VILLE ET CANTON DE BERNE
(Copies finie* sur les originaux déposes aux archives de Berne, el communiquée*
p.rM.P.o.»..)
Chambors, 18 teptembre i5»6.
1 . Franco ys par la grâce de Dieu roy de France. Très-chers et grans amys, confédérez, alliez el bons compères, nous avons esté ad vert iz que aucuns de voz cappitaines estans de présent au camp et armée de la saine te ligue en Lombardye, sont en quelque propoz et voulenté d'eulx retirer en leurs maisons avec leurs bendes, non obstant qu'ilr. ayent esté par cy-devant très-bien payez, entretenuz et contanlez. Et pour aulant que si cela avoit lieu ce seroit une des choses qui sçauroil pour ceste heure survenir qui plus donneroit de deffaveur à ladite armée, et qui plus croistroit et augmenteroit le cueur des ennemys : A ceste cause, nous vous prions tant et si très-affectueusement que faire pouons que, pour le bien commun de ladite ligue^ vous vueillez eslre contans d'escripre une bonne lettre à tous lesdits cappitaines en général, à ce qu'ilz n 'ayent à bouger ne pareillement leurs gens dudit
• L'Éditeur a conservé l'ordre dan* lequel ces lettre» ont été placéYs par le soin de M. Probst.
m DOCUMENTS HISTORIQUES INÉDITS,
camp, mays à continuer à bien et loyaument servir jusque» à la fin de la guerre, ainsi qu'il* ont fait jusques à présent. Eu quoi faisant vous nous ferez très-singulier plaisir. Et à tant, très-chers et grans amys, co n fédérez, alliez et bons compères, nous prions le Créateur qui vous ait en sa saincle garde.
Escript à Chambort, le a 8e jour de septembre, l'an mil cinq cens vingt et six (i5a6).
FRANÇOYS. Breton.
A nos très-chers, etc., les ad vouez, bourgmaistres, etc., des villes et quantons des anciennes ligues des hautes Allemaignes.
Paris, a décembre 1S37.
2. Fbançots par la grâce de Dieu roy de France. Très-chers et grans amys, confédéré/, alliez et bons compères. Nous estans par cy-devant amplement advertiz du différend qui estoit et est encores entre nostre très -cher et bien aîné oncle le duc de Savoye et vous, pour raison et à cause de la bourgeoisie de Genefve, nous vous escripvismes dès lors et feismes prier et exhorter très-inslanment par noz ambassadeurs, à ce que, pour l'amour et en faveur de nous, vous voulsissiez esliecontans de vuyder et pacifier ledit différend par voye doulce et amyable, sans plus vouloir laisser enviellir ne envacyner la chose. Et pour autant que nous avons depuis entendu que cela n'a encores esté fait, et (pie nous désirons singulièrement ledit différend estre promptement et d'un commun consentement vuydé et appaisé, tant pour la proximité de lignage dont nousaclient nostredit oncle, que aussi pour l'affection cjue nous avons au bien et prospérité de ses affaires et pareillement des vostres: A ceste cause, nous vous avons bien voulu derechef escripre la présente, vous priant tant et si très-affectueusement que faire pouous que, actendu l'ancienne amytié et alliance qui de tout temps et ancienneté a esté et est entre la maison dudit Savoye et vous, vous vueillez tant faire pour l'amour de nous que de vuyder et accorder aimablement le plus promptemeut et diligemment que faire se pourra ladicle querelle. Et cependant, aflin d'évicter que les choses ne se esgrissent aucunement entre vous, faire surceoir toute force,
TEXTE DES DOCUMEINTS. 3*9
violence et voie de fait d'un cousté et d'autre. En quoy faisant vous nous ferez très-singulier plaisir. Et à tant, très-cbers et grans amys, confédérez et alliez, nous supplions le Créateur vous avoir eu sa saincte garde. Escript à Paris le ae jour de décembre 1 527.
FRANÇOYS. Brkton.
A noz irès-chers et grans amys, alliez, confédérez et bons compères l'advouer et conseil de la ville et quanton de Berne.
Saint-Germain-en Laye , t, février i5a8.
