FRANÇOYS. ROBERTET
A nos très-chers et grans amys, alliez, confédërez et bons compères les advoyer, conseil et communaulté de Berne.
Fontainebleau y 14 novembre i5a8.
4. FRA^irçoTs par la gr&ce de Dieu roy de France. Très-chers et grans amys, allyez, confédërez et bons compères. Nous avons esté advertiz des divisions et querelles qui sont entre vous, et de la permcieuae et dangereuse conséquence qui s'en peult ensuivre, qui nous remeut à ung si gros regrect et des{^aisir, que ne saurrions exprimer ne dire, d'antant que n'estimons moins vostre bien, proufBt et utillité que le nostre propre, comme celuy qui a tousjours eu volunté comme si a encores de courir avec vous une mesme fortune. A ceste cause, et que la grosse union et concorde qu'avez eu entre vous, joinct vostre vertu, a esté cause de vous entretenir et augmenter en réputacion jusques ici, et que toutes nations ont quis et cherché avoir vostre amour et alliance, dont la renomée est telle à vostre honneur et exaltadon que plus grande ne pourroit estre : Nous vous prions vouloir mectre de* vaut vos yeux que la vertu unye est trop plus forte que la divisée et pkis permanente, et que tous gouvernemens en soy séparez demeurent d^olez. Considérant l'ineonvénient en quel, moiennant voz diffé* rends, vous pourriez tomber, qui pourront estre tel qu'il seroit difficille a réparer, et par ce moyen donneriez cause à voz envyeuh et enncimys d'eulx resjouyr et .estre aises de vostre mal , et à voz amys d'en avoir tristesse et desplaisir. Parqooy désiraos que vous vueillez pourveoir aux choses dessusdites, nous vous avons bien voulu despescher ce gentilhomme, qui est de nostre chambre, pour vous prier de
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Qostre part, tant et si très-âfFecluènsennent que ^as ne poorrioqs, que à vostre grant besokig vous moustnez pi^dens et saiges, et appaisea et composez voz diffiéreuds amyabletnent, <:onttnuabt en famour et unyoD que avez fiaiict jusques à présent sans donner occasion à vos* dits ennemys de veoir de vouz ce que tant ilz désirent; et si en cest en*^ droict nous pouvions de quelque chose servir et ayder, en le nous faisant savoir entendez que, selon la bonne et parfaicte amour et afTection que nous vous avons tousjours porté et portons, nous y employrons d'aussi bon cueur que pour chose qui nous sauroit subvenir, ainsi que cedit porteur vous pourra plus amplement dire et faire entendre de nostre part: de quoy nous vous prions le voulloir croyre comme nous-mesmes. Très-chers et grans amys, alliez, confédérez et bons compères, nous prions le Créateur vous tenir en sa saincte garde.
Escript à Fontainebleau le i4^ jour de novembre mil cinq cens vingt et huîct (i5a8).
FRA.NÇOYS. RoBEKTET.
A noz très-chers et grans amys, alliez, confédérez et bons compères les advoyer, conseil et communaulté de fierne.
Misieux, i3 juin ....
5. AmTiGUB de la créance que le roy a baillé à moy Boisrigault pour dire à messieurs de Berne, comme s'ensuit :
Et quant au bruict qui est piar de cela (çà) du hérault que Tempereur envoyé pardevers moy pour me defHer ce je ne rends les terres de Savoie, c'est chose dont par çà suys adverty, et résolu de la.respoD<]ie que je luy doibz faire, en laquelle vous pouez esire asseuré qu'il ne se fera audiune mantiôn de randre; et pour aultant que eest affaire touche les seigneurs de Berne aultant comme à moy et VaUaia, et que j'ay advertissement certain que de brief ilz seront deffiez pour ce&te mesme cause, de quoy vous les advertirez et prierez de ma part ne voulloir de leur cousté riens randre, leur déclarant que si pour raison de ce ilz estoient assailliz je leurs vouldroys donner toute l'aide et &-
Sga DOCUMENTS HISTORIQUES FNÉDITS.
veur qui me seroit possible /estimant tant de leur amytié qu'ilz touIdront faire le semblable à mon endroit et me aider de leurs gens en tel nombre que j'en auray besoing^ en paiant; pareillement les ennorterez par toutes voies et persuasion dont vous pourrez adviser. Escript à Mesieuz ce a3^ jour de juing. Ainsi :
FRANÇOYS. Batart.
