VOISE
« La Voise, dit Souchet (1), sort de l'étang de Saint- Léger, lequel est quelquefois sec d'eau : ans où les particuliers engraissent leurs héritages de son limon, et puis autres ans où l'eau y revient semblable à celle de la Gonie, où, par un secret admirable de la nature, on retrouve du poisson. »
Quoi qu'il en soit de l'origine de ce cours d'eau accréditée du temps du bon chanoine, nous dirons que la Voise prend sa source dans la contrée de la fontaine au nord et à 600 mètres au-dessus du village de Voise ; elle reçoit les ruisseaux de Saint-Léger, de Béville et d'Aunay, réunis non loin d'Auneau, se grossit, à droite de la Rémarde, sous Montlouet, de VOcre (Occre, rumeau d'Acre) sous Gallardon, du ruisseau de Gas à Houx, et vient se jeter dans YEure à Maingournois, hameau de Maintenon. Dans son parcours elle arrose les communes de Voise, Béville-le-Comte, Roinvillesous-Auneau, Auneau, Oinville-sous-Auneau, Levainville, le Gué-de-Longroi, Bleury, Ymeray, Gallardon, Bailleau-sous-
(i) Soochet, chanoine de Chartres, mort en 1554, a kissé une histoire de la ville et de Téglise de Chartres manuscrite^ dont la Société archéologique d'Eure-et-Loir a entrepris la publicalion.
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Gallardon , Armehonville - les - Gâtineaux , Yermenonville , Gas et Houx.
La Voise constitue une vallée tourbeuse, prodait des allaviens de la plaine, où les premières sources n'âpparaisseot que vers Aunay et Roinville , alors qu'elle a creusé son lii à la profondeur des sables et poudingues qui reposent snr la craie. Nous avons déjà donné quelques détails sur cette vallée, à Tarlicle de Saint-Léger-des-Aubées (page 179); nous consignons plus loin quelques observations concemani son influence sur la marche des orages.
Le nom de rivière donné à la Voise peut paraître ambi- 1 tieux aujourd'hui pour ce petit cours d'eau qui ne peut pas toujours passer pour un ruisseau, car il est souvent à sec: mais au XV^ siècle la Voise méritait son litre, puisqu'elle remplissait tout le fond de la vallée. Nous savons qu'elle était formée par une suite d'étangs comme l'indique encore un titre de 1579, rapporté plus loin : < un muid de pré qoi souUoit par cy-devant et de longtemps estre un étang ahutant sur la chaussée par laquelle on passe pour aller de Santeuil à Béville-le-Comte. — Un antre pré contenant quatorze septiers, lequel étoit par cy-devant et de longtemps aussi un étang, »
On comptait quatre étangs, y compris celui de te Villeneuve dont la ferme dépendait de Voise. Le hameau de h Villeneuve est détruit depuis un temps immémorial; il m garde que l'emplacement de ses murs et le souvenir de son trésor qui s'ouvrait pendant la messe de minuit. Cette tradition d'un diamp du trésor se retrouve dans plusieurs communes de la Vallée de la Voise , dont la situation se rattaefae aux monuments druidiques de Champgé.
Nos ancêtres appelaient Wez (Vadum, Vadium) ungvé lieu où l'on peut pêcher — l'endroit d'un cours d'eau où les vaches passent pour aller aux pâturages. Le mol Wed'a (Woue) désignait aussi un gué, un abreuvoir. Nous retrouvons cette étymologie dans les noms que la Voise portait au Moyen- Age : Voosia, Voesja, Voisia. Le lieu a-t-il reçu son
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nom du cours d'eau, ou ce dernier le lui a-t-il donné? C'est ce que nous ne pouvons décider. Mais nous ferons remarquer que le cours d'eau existait avant la paroisse ; que la Voise naît précisément au droit d'un gué; qu'aux XII« et XII|« siècles, les noms de la paroisse sont les mêmes que ceux du cours d'eau : Voosia, Voese, Voesia. On la trouve aussi, en 1290, (1) désigné sous le nom de Vise (vis, uis-, entrée) appellation qui s'applique parfaitement à un gué? Puis viennent les noms modernes de : Voase, Voyse-soubz-Auneau, Saint- Vincent-de- Voise.
Le passé de Voise nous est inconnu, et nous sommes réduits à des conjectures en ce qui concerne les temps anciens; voici ce que nous avons pu recueillir.
On remarque sous quelques maisons du village des restes de souterrains semblables à ceux que nous avons signalés à Aunay, à Garancières, à Roinville et à Santeuil. Ce sont peut-être des représentants de l'époque Gauloise ; nous n'osons pas toutefois nous prononcer pour l'affirmative, en présence des détails que nous donnons sur l'ancien chastel de Voise.
Aux environs du village, dans la contrée de Blanville, à un kilomètre environ au sud de Voise.. on a trouvé dansiin sol noirci par l'incendie, des traces d'anciennes habitations ; mais on n'y a rencontré aucun objet qui puisse fixer avec certitude l'époque de ces substructions que l'on prétend remonter à Voccupation romaine.
Au moyen-âge, Voise était un fief relevant de la baronnîe d' Anneau et ressortissait pour la justice au bailliage de Chartres. Aussi verrons-nous fréquemment les seigneurs d'Auneau intervenir dans les actes qui concernent Voise.
4195/-- Au nombre des donations faites au prieuré des Moulineaux par Joscelin d' Anneau et confirmées par Guy, son fils, figurent deux muids de blé et deuxmuids d'avoine à prendre sur une masure à Voise, à charge par le seigneur
(1) Gart. de Notre-Dame de Paris, tom. XI, p. 320.
