‹ Documents inédits ou peu connus sur MontaigneChapitre 7 sur 7 · QUI SUIVENT · texte numérisé non relu

QUI SUIVENT

lo Pour faciliter la vérification des autographes de Montaigne, nous avons extrait, des pièces de ce genre déjà nombreuses que nous connaissons, des exemples des différentes manières dont le philosophe figurait ses lettres, et nous avons composé ralphabct fac-similé ci-après.

Sur la page suivante, nous avons rassemblé divers, modèles d'écriture de l'auteur des Essais, et voici les sources auxquelles nous avons puisé : la première signature est celle du Plnlo Judftus , la deuxième celle du Munster , la troisième celle de la lettre qui appartient à M. Feuillet.

Le spécimen qui vient ensuite est copié sur l'exemplaire de Bordeaux; il est à la fois un modèle de l'écriture de Montaigne et un exemple de la stupidité du relieur, car on remarquera qu'il manque à chaque ligne un certain nombre de lettres que le couteau de l'artiste a enlevées, et cette mutilation se retrouve sur tout le reste du volume. Ainsi , à la première ligne il manque un 6^, à la deuxième 55^5, à la quatrième er, à la cinquième et à la sixième un U, à la septième nous, à la neuvième tre. La ])hrase entière qui a été écrite par Montaigne à la marge extérieure du verso du feuillet 496 de l'ex. de Bordeaux (1588) doit donc être restituée ainsi qu'il suit : « Si auons nous beau -1 monter sur des eschasses, car sur des eschasses encore faut » il marcher de nos iambes. Et au plus eslevé Ihrone du monde » si ne sommes nous assis que sm^ (1) nostre, etc. »

La citation latine qui vient ensuite a été inscrite par Montaigne lui-même sur le frontispice gravé de ce même exemplaire de Bordeaux ; elle est devenue l'épigraphe de son livre.

(1) Guuriiay, à 1595 cl à 103.'), écrit sus.

L'Achevé de lire est une partie de celui qui se trouve à VHistoire de Poloigne par Hcrburt de Fulstin.

Enfm la phrase tronquée qui termine cette feuille (1) est celle qui a fourni à Naigeon le texte de l'inqualifiable note qu'il avait d'abord ajoutée aux pages 176 et 177 de son édition, note qu'il supprima dès qu'elle fut imprimée , et qu'il remplaça par une autre, conçue en termes plus modérés (2). Ce fac-similé répond au doute émis sur l'authenticité de la phrase en question par l'auteur de l'article consacré, àansles Annales littéraires et morales (1804, 5^ cahier), à rendre compte de cette édition de Naigeon , et il prouve que Montaigne a bien réellement écrit cette pensée (3) qui n'est ni si follement barbare que l'a rendue la paraphrase de Naigeon, ni lâchement atroce comme le veulent bien dire les Anciennes Annales catlioliques (4).

2° Nous avons rassemblé sur la quatrième page de ces études calligraphiques quelques lignes, exactement copiées sur une écriture que nous osons affirmer être celle de Marie de Gournay .

Comme on ne connaissait pas jusqu'ici d'autographes de cette savante fille, nous croyons devoir faire connaître les raisons qui ont commandé notre conviction.

Nous possédons l'original de la signature que nous avons figurée; elle est apposée à la fin de l'avis au lecteur dont Gournay est auteur dans l'édition qu'elle a donnée des Essais en 1623, in-4°. Quel autre que celle qui avait écrit cet avertissement aurait eu l'idée de placer au bas sa signature?

Le vers : Loin du jour soubz la naict branye, est copié sur une troisième édition du Proumcnoir de M. de Montaigne. 1599. Voici dans quelles circonstances. Dans les trois éditions de ce petit ouvrage , on trouve un hymne à l'ange saint Michel ; mais ,

(1) « Sinon que de bone heure son gouuernal l'eslranglc si (il est) sans lesnioins ou qu'on le melte pallissier dans quelque. ...»

(2) Voyez notre Notice bibliographique sur Montaigne, page 37.

(3) Au verso du folio 59 de l'exemplaire de lîordeaux.

