partie des chevaulx qui leur furent ostés » Il porta enfin
de nouvelles lettres à Mgr de Bourbon sur cette affaire. (Id.) 1437 Avril. Un chevaucheur est envoyé , jour et nuit , par le duc . d'Arias en Bourgne, porter lettres aux chancelier et gouverneur « pour certaines choses que Mds leur faisait savoir touchant les gens de guerre estrangiers qui estoyent logiés audit pays , et hastivement en rapporter response. » (2e de J. de Visen, recT de toutes les finances.)
Pendant les mois de février et mars, les écorcheurs français et bretons ravagèrent le Hainau et le Cambraisis, et en furent chassés par une armée que le Duc rassembla à Douai. De là ils firent irruption en Champagne, d'où ils arrivèrent en Bourgogne.
4 5 Août. Le bailli de Charollais écrit à Md la duchesse de
< Rodrigue de Villandrando se dirigea de là sur le Maçonnais, et il était à Anse vers la fin de juin ; pendant toute la fin de cette année il désola les frontières du Mcàconnais. (J. de J. Denis, p. 274 et suiv.)
2 Les articles des comptes de ce receveur ne sont point datés , mais l'ordre d'enregistrement que nous respectons peut servir à en fixer comparativement les dates.
1437 Bourbon « louchant la délrosse de certains marchans de Bourgne qui ont esté délrossés , en venant à la foire de Paray, par certains compagnons de guerre dudit Bourbon.» (2e d'Antoine de Beaulieu , rec. du Charollais. )
19 Octobre. Le bailli et le receveur de Charollais écrivent de iWont S1 Vincent au gouvrà Dijon des lettres « par lesquelles ils lui faisoient savoir le logis comun^ et gouvernement des eseoreheurs estant lors logiés en grand nombre oudit pais de Charolois, où ils ont fait tous les maulx et domaigesque gens puent faire, afin que ledit Mr le gouverneur y pourvust. » (Id.) 19 Octobre. Exécutoires des lettres du gouvr envoyés aux châtelains du bailliage de Chalon « pour illec faire crier et publier que tous les nobles desdites chastellenies se meissent en armes an plus grant nombre de gens d'armes et de trait qu'ils pourront faire, pour eulx traire au tour de Pontaillier sur Saonne, pour résister à la dampnable et ostinée entencion des escourcheurs estans à Beze, Talemet et illec autour. » (10e de J. de Janly. )
31 Octobre. Lettres envoyées à Montcenis, par le bailli de Chalon et le conseil duditlieu , « à Mgr de Villers , capne de gens d'armes et de trait, lequel estoit venu des marches du Lyonnois et menoit sa compaignie de xi) à xvc combattans, comme l'on disoit, en entencion d'aler devers le Roy nostre sire au siège de Monstereal , dont une partie de ses gens estoient logiés
en plusieurs lieux au bailliage de Chalon » On le priait
de partir sans ravager le pays , parce que « l'ayde naguère accordée être levée en Bourgogne pour le fait dudit siège en pourroit estre retardée et délayée. » (Id.) Voir J. de J. Denis, p. 278.
5 Novembre. Le bailli de Chalon fait écrire au gouverneur, « que le bastard de Bourbon , Rodigue et le segr de Perduissac , ou nombre de injm chevaulx , eux disant ennemis de Mds , estoyent en la vallée de Ricy, en entencion d'entrer ez pays de Mds pour
1437 les grever et domaigier, afin sur ce avoir leur bon avis au reboulementjjd'iceulx. » [ld.)
