ISOTICE SUR L'ÉTAT DES ARCHIVES DU DÉPARTEMENT DES BASSES-PYRÉNÉES
PAR M. G.-B. DE LA GREZE, coftMSM»DAtfT m nniTcnr. rocs ua tratac* hktobiqcm
Permettez-moi, Monsieur le Ministre, de vous exprimer le regret de ce que toutes les chartes existantes dans les communes ne peuvent être réunies dans les archives du chef-lieu, qui deviendraient ainsi une espèce de musée des monuments écrits de l'histoire du pays. Là, les recherches seraient faciles, les vieux titres seraient étudiés, et leur conservation assurée sous la garde d'un archiviste capable. Les communes n'y perdraient rien, car il leur serait avantageux d'échanger des originaux illisibles contre des copies commodes à lire.
Cette idée, je le sais, a paru digne de fixer l'attention du gouvernement; mais les mesures employées pour arriver à la réalisation de ce projet me semblent dépourvues d'efficacité.
D'après les circulaires de MM. les préfets, pour que des pièces appartenant à une commune puissent être transférées au chef-lieu, il faut le consentement formel du conseil municipal; il faut de plus que ce conseil municipal désigne la portion des archives qu'il juge utile de faire porter à la préfecture. Or, un conseil municipal ne se dessaisira jamais de ses vieux titres, tant qu'il verra une des communes voisines conserver les siens. D'ailleurs est-ce bien aux conseillers municipaux de nos villages qu'il convient de laisser le triage des documents à déposer et des documents à retenir?
Un inventaire des archives a été prescrit dans chaque commune. Dans plusieurs villes il n'est pas fait encore, notamment à Lourdes,
par exemple, où le dépôt est fort riche. Ses chartes nombreuses, intéressantes, gisent inconnues dans la poussière, sans que personne ait songea les lire ni à les compter. Dans d'autres endroits, l'inventaire a été rédigé avec soin; mais l'archiviste a-t-il à peine quitté les lieux, que tout a été remis en désordre, et qu'il est presque impossible de retrouver des pièces inventoriées.
Les maires sont responsables; mats cette responsabilité est illusoire. Qui va vérifier ce qu'ils reçoivent ou ce qu'ils laissent, quand ils commencent ou quand ils cessent l'exercice de leurs fonctions? Le plus souvent, ils ajoutent peu d'importance à des papiers qu'ils ne savent pas lire, et quelquefois ils laissent prendre des documents qui , à leurs yeux, n'ont qu'un intérêt de famille, sans aucune utilité pour la commune.
Ces faits, Monsieur le Ministre, m'ont paru devoir vous être signalés. La réunion de toutes les chartes d'un département dans un local unique me semble indispensable. Peut-être aussi pourriez-vous, en vertu d'un** disposition législative, faire rentrer dans leur dépôt primitif les vieux titres qui ont appartenu à des archives publiques et qui sont tombés entre les mains des particuliers.
La haute protection et l'intérêt si puissant que vous porter à tout ce qui tient à notre histoire me font espérer, Monsieur le Ministre, que vous voudrez bien agréer ces observations.
Je suis, etc.
G. B. de la. Grézf.