3. Françots par la grâce de Dieu roy de Fiance, etc. Très-chers et grans amys, alliez, confédérez et bons compères, Nous avons entendu que entre vous et les seigneurs des autres quanlons se vouloit uiouvoir quelque discord et division, qui nous a esté chose ennuyeuse et fort desplaisante, pour avoir congneu que vous estans eu paix, union et amytié, avez esté de telle conduite en voz affaires qu'ilz ont tousjours de raieulx en mieulx prospéré à l'augmeutacion de vostre honneur, biens et réputaciou. Et voyant voz ennemys, envieux de vostre bien et honneur, n'avoir autre moyen pour vous perdre que chercher tous ceulx qu'il leur a esté possible pour vous mettre en discord, dissencion et inimitié, n'ont jamais cessé qu'ilz n'ayent eu commancemeul de venir à leurs acliuctes, estans seurs par ce moyen de veoir vostre lotalle ruyne et destruction: A ceste cause, nous qui vouldrions et désirerions encourir une mesroe fortune avecques vous, réputaos voz affaires entièrement nostres, vous avons bien voulu prier de regarder tous les moyens qui vous seront possibles que ceste division et commancement de guerre intestine entre vous, cesse et se oblye, et que la mesme amytié et fraternité que aviez si longuement continuée ensemble se repreigne et ne se puisse perdre. Nous vous advisons que ce sera tellement le bien et conservacion de vostre estât et réputation, que ce sera la confusion de voz ennemys et adversaires qui , par telz sinistres moyens, vous avoyent pencé mener à destructionel ruine, que vostre . nation sera pour plus fleurir et avoir d'honneur et de crédit par la créliennelé qu'elle n'a jamais faict. A quoy nous vous prions bien
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vouloir penser, comme noz ambassadeurs vous pourront remonstrei de noslre part. De quoy nous vous prions les croire comme nousmêmes.
Très-chers et grans amys, alliez, con fédérez et bons compères, noslre Seigneur vous ait en sa très-sainte et digne garde.
Escript à Sainct-Germain-en-Laye le 4* jour de février i5a8.
FRANÇOYS. Robertet.
A nos très-chers et grans amys, alliez, con fédérez et bons compères les advoyer, conseil et communaullé de Berne.
Fontainebleau, il, novembre i5*8.
4. Fra.nçots par la grâce de Dieu roy de France. Très-chers et grans amys, allyez, confédérez et bons compères. Nous avons esté advertiz des divisions et querelles qui sont entre vous, et de la pernicieuse et dangereuse conséquence qui s'en peult ensuivre, qui nous remeut à ung si gros regrect et desplaisir, que ne saunions exprimer ne dire, d'autant que n'estimons moins vostre bien, prouffit et utillité que le nostre propre, comme celuy qui a tousjours eu volunté comme si a encore» de courir avec vous une mesme fortune. A ceste cause, et que la grosse union et concorde qu'avez eu entre vous, joinct vostre vertu, a esté cause de vous entretenir et augmenter en réputacion jusques ici, et que toutes nations ont quis et cherché avoir vostre amour et alliance, dont la renomée est telle à vostre honneur et exaltacion que plus grande ne pourrait estre : Nous vous prions vouloir mectre devant vos yeux que la vertu unye est trop plus forte que la divisée et plus permanente, et que tous gouvernemens en soy séparez demeurent désolez. Considérant l'inconvénient en quel, moiennant voz différends, vous pourriez tomber, qui pourront estre tel qu'il serait diflicille a réparer, et par ce moyen donneriez cause à voz envyeulx et ennemys d'eulx resjouyr et estre aises de vostre mal , et à voz amys d'en avoir tristesse et desplaisir. Parquoy désirons que vous vueillez pourveoir aux choses dessusdites, nous vous avons bien voulu despescher ce gentilhomme, qui est de nostre chambre, pour vous prier de
tiostre part, tant et si très-affectueusement que plus ne pourrions, que à vostre grant besoing vous monstre* prudens et saiges, et appaisez et composez voz différends amyabletnent, continuant en l'amour et unyon que avez faiot jusque* à présent sans donner occasion à vosdits ennemys de veoir de vouz ce que tant ilz désirent; et si en cest endroict nous pouvions de quelque chose servir et ayder, en le nous faisant savoir entendez que, selon la bonne et parfaicte amour et affection que nous vous avons tousjours porté et portons, nous y employrons d'aussi bon cueur que pour chose qui nous sauroit subvenir, ainsi que cedit porteur vous pourra plus amplement dire et faire entendre de noslre part : de quoy nous vous prions le voulloir croyre comme nous-mesmes. Très-chers et grans amys, alliez, confédérez et bons compères, nous prions le Créateur vous tenir en sa saincte garde.
