‹ Documents historiques inédits tirés des collections manuscrites de la Bibliothèque royal et des Archives ou des Bibliothèques des départementsChapitre 65 sur 165 · XVI* SIÈCLE · texte numérisé non relu

XVI* SIÈCLE

TROIS LETTRKS DE CATALINA, REtNF DE NAVARRE, AU R<»l SON MARI.

Pau, te 14 décembre . . .

I . Monseigneur, j'ay receu les leclres que m'avez escripte pat- l'esponce des myennes qui par Lusan vous avoye envoyées et touchant la allée de monsieur Dandoine devers le roy, à cause de certain procès qu'il a à Thouloze. 11 m'a supplié luy voulsize donner aucun jour d'espace pour y donner quelque ordre et aussi à d'aultres ses afaires, par manyère qu'il ne peut partir avant la feste, mais incontinent après sera prest à partir, dont j'en suis bien desplaisante, car j'eusse voulu que incontinent yl eusl faict ledit voyage, mais j'espère à l'aide de Dieu deux ou trois jours après Noël le faire partir, et passara là où vous serez, et entre deux je croy que Louis aura quelque nouvelle de ce que aura esté faict en Flandres, dont je me merveille bien que le licencié Biax et le sieur de Montfaucon ne m'ont faict rien savoir depuis les lectres que vous envoyay de leur arrivée en Flandres.

Monseigneur, touchant les escriptures de quoy Lusan me parla sur le faict de monsieur deGramont, lorsque ledit Lusan partit, je pensai/

' Toutes ces copies sont certifiées par M. J. Ferron aîné, archiviste du département des Basses-Pyrénées, à Pau (voyez la noie 1 à la page 569 du tome III de ces Mrlfwget). L'Éditeur ajoute que le défaut

de dates complètes dans ces documents, et l'insuffisance des qualifications données aux divers personnages qui ont écrit ou reçu ces lettres, jettent beaucoup d'incertitude sur leur identité historique.

TEXTE DES DOCUMENTS. 37i

(eussent icy, mais elles estoient aux arc h ifs Dortes (d'Orlhez) , où j'a> envoyé le juge Neys pour les sercher, et incontinent qu'il sera venu les vous envoyeray.

Monseigneur, j'eusse bien voulu m'en aller en Foix incontinent après les fesies, comme je vous avoye faict savoir par ledit Lusan. Mais veu que par vos lectres me faictes savoir viendrés après les festes, ay délibéré attendre v astre venue.

Monseigneur, par ledit Lusan vous fiz savoir envogissiez sercher ie tercellet du maistre d'ostel Lobier, lequel ay esté certifiée est terriblement bon. Je laisse à le vous envoyer doublant que en fissent comme de l'autre, par quoy vous plaira envoyer aucun de voz fauconiers pour le vous porter. Priant Dieu , monseigneur, vous doint ce que désirez. Escript à Pau le xiine jour de décembre.

La toute voslre bonne fylle, Cataliwa.

Sitxcription : A Monseigneur.

2. Monseigneur, j'ay receu les lectres que m'avez escriptes par vostre fauconier, lequel à cause des euz (eaux) qui n'a peu passer est demeuré à Conches, et auparavant de la réception de vosdites lectres je vous avoye escript et envoyé les nouvelles que monseigneur de Lan s sac m'a voit escript de Bourdeaulx, en hors lesquelles je croy aurez veu par mesdites lectres vous fasoye savoir que les escriptures touchant le faict de monseigneur de Gramont n'estoyent encores trouvées, mais que je fasoye faire diligence de les sercher, lesquelles vous envoyeray incontinent qui seront trouvées; et touchant la allée de monseigneur Dandoins, incontinent après la feste partira pour prandre son chemin, vous certifiant qu'il n'a poinct faicte nulle difficulté à le faire; bien désireroye avant son parlement avoir nouvelles du licencié Biax et du sieur Montfaucon, pour savoir la responce qu'ilz auront eu en Flandres.

Monseigneur, je vous envoyé le tiercelet que m'avez envoyé à demander, et vouldray que fust le meilleur de Gascoigne pour y prandre vostre plaisir. Quant j'aurav aucune nouvelle dudit licencié Biax

37i DOCUMENTS HISTORIQUES INÉDITS.

ni autres, incontinent vous en advertiray. Priant Dieu, Monseigneur, vous doinct ce que désirez. Escript à Pau le xxiui* jour de décembre.

Monseigneur, depuis ces lèches escript es sont arrivés le licencié Biax et le sieur' de Montfaucon, qui m'ont dict que sont passés par vous, de quoy ay eu bon plaisir, et après que auray débattu avecques eulx et sceu vostre ad vis, vous escripray se que m'en semble.

\ji toute vostre bonne l'y Ile, Catalina.

Inscription : A monseigneur.

Pau, le a 5 décimbrt

3. Monseigneur, ainsi que seavez, le licencié Biax et le sieur dp Monfaucou sont venuz de Flandres, lesquelz, selon m'ont dit, vous ont rapporté et notiffié ce qu'il/, ont faicl touchant noz affaires audit Flandres, de quoy ay eu grant plaisir. A cause de quoy ne vous en escripz plus au long, espérant aussi que uedens peu de jours serons ensemble, ainsi que dernièrement vous a pieu me faire savoir; vous priant, Monseigneur, ainsi le vouloir faire et que ce soit le plus tost qui soit possible. Car, ainsi que savez, la matière le requiert, et si le cas estoit ne fussiez en disposition pour venir jusques icy, vous plaira me faire savoir si vous voulez que je me rende au Mont de Marsan, où par aucuns affaires il est requis que je aille. El tant pour cela que pour ne prandre tante poyne de venir icy, je m'y trouvera? le jour que ferez savoir, et pour ce que lesdites affaires sont de l'importance que savez, désireroye grandement que mon frère monseigneur le cardinal s'i trouvast, auquel à ces fins j'en escrips, vous priant que de vostre part l'en vouloir escripre et faire eu faison se trouve, afin que les tous ensemble poissons prandre aucune bonne conclusion en noz dites affaires.