Loches y la nopembre t536.
6. Faaitçots par la grâce de Dieu roy de France. Très-chers et grans amys, alliez ^ confédérez et bons compères , pour ce que nous désirons que soyez adyértiz des bonnes nouvelles qui puis naguières nous sont survenues, saichant que les aurez à très-grant plaisir et contentementy pour la bonne et parfaicte amitië, alliance et confédéracîon qui est entre nous: A ceste cause, voulons bien vous faire entendre comme, retournans noz treize gallaires de la coste d'Espaigne, où ilz ont faictet porté très-grant.dommaige, ilz ont rencontrées Tarmée de mer de l'empereur, qui est de vingt-troys gallaires, laquelle ne les a jamais osé assaillir, et au devant d'elle et en sa barbe ont amené au port de Marselle troys navires espaignolz chargez de marchandises, qu'elle n'a sceu ny osé recourir. D'autre part nous avons eu nouvelles de Pymont comme le marquis del Gouast, lieutenant général dudict empereur, avec la force qu'il a avecques luy, estoit venu devant la ville de Quiert, cuydant ligèrement l'emporter, pour estre ville aussi peu forte qu'il y en ayt point en tout ledict Pymont, et dedans laquelle n'avoit seulement quinze cens hommes, dont estoit chef le çappitaine Azal. Toutesfoiz il s'est trouvé bien loing de son compte, car après avoir esté troys jours devant et l'avoir longuement battue par deux ou trois endroictz, il s'est honteusement retiré laissant là de huit à neuf cens de ses gens mortz et tous Espaignolz. Et la cause fut pour ce que voullant ledict marquis faire marcher les Italiens. premiers au combat , ilz le refusèrent, disans puisqu'on donnoit l'onneur de toutes choses ausdits Espaignolz, il estoit bien raisonnable qu'ilz fussent premiers au péril : vous advisant que lesdites nouvelles receues,
TEXTE DES DOCUMENTS. SgS
Dous en eusmes d'autres le lendemain par lesquelles on nous advertissoit comme le seigneur Fregouse, avec cinq ou six cens harquebuziers choisiz et les chevaux légiers dont il a la charge , qui sont en nombre cent ou six vingtz, avoit emporté d'assault la ville de Raconye^ où il y avoit dedans deux mil hommes de pied et deux ou trois cens chevaux , ayant mis en pièce ou prins tout ce qui s'est trouvé dedans desdits gens de guerre. Finablement, très chers et grans amys, alliez, confédérez et bons compères, nous avons encore oultre cela présentement eu nouvelles de nostre très cher et très amé cousin le conte de Saint-Poly que avyons envoyé à la Tarantaize, pays si fort et mal aisé a assaillir, qu'on le tenoit imprenable et inaccessible, dedans lequel avec infiniz biens s'estoyent retirez et assemblez en armes cinq ou six mil villatns et deux ou troys mil hommes de guerre, soubz la charge de Scalingre, qui troubloyent par courses et invasions tout le pays de Savoye, et s'efTorçoyent le plus qu'ilz pouvoyent d'empescher que nous n'y feussions obbéyz. Maiz quoy qu'il en soit, nostredict cousin le conte de Saint-Pol, par le lieu où ledict Scalingre s'est oit le plus fortiffié, est entré dedans ledict pays, lequel a entièrement faict brûler, et y ont noz gens fait ung gaing et butin merveilleux.
Très chers et grans amys, nous avons bien vouUu vous faire part des choses que dessus, saichant que les aurez très agréables ainsy que nostredicte amitié le requiert, vous priant aussi estimer que de nostre part nous avons tousjours à singulier plaisir ce qu'il vous touchera, et en toute telle faveur et recommandacion que noz propres affaires. Priant Dieu, très chers et grans amys, alliez, confédérez et bons compères, qu'il vous ayt en sa sainte garde.