Escript à Fontainebleau le 14* jour de novembre mil cinq cens vingt et huict (i5a8).
FRANÇOYS. Robkrtkt.
A noz très-cher* el grans amys, alliez, confédérez et bons compères les advoyer, conseil et communaulté de Berne.
Milieux, juin. . . .
5. Article de la créance que le roy a baillé à moy Boisrigault pour dire à messieurs de Berne, comme s'ensuit :
Et quant au bruict qui est par de cela (ça) du hérault que l'empereur envoyé pardevers moy pour me deffier ce je ne rends les terres de Savoie, c'est chose dont par ça suys adverty, et résolu de la responce que je luy doibz faire, en laquelle vous pouez estre asseuré qu'il ne se fera auchune mantion de randre; et pour aultant que cest affaire touche les seigneurs de Berne aultant comme à moy et Vallaiz, et que j'ay advertissement certain que de brief ilz seront défiiez pour ceste inesme cause, de quoy vous les advertirez et prierez de- ma part ne voulloir de leur cousté riens randre, leur déclarant que si pour raison de ce ilz estoient assaillizje leurs vouldroys donner toute l'aide et fa-
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veur qui me seroit possible, estimant tant de leur aroytié qu'il/, vouldront faire le semblable à mon endroit et me aider de leurs gens en tel nombre que j'en auray besoing, en paiant; pareillement les ennorterez par toutes voies et persuasion dont vous pourrez adviser. Escript à Mesieuz ce a3e jour de juing. Ainsi :
FRANCO YS. Batabt.
Lnchrt, ia novembre i536.
6. Frakçots par la grâce de Dieu roy de France. Très-cbers et grans amys, alliez, confédérez et bons compères, pour ce que nous désirons que soyez advertiz des bonnes nouvelles qui puis naguières nous sont survenues, saicbant que les aurez à très-grant plaisir et contentement, pour la bonne et parfaicte amitié, alliance et confédéracion qui est entre nous: A ceste cause, voulons bien vous faire entendre comme, retournans noz treize gallaires de la coste d'Espaigne, où ilz ont faict et porté très-grant dommaige, ilz ont rencontrées l'armée de mer de l'empereur, qui est de vingl-troys gallaires, laquelle ne les a jamais osé assaillir, et au devant d'elle et en sa barbe ont amené au port de Marselle troys navires espaignolz chargez de marchandises, qu'elle n'a sceu ny osé recourir. D'autre part nous avons eu nouvelles de Pymont comme le marquis del ftouast, lieutenant général dudict empereur, avec la force qu'il a avecques luy, estoit venu devant la ville de Quiert, cuydant ligèrement l'emporter, pour estre ville aussi peu forte qu'il y en ayt point en tout ledicl Pymont, et dedans laquelle n'avoit seulement quinze cens hommes, dont esloit chef le cappitaine Azal. Toutesfoiz il s'est trouvé bien loing de son compte, car après avoir esté troys jours devant et l'avoir longuement battue par deux ou trois endroietz, il s'est honteusement retiré laissant là de huit à neuf cens de ses gens moriz et tous Espaignolz. Et la cause fut pour ce que voullant ledict marquis faire marcher les Italiens premiers au combat, ilz le refusèrent, disans puisqu'on donnoit l'onneur de toutes choses ausdits Espaignolz, il estoit bien raisonnable qu'ilz fussent premiers au péril : vous advisant que lesdites nouvelles receues,
TEXTE DES DOCUMENTS. Sg3
nous en eusmes d'autres le lendemain par lesquelles on nous advertissoit comme le seigneur Fregouse, avec cinq ou six cens harquebuziers choisiz et les chevaux légiers dont il a la charge, qui sont en nombre cent ou six vingtz, avoit emporté d'assault la ville de Raconye, où il y avoit dedans deux mil hommes de pied et deux ou trois cens chevaux , ayant mis en pièce ou prins tout ce qui s'est trouvé dedans desdits gens de guerre. Finablement , très chers et grans amys, alliez, confédérez et bons compères, nous avons encore oultre cela présentement eu nouvelles de nostre très cher et très amé cousin le conte de Saint-Pol, que avyons envoyé à la Tarantaize, pays si fort et mal aisé a assaillir, qu'on le tenoit imprenable et inaccessible, dedans lequel avec inHniz biens s'estoyent retirez et assemblez en armes cinq ou six mil villains et deux ou troys mil hommes de guerre, soubz la charge de Scalingre , qui troubloyent par courses et invasions tout le pays de Savoye, et s'efforçoyent le plus qu'ilz pouvoyent d'empescher que nous n'y feussions obbéyz. Maiz quoy qu'il en soit, nostredict cousin le conte de Saint-Pol , par le lieu où ledict Scalingre s'estoil le plus fortiffié, est entré dedans ledict pays, lequel a entièrement faict brûler, el y ont noz geus fait ung gaing et butin merveilleux.