Monseigneur, j'envoye ce pourteur en court devers le captlet de Duras pour donner ordre au faicl de mon filz le prince, car les dessusdils m'ont dit que Guillaume de Beaune n'a délibéré faire nulle avansse, et ne vouldroye pour rien que ledit prince receut ceste charge que, par faute n'avoyr de quoy, eust à demeurer de suivre le roy si faict le

voyage de Paris. Il vous plaira adviser si vouldrez rien escripre en court, car que ledit pourieur ne fera que aller et venir. Priant Dieu, Monseigneur, vous doinct ce que désirez. Escript à Pau le xx\* jour de décembre.

La toute voslre bonne fylle, Catalina.

Monseigneur, j'ay baillé ung laccay à ce présent pointeur, par lequel vous plairajme faire savoir ce que accorderés louchant voslre venue.

Suscription : A Monseigneur.

TROIS I.fTTRKS DV MAORLKINK A SON COUSIN MONSKIGNFCB PF I.KBRF.T.

a3 mai. . . .

1. Mon cousin , je me recommande à vous. Les gens de la prévost. de Saint-Sever, entre lesquels sont mes subgiez du pays dcTursan, m'ont faict remonstrer comment un nommé Colinet le Forestier, so\disant commis à ce faire, s'efforce contre et en préjudice de certain appel par eulx entreicté, les faire payer quatre livres et demye pour chacun franc archier; et doublent que vous en voiez aucun nombre de gens de guerre pour à ce les contraindre. Et à ceste cause ont délibéré envoier devers monseigneur le roy pour luy supplier qu'il lui plaise avoir regard envers eulx touchant ladite charge; mais doublent que entredeux l'en les contraigne à paier ladite somme, ainsi que plus à piain vous diront Peyroton de la Fite et maistre Mathieu de Labbai, mon procureur oudit pays de Tursan, pourieur de oeste. Pour ce vous prie que pour amour de inoy vueillez faire faire inhibicion e t deflfence audit Colinet et à tous aullres qu'il appartiendra, que pendant ledit temps de quatre moys ils ne contraignent aucunement les gens de ladite prévosté à paier lesdits deniers. Car pendent ledit ternu jecumte qu'ilz obtindrent de mondit seigneur leur acquit et descharge de ladite somme. Et m'en ferez singulier plaisir. Mon cousin, se voulez aucune chouse que pour vous je face, rescrivez-moy, et la feray voulentiers, à l'ayde Nostre Seigneur, qui vous doinct ce que désire/. Escript à Pau le xxin* jour de raay.

La byen vostre cousine, M a Delhi nf.

iH février . . . .

2. Mon cousin , je me recommande bien à vouz ; j'ay receu les leclres que dernièrement m'avez envoyé, et des nouvelles que par icelles m» faictes savoir a y eu très singulier plaisir. Touchant le faict des provisions, j'ay envoyé manderaens et messaiges exprès à chacuns de mes séneschals pour en faire pour hatifvement et le plus grant quantité qui sera possible, ainsi que Levaser, pou rieur de ceste, mon serviteur, vous en pourra plus largement informer. Je vous prie que touxjours me facez savoir de nouvelles, et m'en ferez singulier plaisir, en nioye rescripvant si aucune aultre chose voulez que je puisse faire, et la feray bien vouluntiers, à l'ayde de nostre Seigneur Diu, qui, mon cousin . vous ait tousjours en sa garde. Escript à Pau le xxvm' jour de février.

La byen vostre cousine, Madeleine.

Suscriplion : A Monseigneur de Lebret , mon cousin.

a4 février

•i. Mon cousin, je me recommande bien à vous. J'ay sceu que vous, comme à lieutenant de monseigneur le roy avez faict mander aucunes gens à pié de mes villes d'Ayre, du Mas, Pambo, Vigons et Saint- Loboer en ma visconté et séneschaussée de Marsan , pour aller à la guerre, ce que jamais n'a esté faict jusques icy. Car endement le cas pareil, les subgiez de mes terres et seigneuries ont accoustumé aller au service de mondit seigneur ensemble et sous le gouvernement et conduyte de mes séneschals, ainsi que feront, Diu aydant, quant à mondit seigneur plaira le moy mander. Pour ce, je vous prie bien afeclueusement faciez relaixer ceulx de mesdites villes et touz autres de mes terres et seigneuries, s'il en y a de mandez. D'autre part, mon cousin, les gens d'armes de mondit seigneur chacun jour passent par mondit pays de Marsan, et y font si très-grans dotnmaiges, sens rien poier, que icellui et spécialement lesdites villes Dayre , Dumas et les lieux de Carières . Oanade, Rennu et Dursort sont quasi destruiz. Je vous prie dere-

chef vueiilez faire et mander que n'en passent poinct, et s'il est force en passer aucuns, auc moins que n'y demeurent que une nuyt, et que paient ainsi que mondit seigneur a ordonné. Et en totes ces choses et avis qui me toucheront, vueiilez faire ainsi que je fie de vous, et m'en ferez singulier plaisir et honneur. Et se voulez rien que je puisse faire pour vous, en le moy faisant sçavoir le feray de bien bon cueur, à l'ayde Dieu , mon cousin , qui vous doincl ce que désirez. Escript à Puyou le xxime jour de février.

La byen vostre cousine, Madeleine.

Page 1