ANS
Geatitrei.
Bois taillis. . . .
Jardins potagers. .
Aulnaies et saussaies Terres vaines et vagues Superficie des bâtiments
Total.
En regard de cette situation nous donnons celle que contient un état dressé en 1777, pour la perception des tailles dans les paroisses du département de l'élection de Chartres :
€ VoiZE — seigneur, M. Rolland; — i lieues du cheflieu et 1 de la rivière; — 86 feux (soit 258 habitants); — 1,800 setiers de terre (80 perches au septier) ; — 20 arpents de bois; — 40 arpents de prés. >
L'agriculture a fait de grands progrès à Voise depuis 60 ans; les propriétés un peu plus disséminées qu'autrefois, ne présentant cependant qu'une proportion de 2 ^ par
(1) Les itSLSwt relatif aux opérations cadastrales ont été termines sur le terrain en 1813, mais la matrice n'a été mise en recouTrement qu'en 1818.
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hectare : elles sont cultivées avec beaucoup plus de soin; chaque propriétaire a cherché à tirer le plus grand prodnii possible de son terrain. Parmi les améliorations introduites, il faut citer la culture des prairies arliOcielles, si précieuse dans un pays oîi il y a peu de bonnes prairies naturelles, et celle des betteraves.
Nous avons vu qu'au XlVe et au XV® siècle , Voise possédait des vignes dont le terrain a été rendu à la culture.
Les produits agricoles, principale industrie de Voise, s'écoulent sur les marchés de Chartres, d'Anneau d d'Étampes. Les femmes s'occupent, pendant Thiver surtoul, à tricoter des bas et des chaussons de laine pour les marchands de Pussay.
En fait d'usines, la commune possède un moulin-à-veni, situé dans la contrée du moulin à peu dé distance de Voise, et un four-à'Ckaux et à plâtre, construit en 1849 à rentrée du village, près de la route départementale.
La marne, qui est d'assez bonne qualité, s'exploite à ciel ouvert ; on trouve presque partout de la pierre à bâtir.
Ali moment de terminer cet article, nous avons reco d'un habitant de la Voise (1) le compte rendu suivant. Nous l'avons accueilli comme une bonne fortune , et noos n'hésitons pas à signaler ce travail, fruit d'observations sérieuses, comme une étude de météorologie locale très propre à éclairer certaines questions de météorologie générale.
InflneDce de la Vallée de la Voise snr la marche des orages.
« Il existe dans les villages de Voise, Saint-Léger, Béville et Roinville, une opinion généralement répandue, c'est que les nuées d'orage se fondent à l'approche de la vallée.
(1) M. Harreaux, docteur-médecin à Saint-Léger-des-Aubées, prépare un travail sur la Voise à ses, divers points de vue : géologique, historiqae, météorologique, agricole, etc.
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> Partant de cette assertion vague, j'avais cru remarquer depuis longtemps que les nuées orageuses nous arrivent presque toutes du sud et du sud-ouest, qu'elles marchent très-vite et en ligne droite à travers les plaines de Sours, Prunay et Ouarville, mais que, parvenues au-dessus de la vallée de la Voise, elles ralentissent leur marche ou bien se dévient de leur direction.
» Témoin de ce phénomène pendant 25 ans, je n'aurais pas osé rindiquer comme certain, parce que je n'avais pris aucune note et que j'admettais difficilement une influence quelconque de la part d'une vallée aussi peu importante. En effet, le bassin de la Voise est à peine un pli à la surface du département; il ne se creuse pas à plus de vingt ou trente mètres au-dessous du niveau de la plaine ; ses coteaux ne forment aucun relief, et la prairie, au fond de laquelle croupit la Voise, n'a pas plus de cent à cent cinquante mètres de largeur, avec quelques rangées de peupliers pour tout grand bols.
j» Comment croire qu'un aussi faible sillon puisse agir sur les masses de nuages qui arrivent sans obstacle à travers les immenses plateaux de la Beauce et de l'Orléanais?
» Il devenait utile de savoir au juste ce qu'il y a de vrai dans ces données générales et superficielles, surtout au moment où la météorologie cherche à se constituer en science positive. Je résolus de prendre des observations rigoureuses, de noter tous les orages; de signaler l'heure, la direction, la rapidité, l'élévation, la marche, les résultats de chacun d'eux, et de tracer leur passage sur une carte en prenant autant que possible le milieu de la nuée.
> Le présent travail est le résumé de 19 observations d'orages recueillies depuis le 7 mai 1862 jusqu'au9août 1865.