Décembre. Messire Guill. de Saulx, chev, sgr d'Arc-sur- Tille et de Sl-Thibaut en partie, consr et chamb. de Mds , reçoit 16 fr pour prix « tant d'un voyaige par lui fait, oudit mois de décembre mil ccccxxxvi] , dez ledit Dijon , pour leur advis et ordonnance (des gouvr et conseil ) , devers le bastard de Bourbon, capne de grand nombre de gens d'armes, par delà Langres, qui, si corne l'on dit, se vueillent venir yverner esdils pays de Bourgne, et y entrer pour les fouler et domaigier, pour savoir sur ce l'entencion et voulenté dudit bastard pour ladle cause, pour de son entencion les acertener sur ce, afin de pourvoir au reboutement desdits gens d'armes. » (12e de M. Regnault )
7 Décembre. Le bailli du Charollais écrit au gouverneur et à Mr de Charny, au sujet des écorcheurs dont les déprédations continuent dans le bailliage. (2e de A. de Beaulieu. )
14 Décembre. Lettres closes « adressans de part Mds le gouverneur à plusieurs grans seigneurs, nobles et autres des pays de Bourgoigne et Masconnois, accoutumez de suir la guerre, contenant qu'ils soient montez, armez et habillez, c'est assavoir ceulx de la duchié , de Charollois et Masconnois autour l'Abergement le Duc devant Seurre, et ceulx de la comté au pont de la Planche, vers la Charité près de Gray, pour rebouter les escorcheurs que l'on dit estre entour Bourbonne, en très grant nombre, en entencion d'entrer ez pays de Mds, vivre sur iceulx et passer l'hiver. » (11e de M. Re~ gnault.) On écrit aussi « dix mandemans patens, de part Mds le gouverneur, adressant aux baillis des diz pays , contenans qu'ils fassent crier ez mettes de leurs baillages, que tous leurs vassaulx, feaulx et sujez de Mds, qui ont accoustumé d'eulx armer, soient aux lieux dessusdits en armes pour aidier à rebouter lesditz escorcheurs. » ld.)
U37 Du 19 décembre au 27 janvier. Guill. de Saulx va trois fois « vers le bastard de Bourbon et autres capitaines des escorcbeurs, tant au lieu de Langées, comme à Ys et àGemeaulx où lesdits escorcheurs estoyent ioigiés , pour parler audit bastard et capes et faire tant, par bonne remonstrance, que sur les pays de Mds ne voulsissent plus avant entrer ne les domaigier : et pour être allé querre LoysdeByeuf , cap^gén1 de tous lesdits escorcheurs ', elle faireveniraudilDijon devers Mgr de S1 Georges, son parent, pour trouver manière et appointement qui eust peust, avec ledit Loys, par le moyen dudit Mgr de S' Georges, de faire deloiger lesdits escorcheurs desdits lieux d'Ys et de Gemeaulx, et leur faire prandre autre chemin que par les pays de Bourgne, combien que quelque diligence et remonstrance que l'en ait faicte audit Loys de Bieuf, bastard de Bourbon, et autres capnes, ils ne se vouldrent désister de leur mauvaise voulenté, qu'ils ont monstre et monslrent par expériance de fait , de domaigier Mds, ses pays et subjects deBourgne. » (Id. ) Décembre. Convocation des seigneurs des bailliages d'Autun et Montcenis , et de Charollais , « qu'incontinent ils se meissent sus et rassemblassent en armes et se trayssent vers Beaune et Dijon pour résister, avec les autres feaulxdu paysdeBourgne, à toute puissance , à l'enconlre des gens du Roy, ou qui se disent estre au Roy nostre sire, appelez escorcheurs , qui audit mois de décembre estoyent venus et entrés esdits pays de Bourgne, et Ioigiés à Gemeaulx et à Pichange et environ Montsaulgeon , au nombre environ vi à vnm combattans , qui destruisoyent et gastoyent tous lesdits pais de Bourgne, et pour les aider à bouter hors ledit pais. » (1 5e de J. Pucelle. )
i C'est la seule fois qu'il soit fait mention d'un capitaine général des écorcheurs. Cette tentative d'organisation ne dut être qu'éphémère , car les capitaines des compagnies ne tardèrent pas à recouvrer la liberté d'action nécessaire à leurs projets de déprédation.
