‹ Documents historiques inédits tirés des collections manuscrites de la Bibliothèque royale, et des archives ou des bibliothèques des départementsChapitre 102 sur 139 · RELATION ORIGINALE DE LA BATAILLE DE JARNAG · texte numérisé non relu

RELATION ORIGINALE DE LA BATAILLE DE JARNAG

(D'après l'origioal du temps.) IO-ï3 MARS iSôg.

Après que messeigneurs les princes eurent longuement costoië à chercher les moiens qu'ils pourroient inventer pour attirer leurs ennemys au combat , et les ayant tenus comme assiégés entre les rivières de Loyre et Vienne par Tespace de deux moys , finalement , pour la nécessité des vivres, à cause du long séjour qu'ils avoient faict au pays, se retirèrent à Nyort, où ils firent assembler tous les gouverneurs et ceux qui avoient charge des pays de Poitou , Xaintonge et Ângoumois, pour aviser aux affayres de l'armée; auxquelles après avoir donné ordre de assembler quelque nombre de leurs forces, eurent avertissement que, au camp de Monsieur, frère du roy, estoient arrivés deux mille cinq cens chevaux reistres, sous la charge du comte Rhingranno et Bassompterre; et sachant qu'ils prenoient leur chemin aux environs d'Angoulesme, lesdits sieurs princes, pour tousjours favoriser les villes et pays, s'acheminèrent à Xaintes, Saint-Jeand'Angely et Cognac; et ayant entendu que quelque nombre de cavalerie, sous la charge du capitaine La Rivière, s'estoient emparée de la ville de ce chasteau de Jarnac, qui est un pont sur la rivière de Charente, qui eut pu grandement préjudicier à leur armée, messeigneurs l'amiral et Dandelot firent en toute diligence partir de Cognac quelques enseignes de gens de pied, et deux longues coleuvrines, et huit ou dix cornettes de leur avant-garde, et en peu de temps contraignirent ledit La Rivière et les siens d'abandonner la ville et se retirer dans le chasteau, qui est bon et bien flanqué; où après avoir enduré quelques volées desdittes coleuvrines, ledit L^ ïVivière demanda à

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