‹ Documents historiques inédits tirés des collections manuscrites de la Bibliothèque royal et des Archives ou des Bibliothèques des départementsChapitre 69 sur 165 · N° XXI · texte numérisé non relu

N° XXI

LETTON DE LOUIS XII, ROI DE FRANCE, AUX A.VOTER, CONSEIL ET COMHt - NAUTÉ DE BERNE, FRI BOURG ET SOLEURE.

(Copie* laile* sur \es originaux dépôts aux archive* de Berne, el communiquée»

par M. Phomt *.)

Lyon, ii avril

l. Lors par la grâce de Dieu, rov de France.de Sicille, Jérusalem, duc de Millan. Très chers et grans amys, pour ce que depuis la victoire qu'il a pieu à Dieu nostre créateur noits donner du recouvrement

' L'Éditeur ;, conservé l'ordre dan» lequel ces lettres ont été placées par les soins de M. Prnbst.

TEXTE DES DOCUMENTS. 383 de nostre duchie et estai de Millan el de la prinse du seigneur Ludovic iiostre adversaire, et roroplure de toute son armée devant nostre ville de Novare, nous ne vous avons aucune chose escripl et fait* sçavoir; nous escripvons présentement à noslre amé et féal conseiller et ambassadeur devers vous, l'arcevcsque de Sens, et y envoyons présentement nostre amé el féal notaire et secrétaire maistre Jaques d'Asnières, pour vous mercier très cordiallement des bons et grans services (|ue vous nous y avez faitz; el sur ce vous adéclairer aucune chose de psir nous. Si vous prions très affectueusement que vous les vueillez croyre de ce qu'ilz vous diront, et au demeurant estre ceitains «pie nous entretiendrons lousjours de bien en mieulx l'aliance et

confédération qui est entre nous de point en point sans

espérans aussi que de vostre cousté vous ferez le semblable comme vous ave/ jusques icy fait. Très cbers et grans auiys, nostre Seigneur

vous ait en sa garde. Escript à Lyon, le a i'" jour d'avril

Loys. HoBKRTrr.

A noz très chers et grans auiys, ronfédércz et alliez, les advo\er, conseil el communaulté de Berne.

Bloïx , 1 1 juin ....

2. Loys par la grâce de Dieu, roy de France, duc de Milan, seigneur de Gennes, etc. Très chers et grans aniys, nous avons esté advertiz de plusieurs lieux que avez esté meuz de vous mectre en armes et entrer en Italie pour nous faire la guerre en nostre duché de Milan et autre part, à l'occasion de ce que noz ennemis vous ont donné entendre qu'avons entreprins sur les terres de l'Eglise, qui est chose non véritable, ne jamais fusmes en ce vouloir de riens faire contre l'Eglise, et sera trouvé que nous et noz prédécesseurs avons autant ou plus faict que nulz autres princes pour l'Église de Homme et les saincts pères estans en siège apostolique, comme assez est notoire et mesmement de ce que de nostre temps avons faict.

Très chers et grans amys, nous sommes assez esmerveillez comme nosdits ennemys ont esté si persuasif/ que avez creu es dites choses, veu que de toute ancienneté nous et nosdits prédécesseurs roys de

France avons este confédérez et alliez avecques vous, et avons bien gardé et observé lesdites confédérations et aliances. Ce nous desplaisl merveilleusement que n'avez persévéré et demeuré en ladite ancienne amitié et al ian ce avecques nous, et que parla subtilité, faulx donné en» tendre de nosdits ennemis, vous monslrez de vous en vouloir départir ainsi sans cause ne raison. Et afin que entendez et congnoissez que nosdits ennemis vous ont donné faux entendre, et que n'avons riens entrcprins sur l'Eglise, nous sommes contens de vouscroyre entièrement de tous les difTérens que peuent est re entre nostre saincl père et nous, et vous prions que vueillez prendre lesd ils différensentre vos mains, et que cependant vueillez faire, abstinence de guerre et révoquer vosdits gens. ( !ar nous n'aurons point de regret si après que aurez congneu la vérité desdils difTérens, vous faites ceque bon vous semblera. Mais de présent nous desplaist très fort que, à la sugestion et persuasion, malvielence et envye de nosdits ennemis qui ont esmeu la guerre contre nous et ont gardé nostre sainct Père de venir à bonne paix avec nous, vous soiez meuz de nous faire ladite guerre, veu que avons esté tousjoursamys et alliez et avons eu par la grâce de Dieu plusieurs grandes et honnorables victoires «'iisemble, dont nosdits ennemis, qui ont tousjours esté les vôtres, ont couceu grant envie contre nous, et n'ont cessé tant qu'ilz vous ayenl séparez de nous; louteffois, espérons que ladite séparacion retournera ;i plus grande et parfaicte amitié et confédéracion inviolable. Très chers et grans amys, afin que vous entendez que la guerre qu'avons faite contre les Véniciens n'a pas esté de nostre seul mouvement, nous vous ;idvertissons et le maintiendrons pour vérité, que nostre saincl Père en a esté le premier invetieur et qui plus l'a solicitée envers nous, et pareillement noz autres confédérez du traicté de Cambray l'ont sollicitée. Et au regard de nous, nous y avons employé nostre propre personne et avons esté en la bataille, laquelle grâce à Dieu et l'aide de voz gens avons gaignée et avons eu la victoire. Les autres confédérezen ont eu le proufit et nous le dangier et la despence, lesquelz ne peuent traicter paix ne trêves avec lesdits Véniciens sans nostre consentement, comme avoient promis et juré par ladite traicte de Cambray : louteffois, vous voyez ce qu'ilz font. Pareillement, vous voulons bien advenir que jamais n'avons (ail la guerre contre nolredict sainct Père, sinon en nous dépendant.