Très chers et grans arays, nous avons bien voullu vous faire pan des choses que dessus, saichant que les aurez très agréables ainsy que noslredicte amitié le requiert, vous priant aussi estimer que de nostre part nous avons tousjours à singulier plaisir ce qu'il vous touchera, et en toute telle faveur et recommandacion que noz propres affaires. Priant Dieu, très chers et grans amys, alliez, confédérez et bons compères, qu'il vous ayt en sa sainte garde.
Escript à Loches, le ia* jour de novembre i536.
FRANÇOYS. Robertet.
A noz très chers et grans amys, alliez, confédérez et bons compères les advoyer, conseil et communauté de Berne.
3g4 DOCUMENTS HISTORIQUES INÉDITS.
Paru, le* juin t5«4-
7. Fbançoys, par la grâce de Dieu, ix>y de France. Très chers et grans amys, alliez, confédérez et bons compères, nous avons esté adverliz par ce que nous a escript le seigneur de Boisrigault , noslre ambassadeur auprès de vous, de la difficulté que vous faictes de laisser passer par voz pays uug nombre de lansqueuelz qui viennent en nostre service, chose qui nous viendra très mal à propoz et pour estre noz affaires telz qu'ils sont de présent, d'autaut que vous sçavez les préparatifz que l'empereur et autres noz ennemis font pour nous venir assailir eu noslre royaume. A ceste cause, nous vous prions tant affectueusement qu'il nous est possible voulloir de tant nous grattifier, en faveur de l'entière et grande amitié qui est entre nous, que de laisser voz passaiges ouvertz, et nous faire congnoistre que si vous avez aymé nous et noz affaires en temps que vostre aide ne nous cstoit pas si requis qu'il est à cette heure, vous les vueillez eocores plus favoriser à ce besoing, qui est le temps que les amys se doivent monstrer, et eslre conlans de laisser surceoir et supercéder quelques petit/, différendz qui peuent estrc entre nous, jusques après cest alfa ire passé , que nous donnerons tel ordre de vous y satisfaire, que vous aurez grande occasion de demeurer contans , ainsi que plus amplement entendrez par ledit seigneur de Boisrigault et le seigneur de Blancfossé, lesquelz nous vous prions croire comme vous feriez nous-mesmes. Priant à tant Dieu, très chers et grans amys, etc. Paris, le 8 juing 1 544-
FRANÇOYS. De L'Aobesmhe.
\ noz très chers et grans amys, etc., les advoyer, etc., de Berne.
Mois, 5 avril. . . .
8. Françoys, par la grâce de Dieu, roy de France, duc de Millan, seigneur de Gennes, etc. Très chers et grans amys, nous avons receu par Albert de la Pierre vostre citoyen , présent porteur, voz lettres et entendu sa créance, sur laquelle faisons ample responce aux ambas-
sadeurs des neuf qu an tons assemblez à Lucerne, qui de ce m es me affaire par icelluy Alberl de la Pierre nous avoicnt csciipt, ainsi que pourrez veoir par le double des lettres que vous envoyons. Si vous prions que de vostre part tenez la main que cette ligue et confédéracion, qui reviendra non seulement au prouffil et utilité d'un chascun de nous, maitz à la louenge de Dieu , commodité et repos de toute la cbrétienneté, se conclue, et en telle seurelcque, soubz timbre de couleur des anciennes alliances ne autrement , ne se puisse révocquer. Très chers et grans amys, Nostre Seigneur vous ait en sa garde. Escripl à Bloys, le 5e jour d'avril.
