FiUen-Cotterrtz, i o juillet
De par lf. Roy.
Chers et bien amez, nous vous avons cy-devànt par nos lettres patentes fait demander gratuitement certaine quantité de pouldres ou de salpestres pour les raisons et considérations amplemant déclairées par lesdiites lettres, vous donnant par icelles tous les moyens et expédiens nécessaires pour y pouvoir satisfaire, affin qu'il n'y aist aucun lieu d'excuse de vostre costé; et depuis, regardant à vostre soulagement, vous avons escript faire porter en l'ung de nos hastelliers à pouldres la quantité de salpestres contenus en nos dittes lettres patentes, et celluy qui vous seroit le plus à mains et à propos, sans vous mettre en fraiz de les faire convertir vous-mesmes en pouldre; vous recommandant par icelle toutes dilligences possible, en considération des grandes et inestimables deuspences et consommations de munirions d'artillerye que nous estions contrains faire, ainsy que depuis il nous est apparu par les effets qui s'en sont ensuivy, tant au recouvrement de la ville de Calais et conté de Guignes, que naguère encores en la prinse de Piouville et autres places fortes par nous conquises au duché de Luxembourg des Pays-Bas de Flandre, dont vous pouvez avoir depuis certains advertissement. Ce néantmoins, vous n'avez encores satisfait au contenu de nostre lettre, au moins qui soit venu en nostre cognoîssance , qui est bien loing de vous offrir et présenter de vousmêmes [pour) favoriser le succès de nos entreprises, tant avantageuses pour nostre royaume et subjets, comme vous le pouvez juger, et par lesquelles nous devons espérer le bien de la paix, puisque la raison n'y a peu conduire nos ennemys, et affin que sans grande occasion et bon fondement nous ne vous fissions cognoistre combien nous nous sentons offensés de n'avoir esté secourus de vous de ladite quantité de salpestre dedans le temps que nous vous avons préfixé par icelles, nous avons advisé vous en faire encore (une) à la recharge, par laquelle nous vous prions et ordonnons très expressément que incontinent icelle reçue vous ayez à renvoyer en nostre bastellier à poul-
dre eslably en la ville de Marseille, et mettre en les mains du garde général de nostre artillerye, ou de son commis en son lieu, la quantité entière du salpestre contenu et déclairé en nos dittes lettres patentes, ou ce que restera a en fournir par vous à la réception de nostres lettres, aiant fait estât de ladite quantité pour lesdits magasins et hasteliers pour les affaires qui se porterout de ce côté, nous advertissant incontinent de l'ordre que vous y aurez donné et de la dilligence dont vous entendez y user, affin que nous saiclions au vray si nous nous en devvrons tenir pour assurés, et ne faites faulte, sur tout que vous desvrez de nous obéyr, de nous faire cognoistre l'affection que vous portez au bien de nos affaires et de nostre service. Donné à Villers- Costeret , le x' jour de juillet 1 558.
Hkhhy. Et plus bas, De Laubespiite.
(Le sceau des armes de France est sur l'enveloppe.)
Pour suscription : A nos chers et bien amez les bourgeois et habitans de Castel-Sarrazin.
NM XXVI et XXVII.