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de Voise de compléter la rente des religieuse ^ si la récoite était insuffisante. Et comme ces derniers ne pouvaient sortir de leur cloître pour recueillir leurs redevances, le donateur leur octroya deux hommes exempts de toute coutume, Tun à Anneau, Tautre à Voise, qui seraient choisis par les religieux et changés par eux à leur gré et chaque fois qu'ils le voudraient :
« ... Ego Guido, dominus Alneoli, notum facio... quod Jocelinus, pater meus... dédit fratribus de Grandimonte qui sunt in Molinello, duos modios frumenti et duos avene apud Vosiam in una masura, tali pacte quod si pretaxata annona dé masura non poterit colligi, dominus de Voisia semper quod décrit de proprio horreo suc supplebit... Et quia predicti fratres nullius possessionis procuralione claustrum suum exire sinantur , ad prefatos redditus colligendos , et ad cetera negotia sua peragenda , dédit eis duos homines immunes ab omni consuetudine , unum ad Alneolum et unum ad Voisiam, quos in eisdem castellis predicti fratres ad libitum suum' eligent, et quolicns eis libuerit mutabunt eos, et alios quos voluerint ibidem accipient... Actum anno Verbi incarnati M« C® nonagesimo quinto(l). 9
1211. — Marchier de Berchères donne aux moines des Vaux-de-Gernay tout ce qu'il avait dans la dîme de Voise, da chef de Ysavie sa femme. Ce fut fait du consentement de cette dernière, de ses sœurs Ysavie, Adeline, Jacqueline; de Pierre de Jonvilliers (2), leur père, et d'Amoul d'Ecrignoles (3) de qui cette dîme relevait en fief :
c Raginaldus, Dei gratia, Carnotensis episcopus, universis sancte matris Ecclesie filiis tam futuris quam presentibus, ad quos littere iste pervenerint, salutem in Domino : Noverit universitas ▼eslra quod 'Marchivus de Bercheriis, in presentia nostra con^titutos, quicquid habebat in décima de Voisia , quam ex parte Ysavie, uxoris sue, possidebat, resignavit in manus nostras, ad opus mo-
(1) Rec. de chart. du Prieuré des Moulinaux, p. 4. — Aug. Hostie. (9 3) Hameaux de la commune d'Ëcrosoes.
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uerchorum Vallium Sernaii; volentibus hec et, fide corporaliter prestita , coacedentibus predicta Marchivi uxore et duabus ejusdem Ysavie sororibus; quarura trium hec sunt nomina : Ysavia, Adelina, Jaquelina ; concedentibus etiam hoc Petro de Junvilert pâtre illarum , et tam ipsius liberis quam ipsarum. Insuper etiam approbavit hoc et coQcessit Arnulphus de EscrignoleSy ad cujus feodum predicta décima pertinebat. Nos autem , resignationi huic applaudentes diligenter et bénigne , predictis fratribus memoratam decimam concessimus , in perpetaam libère et quiète possidendam , exceptis minutis decimis. Quod , ut ratum permaneat , sigilli nostri munimine roboravimus. Actum anno gratis M<> CG^ X», mense januario (1). >
1231. — Jean de. Voise, chevalier, frère de Guy, seigneur d'Auneau, approuve comme seigneur dominant de fief, la vente faite aux lépreux de Beaulieu, par Mathieu de Gallardon, de toute la dîme qu'il avait à MainvîUiers :
« Ego Johannes de Voma^ miles... tanquam dominus feodi, manu cepi contra omnes ad asus et consuetudines Garnotenses garandire... Actum anno domini M<> GG^ trigesimo uno, mense aprili (2). »
Au mois de juin de la même année, Jacqueline, femme de Jean de Voise-le-jeune , chevalier, approuva la vente cidessus qui provenait de son fief :
t Jaquelina, uxor Johannis junioris de Voisia, militis» voluit,
iaudavit et approbavit venditionem cujusdam décime ... in feodo
iquem tenebat predictus Johannes ex parte uxoris sue Jaqueline... »
Eudes seigneur d'Allonnes, aulre seigneur du flef, y donna aussi son consentement avec ses fils.
1235. — Jean I, seigneur d* Anneau, fit avec les religieux des Vaux-de-Cernay et Renault de Houx, chevallier, une échange de maisons dont Tune était située à Voue :
(1) Cart. des Vaux de Cernay, tom. I«r, p. 183.
(2) Cart. de Beaulieu, p. S9.
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€ Universis presenlem paginam inspecturis , Johannes de Alneok), I miles, salutem in Domino : Noverit ùniversitas vestra quod ego Johannes commutavi cum monachis Valiium Sarnaii et Raginaldo k Hous, milite, quandam domiim, que quondam fuerat Herberti Popio , apud Voisiam sitam> cum porprisia sua métis taxata , pn domo quam prius eisdem vendideram , que quondam fuerat GauMfi
Grispini Istam vero commutaciûnem concesserunt et laudavenot
fratres mei Guillelmus et Theobaldns , milites , nec non et fiiii taâ Johannes primogenitus , assensu et voluntate Jacqueline, uxoris sue, et Jocelinus, miles, et Guillelmus de Yarennes, et Malildis, uxor sua... Quod ut ratum et firmum perseveret, ego et Johanses. primogenitus meus , ad peticionera Jocelini , filii mei , et Guillelmi de Varennes, generi mei, et Matildis uxoris sue, présentes litteras sigillorum nostrorum munimine dcdimus roboratas. Actum aono Domini M** 00° XXX» quinto, mense julio (1). »
Des deux sceaux dont celte charte était munie, il ne reste plus que le second, celui du fils de Jean d'Auneau. D est rond et de cire brune , pendant sur queue de parchemin, à un écu bandé de six pièces. Légende : f .S. Johaxms DE VoisiA. » Il est bon de remarquer ce titre de Voise que prend le fils du seigneur d'Auneau. Jean paraît, au reste, avoir conservé ce titre même après là mort de son père. 11 fut Tun des principaux bienfaiteurs de la léproserie do Grand-Beaulieu et de l'abbaye de Josaphat, et Jusqu'en 1250 nous le voyons souvent figurer sous le nom de Jeût de Voise dans les chartriers de ces deux établissements. Les armoiries du sceau que nous venons de décrire sont les mêmes que nous retrouvons sur des fragments de sceaux des seigneurs d'Auneau, et aussi sur les écussoK des seigneurs de la Roche-Guyon qui possédèrent Anneau dès le XIVo siècle, et entre autres le célèbre Bureau la Rivière.
Clémence, dame d'Auneau, approuva l'échange fait par Jean et sa. famille :
(1) Cart. des Vaux-dQ-Ceriiay , t. I«S p. 332.
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1235. — « Ego Glemencia, domina de Alneolo, notum facio omnibus présentes litteras inspecturis quod commutacionem quam fecit monacbis Vallium Sernaii et Raginaido de Hous, militi, Jokannes de Alneolo , miles , assensu et voluntate iratrum suorum Guillelmi et Theobaldi , militum , et filiorum suorum Johannis primogeniti et Jocelini , militum , et Guillelmi de Varennes generi sui , et Matildis uxoris sue , de quadam domo apud Voisiam sitam , cum porprisia sua , que quondam fuit Herberti Popin , pro domo quam prius eisdem vendid^rat dictais Johannes de Alneolo , que fuit Gau:fridi Crispini , volui , laudavi et 'concessi , ila quod dicti raonachi et B[aginaldu$] miles eandem domum cum porprisia sua teneant et possideant ju perpetuum , ab omni servicio et exactione liberam et imiDunem , excepta justicia domini , sicut in litteris suis continetur ; nec ego , dotis nomine Tel alia quacumque occasione , in dicta domo vel porprisia aliquid potero reclamare. Guido vero filius meus hec omnia voluit et concessit , et promisit » fide prestita , quod quam cito saisitus fuerit de terra sua, dabit litteras suas patentes monacbis et R[aginaldo] militi de concessione dicte domus et garantisia a se et heredibus suis contra omnes. In cujus rei testimonium , ad peticionera dicti Jobannis, militis, et heredum suorum , et Guidonis , filii mei, présentes litteras sigilli mei munimine roboravi. Actum anno Domini M° CG« XXX» Vo mense julio (1). »
1248. — Saivant un testament reçu par le curé de Voise, Gilon, dit Crespin de Voise, et Marie sa femme, lèguent à YAumosne de Voise 3 setiers de terre. Le donateur veut, en outre, que la maison dans laquelle il demeure et qui est dans la censive de Jean de Voise, revienne à ses neveux après le décès de ladite Marie, ainsi qa'une autre maison dans la censive de Geoffroy de Voise; il comprend dans ce legs la couste (2) et le past (3) :
(1) Cart. des vaux de Cernay, tom. !•', p. 334.