Escript à Loches, le la* jour de novembre i536.
FRANÇOYS. RoBERTiT.
 noz très chers et grans amys, alliez, confédérez et bons compères les advoyer, conseil et communauté de Berne.
T. nr. 5o
394 DOCUMENTS HISTOIUQUES INÉDITS.
7. Françots, par la grâce de Dieu, roy de France. Très chers et grans amys, alliez, confédérez et bons compères, nous avons esté advertiz par ce que nous a escript le seigneur de Boisrigault , nostre ambassadeur auprès de vous, de la difficulté q«e vous falctes de lais&er passer par voz pays ung nombre de lansquenetz qui viennent en nostre service y chose qui nous viendra très mal à propoz et pour estre noz af&ires telz qu'ils sont de présent, d'autant que vous sçavez les pr^paratifz que l'empereur et autres noz ennemis font pour nous venir assailir en nostre royaume. A ceste cause^ nous vous prions tant affectueusement qu'U nous est possible voulloir de tant nous gi*attifier, en faveur de l'entière et grande amitié qui est entre nous, que de laisser voz passaiges ouvertz, et nous faire congnoistre que si vous avez aymé nous et nozaiTaires en temps que vostre aide ne nous e«toit pas si requis qu'il est à ^cette heure, vous les vueillez encores plus favoriser à ce besoing, qui est le temps que les amys se doivent monstrer, et estre conlans de laisser sureeoir et supercéder quelques petitz différendz qui peuent estre entre nous , jusques après cest aflaire passé , que nous donnerons tel ordre de vous y satisfaire, quç vous aurez grande 4>ccasion de demeurer contans , ainsi que plus amplement entendrez par ledit seigneur de Boisrigault et le seigneur de Blancfosse, lesquelz nous vous prions citoire comme vous feriez nousr-mesmes. Priant à tant Dieu, très chers eit grans amys, etc. Paria, le 8 juing i544- FRàNÇOYS. De L'Aubespiîte.
A noz très chers et grans amys, etc., les advoyer, etc., de Berne.
Biais, 5 açrii, . . .
8. Françots, par la grâce de Dieu, roy de France, duc de iMillan, seigneur de Gennes, etc. Très chers et grans amys, nous avons, receu par Albert de la Pierre vostre citoyen , présent porteur, voz lettres et entendu sa créance, sur laquelle faisons ample responce aux ambas-
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sftdeurs des neuf qoantons asseniblez à Lucerne y qui de ce œesine affaire par icdluy Albert de la Pierre now avoieot escript, ainsi que pourrez ireoir par le double des lettres que vous envoyons. Si vous prions que de vostre part tenez la main que cette ligue et confedëracion, qui reviendra non seulement au prouflit et utilité d'un cbascun de nous, maitz à la louenge de Dieu , commodité et repos de toute la chrétienneté, se conclue, et en telle seurelé que, soubz umbre de couleur des anciennes alliances ne autrement , ne se puisse .révocquer. Très cbers et grans amys, Nostre Seigneur vous ait en sa garde. Escript à Bloys, le 5* jour d'avril.
FRANÇOYS. RoBKRTET.
Noz très chers et grans amys les advoyer et conseil de Berne.
Shà, %i niéws. . . .