Ici l'auteur décrit et discute la marche de 18 de ces orages. Nous ne le suivrons pas dans ces appréciations (1) et
(1) Cette partie du travail de Tauteor sera publié in-exlenso dans le Recueil des Travaux de la Commisnon de météorologie.
nous arrivons à l'orage du 17 mai 1862^ qtd a ûéOÊomti la manière la pins claire Finfluence de la Vallée.
t J'ai vu cet orage ^ dit M. Barreaux^ se formerai heures et demie du matin ^ au dessus da village de \i comme un petit dôme de vapeurs dans le ciel transiBntf il a stationné pendant vingt minutes au-dessus da iSti^ s'est épaissi^ et une fois constitué en nuée orageuse, Irà basse ^ sans tempête^ il s'est avancé pour suivre le cooni la rivière^ mais comme si une force venant de la terre H barrait le passage, il s'est divisé en deux masses presf* égales qui se sont éloignées Tune de l'autre à angle droit, a se lançant mutuellement de formidables étincelles. Cèi nû magnificpie spectacle, au milieu d'une nuit très^bie que ces deux masses sombres se foudroyant^ par riposis^ successives, comme deux batteries d'artillerie. Les élà-] celles électriques s'allongeaient horizontalement à mesmi que les nuages s'écartaient l'un de l'autre^ et il vint uoôs-l tant où elles frappèrent le sol dans l'espace intermédi»R. Au moment où les deux masses se trouvaient éloignées de trois kilomètres environ, un long éclair, lancé par la masse de l'Est, passa devant mes yeux et alla briser un peup&f dans un massif près de la rivière. Mais ces denuers effors ne déchargèrent pas ces deux nuages de leur éleclricilé,af chacun deux lança la foudre aux premiers villages qnUs rencontrèrent (Béville à l'ouest et Denonville à Test).
» Pendant cet orage que j'ai suivi avec la plus vive attefr tion, j'ai pu constater l'influence réciproque de la vallée sor les nuages électrisés, et des nuages sur la vallée. Ainsi, dès le début, aussitôt qu'elle arrive au-dessus des peupIierS; la nuée s'arrête, s'ouvre à son centre, et chacune de ses ailes, en s'écartant, laisse voir le ciel étoile dans l'intenraDe. Ce premier temps s'opère sans bruit, sans agitation : alors Commence le second temps pendant lequel chaque masse nuageuse qui se repousse, attire les objets placés dans l'espace intermédiaire. Ainsi les tiges des arbres frémissent avec bruit sans qu'M y ait le moindre vent: des tiges de
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ointes très-tendres (dès pois verts) soDt tellement tiraillées x- cette attraction supérieure que le lendemain elles soûl stries et comme brûlées. Mais le phénomène qui décèle le VIS évidemment l'action d'une force attraetive venant de» aages^ c'est la disposition de Técorce enlevée sur le peulier foudroyé. Au lieu d'être détacliée du haut vers le bas, 3tte écorce est divisée en lanières qui pendent comme des ordes qui sont attachées au haut d'un mât. Quelques-unes ^ ces lanières sont détachées dès le bas du peuplier : treuve évidente d'une accumulation d'électricité terrestre kans cet arbre, qui a éclaté sous la tension, au moment où l .ne suffisait plus à servir de conducteur entre le sol et le luage.
9 Depuis cette époque l'influence de la vallée de la Voise ae fit plus de doute pour moi et de toutes mes observations ultérieures j'ai pu tirer provisoirement les conclusions suivaintes :
D lo Quand uU orage aborde la vallée dans le sens de sa longueur, c'est-à-dire du Sud au Nord, il se divise, se fend comme on dit dans le pays, et il s'ouvre d'autant plu» nettement qu'il est moins élevé et qu'il vient de moins loin. Car si la nuée est 'élevée^ profonde et poussée par un grand vent, elle ne se fend pas aussi facilement; elle s'arrête un instant, elle semble hésiter, puis elle oblique du côté par oïl se trouve le gros de l'orage, pour suivre un des versants de la vallée.
» 2° Quand un orage arrive obliquement, c'est-à-dire sud-ouest ou sud-est, il ne se fend pas, il se dévie toujours plus ou moins, et s'il vient de loin il franchit la vallée après un certain arrêt et des torrents de pluie, rarement de
» 3° Quand l'orage accoste la vallée en travers, il ralentit son allure, il se masse et s'épaissit en ramenant à lui les petits nuages légers qui vont à l'avant, il semble hésiter, et . s'il est tout local, sans profondeur, il s'éparpille et se ter-
mine par des tourbillons de vent; mais si c'est une naée profonde y poussée par une forte impulsion^ elle traverse, après de violentes décharges électriques^ dès pluies abondantes et même de la grêle.
> Je me garderai bien de tenter une explication théorique de ce phénomène^ parce que ces remarques sont trop pe.u nombreuses et trop personnelles pour avoir une valeur autre que celle d'un simple renseignement. Néanmoins, pour les personnes qui voudraient continuer ces observations sur d'autres cours d'eau^ je crois devoir rappeler que la Vallée de la Voise est un ancien étang , a fond tourbeux, imbibé d'eau en toute saison , et que les racines des peupliers plongent dans une couche humide qui en fait presque autant de paratonnerres.
» Je noterai encore que cette vallée, vers son origine, offre peu de bois, mais de 6 à 7 kilomètres plus au nord elle esl bordée par les hautes futaies de'Baronville.
» Il serait bien désirable que des observations suivies fassent faites à Anneau^ Aunay et Levainville, car la petite vallée de YAunaye se trouve dans les mêmes conditions géologiques que la Voise, seulement elle est dirigée de Test à l'ouest. Presque tous les orages qui ont longé ou traversé la Voise se dirigent vers YAunaye qu'ils abordent en travers, mais je ne saurais dire comment ils s'y comportent, et je me borne à exprimer le vœu que la question soit mise à l'étude. »
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