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lie Bourgogne, et venant prêter l'appui de leur talent et de leur grande influence à la troupe de Molière. Le nouvel acte de société fut arrétéipour vingt ans, et r hôtel de Bourgogne ne devait pas résister longtemps au coup fatal qui venait de lui être porté. Il n'y avait plus qu'un mot à dire pour opérer d'une manière définitive la fusion des deux troupes. Ce mot, c'est Louis XIV qui le dit.
Les ordres de Louis XIV, pour la réunion des comédiens français des hôtels de Guénégaud et de Bourgogne, sont en date des 18, 33 et 26 août 1680, et une lettre de cachet du roi, du 22 octobre 1680, dont voici le texte :
ce Sa Majesté aïant estimé à propos de réunir « les deux troupes de comédiens établis à l'hôtel de « Bourgogne, et dans la rue Guenegaud à Paris, t( pour n'en faire à l'avenir qu'une seule , afin de <c rendre les représentations des coiïiédies plus parce faites parle moyen des acteurs et actrices ausquels « elle a donné place dans ladite troupe, Sa Majesté « a ordonné et ordonne qu'à l'avenir lesdites deux « troupes de comédiens françois seront réunies pour « ne faire qu'une seule et même troupe, et sera « composée des acteurs et actrices dont la liste sera « arrêtée par Sa dite Majesté : pour leur donner u moyen de se perfectionner de plus en plus, Sa dite « Majesté veut que ladite seule troupe puisse repré-
« senter les comédies dans Paris, faisant défense à « tous autres comédiens françois de s'établir dans <c la ville et fauxbourgs de Paris sans ordre exprès <c de S. M. Enjoint S. M. au sieur de la Reynie, (c lieutenant général de police , de tenir la main à « l'exécution de la présente ordonnance. Fait à « Versailles, le 22 octobre 1680, signé Louis et V plus bas Colbertj et scellé. »
Les acteurs et actrices appelés à composer la troupe unique de Louis XIV étaient :
Les sieurs de Champmeslé, de la Grange, Guerin, de Beauval, du Croisy, de Vemeuil, Hubert, deRosimond, Dauvilliers, Michel Baron, Raymond Poisson, la Thuillerie, Raisin, de Villers, Hauteroche; et mesdames de Champmeslé, de la Grange, Guerin veuve Molière, de Beauval, de Croisy, de Brie, Louise Baron, Raisin, LeComte, d'Ennebault, Dupin et Judith Guyot. Soit vingt-sept sociétaires et vingt parts à distribuer.
La première représentation par les deux troupes réunies eut lieu le 14 avril 1681.
Mais Louis XIV ne se borne pas à une simple lettre de cachet; il veut assurer le sort et l'avenir de ses comédiens, dont il vient de régler l'établissement; et le 24 août 1682, il leur accorde une pension de 12,000 livres (premier exemple de subvention), en
vertu d'un brevet dont voici la teneur, textuellement reproduite :
Aujourd'hui, vingt-quatrième jour du mois d'âoust mil six cent quatre-vingt-deux ,
LE ROY estant à Versailles , voulant gratifier et traiter favorablement la troupe de ses comédiens François , en considération des services qu'ils rendent à ses divertissements, Sa Majesté leur a accordé et fait don de la somme de douze mille livres de pension annuelle et viagère , pour en être payez sur leurs simples quittances, par les gardes de son trésor royal, présents et à venir, chacun en Tannée de son exercice , en vertu du présent brevet que Sa Majesté a, pour assurance de sa volonté, signé de sa main et fait contre-signer par moy, conseiller secrétaire d'Etat et de ses commandements et finances.