9. FaAirçoTs , par la gr&ce de Dieu , roy de France, duc de Millan, seigneur de Gennes. Très chers et grans amys^ alliez, confédérez et bons compères, nous avons entendu par ce que le seigneur de Boisrigault, nostre ambassadeur devers vous, nous a faict savoir, comme en continuant et persévérant de bien en mieubL en la bonne amytié, confédéracion et allience qui est entre vous et nous, et monstrant par vray efTect le bon et grant voulloir que vous avez au bien de nous et de noz af&ires, et mesmement que nostre armée qui est de présent en nostre duchié de Millan obtiengne la victoire sur noz ennemys et vôtres , vous avez ordonné ung autre renffort de vos gens estre envoyé audit duchié, suyvant ce que noz chers et amés cousins les admirai et mareschal de Montmorency vous ont escript. De qiioy et de ce que jusques icy vous avez Caict et continuellement faictes pour nous, nous vous remercyons tant et si affectueusement que faire pouons. Et vous prions et requérons y continuer et persévérer, ainsi que nousavons en vous parfaicte et entière con6dence. Car en ce faisant nous sommes certains que ladicte victoire s'en ensuyvra au grant honneur et repputacion de vous et de toutes les ligues, en sorte que nous en demeurerons en perpétuelle obUgacion envers eui, comme en ceulx
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qui en auront esté les principaulx aucteurs, et desquelz après Dieu nous la tiendrons, ainsi que plus amplement vous dira de par nous ledict Boisrigault. Priant Dieu, très chers et grans amys, qu^il vous ait en sa saincte garde.
Escript à Bloys, le 21® jour de mars.
FRANÇOYS. RoBERTET.
k noz très chers et grans amys, alliez, confédërez et bons compères les advoyer et conseil de Berne.
j4mboise, a4 mai. • . .
.10. Françots, par la grâce de Dieu, roy de France, duc de Millan, seigneur de Gennes. Très chers et grans amys, alliez, confédërez et bons compères, nous avons receu les bonnes et gracieuses lettres que puis la retraicte de nostre armée de deçà vous nous avez dernièrement escriptes, et par là entendu le commun regret et desplaisir que vous avez que les choses de delà n'ayent succédé autrement à nostre intention qu'elles n'ont peu faire pour ceste fois. De quoy et de ceste bonne volunté que vous dites avoir tousjours au bien et prospérité de noz affaires, pour les estimer de mesmes les vostres, nous nepouons assez vous remercier. Et combien que desjà et avant la réception de vosdictes lettres nous vous eussions bien au long escript pour ce mesmes effect , si ne lairrons-nous pour cela à vous redire que nous sommes très asseurez que à vous ne à voz gens qui estoient en nostre service n'a tenu que noz affaires en Lombardie n'ayent pas l'yssue que vous et nous désirons, car nous avons tousjours veu que vous y avez faicttout ce que possible vous a esté, comme vraiz amys, alliez, confédérez et bons compères pouoient et dévoient faire, dont tant et si affectueusement que faire pouons derechef et encores ung bon coup vous remercions, et prions et requérons que, en la bonne volunté en laquelle nous sommes acertenez que vous estes envers nous et le bien et addresse de nosdites affaires, vous vueillez continuer et persévérer, comme nous avons en vous nostre parfàicte et entière confidence, actendant le temps que nous puissions commodément radresser et
remettre sus nostredite armée, ce que nous «spérons fidre dedans peu de jours à Tayde de Dieu et de vous, et eu ce faisant la guyder, conduire et pourveoir de toutes choses qui seront requises à l'entretenement d'icelle, par façon que facillement nous recouvrions ce que nous appartient, au grant honneur, contentement et satisfaction de vous et de nous. Et cependant nous avons ordonné tout ce que est nécessaire pour le payement de voz gens et pensions, car nous vouions et entendons vous entretenir, garder et observer inviolablement tout ce que est entre nous et vous traicté, conclud et arresté par nostredicte amytié et alliance , sans en rien la diminuer, comme celle que nous tenons entre toutes autres la principalle, meilleure et plus seure : ainsi que toutes ces choses vous entendrez plus amplement par ce que vous en dira de par nous le seigneur de Boisrigault , nostre ambassadeur devers vous. Priant Dieu, très chers et grans aroys, etc., qu'il vous ayt en sa saincte garde.
Escript à Àmboyse, le a4 may.
FRANÇOYS. RoBERTET.
k noz très chers, etc., les advoyer et conseil de Berne.
10 septembre. .