1437-8 Commencement de Janvier. Le bailli de Chalon envoie à tous les châtelains de son bailliage les lettres patentes du gouvr pour faire publier « que tous nobles et l'eau lx se meissent sus , ou plus grant nombre de gens d'armes et de trait que faire se pourroit, pourincontinant eulx traire et alerentreNuys etGevry en montaigne , pour résister à certains rotiers et gens de guerre , appelez escorcheurs , qui estoient logiés en grant nombre à Ys , Tilchastel, Gemeaulx et Picheange , et illec alentour ou duchié de Bourgne, en entencion de plus avant entrer ezdiz pais pour les grever et domaigier. » (41e de J. de Janly. )
4 5 Janvier. Le lieut. du bailli de Chalon écrit au gouverneur « pour savoir l'état des escorcheurs qui sont autour de Dijon , et que Ton dit venir du côté de Chalon. » (Id. )
3 Mars. Convocation des Etats du Charollais par ordre du bailli «au lieu deCharoles, le ii]e jour de mars derrier passé, pour leur dire et exposer aucunes choses , de par Mgr le gouvr général de Bourgogne et gens du conseil et des comptes de Mds à Dijon, touchant les affaires d'icelui Sgr, mesmes certains deniers que l'on doit lever par deçà pour le fait d'un certain Irai lié fait par Mgr de Charny avec les capnes des escorcheurs lors étans logiés audit Charolois. » (2e d'Ant. de Beaulieu.) V. le J' deJ. Denis, p. 293.
4 4 Avril. Le bailli de Chalon écrit au gouverneur et conseil « que les escorcheurs estoient nouvellement venus logier ez faulbourgs d'Ostun, en entencion de venir logier ez faubourgs de Chalon, comme l'en disoit, affin d'avoir sur ce bon advis, etc. » Il fait crier le retrait dans les châtellenies de son bailliage. (41e de J. de Janly.)
20 Avril. Le lient1 du bailli de Chalon écrit au gouvr pour lui donner des nouvelles « de certaines gens d'armes et de trait, ou nombre d'environ trois cents chevaulx, soubs la conduite du sgr de Varembon qui, comme l'on disoit, estoient logiés en la chastellenie de Cuiserie, et appaiissoient les villes, ranson-
1 438 noient les habitans (ficelle châtellenie et y pourtoient plusieurs autres grands domaiges, et en outre avoient entencion d'illec aller en la châtellenie de Saigex, affin de avoir le bon avis.» (Id.)
22 Avril. Du port de Chauvort à celui de Marnay sur la Saône, on fait passer tous les bateaux de la rive gauche au côté de X empire , « pour doupte des escorcheurs estans à l'entour d'Ostun , que l'on disoit venir ou baillage de Chalon pour passer en l'empire. » [Id.)
6 Mai. Le 5 mai 4 438, on expédie à Jehan de Rye, seigneur de Ballancon, M. Etienne Armenier, président, et Guillaume Bourrelier, procureur-général, des lettres du gouverneur « pour qu'ils [eussent en son absence au lieu de Dole, au vie jour de ce présent mois de may, et illec exposassent , aux gens des deux estais du conté de Bourgne, ce que a icelle journée l'on leur avoit à dire et exposer pour la résistance des escorcheurs , sur deux voies , c'est assavoir l'une pour avoir finance et l'autre pour avoir gens de guerre. » [Id.)
Lettres du bailli de Mâcon au conseil de Dijon « faisant mention que le conte de Perdaac faisait grande assemblée de gens d'armes et de trait, pour venir conquester la conté de Charolois. » (2e de Gorremont.)
Il écrit au conseil de Dijon « pour savoir comme ledit bailli et gens du conseil de Mascon se doibvent gouverner avec le Roy nostresire et Rodrigue, qui lors estoient au pays de Lyonnois et de Beaujolois et dévoient passer par le pays de Masconnois, ainsi que l'on disoit. » [Id.)
Le bailli de Mâcon envoie un espion « à Beaujeu et au pays de environ savoir la comune du Roy qui lors venoit ou pays de Mascon et Rodrigue d'autre costé. » [Id. )
9 Mai. Le bailli de Chalon fait crier le retrait dans son bailliage « pour double des écorcheurs qui éloient en grant nombre sur les frontières du pais de Charolois, el « deffense de mener des grains hors du pays. » (11e de J. deJanly.)
382 notes
1438 4 0 ^fa*. Le lieutenant du bailli et le conseil du Duc à Chalon donnent un guide jour et nuit « à Mre Jehan de Vergy, le sgr de Mirebel et autres segr8 et capnes, en grand nombre de gens d'armes et de trait, tant à la Ferté sur Grosne , S1 Jehan Goux, le Mont S' Vincent que ailleurs, pour aler après les escorcheurs qui estoienl entrés au bailliage de Chalon et de Charolois, pour les rebouler hors des pays de Mds. » (Id.)
