‹ Documents historiques inédits tirés des collections manuscrites de la Bibliothèque royal et des Archives ou des Bibliothèques des départementsChapitre 11 sur 165 · RAPPORTS ET NOTICES. — VAUCLUSE · texte numérisé non relu

RAPPORTS ET NOTICES. — VAUCLUSE

1. armoire Adam, les livres des arrêts des comptes des trésoriers de la ville et des hôpitaux.

— Josué, les achats ou ventes de la commune.

Minerva, les chartes de l'établissement et des droits de l'université d'Orange.

Galaad, les limites, contributions, pâturages.

Pater patriœ, « la poursuite des droits de la communauté, ensemble sur le faict de la paix, des eaux, ponts, murailles, chemins, poids, mesures, vivres, santé et autres nécessités publiques. »

( hristus, les dettes payées ou amorties sur les quittances des trésoriers « et autres entremetteurs des deniers publics. »

Ijizarus, les droits des hôpitaux sur les trésoriers de la ville.

< — Publicanus, les impots , les tailles , cotes et gabelles.

— - Joseph, fils de Jacob, des recouvrements de deniers, les comptes de l'administration des consuls et trésoriers, les quittances des payements des dettes de la ville. Chaos, papiers divers qui n'auraient pu trouver place ailleurs.

Ce que la ville d'Orange conserve encore de ses vieilles archives appartient, à quelques exceptions près, à l'armoire Moyse, destinée aux privilèges municipaux. Le registre latin cité plus haut en dépendait, el portait le n° 1 .

Trois autres registres ou cahiers qui en proviennent également, doivent être signalés.

\jc premier, qui est coté n° 6'i, a pour titre : « Libériez d'Orange en neuf instruments des années 128a, i3ii , i3a8, i33a, i33o,, i34?, i355, i36i, 1379, traduites du latin en françois, leus et corrigés en l'année 1607, par les sieurs commissaires qui ont été députez par son excellence et par la communauté dudit Orange , pour procéder à la vérification, amplification et modification desdites libertez. »

L'autre registre, cotté Moyse ia8, est plus important que le pré-

ao DOCUMENTS HISTORIQUES INÉDITS.

cèdent ; il est intitulé : a Copies des vieilles liberté/ de celle ville et d'autres actes et documents traduits en françois par M. André Convenant, docteur en médecine, et Jean Tiers, notaire, et François Dumas, autre notaire, i685. » Ce registre renferme toutes les Charles du Moyse 63, excepté celle de i355. On y trouve encore la traduction des privilèges, accords ou statuts des années i338, j 358, i363, 1369 du Moyse n° î, et en outre trois pièces de ia58 et ia63, renfermant deux transactions entre le prince d'Orange et les ecclésiastiques, au sujet des dimes, et une donation de pâturages faite par le prince à la ville, pièces qui manquent dans les autres registres.

Enfin le troisième registre ou cahier est un des originaux de la dernière charte générale d'Orange, consentie en 1607, publiée à son de trompe , jurée par le prince et le peuple assemblé dans le vaste théâtre romain, maintenue par Louis XIV, et demeurée en vigueur jusqu'à la révolution de 1789. Le titre est ainsi conçu : Libertés et privilèges d'Orange ; il est signé de Philippe de Nassau, et scellé de son grand sceau de cire rouge pendant à lacs de soie

Les archives du département de Vaucluse sont conservées avec un ordre et un soin remarquable par M. Achard, archiviste.

M. Mahul, autant par l'intérêt qu'il attache comme érudit à tous les documents de l'histoire du midi de la France , que pour satisfaire, comme préfet de Vaucluse, aux désirs des circulaires ministérielles, a fait visiter pendant les années i83f>, 1837 et 1 838, les principales archives municipales du département qu'il administre, et a transmis successivement les inventaires qui ont été rédigés par la personne chargétde cette exploration.

Je n'ai fait dans les archives du département de Vaucluse aucun travail qui puisse vous élre signalé. Je vous rappellerai seulement , Monsieur le Ministre , qu'il existe dans ce dépôt l'un des originaux de l'élection de Pierre de Lune ou Benoit XIII, portant encore les sceaux intacts des onze cardinaux entrés en conclave. Mais je crois devoir appeler d'une manière particulière votre attention sur un manuscrit inédit que possède la bibliothèque de la ville d'Avignon.