(2) Culeita^ culcitra, y^ RedeTances que payaient en nature les vassaux et les tenanciers pour la réception des seigneurs lorsqu'ils allaient en voyage.
(3) Pulvinarium, — Le droit qu'avait un seigneur d'aller une ou
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c Universis présentes litteras inspecturis , Officialis Caraoleosis, ' sede vacante, salutera io Domino : Noveritis nos quandam ccdulan sub sigillo cujusdem rectoris quondam de Voysia ^ Carnotensis dtocesis, sigillatam , ut dicebatur, vidisse in forma inferius subscripta, in qua dicitur defunctura Gilonem, dictum Crespin de Voysia, maritum quondam Marie de Voysia, adhuc viventis, fecisse et ordinasse, dum viveret, testamentum seu ultimam voluntatem; cujus cedule ténor talis est :
1 In nomine patris et filit et spiritus sancti, amen. Actum anM Domini M^ CG<* XL^ octavo , mense maii. Hoc est testamentum... et légat elemosine de Voisia très sextarios terre. Preterea vuit quod domus in qua moratur , que est in censiva . domini Johannis de Votjta, sit neptibus suis, post decessum uxoris sue dicte Marie. Item Yult et concedit quod altéra domus , que est in censiva domini Gaufridi de Voisia, sit uxori sue dicte Marie et heredibas suis quite et paciGce possidenda, et légat unam culdtram cum pulrinari (1)... »
4274. — Jean de Voise, et Agnès, sa femme, vendent au Chapitre de Chartres, moyennant 250 livres chartraineS; 7 arpents et demi de pré dans la banlieue de Chartres, appelés les prés de Voise, situés sur la rive de l'Eure, entre l'abbaye de Josaphat et la maison de Renault Barbou, que l'on nomme la Forte-Maison. Ladite vente fut confirmée par Renaud Cochelin d'Ouarville, seigneur féodal, et Jeanne sa femme. Ces prés sont ainsi désignés dans un amortissement du roi Philippe -le -Bel, donné à Sainl- Germain-en-Laye, au mois de juin 1299 :
€ Septem arpenta pratorum existencium in duabus pecicis , que vocantur praia de Voisia , sita prope Carnotum , in riparia Audure, inter abbatiam Beare-Maiie de Josaphat et domum Reginaldi Barboo, que vocatur Fortis-Domus (2). »
plusieurs fois dans Tannée , seul ou avec un nombre déterminé de compagnons , prendre un repas chez son vassal.
(1) Cart. des Vaux de Cernay, tom. !«', p. 424.
(2) Orig. en parch.; fonds du Chap., C. LXXXV, n° 2.
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Un passage du Polyplique de N.-D. de Chartres (1300), nous fait connaître que le revenu de ces prés était de 18 livres :
u Versus Fortem-Domum , subtus Josapbat, habet Capitulum circa... arpenta pratorum sita in riparia Audure, aparté.*., dicte riparie , que vocantur prata de Voisia ; que valent circa XVIII lib. redditus (1)... »
1309. — Jean de Voise confirme aux religieux de Fabbaye de Saint-Jean la possession de 3 setiers de terre qu'ils avaient à Osainville :
« A tous ceux qui ces présentes lettres verront et oront Pierre Honouré, baillif de Chartres, salut. Sachent tuit que en la présence Jehan de Mongiron, tabellion juré monseigneur le comte de Chartres et de France, estably monseigneur Jehan de Voise, chevalier, lequel de sa bonne pure et libre volonté pardevant ledit clerc juré promist garandir envers touz et contre touz à touz jours mes,, à religieuses personnes et honnestes Tabbé et le couvent de Saint-Jehan de Chartres, troix sextiers de terre que •il avoient assis à OsainviUe au fie dou dit chevalier ... Ce fu fat l'an de grâce mil troiz cens et neuf, le mardy après la Saint-Rémy (2). »
1364. — € Guyot de Voise, escuier, cognut et confessa loi devoir et estre loyalement tenu à religieuse personne et . honeste messire le prieur de Louye, à cause de l'ostel des Moulineaux, c'est assavoir en la somme de un muy de blé bon et convenable et de un muy d'avoine, en laquelle somme les prédécesseurs dudit escuier esioient tenus par chacun an de rente annuelle et perpétuelle audit prieur... Donné ce sing de ce sous le scel de la chastellenie d'Aunneel, Tan de grâce mil CCC. LXIV, le samedj vp jour du moys d'avril (3). >
(1) Cbart. B. M. Garnut., tom. II, p. 339.
(2) Tit. de l'abb. de Saint- Jean ; arch. d'Eure-et-Loir.
(3) Rec. des chart. du prieuré des Moulineaux, p. 36, — Aug. Moutier.
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— 3iO — ' 1365. -^ Le domaine de Voise appartenait à Jeaei Bureaii, sire de la Rivière^ dont nous parierons à Tartiole du châteaa de Voise.
U93. — Dans un compte de recette faite pour l'évêquc
de Chartres, la dîme des laines de Voise dont l'évêque
prend les deux parts et le curé, le tiers, figure pour 4 livres.
1511. — L^état des biens de Tabbaye des Vaux de Cemay contient le passage suivant (Chap. XL«) :
< L'abbaye possède une maison, grancbe, cave^ court et jardin, nommée VAulmosne, avec trois sextiers de terre, assis à Voase en Beauke;
> Item les grosses dixmes de grains et vins venans el croissans par chacun an en et sur le territoire de ladicte paroisse de Voase. »
Nota. — c Les religieux des Vaux sont codéeimateors avec l'évêque de Chartres, par conséquent sont sujets «ix réparations du chœur et clocher de Voue; moitié par moitié. >
1539. — Anthoyne de la Vergue était seigneur de Voise en partie (1).
