre de vue que , pendant plusieurs siècles, comme nous l'avons déjà dit, c'est-à-dire depuis les premiers temps de la monarchie jusqu'à la fin de la seconde race, le manse, mansus^ forma la principale base de la propriété rurale.

(2) Morigny est un viUage dans rarrière-vallée de la Juive, à trois kil. N.*E. d'Ëtampes. Son abbaye, de Tordre de Saint-Benoit, avait été fondée au XI« siècle. Les rois et les seigneurs comblèrent de biens

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est appelé Mesuns,.en 1120^ dans les chartiers de. cette abbaye: étymologie parfaitement identique à celle que nous venons d'indiquer.

En 4087, nous voyons un seigneur nommé Geoffroy donner à Tabbaye de Coulombs l'église de Maisons (1) , < ecclesiam de Mansionibus , > qui dépendait du diocèse de Chartres comme celle de Maisons (Eure-et-Loir). Afin de les différencier, la première paroisse fut appelée Maisons-sur- Seine « MesonS'SuperSecana », et la seconde, Maisons-en- Beauce, « Domus4n-Belsia, » Ces deux mutations sont consacrées par un pouillé du diocèse, dressé vers 1250, qui donne à notre Maisons 96 paroissiens; la cure, valant 10 livres de revenu, était à la collation de Tabbé de Morigny. Un autre pouillé de 1736 donne à la paroisse de Maisons-en- Beauce 220 communiants et porte le revenu de la cure à 500 livres.

Nous la trouvons ainsi désignée dans un état des paroisses de FElection de Chartres , dressé pour la perception des tailles en 1777.

c Maisons-en-Beatice , seigneur, M. de Brissay. — 6 lieues du chef-lieu et 2 de la rivière. — 65 feux. — 1,300 setiers de terre (80î)erches au setier). — - 45 arpents de bois. — 1 moulin à vent.

» A Maisons- en-Beauce, il y a haulte, moyenne et basse justice, appartenant au sieur abbé de Morigny, qui ne

ce monastère, et Philippe P^ entre autres, lui fit don de toutes les églises du vieil Etampes, fondées du temps de Robeft. — Il ne reste plus de l'ancienne abbaye qu'une petite chapelle digne d'intérêt. — Les ruinas du château de Brunehaat et celui de Jeure se remarquent sur cette commune. — On voyait auUrefois au hameau de Champigoy , un château dans lequel vint se retirer, après sa disgrâce, la belle Diane de Poitiers.

(1) Maisons- sur -Seine, bourg à 9 kilomètres de ISaint-Germain (Seine-et-Oise).

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s'exerce point : vont plaider en première instance à Morigny. ï

Lors de la formation du département d'Eure-et-Loir, en 1790, Maisons ât partie du district de Janville et du canton de Sainville. Elle fut placée au nombre des communes qui composèrent le canton d'Auneau, constitué en 1801.

Cette commune, située dans la plaine, à 8 kilom. d* Anneau et à 28 kilom. de Chartres, est dépourvue d'eaux courantes, mais elle possède 6 puits, dont 3 communaux, ayant 30 mètres de profondeur , et deux mares communales. Quelques bois situés tout à proximité du village , lui donnent un aspect pittoresque et rompent la monotonie agreste de ces vastes plaines.

Son territoire, calcaire marneux, uni et presque entièrement découvert, est limité par ceux des communes suivantes : au nord, Sainville; à Test, Sainville et Léthuin; au sud, Léthuin et Morainville; à l'ouest, Denonville et la Chapelle-d'Aunainville.

L'ancienne voie romaine de Paris à Blois, connue dans le pays sous les noms de Chemin-des-Bœufs , Route de César ^ est encore très -visible et très -apparente; elle sert de limite à l'est, entre les territoires de Maisons et de Sainville, sur une étendue de 1,600 mètres.

Nous n'avons aucun renseignement sur l'état de Maisons sous l'occupation romaine, mais nul doute que les vainqueurs des Gaules n'y aient fait un long séjour, comme paraissent l'indiquer les ruines et antiquités que nous allons exhumer.

Dans les parcelles n»" 459 et 460 du plan cadastral, section A, près de la contrée de fa Cave à la Sourde, on a trouvé dans le sol des traces d'antiques constructions galloromaines, de nombreux débris de tuiles plates à rebords ^ de grosses tuiles creuses et des tessons de poterie.

Les parcelles m» 81 , 82, 84, 87, 88, 91, 92, 95, 96 et 97 de la section B, situées dans les contrées des teir es-noires et des murgers, offrent aux regards des terres noires mêlées

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-aide charbon et de tessons de poteries de diverses couleurs; on rencontre partout des fondations d'antiques constructions d'oîi Ton a exhumé de nombreux débris de tuiles plates à rebords, de grosses tuiles creuses ^ ainsi que des monnaies romaines en argent^ en grande moy^ et petit broiue : ces substructions avoisinent Tancienne voie romaine précitée.

Sur un autre points dans les parcelles xk°^ 407, 461 et tëî de la section G^ faisant partie des contrées de Y Infirmerie et de la Fos$e'aua>-Mort$^ on a découvert de semblables substructions^ parmi lesquelles on a trouvé deux petites meules de moulins à bras (molœ trusatiles), une sonnette en fer battu très-oxydé^ divers ustensiles en fer rouillé^ ainsi qufi des monnaies romaines de différents règnes et modules, surtout une quantité innombrable ù!oboles ou petites monnaies en bronze de la grosseur d'une lentille.

Aux noires terres de Denonville, section D^ à droite et à gauche du chemin de Maisons à Denonville^ on a rencontré dans le sol d'antiques contructions^ des caves voûtées d'une belle conservation^ et, aux alentours^ de nombreux débris de tuiles antiques et de tessons de poterie, enfin plusieurs monnaies romaines. Voici la description des monnaies qui nous ont été communiquées :

MomMies romaines.

AR. Auguste (2). — Avers. — Tête nue, à droite : AVGVS- (i) TVS DIVI. F.

Revers. — Taureau comupète (3) à droite : sans légende. A l'exergue : IMP. X.

(1 i) Ces deux monnaies font partie de la collection de M. Gillard, à Nogent-le-Roi. Toutes les autres sont classées dans la collection de M. de Widranges, ancien contrôleur à Chartres, en retraite à Bar-le- Duc (Meuse).

(2) Octave-César-Auguste, nei^u de Jutes-César, t^an tù avant J.-O.

(3) La principale idole des Gimbres était nn taureau , au dire de Plutarque (Vie de Marius).

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îl. B. — Av&s, — Tête laurée d'Auguste à droite :

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