‹ Documents historiques inédits tirés des collections manuscrites de la Bibliothèque royal et des Archives ou des Bibliothèques des départementsChapitre 93 sur 165 · N° XXXIII · texte numérisé non relu

N° XXXIII

KÉPQJTSE DES PRÉVÔT DES MARCHANDS, ÉCHEVINS, BOURGEOIS ET HABITANTS DE PARIS, AUX LETTRES A EUX ÉCRITES PAR L* ARCHIDUC HAXIMIL1EN D'AUTRICHE.

a teptembre i486.

Très-haut et puissant prince, il est venu devers nous un homme portant vos armes, soy disant vostre hérault, lequel nous a présenté vos lettres en parchemin et scel rouge placqué, esquelles vous intitulez en marge dessus les lignes, que jamais n'a esté Tait en lettres à nous adressés et n'appartient à quelque prince que ce soit, fors au roy noslre souverain et naturel seigneur et ses très nobles progéniteurs roys de France, qui est roy et empereur de son royaume; lesquelles vos lettres, pour la révérence et très-humble obéissance que lui devons, et qu'il faisoit conduire ledit homme portant vos armes, nous avons pris et fait lire en l'hostel commun de celte bonne ville de Paris, car autrement, pour la forme desdites lettres, aussy parce que vous estes mis et eslevé en guerre contre le roy nostre souverain seigneur, en usurpant contre tout droit et raison des terres et seigneuries comme Thérooenne, Mortaigoe et autres qui sont du vray domaine du roy et de sa couronne, n'eussions receu ni veu vosdittes lettres; et par ce qu'en icelles faittes grand narration des entreprises que dittes avoir esté faittes par nos très-redouté seigneur et dame de Beaujeu contre le trailté de la paix, nous n'avons point eu de cognoissance et c'est chose trop difficile à croire, car nous avons tousjours veu et seu le roy nostre souverain seigneur, nosdits seigneur et dame de Beaujeu et tous les autres princes et seigneurs estant entour de sa personne et en son conseil, très-affectionnés et enclins à entretenir et garder ledit traité de paix, et ce n'avons point sceu que sur vous et sur les pays et sujets de haut et puissant prince le comte de Flandres, père (pair) de France,

vostre fils, ayent esté faittes aucunes prises de places, de prisonniers ni autres exploits de guerre ; mais avions bien sceu et est bien cogneu à nous et à tous les sujets de ce royaume et à plusieurs nations étrangères, que vous avez fait surprendre lesdittes villes, contre tous droit et raison comme dit est , et estes entré par surprise en armes en ce royaume pour grever le roy nostre souverain seigneur et ses bons et loyaux sujets, dont assez ne nous pouvons émerveiller, veu ledit traité de paix si solemnellement par vous juré et par les commandeurs des pays de Flandres et austres pays de vostredit fils. Aussi, considéré le mariage entre ledit roy nostre souverain seigneur et la rey ne nostre souveraine dame votre fille, et sembloit bien à nous et à tous les sujets de ce royaume que quand aucun prince ou seigneur eust voulu invader et faire la guerre au roy nostre souverain seigneur, ses pays et sujets, vous estes et devez estre l'un des princes de ce monde qui par foy, serment et honneur, et par naturelle obligation , estes plus obligé et tenu à le garder et deffendre. A quelque chose que vous escriviez du fait de l'âge et gouvernement du roy nostredit souverain seigneur, il a grâce à Dieu si bien traitté et gouverné son royaume et tous ses sujets depuis qu'il est venu à la couronne et par son bon conseil, que tous ses sujets ont vescu sous luy en grand justice , paix , repos et sûreté, et feront toujours au plaisir de Dieu, car le roy nostre souverain seigneur croist de jour en jour en prudence et vertu. Et touchant les charges que par vosdittes lettres donnez à nosdits seigneur et dame de Beaujeu, nous n'avons veu, sceu ni cogneu qu'ils aient fait ou procuré aucune chose du contenu de vosdittes lettres; mais les avons veu toujours de très bon et grand vouloir au service, bien, honneur, seureté et conduite du roy et de ses affaires : et veu que par ledit trait lé de paix estoit dit que la reyne vostre fille, sitost qu'elle seroit amenée en ce royaume, seroit baillée ès mains de monseigneur de Beaujeu; aussy, que par Philippe Daille vostre escuyer, que envoyâtes à Melun devers le roy nostre souverain seigneur, escrivistes si familièrement à nostredit seigneur et dame de Beaujeu , et entre autres choses que vouliez absolument entretenir ledit traitté de paix en tous ses points et articles , comme le roy qui, de sa grâce, a accoutumé de nous communiquer ses

grands affaires, le nous fit lors dire et déclarer, et par ce nous croyons (|ue vous et luy feussiez en bonne amitié; attendu aussi la grande proximité de lignage et affinité par mariage qui est entre la reyne n astre souveraine dame vostre fille et ledit comte de Flandres pere de France, vostre fils, et en tant que par vosdittes lettres nous requérez et néantmoins sommez que tenions la main envers nost redit souverain seigneur à ce qu'il ue donne plus de crédit , gouvernement ne autorité à nosdils seigneur et dame de Beau jeu, et qu'il fasse assembler les princes et Estats de son royaume pour besogner avec les députés de l'empereur vostre père, ceux du Saint Empire et les vostres que offrez y euvoyer, à l'entretènement dudit traitté de paix ou sur un autre, contenant? bone et nouvelle alliance, ce sont choses en quoi le roy nostre souverain seigneur, et non autres, doit et à l'ayde de Dieu saura bien pourvoir à l'utilité et seureté de sesdits royaume et sujets: et ne véons qu'il y ait cause ne matière de faire ce que nous escrivez, mais en lousjours acquittant nostre loyauté et suivant les louables œuvres de nos prédécesseurs, avons esté , sommes et serons toujours délibérez d'obéir et servir envers tous et contre tous nostre souverain seigneur en tout ce qu'il lui a plut et plaira nous commander, et pour ce faire employer nos corps, nos vies et tous nos biens sans quelque chose y espargner, ainsi que bons, loyaux, vrays et obéissants sujets doivent faire envers leur souverain et naturel seigneur ; et se vous fassiez réparer les infractions faites de vostre part contre ledit traitté de paix, ainsi que vous estes obligé et tenu, vous feriez ce que devez à vostre honneur et louange, qui seroit mieux, et que pour le temps advenir le fissiez loyaument et inviolabiement entretenir, que d'en faire un nouveau auquel pourrait avoir peu de seureté et fiance quand celui qui si solennellement que dit esta esté fait serait ou demeurerait nul et enfraint. Et quand à la dernière clause de vosdittes lettres, qui sonnent assez que vostre intention est de continuer la guerre, vous faitez très grand domage au pays de Flandres et autres pays de vostredit fils, comme ils pourront, plus sentir et cognoistre; et pour y résister nous et tous les autres sujets du roy nost redit souverain seigneur sommes fermes et délibérez y employer corps et bien jusqu'à la mort inclusivement.

TEXTE DES DOCUMESTS. 479

Escrit audit Hostel commun de laditte ville et cité de Paris, le ue jour de septembre.

Superscrittes, « A très-haul et puissant prince Maximilien duc d'Autriche, s

Souscrites, o Les prévost des marchands, eschevins, bourgeois et habitants de la ville de Paris. »

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