1650. — Bail parla fabrique de Voize, devant Pierre Rebours, nottaire et tabellion juré de la terre et seigneurie de Francourville , Voize et environs, pour haut et puisant seigneur messire Paul d'Escoubleau de Monluc de Foiiet de Babou, chevalier, marquis d'AUuies et de Sourdis, prince de Chabanois , comte de Carrouges , baron de Saint- Clerc, Anneau et autres lieux, gouverneur, lieutenantgénéral pour le service de sa majesté des villes et dnché d'Orléans et de la ville et chasteau d'Amboize et autres places.
(1) Voir plus loin Tarticle da château.
1659. — La fabrique de Voise, par le ministère de « Jacques Portier, nottaire et tabellion à Voyse, Francourville et environs, donne à bail diverses pièces de terre situées — champtier du chemin ferré autrement le chemin de Voize à Santeuil; — champtier du moulin; —champtier du chemin de la Chaussée ; — terroir de la Ville-Neuve, champtier de la Mazure-des-Murailles ; — champtier de la Croix- Lamé ; — champtier de la Nourrice.
1 Les dits héritages tenus à cens, à cause de sa seigneurie de Voize, de haut et puissant seigneur messire Charles d'Escoubleau, chevalier des ordres du Roy, conseiller ordinaire en ses conseils d*Estat et privé, gouverneur et lieutenant-général pour le service de sa majesté des villes et duchez d'Orléans, ville et chasteau d'Amboize, païs de Coiilongne, Blaisois, Dunois, Vendosmois, Chartres et païs chartrain, prince de Chabannes, marquis de Sourdis et d'AUuye, comte de Carucia, baron des baronnye et chastellenye d'Auneau, Mondoubleau, Saint-Foellix et autres baronnyes, chastellenyes, seigneuries et gouvernements. »
€ En 1663, la fabrique de Voize possédait huict boisseaux de terre au champtier d'audessus du moulin de Voyse, et troys mines de terre au champtier de la Vigne,
1667. — (L Déclaration par la fabrique de Voize de terres relevantes en censive de la seigneurie d'Auneau, et tenues à tiltres de cens annuels* et perpétuels de haut et puissant messire Paul d'Escoubleau, de Foix, de Monluc et de Babou, chevallier, marquis d'Alluyes et de Sourdis, prince de Chabannes, comte de Carrouge et de Jouy en losias, baron dudit Auneau, Saint-Félix, Montesquieu et aultres lieux, à cause de sa baronie dudit Auneau et seigneur de
Voize y annexé et incorporé (1). i»
La seigneurie de Voise passa ensuite à M. le marquis de
Viantais, ainsi qu'il appert par la notice qui suit :
(1) Tit. de la fab. ^e Vçise.
< VoiZE, appartenant à M. le marquis de Viantais^ attendu que c'est aceommodé ayee M. le marquis de Sourdy. Il y a droit de chastellenye ; haulte> moyenne et basse justice relevant au bailliage (1). >
1668. — « Déclaration faite par les gagers de la fabrique de Voyse, devant M© Labiche, nottaire royal à Béville-le- Comte, lesquels advouent tenir à titre de cens annuels et perpétuels, portant lotz, gands, ventes, deffaull et amendes quand le cas y eschet, de messire Pierre de BoursauU, chevallier, marquis de Viantais, seigneur de Voyse et autres lieux, à cause de sa terre et seigneurie dudit Voyse : i^ l'église dudit Voyse, située sur la terre et seigneurie dudit seigneur de Viantais, juxte d'une part et d'un bout la rue, d'autre part au lieu presbiteral dudit lieu. 2° Diverses pièces de terre situées aux champtiers du Moullin-BruUé — de la Voye-aU'Loup — des Vignes —de la Justice — de la Chaiissée et autres.
1694. — c Hault et puissant seigneur Monseigneur le conte de Monluc, seigneur baron d'Auneau, Aunay, Voize, Francourville, OuenviUe (2), Boinville- au -Chemin (3), Adonville (4) et autres lieux. »
1696. — Au nombre des anciens revenus et biens du prieuré de Louye (5), nous trouvons :
c A Voyse-souS'Auneau, deux muids de froment et deux muids d'avoine (6). »
— € Aveu, foy et bornage rendu pour la fabrique de Voise, à messire Arnaud François de Menou, chevalier, '
(1) Mémoire de tous les bourgs de réleclioo de Chartres ■— 1670.
(2) OinTÎUe-sous-Auneau.
(3) Hameau dépendant des communes de Prunay-le-Gillon et Francourville.
(4) Hameau de Denonville.
(5 6) Voir les uolcs sur ce prieuré , à l'article d'Âuneau.
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marquis de Charnizay, Prunay-le-Gillon, Crossay, Boinville-au-Chemin, fief et seigneurie du Muid et Mine et autres lieux ^ à cause de sa seigneurie de Boinville. »
1701. — « Bail par la fabrique de Voize devant le bailly des baillages, baronnye et chastellenye d'Auneau pour monseigneur le comte .de Monluc, marquis d'AUuie et de Sourdis, baron d'Auneau, seigneur de Francourville, Voize en partie et autres lieux — de 45 seliers de terre labourable au terroir dudit Voize, moyennant le prix et ferme de 150 livres par an. »
1716. — « Hault et puissant seigneur messire François Gilbert Colbert, chevalier, marquis de Sainct-Ponange et de Chabanois, seigneur baron d*Auneau, Aunay, Oinville, Francourville et Voize, mestre de camp d'un régiment de cavallerie entretenu pour le service du Roy et brigadier des camps et armée de Sa Majesté. »
1717. — « Hault et puissant seigneur, messire François Gilbert Colbert, chevallier, marquis de Saint-Ponanges et de Chabannes, brigadier des armées du Roi, colonel d'un régiment de cavallerie pour le service de Sa Majesté, seigneur baron propriétaire des baronnie et châtellenie d' Anneau, de la Vieille-Court dudit lieu d' Anneau, Voise, Francourville, Oynville et des autres fiefs, terres et seigneuries y jointes, réunyes et incorporées, à cause de sa seigneurye de Voise (!)• »
1720. — « Louis Paragot, maréchal, demeurant à Voize, au lieu et place de Jean Codechèvre, cy-devant homme vivant et mourant pour la fabrique dudit Voize, porte foy et hommage à haut et puissant seigneur messire François Charles de Merwu, chevalier, seigneur marquis de Menou, Prunay-le-Gilon, Crossay, Boinville-au-Chemin et du fief et seigneurie du Muid et Mine et autres lieux, chevaUer de
(1) TU. de la fab. de Voise.