4 5 Mai. Le 4 mai 1438, le bailli de Chalon fait publier dans les châtellenies les lettres du gouverneur de Bourgne , « par lesquelles il lui mandoit de faire crier et publier ez metes de son bailliage , que les feaulx et vassaux estans en icellui se meissent sus , ou plus grant nombre de gens d'armes et de trait que faire pourront, pour incontinent eulx treireel aler au lieu dePommart, ou xve de ce présent mois de may , pour rebouler les escorcheurs qui estoient en grantnombreou comté de Charolois. » {Id).
16 Mai. Payement à Jacques de Rochefort de son voyage vers le duc et la duchesse de Bourbon , leur porter lettres de la part des gens du conseil, « contenant en effet qu'ils ont entendu que les fou ri ers escorcheurs, en granl nombre, avoient entencion en brief retorneren Bourgne, pour illecque venir vivre et séjourner, ainsi que déjà par avant avoient fait, et dévoient passer par ledit pays de Bourbonnois en venant esdits pays de Bourgne, et le tout leur avoit dit et remontré bien au long, et supplié qui leur pleust mettre sur ce remède de leur povoir, et que avec ce feissent cesser et départir la plus grant partie de leurs feaulx et subgecls, qui estoient avec lesdits escorcheurs, de plus venir esdis pays de Bourgne les domaigier et fouler ' ; et, en outre, leur requist et supplia, de par mesdits sgrs les
i Le conseil supposait, non sans raison, que le duc de Bourbon , en raison de ses alliances , pouvait avoir quelque influence sur les écorcheurs. En effet, outre les liens qui l'unissaient au bâtard de
1438 gouvrs et gens du conseil, que, attendu la stérilité et chierlé de vivres qui lors estoit esdits pais de Bourgne, que leur plaisir feust de laissier acheter, traire et amener, d'iceulx leur pays de Bourbonnois esdits pays de Bourgne, certaine quantité de bleds pour l'envitaillement et substancion d'iceulx pays de Bourgne. Et de tout ce qu'il avoit peut besoingner des choses dessusdictes, et aussi de ce qu'il avoit peu scavoir par de la de la comune et estât des escorcheurs , avoit rapporté et dit de bouche la responce a mesdits sgrs les gouvr et gens du conseil. »
J. de Rochefort reçut aussi 2 frs « pour avoir esté dezChalon, de part ledit Mgr le gouvr, devers Blanchefort, Jaques de Chabanne et autres capnes des escorcheurs, estans logiés à l'enlour de Mont S' Vincent , ou nombre d'environ douze cens chevaulx , pour savoir d'eulx leur voulenté, se ils avoient entenclon de venir entrer plus avant esdits pais de Bourgne, pour les fouler et domaigier, pour en acerlener Mgr le gouvr, et le tout lui raporter au vray. » (12e de M. Regnault.)
Juillet. Les habitants de Chaion répondent du paiement de onze vingt saluts d'or et deux coursiers « qui furent donnés, ou mois de juillet mil mfxxxvii], à Blanchefort et autre capitaine qui estoient logiés à Maizeray, près S1 Jeangoul , et illec environ, et vivoient et séjournoient sur le pays, par Irai tié et accord fait avec eulx par Mgr de Charny, moyennant lequel t rai lié ils promettent de non entrer ne venir ez pays de Bourgogne , ce qu'ils avoient entendu et promis de faire. » Celte somme leur fut rendue sur le montant de l'aide volée en novembre 1438. ( Cpie de ladle aide au Chalonnais.)
3 Juillet. Information louchant les rébellions et désobéissances des villes d'Auxonne, Nuits et Beaune, faite en exécu-
Bourbon , Rodrigue de Villandrando avait épousé sa sœur. On comprend pourquoi il y avait parmi les écorcheurs beaucoup de sujets du duc de Bourbon.
1438 lion d'une lettre du Duc , datée de Douai, 31 mai 1438 K (Arch. de la Côte-d'Or.)