11. Frahçots, par la gr&ce de Dieu , roy de France, duc de Millan , seigneur de Gennes. Très chers et grans amys, nous avons receu les lettres que nous avez escriptes, par lesquelles nous signifBez et faictes savoir avoir receu de nostre très cher et très amé oncle le duc de Savoye, lettres par lesquelles il se plainct et deult de ce que luy avons escript touchant l'entreprise qu'il a faicte suf nous et noz subgects, en l'érection des éveschez de Chambéry et Bourg en Bresse. Laquelle entreprise a esté et est teUe, qu'il n'y a prince en la chrestiennété, que quant il la vouldroit poursuyvre et faire sortir effect, pour qui nous le voulsissions tollérer ne souffrir. Et quant nous eussions pensé qu'il en eust fait cas envers vous, nous vous en eussions escript et tellement informez de noz droiz et raisons , que nous ne faisons aucun doubte ique par voz bontez et prudences vous eussiez clérement congneu que nous avons beaucoup meilleure, plus juste et plus rai-
SoÔ DOCUMENTS HISTORIQUES INÉDITS.
soDDable cause de nous douloir et plaindre de luy qu'il a'a de oous. Et mesmeoiest que souvent nous luy avons fait et fait faire amples remonstracions de choses dessusdites , sur lesquelles il nous avoil promis et accordé y remédier et pourveoirf ei faire remectre en ce qui peut toucher nous et noz suhgectz les choses au premier estât et deu. Par quoy^ ei pour l'induyre à ce faire, luy avons escript et fait entendre l'ednuy^ regreci et désplaisir que aurions de voir entre nous et kiy aucun différent, et principallement pour ceste matière, qui ne se peut souffrir ne toUérer, et que pour rien nozdits subgectz ne vouldroyent consentir ; maia plus tost que estre distraiz des lieux où de toute ancienneté ils ont acoustumé prendre leurs sacreniens, porter toute paine et endurer toutes choses qui leur pourroie&l advenir. A ceste cause, congnoissant ycelluy nostre oncle nostre bonne intencion , Famour et affection que luy avons tousjours portée et portons, et la juste et raisonnable querelle que avons de porter, garder et deffendre nosdits subgetz de toutes forces, violences et nouvelletez, nous a puis nagutrres , et au mesme temps qu'il a envoyé devers vous , escript et envoyé aussi devers nous ung gentilhomme de sa maison, par lequel il nous a finablement fait savoir qu'il estoit résolu et délibéré, comme raison estoit, remectre et faire remectre le fait desdits éveschez de Bourg et Chambéry en leur premier estât et deu , et en manière qu'il n'en aeroit jamaiz parlé ne fait aucune querelle d'une part ne d'autre , et par façon que nous sommes demeurez conteos et très^satisfaicta. Oe que voulontters vous escripvons en respondant à vozdites lettres, desquelles et ausii de ce que, non seullement en cesie matière maiz en toutes autres qui nous touchent , vous vous portez et monstrez noz bons, vrays et entiers amys. Nous vous morcyonf tant et si aifectueusement que faire pouons, et vous prions et requérotts vouUoir continuer, comme nous avons en vous nostre parfaîete et entière confidence, et vous nous trouverez toujours prestz, enclins et affectionnez de faire le semblable pour vous. Très chers et grans aœys, Nostre Seigneur vous ait en sa sainote garde.
Escript à Oureux? le lo^ jour de septembre.
FRÀNCÛYS. RoraATBT.
k noz très chera et grans amys les advoyer et cons^ de Berne, Fri* bourg et Soleurre.
Au f^ergXf a i juin ....
12. Françots, par la gràœ de Dif u , roj de France ^ duc de MîHati , seigneur de Gennes. Très chers et grans amys , nous avons reoeu voe lettres du 8* du présent à Berne ^ par lesquelles nous mandez que avez «ntendu que les duc de Wistamberg et con^e de Fustamberg {sic\ accoinpaîgnez d'aucuns noe gens de guerre, veuillent invader et faire la guerre au conté de Bourgoigne , avec lequel avez ligue et confédération, moyennant laquelle, et aussi pour les commoditez et proufïitz qui vous en proviennent, ne vouldriez tollérer ne souffrir qu^z feussent travaillez ne molestez par guerre; et que, comme estaos voz confédérez et de vostre civilége, ont esté réservez au traicté de ligue et confédéracion entre nous faict ; par ainsi nous priez faire désister iceulx duc et cofile de leur entreprinse , et que sfilz ont quelques querelles contre icelluy conte, qu^ils la poursuy vent en justice et non par voye de faict.