(4) Je ferai remarquer que Montaigne a écrit son gouvernât , et non pas son iioiivcrneur, comme dit l'édition de 1802 et celles qui l'ont sui\ie.

dans celte dernière édition , la deuxième strophe est différente de ce qu'elle est dans les deux précédentes, et l'imprimeur en a précisément omis le second vers. Or, de toutes les éditions du Prouincnoir sous cette date que j'ai pu consulter, je n'en ai trouvé qu'une seule qui n'eût pas ce vers écrit à la main, et sur toutes il est manifestement de la même écriture. Quelle autre personne que l'auteur aurait pris ce soin? Gomment expliquer l'identité des écritures sur tous les exemplaires? Enfin ou l'annotateur aurait-il pris ce vers , puisqu'aux éditions suivantes des œuvres de Gournaycet hymne est supprimé , et que ce vers par conséquent n'a jamais été imprimé?

Un exemplaire des Essais de 1635, qui appartient aujourd'hui à la bibliothèque du roi, provient de celle des Feuillants de Paris, à laquelle il avait été donné par Gournay, et il porte un ex donc tel que nous l'avons figuré : n'esl-il pas probable qu'il est de la main môme de la donatrice ?

Enfin presque tous les exemplaires que nous avons rencontrés ou que nous possédons des différentes éditions des diverses publications faites par Gournay portent des corrections ou modifications souvent considérables et manuscrites : ainsi les Proumenoirs des bibliothèques du Roi et de l'Arsenal et ceux de notre collection ; la Version et Y Ombre, de la bibliothèque de M. Violet Leduc (1), ce dernier ouvrage dans la nôtre ; les xldvis (1634), que nous possédons , et qui proviennent encore de la bibliothèque des Feuillants de Paris ; l'exemplaire précité des Essais de 163o, qui nous a fourni la quatrième ligne : tous por~ tent des additions plus ou moins nombreuses; l'écriture est la même dans chacun d'eux , et elle est identiquement la même que celle que nous avons antérieurement décrite et figurée dans la signature , le vers omis et Vex dono. Il ne semble donc pas possible de mettre en doute que ce soient là de véritables autographes de Marie de Gournay.

(I) Voyez page 465 du Catalogue des livres coinposanl la I)iI)liollu'(iuc de M. Violet-Leduc. Paris, 1813, iii-S".

— liU —

3" Sur hx première page nous avons figuré deux écritures non moins intéressantes :

La première est celle du père d'Etienne de LaBoëtie, que nous donnons à défaut de celle du fils, que nous n'avons pu découvrir jusqu'à ce jour. Celle-ci est apposée au bas d'une pièce dite Examen à futur, qui fait partie de la collection de M. de Mourcin , conseiller de préfecture à Périgueux. Anthoine La Boëtic y est qualifié : « Licencié cz droitz , seigneur de La Mothe lez w Sarlat , et lieuctenant par autorité Royal en la seneschaucée » de Perigort au siège de Sarlat et baillaige de Domme. » (Juil* letl539.)

Je suppose que le mot peu lisible qui suit la signature exprime, avec une abréviation, la qualité du signataire; je crois qu'il y a lÂeacten., et on remarquera que c'est ainsi qu'est orthographié le mot lieuctenant , avec un c à la première syllabe , dans l'acte dont il est question.

Le dernier fac-similé, dont il nous reste à parler, est ainsi conçu : Ce Hure appartien a la (ou aux) demoiselle de Montaigne. Cette annotation se lit sur le plat intérieur d'un exemplaire de l'édition originale àQ?> Essais (1580), et le même porte au frontispice : Antonio Taletio Millangius ipse , compote)' et arnicas intimusD. M. (1). Il paraît incontestable que ce volume a appartenu à la femme ou à la fille de l'auteur des Essais. On sait que les femmes de la condition de M"'e. de Montaigne prenaient seulement le titre de demoiselle : il est donc difficile d'assigner à laquelle des deux cet exemplaire a appartenu (2) , et , suivant toutes probabilités , celte possession est postérieure à celle d'Anl. Talet, et à Vex dono de Millanges. Ce volume fait partie de la riche et curieuse collection de M. Aimé Martin.

(1) Millanges était l'imprimeur du livre.

(2) h' inexpérience de cette écriture porterait à croire qu'elle est do la jeunesse d'Éléonore de Montaigne. Nous aurions , dans ce cas, les Essais caUigrapliiques de la fille du philosophe auquel nous devons les Es.SAi.s.

Fiy.

'' ■■niversl^s"

, ^iJLÎOTHECA

cAïc Slmiw

X>*tiV<u,t u.eÀitt »u ftu -jifai ti^ î/cn.f-5 tij'î*

Au\rha.l3a^ Wac S\n^'-t[^ d(^ Oudtoyojpym cLl

r/^fff/^

tfjf!»-'!"'

Page 1