Car nostredict sainct Père a commencé la guerre contre nous le premier. Et pour ce faire envoya Marc-Anthoine Coulonne par terre, accompaigné de plusieurs gens de guerre à pié et à cheval, pour nous troubler, subvenir et emporter noslre cité et estât de Gennes s'il eust peu. Et pareillement envoya granl nombre de galères des Véniciens jusques au port de Gennes, qui tirèrent leur artillerie contre ladite cité. Et auparavant n'avions baillé aucun secours au duc de Ferra re contre nost redit sainct Père, mais qui plus est luy avions donné conseil d'apoincter son faict avec noslredit sainct Père. Et jamais ne preismes protection de luy contre l'église, mais expressément voulusmes réserver les droiz de l'église.

Très chers et grans amis, sur tontes choses nous désirons que vous entendez la vérité desdites choses. Et si ainsi le voulez faire, espérons que vous trouverez que ce que l'on a dit contre nous, que voulions entreprendre sur l'église, se pourra dire véritablement de nosdits ennemis et envieux. Nous vous prions que cependant vous vueillez faire déporter de nous faire la guerre sans cause, et vous nous ferez très singulier plaisir lequel recongnoisl rions à nostre pouoir. Très chers et grans amys, nostre Seigneur vous ait en sa saincle garde.

Escript à Bloys le 12e jour de joing

Lots. Robkbtft.

A nos très chers et grans amys les advoyer et conseil de la ville et quenton de Berne.

Bourges, i3 avril. . . .

3. Loys par la grâce de Dieu roy de France. Très chers et grans amys, nous avons esté adverlyz mesmement par uoz officiers en noslre duché de Millau, que, à l'occasion d'aucunes petites querelles, uoz chers et bons amys et allyez 1 evesque Disciners (sic) et communelé de Valloys ont fait quelques entreprises de guerre à l'entour de noslre très cher et très amé cousin et allié le duc de Savoye; lequel aussi de son couslé, pour résistera leur entreprinse, fait grant préparation de gens de guerre, au moyen de quoy se pourront ensuivir de grans maulx et inconvéniens, dont serions très desplaisans pour l'amitié el

alliance que avons à toutes les deux parties. À ceste cause et que sçavons que vous estes pareillement arays et alliez desdites parties et mesmement de ladite maison de Savoye, vous prions, si très affectueusement que faire pouons, que vous vueiilez emploier de tout vostre pouoir à ce que lesdites enlreprinses de guerre et assemblées de gens qui sont tant d'ung costé que d'autre cessent, et que lesdites parties preignent sur leursdils différends quelque bonne voye d'amitié, ainsi que par noz lettres leur avons présentement escript et prié, sans y procéder par telles voyes de fait. El en ce vous prions vous emploier et tenir la main de vostre part, et de nostre costé ce que pourrons faire pour la pacification de ladite matière le ferons de très bon cueur, car nous serions trop desplaisans si l'on y procédoit autrement. Très chers et grans amys, Dieu vous ait en sa saincte garde.

Escript à Bourges le i3e jour d'avril

Lots. Ocdotk (?).

A. nos très cliers et grans amys, aliez et con fédérez les advoyers et conseils des villes etquentons de Berne, Fribourg et Soleure.

Génts, 3 mai. . . .

4. Lots par la grâce de Dieu roy de France, duc de Millan, seigneur de Gennes. Très chers et grans amys, moyennant l'ayde de nostre Créateur et de vos gens nous avons réduit ceste nostre ville et cité de Gennes en nostre obéissance, tellement qu'il n'y a aujourd'uy ville en nostre royaume plus paisible et plus pacifîcque qu elle est. Et pour ce que, par les cappitaines et compaignons que nous avez envoyez pour nous servir en cestuy noslre affaire dudit Gennes, lesquelz s'en retournent présentement devers vous, pourrez amplement entendre la fin et yssue de nostredite affaire, nous ne vous en ferons plus longue lettre, synon que nous vous voulons bien advertir que lesdits cappilaines et compaignons se sont si bien et si vertueusement acquictez envers nous et à nous faire service, que nous avons cause de nous louer et contenter d'eulx. Et vous mercions bien affectueusement du service qu'ilz nous ont fait et de ce que les avez choisiz et esleuzsi bons personnaiges, vous advisant que en cas pareil vouldrioos faire

el ferons tousjours pour vous aulant que pour nostre affaire propre. Très chers et grans amys, nostre Seigneur vous ayt en sa garde. Escript à Gennes, le troysième jour de may

Lots. Robertet.

A noz très chers et grans amys, alliez et confédérez les advoyer el conseil de la ville et quanton de Berne.

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