FRANÇOYS. Robertet.
Noz très chers et grans amys les advoyer et conseil de Berne.
Blois, ai mars
9. Françoys, par la grâce de Dieu, roy de France, duc de Millau, seigneur de Gennes. Très chère et grans amys, alliez, confédérez et bons compères, nous avons entendu par ce que le seigneur de Boisrigault, nostre ambassadeur devers vous, nous a faict savoir, comme en continuant et persévérant de bien en ruieulx en la bonne amytié, confédéracion et allience qui est entre vous et uous, et monstrant par vray effect le bon et granl voulloir que vous avez au bien de nous et de noz affaires, et raesmeroent que nostre armée qui est de présent en nostre duchié de Millan obtiengne la victoire sur noz ennemys et vôtres , vous avez ordonné ung autre renffort de vos gens estre envoyé audit duchié, suyvant ce que noz chers et amés cousins les admirai et mareschal de Montmorency vous ont escript. De quoy et de ce que jusques icy vous avez faict et continuellement faictes pour nous, nous vous remercyous tant et si affectueusement que faire pouons. Et vous prions et requérons y continuer et persévérer, ainsi que nous avons en vous parfaicte et entière confidence. Car en ce faisant nous sommes certains que ladicte victoire s'en ensuy vra au grant honneur et repputacion de vous et de toutes les ligues, en sorte que nous en demeurerons en perpétuelle obligacion envers eux, comme en ceulx
qui en auront esté les principaulx aucteurs, et desquelz après Dieu nous la tiendrons, ainsi que plus amplement vous dira de par nous ledict Boisrigault. Priant Dieu, très chers et grans amys, qu'il vous ait en sa saincte garde.
Escript à Bloys, le ai* jour de mars.
FRANÇOYS. Robertet.
A noz très chers et grans amys, alliez, con fédérez et bons compères les advoyer et conseil de Berne.
M m boise t 24 ffMu» • • •
10. Francoys, par la grâce de Dieu,roy de France, duc de Millan, seigneur de Gennes. Très chers et grans amys, alliez, confédérez et bons compères, nous avons receu les bonnes et gracieuses lettres que puis la retraicte de nostre armée de deçà vous nous avez dernièrement escriptes, et par là entendu le commun regret et desplaisir que vous avez que les choses de delà n'ayent succédé autrement à nostre intention qu'elles n'ont peu faire pour ceste fois. De quoy et de ceste bonne volunté que vous dites avoir tousjours au bien et prospérité de noz affaires, pour les estimer de mesmes les vostres, nous nepouons assez vous remercier. Et combien que desjà et avant la réception de vosdictes lettres nous vous eussions bien au long escript pour ce mesmes effect , si ne lairrons-nous pour cela à vous redire que nous sommes très asseurez que à vous ne à voz gens qui estoieut en nostre service n'a tenu que noz affaires en Lombardie n'ayent pas l'yssue que vous et nous désirons, car nous avons tousjours veu que vous y avez faict tout ce que possible vous a esté, comme vraiz amys, alliez, confédérez et bons compères pouoient et dévoient faire, dont tant et si affectueusement que faire pouons derechef et encores ung bon coup vous remercions, et prions et requérons que, en la bonne volunté en laquelle nous sommes acertenez que vous estes envers nous et le bien et ad dresse de nnsdites affaires, vous vueillez continuer et persévérer, comme nous avons en vous nostre parfaicte et entière confidence, actendant le temps que nous puissions commodément radresser et
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remectre sus nostredite armée, ce que nous espérons faire dedans peu de jours à l'ayde de Dieu et de vous, et en ce faisant la guyder, conduire et pourveoir de toutes choses qui seront requises à l'entretenement d'icelle, par façon que facillement nous recouvrious ce que nous appartient, au grant honneur, contentement et satisfaction de vous et de nous. Et cependant nous avons ordonné tout ce que est nécessaire pour le payement de voz gens et pensions, car nous voulons et entendons vous entretenir, garder et observer inviolablement tout ce que est entre nous et vous traicté, conclud et arresté par nostredicte amytié et alliance, sans en rien la diminuer, comme celle que nous tenons entre toutes autres la principalle, meilleure et plus seure: ainsi que toutes ces choses vous entendrez plus amplement par ce que vous en dira de par nous le seigneur de Boisrigault , nos Ire ambassadeur devers vous. Priant Dieu, très chers et grans a m y s, etc., qu'il vous ayt en sa saincte garde.