28 Juillet. Lettres closes écrites par le gouverneur à plusieurs grands seigneurs du duché « qu'ils se Iraient devers lui à Semur, le vendredi suivant la date desdites lettres, pour adviser au reboutement de certain nombre d'écorcheurs qui lors estoyenl loigiés à Moustier S1 Jehan et plusieurs autres lieux du bailliage d'Auxois et autres ; qu'ils assemblent tant de gens d'armes et de trait qui suire pourront, et se tiennent tous prests pour venir là où l'on leur fera savoir, se mestierest, poureulx exploiter audit reboutement. »(12e de M. Regnault. )
Vers le 6 août , le gouverneur renouvela ces ordres, attendu que déjà une compagnie d'écorcheurs « avoit esté ou baillage d'Auxois, où ils feirent tous les maulx et dommaiges que ennemis peuvent faire. » (Id )
4 5 Août. Un espion est envoyé par le bailli de Charolles « avec et en l'a compagnie des escorcheurs , lors étant logés en grant nombre au lieu de Perrecy, Tholon et en plusieurs autres lieux en Charolois, en grant foie, pour savoir et assentir d'eulx leur comune, et pour eulx solliciter, de par Mds, leur département de leur loigis , et le tout raporter audit bailli. » (2e de A. de Beaulieu.)
i II résulte de cette enquête qu'en janvier 1437-8 , les habitants d'Auxonne ne laissèrent passer dans leur ville que par bandes de 20 hommes , l'armée conduite par le comte de Fribourg en Comté , au temps que les écorcheurs étaient à Bèze etàVillaine. Les villes de Nuits et de Beaune refusèrent opiniâtrement d'ouvrir leurs portes, tandis que les ennemis campaient entre ces deux villes. Talant suivit cet exemple ainsi que Pontaillier et quelques châteaux, parmi lesquels on trouve Saint-Romain , Monjustin, Noroy et Molinot. Le 29 mai 1439, le comte de Fribourg reçut , sur le montant des amendes infligées à ces villes, 3000 fr., en considération des frais faits par lui, en 1438, à l'orcasion des écorcheurs. flPr de L. de Yisen,
1438 15 Septembre. Lettres du Roi qui ordonnent aux capitaines des compagnies de ne point ravager les terres du duc de Bourgogne.
« Charles , par la grâce de Dieu , roy de France , à nos amez et féaulx Poton , seigneur de Sainlerailles, Gauthier de Brussac , le bastard de Bourbon, le bastard de Harrecourl, le baslard de Vertus , Rodigue de Villandrando, Anlhoine de Chabannes , Floquet, Blanchefort, le baslard de Culant, le baslard de Sorbier, Florimont, el à tous autres chevaliers, écuiers , capilaines de gens d'armes et de trait, et autres gens de guerre, estans et qui , ou temps advenir, seront en notre service , auxquels ces présentes seront montrées, et à leurs lieul19, salut el dilection. Notre très-chier et très-amé frère et cousin leducdeBourgne nous a humblement exposé que, depuis ung an en ça, vous, ou plusieurs d'entre vous , êtes transportés en la duchié de Bourgne et autres ses pays , terres et seignories , où avez fait , ou par vos gens souffert faire, maulx et dommaiges irréparables, tant en prise, mutilation de plusieurs des hommes dudit duchié et autres pais d'environ , efforcemens de femmes , boulemens de feus , prinses d'abbayes, prinses aussi de bestail gros et menu , rançonnemens de grant partie desdits à grans sommes de deniers, et autrement en plusieurs manières , et en oultre et pardessus nostre deffense , et à la grande foulle d'icelui notre frère et cousin , lequel par force et puissance y eult bien contesté , s'il n'eust doublé en ce nous desplaire el courroucier, ce que faire ne vouldroil : et pour ce nous a supplié et recquis que , pour éviter les inconvéniens que ensuir se pourroienl , par vengence d'une partie el d'autre, s'aucune entrefaile se survenoit par voye de guerre, nostre plaisir soit de en ce porvoir de remède convenable. Pourquoy nous, ces choses considérées, désirans , comme faire devons, les pays , terres, seignories de nostredit frère et cousin estre préservées et gardées de telles et autres oppressions, vous