Très chers et grans amys , nous ne sçavons qui vous a donné à entendre ce dont nous escripvez , mais tant y a que nous n'y pensasmes oncques, et ne sera trouvé que iceulx duc ne conte ayent commission ne mandement de nous pour faire la guerre à iceulx du conté de Bourgoigne, ne aucuns de noz gens de guerre ne de nostre soulde pour ce faire, et croyons qu'ilz y ont aussi peu pensé que nous ; îlz ont esté par devers nous et leur avons faict bonne chère , estans asseurez qu'ilz sont de voz amys, maiz d'icelle guerre n'a esté entre nous aucune mention fisirete.
T^ès chers et grans amys, d'autant que avions esté advertiz que Tesleu en roy des Rommains avoit esoript quelques lettres à voz supérieurs faisant mention d'icelle guerre, nous, pour leur donner à entendre la vérité du fait, leur avions dernièrement escript que, s'il nous , fiûlloit entrer en guerre avec luy, seroit en nostre très grant regrect et desplaisir, mais que depuis aucun temps en ça, sans cause ne raison , venant contre les traictez entre nous faitz et ses foy, promesse et obligation , nous avoit defHé par escript, et pour mectre son defly à exécution, avait envoyé gros nombre de gens de guerre aux confins de nostre royaume, qui avoient couru et pillé nostre pays, assiégé et prins le
4oo DOCUMENTS fflSTORIQUES INÉDITS.
chasteau de Messancourt, tenu et mouvant en foy et hommaige de nous, auquel avoient trouvé troys de voz compaignons/lesquelz auroient faict ingnominieusement et cruellement pendre et estrangler contre le devoir de la guerre. En quoy faisant disoient, ainsi que nous a este rapporté , que à tous ceulx que trouveroient de vostre nation feroient de mesmes. Â ceste cause, pour la défence de nous et nostre royaume, comme provocquez et assailliz, et pour propulser l'injure à nous faicte, avons assemblé une grosse armée esdits extrémitez de nostre royaume ainsi que raisonnablement povions et devions faire.
Très chers et grans amys , ayssi avons faict sçavoir à vosdicts su^ périeurs que la maison de France a de tout temps et d'ancienneté ligue et confédération avec le sacré empire, laquelle de nostre part voulions garder et observer, et n'entendons avoir guerre contre ycelluy, ainsi que avons escript et faict savoir aux ellecteurs, princes de l'empire et villes impérialles, et faict proclamer par nostre royaume, que nonobstant icelle guerre ceulx de l'empire puissent aller, venir en noz pays, trafiquer, marchander et converser avec nos subgectz comme faisoient auparavant, d'autant que la guerre que pourroit estre entre icelluy esleu en roy des Rommains et nous n'est pour les droiz de l'empire, ains pour les siens particuUiers.
Très chers et grans amys, nous sommes en ceste guerre deffenseurs, provocquez et assailliz contre raison , et n'avons aucune guerre particullière contre icelluy conté de Bourgoigne, ne autres ses pays, et l'assemblée que nous avons faicte n'est que pour nous deflBendre et propulser l'injure que nous a esté faicte, et suyvre nostre fortune : par ainsi, par les chappitres entre nous convenuz seriez tenuz nous assister et bailler ayde quant de ce faire vous requerrions, ainsi que plus amplement dirons et ferons entendre à voz ambassadeurs que envoyez par devers nous.
Très chers et grans amys, nous prions le benoist filz de Dieu vous tenir en sa saincte garde.
Escript au Vergy, le ai* jour de juing.
FRàNÇOYS. ROBERTET.
A noz très chers et grans amys les ambassadeurs des seigneurs des ligues assamblez à Berne.
TEXTE DES DOCUMENTS. 4oi