Escript à «mhoyse, le a4 may.
FRANÇOYS. Robebtet.
A noz très chers, etc., les advoyer et conseil de Berne.
10 itptenbre . . . .
II. Fbaïiçoys, par la grâce de Dieu , roy de France, duc de Millan, seigneur de Gennes. Très chers et grans amys, nous avons receu les lettres que nous avez escriptes, par lesquelles nous signifiiez et faictes savoir avoir receu de noslre très cher et très amé oncle le duc de Savoye, lettres par lesquelles il se plainct et deult de ce que luy avons escript touchant l'entreprise qu'il a faicte sur nous et noz subgects, en l'érection des éveschez de Chambéry et Bourg en Bresse. Laquelle entreprise a esté et est telle, qu'il n'y a prince en la chreslienneté, que quant il la vouldroit poursuyvre et faire sortir eflect, pour qui nous le voulussions tollérer ne souffrir. Et quant nous eussions pensé qu'il en eust fait cas envers vous, nous vous en eussions escript et tellement informez de noz droiz et raisons, que nous ne faisons aucun double que par voz bontez et prudences vous eussiez clérement congneu que nous avons beaucoup meilleure, plus juste et plus rai-
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sounable cause de nous douloir et plaindre de luy qu'il n'a de nous. Et mestuement que souvent nous luy avons fait et fait faire amples rcmonstracions de choses dessusdites , sur lesquelles il nous avoit promis et accordé y remédier et pourveoir, et faire remectre en ce qui peut loucher nous et noz subgectz les choses au premier estât et deu. Par quoy, et pour l'induyre à ce faire, luy avons escript et fait entendre l'ennuy, regrect et desplaisir que aurions de voir entre nous et luy aucun différent, et principalement pour ceste matière, qui ne se peut souffrir ne toliérer, et que pour rien nozdils subgectz ne vouldroyent consentir ; maiz plus tost que estre distraiz des lieux où de toute ancienneté ils ont acoustumé prendre leurs sacremens, porter toute paine et endurer toutes choses qui leur pourraient advenir. A cestc cause, congnoissant ycelluy nostre oncle nostre bonne intencion, l'amour et affection que luy avons lousjours portée et portons, et la juste et raisonnable querelle que avons de porter, garder el deffendre nosdits subgetz de toutes forces, violences et nouvellelez, nous a puis naguerres, et au mesme temps qu'il a envoyé devers vous, escript et envoyé aussi devers nous ung gentilhomme de sa maison, par lequel il nous a finablement fait savoir qu'il estoit résolu et délibéré, comme raison estoit, remectre et faire remectre le fait desdits éveschez de Bourg el Chambéry en leur premier estât et deu , et en manière qu'il n'en serait jamaiz parlé ne fait aucune querelle d'une part ne d'autre , et par façon que nous sommes demeurez contens et très-satisfaictz. Ce que voulon tiers vous escripvons en respondant à vozdites lettres, desquelles et aussi de ce que, non seuilement en ceste matière maiz en toutes autres qui nous touchent , vous vous portez et raonstrez noz bons, vrays et entiers amys. Nous vous mercyons tant et si affectueusement que faire pouons, et vous prions et requérons voulloir continuer, comme nous avons en vous nostre parfaicte et entière confidence, et vous nous trouverez toujours preslz, enclins et affectionnez de faire le semblable pour vous. Très chers et grans amys, Nostre Seigneur vous ait en sa saincte garde.
Escript à Gureux? le 10e jour de septembre.
FRANÇOYS. Robertet.
A noz très chers et grans amys les advoyer et conseil de Berne, Fribourg et Soleurre.
Au yergf, ai juin. . . .