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Tordre royal et militaire de Saint-Loais^ sous-lieutenant des gens d'armes anglois du Roy^ brigadier des camps et armées du Roy — pour raison de cinq minots de terre, situez au terroir de Boinville, champtier de la Fosse-en-Soubs (1). i
1724. -— « Messire Pierre d'HariagueSj escuyer, conseiller secrétaire du Roy, maison et couronne de France et de ses finances, trésorier général des maison et fînanoes de Son Altesse royale monseigneur le duc d'Orléans, seigneur baron des baronnyes et chastellenye d'Auneau, de la Vieille-Court dudit lieu, d'Aunay, Voise, Francourville, Oynville et autres lieux. »
1733. — Une déclaration censuelle est rendue à messire Pierre d^Hariagues, écuyer, et seigneur de Voise, et autres lieux.
1736. — Une autre déclaration censuelle est rendue parla fabrique de Voise à messire Germain Pierre Roland^ chevalier, seigneur de Voise et autres lieux, conseiller du Roy en ses conseils, président honoraire en son parlement de Paris.
1766. — « Devant Pierre Bauchet, notaire royal à Boisville-la-Saint-Père, y demeurant, et notaire tabellion de la seigneurie de Santeuil et dépendances, déclaration est faite par les gagers de V église et fabrique de Saitit-Vincent de Voise, de divers héritages tenus à cens, cbampart et boisselage, le tout seigneurial, portant lots, gands, ventes, deffaut, saisine et amendes, suivant la coutume de Chartres, de illustrissime et révérendissime seigneur monseigneur Pierre- Augustin Bernardin de Rosset de Fleury, évêque de Chartres, conseiller du Roy en ses conseils, premier aumônier de la Reine, seigneur spirituel et temporel de ladite seigneurie et dépendances, RéclainviUe et autres lieux, à cause de ladite seigneurie de Santeuil. >
(1) TU. de la fab. de Yoise.
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1785. ^ Dans tine déclaration (1)^ foite des ûeh, terres 3% seigneuries appartenant aux chanoines régu)iH*s de l'abbaye de Saint*Cheron*les-Chartres^ nous trouYons la mekiâon suivante :
« Lesdicts sieurs Religieux ont donné à ferme la quantité ie trente deux septiers de terre ou environ et une maiêon où pend pour enseigne le cheval blanc, assize à Voize^ à Léonard Mathieu, hoste de Yhostellerie du Cheval-Blane, Marin Lamy et Sébastien Fabien, mareschal, qui en ibut la redebvance de 9 septiers de rente foncière. »
Un Jiail à rente, du 13 mal 1510, énonce que c lesdîts bâtiments et terres apartenoient à ladite abliaye au moyen du décès de M. Jacques Mathoré, religieux profès d'icelle abbaye, héritier de ses père et mère. >
Château de Voise.
En 1365, le domaine de Voise faisant partie de la ChâteN lenie d'Auneau, appartenait à Jean Bureau, sire de la Rivière, chambellan et principal conseiller du roi Charles V, par suite de son mariage avec Marguerite, fille de Guy seigneur d'Auneau. Quelque temps avant son décès arrivé le iO août 1400, il s'occupa du « retrait lignager de la tour et chastel de Voise. » Cet acte, daté du 1" février 1399, est ainsi conçu :
< A tous ceux qui ces présentes lettres verront et auront Guillaume de Cignonville, chevallier, conseiller chambellan du Roy Notre Sire et son bailly de Chartres, salut. Com- {pae n'a gueres, Messire Guillaume Prunelle, chevallier, seigneur de Gazeran et Arville-en-Chartrain , et Madame Phe- (ipe de Maschery, sa femme aient vendu et transporté à
> (1) Projet de dénombrement foarnf au duehé de Chartres. •— Areb. l'Eure-et-Loir.
toujeurs mes^ à Ëstienne Loresse^ esctiier^ pour Ini pour ses trois successeurs aiant causes de luy , la Tour, Chasti ei Basse-Cour de Voise, avec toutes leurs appartenances ei deppendances quelconques, sans rien en retenir ne excepter^ et plusieurs autres hérîtaiges contenues ez lettres de vendition sur ce faites sous le scel de cette mesme chastellenie^ parmi lesquelles ces présentes sont annexées, et générallement tous les héritaiges quelconques que ledit messire Guillaume Prunelle et ladite dame Phelipe^ sa femme, à cause d'elle avoient et pourroient avoir audit lieu de Voise et autres villes et lerrouers contenus ez diltes lettres, pour le pris et somme contenus en icelles, chargés tous iceui héritaiges de soixante livres tournois de rente chacun an envers ledit escuier, et il soit ainsi que la Greigneur partie des dits héritaiges, si comme l'en dit, soient tenu en fié de noble et puissant seigneur, messire Bureau de la Rivière, chevalier, sire d*Auneei , lequel sire d'Auneel pour raison de son droit féodal, et comme hault seigneur chastellainei iceulx héritaiges contenus en ladite vendition tenus de loy en fié comme dit est, et tenus iceulx héritaiges par devers iuy en faisant de soii fié son domaine et les autres héritaiges contenus en icelles vendition tenus en fié des auim seigneurs déclairés ez dittes lettres de vendition, ait vooh avoir et retenir par manière de retrait comme cousin ei parent de lignaige à cause de madame Margueritte d'Auneél, sa femme, de la ditte Madame Phelipe de Maschery, femw dudit messire Guillaume Prunelle, comme dit est, par ei ei paiant par ledit sire d'Anneel audit Ëstienne Loresse iceih somme contenue en icelles lettres de vendition des héritât ges des susdits que ledit Esiienne Loresse en avoit, et i pour ce paie audit Messire Guillaume Prunelle et à la diti Madame Phelipe, sa femme, avec les frais et coustemesti que ledit Ëstienne avait eu et soutenu pour en icelles pooroit estre dit ou opposé. En tesmoing desquelles choses nous avons fait sceller ces présentes lettres des sceaulx dt la dite chastellenie de Chartres. Ce fut fait et donné II
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dimanche premier jour du mois de février^ Tan de grâce mil trois cens quatre-vingts et dix neuf (1). »
Un compte des recettes et dépenses de la ' châlellenie d'Auneau, dressé en 1416, nous fait connaître que la Tour et le château de Voise avaient chacune à leur côté une ferme qui en dépendait :
« La ferme de la Tourelle à Voise, IIII muids. »
€ La ferme du Chastel à Voise III muids IIII septiers. >
1463. — « Noble et puissante dame madame Pierrette de la Rivière, dame de la Rocheguion, et comme héritière par bénéfice d'inventaire de feu messire Charles de la Rivière, son frère, vendit à haut et puissant seigneur Monsieur Michel de Touteville, chevalier, seigneur de Moyen, et à noble et puissante dame Madame Marie de la Rocheguion, sa femme, les chastelset chastellenie, terre et seigneurie d'Aunel et d^Aïmay, Francourville, Adonville, Voise et Ecrosnes, deppendant dudit Aunel et générallement tout ce que à icelie dame Pierrette de la Rivière y peut et apartient en icelie seigneurie assis au pays de Chartres, toute haute justice moyenne et basse, fiefs et arrière-fiefs, cens, fonds de terre portant lots, ventes, saisines et amendes, rentes et revenus, plusieurs terres, prez etaulnoys, bois, rivières, étangs, moulins, fours-banniers, pressoirs, aubaines, forfaictures et plusieurs autres droits seigneuriaux appartenant audit château, moyennant la somme de cinq milles livres payées comptant et Tacquitement des charges dont les dits héritages étoient grevés, scavoir : 200 écus d'or vieux, et 297 livres 10 sols tournois de rentes annuelles et perpétuelles dues à divers (2). »
1579. — « Anthoine de la Vergue, escuier, seigneur de Montbazin et de Voyse en partie, comme ayant la garde
(1) Copie coll. à Torig. en parchemin étant au trésor du château de Rocheforl, le 4 février 1743. — Arch. d'Eure-et-Loir.
