‹ Documents historiques inédits tirés des collections manuscrites de la Bibliothèque royal et des Archives ou des Bibliothèques des départementsChapitre 64 sur 165 · N° XIX · texte numérisé non relu

N° XIX

PUISE DE POSSESSION DE i/ÉVÊCHÉ DE KOTON PAR l'ÉVÉQUE JE AI» DE HAHGEST.

(Communiquée par M. db Liro**, baron de Melicoq , correapondant du comité, à Douvrio.)

I^s officiers municipaux ayant été au-devant du prélat jusqu'à la porte Saint-Jacques , Jean Geuffrin , procureur de la ville , adressa ce discours à l'évéque. (Il le commença à genoux et l'acheva debout.)

< Révérend père en Dieu, nostre prélat pasteur, nostre trés-honoré seigneur, conte de ceste ville, per de France, Deus vous doiue bonne vie et longue. Les maire et jurez de vostre ville, représentant toute la comraunaulté, sont venus vers vous, lesquels, très-joyeulx de vostre venue, vous viennent faire et font toute révérence et obéyssance, en vous supplyant humblement qu'il vous plaise les avoir et tenir en vostre bonne grâce , amour et dillection , et ilz sont prestz vous faire toute obéyssance, ainsy que sont tenus faire bons subgectz à leur prélat pasteur et seigneur. Aussy vous supplyent que, suyvant les appointements et accordz faictz avecq eulx par voz prédécesseurs évesques et prélatz, et selon certain arrest de la court de Parlement, vostre plaisir soit, en ce lieu , et avant que entrer en la ville, leur promettre que vous, venu en vostre hostel épiscopal, au lieu dict le Perron, après qu'ilz vous auront faict le serment que sont tenus vous faire, vous leur ferez aussy serment de garder leur droiz, franchises et liberté*; et vous plaira, mons., leur faire ladite promesse, et vous soyez le trèsbien venu et toute vostre noble et excellente compaignie. »

L'évêque mettant aussitôt la main au peq, fit le serment demandé, puis se rendit à I église de madame saincte Gudeberte, où il entra pai le petit liuys donnant sur le marché au blé : il s'y fit habiller et s'achemina, précédé de messieurs de la grande église, vers N.-D., où il célébra la grand'messe.

Entré dans son palais épiscopal , il monta sur la pierre nommée le Perron , et alors Charles Rocq , maire, lui dit : « Révérend père en Dieu et nostre très-honnoré seigneur, Dieu vous doine bonne vie. Suyvanl ce qui vous a esté dit à la porte Saint-Jacques, à vostre joyeuse entrée, nous venons pardevers vous par humilité faire le serment que sommes tenus de faire, comme représentant le corps et communaullé de la ville. »

Interrompu par le prélat, qui lui demanda, ainsi qu'aux jurés, s'ils estoient advoués de la communaulté, et s'ils estoient en nombre souffisant pour lyer la commune, le maire et les jurés répondirent qu'il en étoit ainsi; puis, levant les mains hault vers l'église, « Nous jurons, dit le maire, que de tous noz povoirs nous garderons vostre corps et voz droiclz. »

Mettant alors de nouveau la main au pecq, l'évêque dit : « Je vous promets aussi que de tout mon pouvoir je garderay et vous entretiendray en voz dmicts, franchises et libériez, tout ainsy et selon la teneur de l'arrest, et ainsy que mes prédécesseurs ont fait par cydevant. »

Ce fait, ledit évesque monta en son palais pour aller disner, et pareillement lesdits maire , jurez et autres notables personnaiges ; et audit disner fut présenté par ledit Geuffrin, procureur, du vin de par ledit maire et jurez audit révérend père.

( Archives de Noyon, fol. 178, J7<)rVl v'.J

DOCUMRNTS HISTORIQUES INÉDITS.

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