12. Frawçoys, par la grâce de Dieu , roy de France , duc de Millan , seigneur de Gennes. Très chers et grans amys, nous avons receu vo/ lettres du 8' du présent à Berne, pr lesquelles nous mandez que avez entendu que les duc de Wistamberg et conte de Fustamberg (sic), accompaignez d'aucuns noz gens de guerre, veuillent invader et faire la guerre au conté de Bourgoigne , avec lequel avez ligue et confédération, moyennant laquelle, et aussi pour lescommoditez et prouffitz qui vous en proviennent, ne vouldriez tollérer ne souffrir qu'ilz feussenl travaillez ne molestez par guerre; et que, comme esta 11 s voz confédérez et de vostre civilége, ont esté réservez au traicté de ligue et confédéracion entre nous faict ; par ainsi nous priez faire désister iceulx dur et conte de leur entreprînse, et que s'ilz ont quelques querelles contre icelluy conte, qu'ils la poursuvvent en justice et non par voye de faict
Très chers et grans amys , nous ne sçavons qui vous a donné à entendre ce dont nous escripvez , mais tant y a que nous n'y pensasmes oneques, et ne sera trouvé que iceulx duc ne conte ayent commission ne mandement de nous pour faire la guerre à iceulx du conté de Bourgoigne, ne aucuns de noz gens de guerre ne de nostre soulde pour ce faire, et croyons qu'ilz y ont aussi peu pensé que nous; ilz ont esté par devers nous et leur avons faict bonne chère , estans asseurez qu'ilz sont de voz amys, maiz d'icelle guerre n'a esté entre nous aucune mention faicte.
Très chers et grans amys, d'autant que avions esté advertiz que l'esleu en roy des Roinmains avoit escript quelques lettres à voz supérieurs faisant mention d'icelle guerre, nous, pour leur donner à entendre la vérité du fait, leur avions dernièrement escript que, s'il nous failloit entrer en guerre avec luy, seroit en nostre très grant regrect et desplaisir, mais que depuis aucun temps en ça, sans cause ne raison , venant contre les traictez entre nous faitz et ses foy, promesse et obligation , nous avoit deffié par escript, et pour raectre son deffy à exécution, avoit envoyé gros nombre de gens de guerre aux confins de nostre royaume, qui avoient couru et pillé nostre pays, assiégé et prins le
4oo DOCUMENTS HISTORIQUES INÉDITS.
chasteau de Messancourt, tenu et mouvant en foy et hommaige de nous, auquel avoient trouvé troys de voz compaignons, lesquelz auroient faict ingnominieusement et cruellement pendre et estranglcr contre le devoir de la guerre. En quoy faisant disoieut, ainsi que nous a esté rapporté , que à tous ceulx que trouveroient de vostre nation feroient de mesmes. A ceste cause, pour la défence de nous et nostre royaume , comme provocquez et assailliz, et pour propulser l'injure à nous faicte , avons assemblé une grosse armée esdits extrémitez de nostre royaume ainsi que raisonnablement povions et devions faire.
Très chers et grans amys , aussi avons faict sçavoir à vosdicts supérieurs que la maison de France a de tout temps et d'ancienneté ligue et confédération avec le sacré empire, laquelle de nostre part voulions garder et observer, et n'entendons avoir guerre contre ycelluy, ainsi que avons escript et faict savoir aux ellecteurs, princes de l'empire et villes impérialles, et faict proclamer par nostre royaume, que nonobstant icelle guerre ceulx de l'empire puissent aller, venir en noz pays, traffiquer, marchander et converser avec nos subgectz comme faisoient auparavant, d'autant que la guerre que pourroit estre entre icelluy esleu en roy des Rommains et nous n'est pour les droiz de l'empire , ains pour les siens particuliers.
Très chers et grans amys, nous sommes en ceste guerre deffenseurs, provocquez et assailliz contre raison , et n'avons aucune guerre particullière contre icelluy conté de Bourgoigne, ne autres ses pays, et l'assemblée que nous avons faicte n'est que pour nous deffendre et propulser l'injure que nous a esté faicte, et suyvre nostre fortune : par ainsi, parles chappitres entre nous convenuz seriez lenuz nous assister et bailler ayde quant de ce faire vous requerrions, ainsi que plus amplement dirons et ferons entendre à voz ambassadeurs que envoyez par devers nous.
Très chers et grans amys, nous prions le benoist filz de Dieu vous tenir en sa saincte garde.
Escript au Vergy, le ai' jour de juing.
FRANÇOYS. Robektet.
A noz très chers et grans amys les ambassadeurs des seigneurs des ligues assamblez à Berne.
TEXTE DES DOCl MENTS. 4oi