Ce manuscrit , formant un volume petit in-folio sur parchemin , de

RAPPORTS ET NOTICES. - VAUCLISE. *i

i5o feuillets, renferme l'histoire complète du concile général inédit de l'obédience de Benoit XIII , convoqué à Perpignan en 1^08 , et des événements qui suivirent sa réunion jusqu'à Tannée 1 4 ■ 7-

Cette assemblée n'étant point reconnue par l'Eglise, les éditeurs des grandes collections des conciles ont inséré seulement dans leur recueil quelques pièces séparées, qui toutes même ne sont pas complètes. Hais, quoique schismatique, le concile de Perpignan n'en est pas moins curieux et important , aussi bien pour l'histoire de Franco <|ue pour l'histoire générale de l'Église.

L'histoire du concile a été rédigée sous forme de chronique par Guy Flandin, protonotaire de Benoit XIII, sur l'invitation du pape lui-même.

Les premières sessions du concile furent consacrées à la lecture du long exposé des faits qui avaient précédé et nécessité la convocation de l'assemblée.

Guy rapporte en entier ce mémoire, avec toutes les pièces qui pouvaient servir à justifier l'obstination de Benoît XIII, et les mesures qu'il avait été obligé de prendre; il rapporte les lettres de fidélité reçues par le pape, les protestations des ambassadeurs des princes étrangers, favorables ou contraires, qui lui parvinrent ; enfin il suit l'histoire des événements divers qui forcèrent l'anti-pape à proroger successivement le concile, jusqu'au dernier ajournement qu'il en fit en i4<7» dans la ville de Peniscola.

La collection des conciles la plus étendue , celle de Venise, qui renferme les suppléments de Mansi, ne donne du concile de Perpignan que la bulle de convocation de Pierre de Lune, et quelques décisions incomplètes et sans suite des sessions de i4o8 et de 1409, qui n'occupent que vingt-cinq colonnes ou treize pages. Cette histoire d'une période importante du règne de Charles VI , est donc à peu près entièrement inédite , et parait bien digne de l'attention du comité.

Il serait facile, je pense, de trouver dans les archives des départements du midi quelques documents qui serviraient à compléter ou à expliquer certaines parties de la chronique de Guigues. Déjà j'ai vu à la préfecture des Bouches-du-Rhône une pièce qui donne d'utiles renseignements sur la flotte que Pierre de Lune avait dans la Médi-

>• DOCl'MENTS HISTORIQUES lINKDITS.

lerrauée, et sur la tentative malheureuse qu'elle fit en 140900111- ravitailler les garnisons d'Avignon et d'Oppède. Les vaisseaux remontant le Rhône s'emparèrent de la ville d'Arles, prirent beaucoup de bétail qu'ils voulaient faire arriver dans Avignon, bloquée par l'armée du roi de France; mais le sénéchal de Provence , qui survint, dispersa la flotte, et emmena un grand nombre de prisonniers à Aix. Le titre où se trouvent ces détails est la lettre de grâce accordée par Yolande, reine de Sicile, comtesse de Provence, le 7 juillet i4<'. à l'abbé de Saint -Victor de Marseille , qui , dans son dévouement pour l'anli-pape, avait négligé de mettre en état de défense les côtes maritimes de la Ciotat, dont il était seigneur. L'abbé obtint son pardon, moyennant 3,ooo florins qu'il promit de payer à la reine.

I* manuscrit des actes du concile de Perpignan fut acquis, en par M. Charles de Blégier, aujourd'hui conservateur de la bibliothèque d'Avignon. M. de Blégier le donna plus tard à M. Requien, et M. Requien ne l'a point excepté de la généreuse donation qu'il a faite à la ville de sa bibliothèque historique.

Ce fonds considérable, presque entièrement composé d'ouvrages relatifs à l'histoire du midi de la France, a été réuni, sous le nom de fiihtiothirjue Requien, à la bibliothèque déjà assez importante de la ville d'Avignon.

M. Requien, qui, sans être aujourd'hui le maître de disposer à son gré du manuscrit dont j'ai eu l'honneur de vous parler, conserve une grande influence dans le conseil d'administration de la bibliothèque, le soumettrait avec empressement , je crois, à l'examen du comité, et le verrait, m'a-t-il dit, avec satisfaction figurer dans la Collection des documents inédits relatifs à l'histoire de France.

Il ne me reste que quelques mots à dire sur les archives deCarpentras.

l'ai été dans cette ville pour prendre une copie du diplôme de Boson , que M. Olivier Vitalis, bibliothécaire, vous a signalé en i838. Je ne pouvais penser à faire quelques recherches dans les manuscrits de Peiresc qu'on y conserve; l'examen de ce recueil , dont l'importance pour l'histoire des sciences est bien connue, aurait demandé plusieurs mois.

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