(2) Til. de la baronnie d'Auneau. — Archives d'Ëure-et<Loir.
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noble de Reyné, Claude^ Françoise, et Anne de la Veipe, ses enfants et de defftmte damoiselie Marie de Haluin, sa espouze, confesse qu'il tient et advoue tenir en fief, foi et hommage, rachapt et cheval de service avec le marc d'argent envalué selon la nature et qualité du fief toutefois et quand que le cas y eschet, de haut et puissant seigneur Henry de Silly, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roy, héritier de deffunt hault et puissant seigneur messire Jacques de Silly, en son vivant chevallier de l'ordre du Roy, cappitaine de cinquante hommes d'armes comte de Rocbefort et d'Âunel, et de très haulte et puissante dame Mark de Bourlay, duchesse de Longueville et de Toutteville, comtesse de Saint-Paul, et de hault et puissant seigneur Jean sire d^Espinay, tous seigneurs des terres et seigneuri» d'Aunel, Francourville, Voise, et Adonville, c'est assavoir: nu lieu, manoir, hostel seigneurial, assis à Voyse qui se consiste en maison, grange, estables, coolon^bi^r, portail et pourtil levé, court, fessez, jardins : le dict liea tenant d'une part à V église dudit Voyse, d'autre part ad bois par devant, despendant dudit lieu seigneurial, abutaiit d'im bout sur la rue par laquelle on va dudit Voyse à Moyo* ville-la-Jeuliain... justice haulte, moyenne et basse; — four, moulin et pressoirs banniers; — le péage du travert du dict Voyse; — un muids de pré ou environ qui souUoit par cy-devant et de longtemps estre en estang, abatant sur la chaussée par laquelle on passe pour aller de Santenil à Béville-le,-Comte; — un aultre pré contenant quatorze septiers, lequel était par cy-devant^et dès longtemps aussi en estang et s'appelle V estang de Taupiquois, abutant sur h chaussée par laquelle on va dudit Voyse audit Aunel; — dix muids six septiers de terres labourables en plusieurs pièces; —trois mines de terre plantées en vignes, assises au Vignou de Voyse, abutant sur le chemm par lequel on va dudict Voyse à Aunel.
» Plusieurs les vassaulx qui tiennent en fief, foi et hommage dudict advenant à cause de sa dicte terre et seignea-
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lie de Voyse : Jeanne de Prunelay, dame à'Imorville (/), veufve de messire Jean du Puy, en son vivant sieur dùMouIlin ; — damoiselle Aymée de Guerchy, veufve noble homme Jacques de Lallier, en son vivant sieur de Noir-Espinaif (2); — noble homme Louis de Morainville, escttier et dame Boudin de Lestuing; — noble homme Pierre de Chambory, seigneur de Goindreville (3); — noble homme Jean Brachet sieur de Primars (4).
Nous avons cherché à retrouver la situation du château de la tour de Voise et de leurs fermes, constructions en partie détruites et oubliées.
En ce qui concerne le « Chastel et sa ferme, > notre tâche a été facile, car dans l'acte de 1579 rapporté ci -dessus, nous lisons :
« Anlhoyne de la Vergne, seigneur de Voyse en partie, » posssède le m.anoir et hostel seigneurial assis à Voyse, » tenant d'une part à l'église dudit Voyse, et d'autre part » au bois pardevant, dépendant dudit lieu seigneurial. »
C'est bien la situation du château actuel avec la ferme de la famille Chenu, qui étaient clos de murs et de fossés en partie pleins d'eau; on les voit encore ainsi qu'une porte qui conserve les entailles du ponl-levis.
Quanta la Tour et sa ferme, l'investigation a été plus difficile, parce que l'on ne connaît plus de ferme de ce nom. Mais à l'aide des ruines et des objets trouvés dans les décombres, nous pensons être sur la voie de leur emplacement.
En faisant des fondations dans les dépendances de la ferme appartenant à M. de Moroques et habitée par M. Huet, nlaire de Voise , on a rencontré plusieurs fois des couches de tuiles, de cendres et de charbons, ainsi que des puits
(1) Hameau dépendant d'AUonnes et de Prunay-le-Gillon.
(2) Hameau de Lestuing.
(3) Hameau de la commune de Thivars.
(4) Château, commune de Gnainvilie.
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entièrement comblés par des débris d'incendie; mais oi a'a aucune indication sur cet événement qui date peut-être des guerres de la Ligue ?
Des fouilles pratiquées pour agrandir la cour de cette ferme ont mis à découvert des fondations de murs très-solidemesl bâtis et des caves assez élevées sous le roc, dont* l'entrée est cintrée en belle pierre de taille^ et des souterrains os couloirs qui se prolongent dans diverses directions. L'on ' d'eux, entre autres, qui passe sous le chemin de Voise à Béville, où il s'est effondré, semble se diriger vers le l)Ois de la Vallée, et pouvait être le conduit secret qui, de toute forteresse, permettait une issue cachée en cas de siège cl de retraite.
Deux objets trouvés dans ces ruines indiquent également que cette place était occupée par des constructions seigneuriales.
C'est d'abord un sceau en bronze de 3 centimètres de largeur, représentant une femme ayant une rose à la main et une coiffure ailée. Légende à Tenlour : Jehan Michml Si l'on rapproche ce nom de celui qui est inscrit sur une pierre tumulaire (1) de la chapelle Saint-Maur à Auneao « Guy Michenet » procureur fiscal et receveur général de la baronnie d'Anneau, mort en 1612, on peut penser qw Jehan Michenet aurait exercé là même charge. Il serait donc très n^urel de rencontrer à Voise dépendant dn domaine d' Anneau, le sceau de cette châtellenie.