38 mandons et estroilemerft enjoignons el deffendons par ces présentes, et à chacun de vous en droit soy, que esdit pais, duchié, terres et segnories appartenant à notre dit frère et cousin , comme aussi en autres ses pais quelconques, vous ne faites, ne souffrez par vos dictes gens faire doresnavant, tels ni semblables logis , séjournemenls, maulx et oullraiges que dessusdil ; mais s'il advenoil qu'il vous feusl besoing et nécessaire , votre chemin faisant, de passer, traverser, ou aucunement logier par aucuns des deslours de sesdits pais, et que le passage de sesdits pais ne puissiez eschever, en ce cas vous mandons , commandons et enjoignons très-expressément que , avant l'entrée en iceulx pais , laciez votre venue signifier aux gouverneurs el principaux officiers d'iceulx pais pour notre dit frère et cousin , pour prendre et avoir d'eulx conduite telle el par tels lieux que bon et expédiant leur semblera. Et voulons, vous commandons et enjoignons, comme dessus, que vous y gouverniez doulcement et courtoisement sans y sesjourner, ne faire aucunes pilleries, destrousses, ransonuemens el autres graves oppressions , et, comeni que ce soit pour choses qui aveignent, ne faciez rien encontre , sur tant que doubtez mesprendre et offenser envers nous, car se aullreinenl le faisiez, mesmement après ce que ces présentes, ou le vidimus d'icelles , vous auront esté exhibées et présentées deuement, nous, en ce cas, avons donné, et, par ces dictes préseules, donnons congié et licence à nolredit frère et cousin et à ses gens serviteurs et officiers et subgecs desdiz pais et autres , et chacun par soy, d'eulx assembler pour résister , par force et puissance d'armes, et autrement comme ilspouront, à vos entreprises, et trouver manière de vous jeller hors de sesdits pais, sans pour ce encourir notre indignation ne autre dangier quelconque , chose que en ce faisant ensuir doyt. Et d'abondant voulons et, par ces mesmes présentes, mandons et expressément commandons à nos baillis de Vermandois et d'Amiens, à notre mareschal dePonthieu, à nos
1438 baillis de Sons, de Mascon , de Troyes , de Vuilry et de Chaulmont, el à tous aultres nos justiciers et à leurs lient19, et à chacun d'eulx sur ce requis, que, ou dit cas, donnent à notre dit frère et cousin et à ses officiers, serviteurs et subjets dessus dis , pour la deiïense, garde et seurté desdis pays, toute faveur, confort, ayde et retrait el passaige, en adhérant avec eulx à rencontre de vous et de tous aultres vos serviteurs, souldoiez etsubges, qui à iceulx pais vouldroient faire guerre et tels excès et domaiges que dessus est dict ; et se en ce faisant s'ensuivait mort ou mutilation sur aucuns desdils malfaiteurs, nous, dès maintenant, pour lors pardonnons et remettons ledit cas à tous ceulx qui fait l'auroient, sans ce que jamais leuren doys rien être demandé, elsur ce imposons silence à notre procureur et à tous autres. Et pour ce que notredit frère et cousin , ou ses dits gens et officiers, pourront avoir à faire de ces présentes en plusieurs et divers lieux , voulons que audit vidimus d'icelles , fait soubs scel royal ou autre autentique, playne foy soit adjouslée, comme à ce présent original. Donné à S1 Aignan en Berry, le xve jour de septembre, l'an de grâce mille quatre cens trente et huit, et de noire règne le xvie, soubs notre scel ordonné en l'absence du grant.
» Par le roy en son conseil. »
Original. — Scel perdu. (Arch. de la Côte-dOr.)
Septembre. Lettres patentes du Duc aux baillis des duché et comté, « par lesquelles esloit mandé ausdis Mgr le gouverneur et baillis ou leurs lient9, que si, par information faite ou à faire, il apparoit à Mds el eulx des pilleries, roberies, batures et rançonnements d'ornes et de femes, prinses de bœufs, chevauix, jumens et autres besles trayant et de plusieurs aultres maulx , dommaiges énormes , plus à plain contenu et déclairés en icelles lettres patentes de Mds , avoient esté faits et perpétrés par certains nobles et autres gens de guerre, nommés et déclairés en icelles lettres, sur les pays subgects de Mds, depuis la.
