‹ Documents historiques inédits tirés des collections manuscrites de la Bibliothèque royale, et des archives ou des bibliothèques des départementsChapitre 71 sur 139 · N* XXII · texte numérisé non relu

N* XXII

LETTRES DE FRANÇOIS l", ROI DE FRANCE , AUX ADVOU^S ET CONSEIL DE LA VILLE ET CANTON DE BERNE.

(Copies faites sar les originaux déposés aux archives de Berne, et communiquées

par M. Pbobst '.)

Chamborsy a8 septembre i5a6.

1 . Françoys par la grâce de Dieu roy de France. Très-chers et grans amys, confédérez, alliez et bons compères, nous avons esté advertiz que aucuns de voz cappitaines estans de présent au camp et armée de la saincte ligue en Lombàrdye, sont en quelque propoz et voulenlé d'eulx retirer en leurs maisons avec leurs bendes, non obstant quilz ayent esté par cy-devant tt*ès-bien payez, entretenuz et contactez. Et pour autant que si cela avoit lieu ce seroit une des choses qui sçauroit pour ceste heure survenir qui plus donneroit de defTaveur à ladite armée, et qui plus croistroit et augmenteroit le cueur des ennemys : A ceste cause, nous vous prions tant et si très-afîectueusement que faire pouons que, pour le bien commun de ladite ligue, vous vueillez estre contans d'escripre une bonne lettre à tous lesdits cappitaines en général, à ce qu'ilz n'ayenl à bouger ne pareillement leurs gens dudit

> L^diteur a conservé Tordre dans fequd ces lettres ont été placées par le soin de M. Probst.

388 DOCDMENTS HISTORIQUES INÉDITS.

camp, mays à continuer à bien et loyaument servir jusques à la fin de

la guerre, ainsi qu'ilz ont fait jusques à présent. En quoi faisant vous

nous ferez très-singulier plaisir. Et à tant, très-chers et gratis amys,

confëdérez, alliez et bons compères, nous prions le Créateur qui vous

ait en sa saincte garde.

Escript à Chambort, le a 8^ jour de septembre, Tan mil cinq cens

vingt et six (i526).

FRANÇOYS. Breton.

A nos très-chers, etc., les advouez, bourgmaistres, etc., des villes et quantons des anciennes ligues des hautes Allemaignes.

Paris, VL décembre i5a7.

2. Françots par la giâce de Dieu roy de France. Très-chers et grans amys, confédérez, alliez et bons compères. Nous estans par cy-devant amplement advertiz du différend qui estoit et est encores entre nostre très -cher et bien amé oncle le duc de Savoye et vous, pour raison et à cause de la bourgeoisie de Genefve, nous vous escripvismes dès lors et feismes prier et exhorter très-instanment par noz ambassadeurs, à ce que, pour l'amour et en faveur de nous, vous voulsissiez estre contans de vuyder et pacifier ledit différend par voye doulce et amyable, sans plus vouloir laisser enviellir ne enracyner la chose. Et pour autant que nous avons depuis entendu que cela n'a encores esté fait, et que nous désirons singulièrement ledit différend estre promptement et d'un commun consentement vuydé et appaisé, tant pour la proximité de lignage dont nous actient nostredit oncle, que aussi pour l'affection que nous avons au bien et prospérité de ses affaires et pareillement des voslres : A ceste cause, nous vous avons bien voulu derechef escripre la présente, vous priant tant et si très-afTectueusement que faire pouon*s que, actendu l'ancienne amytié et alliance qui de tout temps et ancienneté a esté et est entre la maison dudit Savoye et vous, vous vueillez tant faire pour l'amour de nous que de vuyder et accorder amyablement le plus promptement et diligemment que faire se pourra ladicte querelle. Et cependant, affin d'évicter que les choses ne se esgrissent aucunement entre vous, faire surceoir toute force,

\ioleDce et voie de fait d'un cousté et d'autre. En quoy faisant vous nous ferez très-singulier plaisir. Et à tant, très-cbers et grans aonys, confédérez et alliez , nous supplions le Créateur vous avoir en sa saîoole garde. Esoript à Paris le a® jour de décembre i5a7.

FRANÇOYS. Breton.

A noz très-cbers et grans amys, alliez, confédérez et bons compères Fadvouer et conseil de la ville et quanton de Berne.

Saint-Germaiit^n-Zaye , i /éprieriS%S.

3. Frahçots par la gr&ce de Dieu roy de France, etc. Très-cbers et grans amys^ alliez, confédérez et bons compères. Mous avons entendu que entre vous et les seigneurs des autres quantons se vouloit mouvoir quelque discord et division, qui nous a esté cbose ennuyeuse et fort desplaisante, pour avoir congneu que vous estans en paix, union et amytié, avez esté de telle conduite en voz affiaiires qu'ilz ont tousjours de mieulx en mieulx prospéré à l'augmentacion de vostre bonneur, biens et réputacion. Et voyant voz enneroys, envieux de vostre bien et bonneur, n'avoir autre moyen pour vous perdre que cbercber tous ceulx qu'il leur a esté possible pour vous mettre en discord , dissencion et inimitié, n'ont jamais cessé qu'ilz n'ayent eu commancement de venir à leurs actinctes, estans seurs par ce moyen de venir vostre totalle rtiyne et destruction : A ceste cause, nous qui vouldrions et désirerions encourir une mesme fortune avecques vous, réputans voz affaires entièrement nostres, vous avons bien voulu prier de regarder tous les moyens qui vous seront possibles que ceste division et commancement de guerre intestine entre vous, cesse et se oblye, et que la mesme amytié et fraternité que aviez si longuement continuée ensemble se t*epreigne et ne se puisse perdre. Nous vous advisons que ce sera tellement le bien et conservacion de vostre estât et réputation, que ce sera la confusion de voz ennemys et adversaires qui , par telz sinistres moyens, vous avoyent pencé mener à destrnctionet ruine ^ que vostre nation sera pour plus fleurir et avoir d'bonneur et de crédit par la crétienneté qu'elle n'a jamais faict. A quoy nous vous prions bien

vouloir penser, comme noz ambassadeurs vous pourront remoustrer de Dostre part. De quoy nous vous prions les croire comme nous* mêmes.

Très-chers et grans ainys, alliez, confëdérez et bons compères, nostre Seigneur vous ait en sa très-sainte et digne garde.

Escript à Sainct-Germain-en-Laye le 4* jour de février iSaS.

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