L'autre objet est un cercle en cuivre de 3 centimètres et demi de diamètre, constituant un anneau méplat qnia 8 millimètres sur le roule et qui porte des lettres et des chiffres sur ses deux faces. Au premier abord cet anneau donne l'idée d'une amulette ou objet cabalistique qu'ofi pouvait porter, car il a une petite anse pour le suspendre. Mais en l'examinant de plus près, on reconnaît qu'il porte
(1) Nous avons donné la description et le dessin de cette pieirt dans Y Annuaire de 1867 (Partie historique, p. 134).
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à la face externe les lettres initiales des douze mois, chacun dans une rose; sur deux lignes séparées par une rainure on pouvait passer une aiguille. A la face externe, et juste à l'opposé de la fente, sont placées deux lignes 4ie chiffres de 1 jusqu'à 8 en montant, et de 4 jusqu'à 12 en descendant: •le multiple 12 se reproduit dans tous les sens. Doit-on voir là un calendrier ou un cercle astrologique ; rien ne vient en indiquer Tusage ni le mécanisme qu'il serait curieux de connaître; car nous ne l'avons vu décrit ni mentionné nulle part. Ces diverses circonstances permettent d'établir que la ferme de M. de Morogues occupe l'emplacement de la tour de Voise et de la ferme de la Tourelle qui ont été distraites du château , de U16 à 1579. Ce dernier titre porte qu'Anthoine de Lavergne est seigneur de Voise en partie : il y avait donc alors deux seigneurs, un pour le Chastel et la basse-eour, c'était Anthoine de Lavergne, et l'antre pour la Tour, emblème de suzeraineté, qui probablement était encore du domaine d' Anneau, comme d'ailleurs en fait foi le sceau de Jean Michenet, précité.
Nous avons insisté sur la recherche de la tour, parce
que, si telle était réellement sa situation, il en résulterait
une circonstance assez curieuse pour l'histoire locale : e'est
. que le Chastel se trouvait à gauche et la Tour à droite du
chemin de Paris à Vendôme, afin de commander le passage.
Le titre de 1579 vient encore ici à notre aide : il y est dit
que « Anthoine de la Vergue possède le péage (i) au travers
dudict Voyse, « A l'endroit où existe le Gué, le chemin est
. resserré par les murs du château et les bâtiments de la
] ferme de la tour, de manière à ne permettre qu'un passage
•■ de voiture, et à placer le manoir pour ainsi dire à cheval
sur le chemin.
Cette disposition, parfaitement en rapport avec les habi-
'* ludes des seigneurs féodaux, indiquerait que le péage de
^ (1) Le péage était un droit de passage qui se percevait, au profit des seigneurs, dans certains lieux déterminés sur les routes et au bord ^ des rivières.
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Voise âvail une certaine valeur, et que, par conséquent, k ehemîB de Paris à Vendôme devait être très-fréquenlé, comme nous l'avons dit en parlant de Saint-Léger et de Roinvîlie.
Uneautre preuve de rimportance de ce chemin se trouve dans les auberges trop importantes pour un aussi petil village, si elles n'avaient pas été destinées à recevoir d< nombreux voyageurs. L'une de ces auberges , située en fece de réglise, sur la place et près de la tour, portait encore il y a 50 ans l'enseigne du Chapeau-Rouge. Elle semblait être une véniàXÀQ hôtellerie , à cause de ses vastes bâtiments, sa porte en pierre ouvragée, ses fenêtres longues et étroites à meneaux, son corridor extérieur en forme de balcon. Elle forme aujourd'hui cinq corps d'habitations, dont deux petites fermes.
Nous citerons encore une autre auberge située au-deii du gué, vers Chartres. Quoiqu'elle soit plus moderne que la précédente, elle a dû être fréquentée par de nombreux voyageurs, comme l'annoncent différentes parties de son ensemble : la grande salle à gauche du portail; sa vaste cheminée avec un paysage peint à fresque portant une banderolle sur laquelle on lit cette devise toute chartraine : c Servait dvem que^-na corona datur {i)\ » enfin une chambre au premier, où l'on voit une mauvaise peinture, qui ressemble un peu à la vue de Gallardon avec le moulin du Pont.
Ehfîn nous signalerons une petite appellation locale qu'il ne ffeiut pas néghger, car elle sert de corollaire à ce que nous venons de dire, c'est le chemin des Carrosses. On nomme ainsi un détour que l'on pouvait faire sur le chemin de Vendôme, pour éviter une montée rapide aux équipages des voyageurs de qualité qui suivaient cette route, comme le mot carrosses (2) semble l'indiquer.
(1) Légende des armoiries de la ville de Chartres au XIV<> siècle.
(2) Les carosses nous sont venus d'Italie. Les premiers ont paru ei France sous François I« en 1647.
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ÉGLISE DE YOISE.
La paroisse de Voise était constituée au XIII® siècle. Un ;>ouillé du diocèse de Chartres, dressé vers 1250, place son église dans le doyenné d'Auneau et lui donne pour patron saint Vincent (1); la cure était à la collation de L'évêque. Nous trouvons d'autres détails dans une déclaration' censuelle rendue en 1756 à M. Roland, seigneur de Voise :
«r La fabrique de Voise avoue tenir à cens de menait seigneur :
« V église paroissiale de Voise, située sur la terre, seigneurie et justice dudit seigneur, tenant d'une part vers le midy à la maison et jardin du presbytère de Voise, d'autre part vers le nord au carfour dans lequel est bâtie Y Auditoire, en. face le poteau des armes de mondit seigneur et plusieurs ormes à luy appartenants, d'un bout vers le soleil levant sur la rue de Voise, et d'autre bout vers le soleil couchant sur la cour du château de mondit seigneur.
» Item, le cimetière dudit Voise, avec environ deux boisseaux de terre au bout, nommé V ancien cimetière, tenans d'un côté vers le midy, au chemin tendant de Voise à Santeuil appelé le chemin ferré, d'autre côté vers le nord, le chemin de Voise à Anneau appelé le chemin de Vendosme à Paris,
. (1) Saint Vincent, diacre et martyr, vivait au IV« siècle. Un vitrail de la cathédrale de Chartres représente deux épisodes de la mort du saint confesseur. La ville de Chartres possédait elle-même une église dédiée à saint Vincent ; on voit encore une partie de l'abside, à droite, en descendant à la Croix-de-Beaulieu par la Porte-Cendreuse : c'était au prieuré dépendant de Tabbaye de Bonneval, qui existait dès le IX' siècle. U fut supprimé en 1764 par M. de Fleury, évêque de Chartres ; lt?s fruits et revenus furent réunis aux petits séminaires du diocèse.