NOTiïS
1438 deflense el édit qui sur ce a esté fait par Mds et par autres ses lettres patentes à eulx et à tous autres nobles et gens de guerre desdiz pays de Bourgne, que ils les prennent, quelque part que trouver et appréhender les pourront, hors lieu saint, et iceulx mennent ez prisons de Mds , et facent d'iceulx telle pugnition que au cas appartiendra, afin que ce soit tremeur et exemple à tous autres ; et aussi qu'ils prennent et mettent reaiment et de fait tous leurs biens en la main de Mds comme confisqués1 . » (12e de M. Regnault.)
15 Septembre. Paiement des frais d'une « enqueste à rencontre des habitants du chastel de Talant, touchant certaine rébellion par eulx faict à la personne dudit Mgr le gouvr, dont iceulx Mgr le gouvr et gens du conseil ne vueillent autre déclaration estre faicte. » (Id. — Voir au 3 Juillet 1438.)
4 0 Octobre. Réunion des trois Étals du duché. On y octroya une somme « par manière de fortification et pour le fait du département des escorcheurs. » ( Cpte de lad** aide au Chalonnais. Un article de ce compte mentionne 31 0 fr. donnés à la fin de novembre , « pour convertir au payement des capDes des escorcheurs qui avoient proposé d'entrer esdiz pais et illec séjourner, avec lesquels a été traitté , par Mgr de Charny, à la somme de deux mille six cens salus d'or, affin d'eulx départir desdits pays. » La part du Chalonnais fut de 741 fr. 2 gros. La convocation de ces États est du 2 octobre , pour le lendemain de la Saint -Denis 2. » (12e de M. Regnault. }
23 Octobre Ordre de passer les bateaux de Saône du côté de l'empire , c'est-à-dire sur la rive gauche , « pour double des
i Nous n'avons pu retrouver qu'une seule de ces informations. En 1444 on en fit de nouvelles qui comprennent le temps écoulé de 1436 à 1444, et dont nous donnerons plus loin de curieux extraits.
2 En novembre 1441 , cette aide n'était pas entièrement levée et les États du comté furent convoqués pour y pourvoir. {Voir au 24 octobre 1441, et .T. Denis, p. 293.
1438 escorcheurs estant sur les frontières du Charolois, qui avoient entencion , comme l'on disoit, de passer la rivière pour entrer en l'empire. » (11e de J. de Janly. )
10 Novembre. Réunion à Dijon des gens des trois États du Duché. Ils ordonnèrent la levée de 3000 fr. sur le duché et 3000 fr. sur le comté, « pour convertir au paiement des gens d'armes ordonnez estre mis sus pour rebouter et faire résistance à Rodigue et autres capitaines d'escorcheurs, que l'on a rappourté pour vrai avoir entencion et entrepris de venir, ou nombre de xvnij à xxm chevaulx , vivre et séjourner esdits pays deBourgue. » (Cpte de la dite aide au Chalonnais .) La part du bailliage de Chalon fut de 611 fr. 3 gros. Le 20 du même mois furent tenus à Dole, en présence du gouverneur, les États du comté, qui ratifièrent ce vole *. (3e de L. de Visen.) 1438-9 Du 30 Décembre au 8 Janvier. Journée tenue à Montbéliard « pour entendre à l'apaisement de ceulx du pays d'Allemagne, qui prétendoient avoir querelle à rencontre de Mds. » (Id.)
8 Février. Lettres portées hâtivement, en janvier, delà part du Duc, de Bruxelles en Bourgogne, « au re^gen1 dudit pays et d'ilec devers Mgr de Savoye, luy signiffier la continuation de la journée qui se debvoit tenir à Chalon, au vii|e de février, entre les gens de Mds , et ceux de Savoye et de Mgr de Bourbon, jusqu'au 15 d'avril ensuivant, et en rapporter réponce. » (Id.)
Février. Lettres du gouverneur « aux nobles de BourgDe pour être en armes à Ys , le xixe jour de février, pour résister au reboulement des escorcheurs. » (1er deL. de Visen, recr g1 en Bgne.) Le bailli de Chalon se plaint du délai qui
« Il y eut certainement deux Etats tenus en octobre et en décembre, car on trouve des receveurs spéciaux chargés de la levée de chacune des deux aides. Cependant , dans les pièces comptables , ces deux assemblées sont quelquefois prises l'une pour l'autre. (Voir J. Denis, p. 295.)