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Dans notre dictionnaire géographique des commDnes à déparlement d'Eure-et-Loir (année 1855) nous avons diip réglise de Voise semblait ne remonter qu'au XVI» siècle Qu'elle ail subi à celte époque ou à la fin du XV« siècle dft transformations importantes pour cause d'agrandissemec ou de restauration ; c'est ce qu& démontrent évidemmoK les croisées ogivales autrefois garnies de meneaux et placée dans le mur septentrional, et les quatre arcades dumêi» style, qui mettent en communication le corps primitifde rédiflce avec le bas côté situé au midi. Mais nous aurions dû ajouter que plusieurs parties principales offrent le caractère du style roman de transition du XII^ au XI II» siècle.
En effet, le sanctuaire circulaire qui vient de disparaîin pour cause de vétusté, était éclairé par trois baies à ébnsements profonds ; au-dessous ont été retrouvés tout molilés et en ruines, \di piscine traditionnelle du côté de l'épitre, et, du côté de l'évangile, Yarmarium ou sacraire to lequel étaient conservées les saintes espèces, avaqt l'inveDtion des tabernacles dans nos églises.
La petite porte d'entrée de l'église, placée dans le pignoa occidental ; une autre petite^porte qui sert aujourd'hui de passage entre le couloir et la tribune placée dans le bas de la nef; enfin un pilier supportant une des arcades indiquées ci-dessus, toutes ces parties accusent par leur structure l'époque du XII^ siècle.
L'abside lézardée menaçait ruine; les murs crevassés surplombaient; une voûte en plâtre, quoique faite asseï récemment, tombait par morceaux; un bas côté formé un appentis était éclairé par deux ouvertures en forme de tabatières, pratiquées dans la toiture.
Tel était l'état déplorable de l'église lorsque M. l'abbf Rivierre, curé actuel, en entreprit la restauration, à l'aide des secours fournis par M. le Ministre des Cultes, par M. if comte de Chamailles, préfet d'Eure-et-Loir, par la conimune et par la fabrique.
La toiture de la nef et le clocher ont été exhaussés, ei
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la voûte en bardeau remplacée par une voûte élégante en briques et plâtre avec nervures, construite par M. Hurteau d* Orléans; les fenêtres cintrées ont été changées en ogives; au milieu de l'abside environnée d'arcatures est placé un bel autel surmonté d'un tabernacle en pierre richement sculpté. Au-dessus, dans les trois grandes fenêtres du sanctuaire, des verrières de couleur représentent : celle du milieu, l'image du Christ, sous la figure du Bonpastmr; celle de droite et celle de gauche, les deux patrons de la paroisse : Saint-Vincent et Sainte-Madeleine.
Dans le bas côté, consacré à la Sainte-Vierge, patronne de la France, des bienfaiteurs ont eu Theureuse et patriotique idée de placer dans deux grandes fenêtres le patron de la Dynastje impériale saint Napoléon, soldat et martyr à Alexandrie, et celui de S. M. l'Impératrice, sainte Eugénie. Afin de consacrer d'une manière artistique la date de la restauration , nous allions djre de la reconstruction presque totale de l'église, on a placé au bas de la verrière du Bon- Pasteur, les armoiries de Mfi^>^ Regnault, évêque de Chartres.
Au bas de la verrière de saint Napoléon, sont peintes les armoiries de M. le comte de Chamailles, préfet d'Eureet-Loir :
Les armoiries des Cortois sont d'argent au ruiseau de lierre de trois feuilles de sinople en fasce; au chef cousu d'or, à Vaigle éployée de sable. Le cimier est surmonté d'un soleil rayonnant avec cette devise: Tutti Cortesi (à tous Courtois).
La famille Cortois étabhe à la fin du siècle dernier en Bourgogne où elle possédait la terre de Quincy, près Nuits, celle de Chamailles et partie de Jumbles près Chalon-sur- Saône, est originaire de Savoie (1396) : elle tient à la fois à la noblesse d'épée , de robe et d'église.
La nef principale, le chœur et le sanct;iaire ont ensemble une longueur de 18 ^ 50, sur 7 °» de largeur; la nef collatérale du Sud a 15."» de long et 5 « de large; la sacristie,
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de iMmstrtactk réetfàXê, a 6 »> de loBg mr l^ et \^i deux i^ortes^ dont Tulle ouvre sur la nef oollàtériile et Vtm sur le jardin du presbytère.
Population, — Les registres de Tétat civil de la paroisse de Voise remontent à 1669.
Un pouiilé du diocèse de Chartres^ publié en 1738, donne à cette paroisse 20O commaniants.
Nous avons vu qu'en 1777, elle comptait 86 feux, soit environ . . . 250 habitants.
Les recensements généraux constatent pour cette coi&- Hkune :
En 1826 ' . 378 habitants.
En 1846 367 —
En 1866 . . . 435 —
répartis, pour cette dernière année, entre 126 ménages occupant 96 maisons.
Cette commune est située dans un petit vallon, à 18 kilomètres de Chartres, et à 10 kilomètres d'Auneau, chef-M de canton et bureau de poste. Son territoire est limité par ceux des communes suivantes : au Nord, Béville-le-Comi«; à TEst, Santeuil et Saint-Léger-des-Aubées; au Sud, Santeuil et Moinville-la-Jeulin; à FOuest, Francourvllle.
Un fossé qui vient du côté de Moinville-la-Jeulin et reçoit les eaux pluviales qu'il déverse dans la Voise, traverse le village dans sa longueur et sert de mare pour abreuver les bestiaux; plusieurs puits, dont trois sont communaux, de 3 à 10 mètres de profondeur, servent à l'usage des habitants.
Dans le milieu de Voise, sur le fossé précité, existe ufi pont de pierre pour le passage du chemin vicinal de grdnè communication n*» 1", de Boisville et Santeuil à Dourdan par Anneau. A 600 mètres de ce pont, il en existe Qfl autre pour le passage de la route départementale n» 7 de Chartres à Angerville.
Le chemin vicinal d'ii^lérêt commun n» 21, de Saftteuil à Umpeau par Voise et Cherville, conduisant à Moinville-
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^^«^JeuHa el àBétâte^le^orate^ trâterse Toise an BtA aa ffoTd ; il à été terminé sur ce terrttoire en 1850.
L'ancien chemin dé Paris à Vendôme, abandonné depuis ongtemps, traversait autrefois la commune de Voise : on îlroit que c'était une ancienne toie romaine.
Le chemin de Notre-Dame, également abandonné^ est lésigné dans le pays sous le nom de la Fringalle; il traverse le territoire au Nord dans la direction de l'Ouest à l'Est.
D'après la matrice cadastrale (1)^ la nature et la contenance des propriétés se divisent ainsi qu'il suit :
Terres labourables .
Prés
Hectares.