3(J0 !\oits
1438-9 est trop coui'l pour qu'on se puisse bonnement assembler. Il fait crier le retrait dans son bailliage. (12e de J. deJanly.)
1438-9. «A Jehan de Mazilies, gruier de Bourgne, 2 fr 4 gros pour la despense du baslard de la Trimoille , ses gens et chevaulx , au lieu de S1 Seigne , lequel J. de Mazilies a esté envoie audit S1 Seigne, où esloyent logiés plusieurs escorcbeurs, pour conduire et accompaigner ledit bastard, lequel s'estoit chargié de faire deslogier lesdits escorcheurs, et faire vuidier le pais de Mds » [Id.) H39 Du o au 4 2 avril. Les éehevïns de Mâcon donnent 12 moutons gras « ez ambassadeurs de Mssgrs les ducs de Bourbon et de Savoye, qui furent assemblez en celte ville pour traicter, entre lesdts sgrs et princes , paix et accort la semaine de quasimodo. » ( Cpte de P. Hugonnct, éch. et recr de Mac on.)
12 Avril. Cert. — Le bailli de Chalon fait crier le retrait , « et que tous les gens d'armes se meissent en armes pour aller devers Mgr le gouvr pour résister aux escorcheurs. » (12e de J. de Janly.)
15 Avril. Le conseil écrit à la hâte, de nuit, au gouvr qui est ci Gray , « pour avoir de lui lettres de seurté pour le département des escorcheurs estant à Saint Seine et à Vileau, ou nombre de xi m chevaux. » (1er de L. de Visen.)
22 Avril. Le bailli de Chalon reçoit avis du gouverneur « que les escorcheurs en grand nombre avoient entencion de venir ez baillage d'Ostun , de S1 Gehan Goul et entour Tournus , et d'illec eux traire sur la rivière de Sonne, pour gaigner les ports et passaiges pour entrer en Braisse, arïïn qu'ils feisse retraite les bateaux estans sur lesdits porls. » (12e de J. de Janly.) Le bailli donne ordre, le 1er mai, de s'assurer de tous les navois et bateaux, et le lendemain il écrit à Antoine de Montsymon , qui est à Balenelle , près de Cuisery, de se rendre avec sa troupe à S' Gengoux , vers Mgr le gouverneur. (Id.)
4 Mai. Lettres du Meut, du bailli de Chalon , portée hâtive-
1439 ment à S1 Gengoux , à Mont S1 Vincent, et au gouverneur qui est à Montcenis ou à Àutun , « par lesquelles on lui signifiait Testât et comune des escourcheurs , qui estoient en plusieurs lieux sur les frontières du bailliage de Chalon, et mesuiement si lesdils capitaines et leurs gens, qui estoient à i'entour de Chalon, se tireroient devers Mgr le gouverneur pour résister à l'entencion desdits escorcheurs. » (Id )
6 Mai. Malhelin de la Cheze et M. de S1 Ligier vont à Villefranche « par devers Mrs le chancelier de Bourbon et bailli de Bojoloys, pour leur parler de part ladite ville (deMâcon), qu'ils vueillent trouver manière que les routiers et escorcheurs qui sont en Bourgne ne viennent au pays. » [Cpte de P. Hu~ gonnet.)
8 Mai. Le gouverneur écrit à M. de S1 Georges de se rendre près de lui à Chalon avec ses gens , « pour rebouter les escorcheurs esians à Coulches et illec environ. » (1 2e de J. de Janly.)
8 Mai. Les échevins de Màcon écrivent, à S1 Gengoux , au gouverneur de Bourgne, « que les escorcheurs sont délogiés du conté de Mascon , et sont alez en Bojoloys. » Le lendemain ils lui écrivent à Cuisery*. (Cpte de P. Hugonnet.)
* Les écorcheurs avaient été chassés sans pitié par l'armée réunie, dans les environs de Chalon, par le comte de Fribouig. Olivier de la Marche, racontant leur détrousse (ch. iv), certifie «que la rivière de Sosne et le Doux estoyent si pleins de corps, et de eharongnes d'iceulx escorcheurs, que maintefois les pescheurs les tiroyent, en lieu de poisson , deux à deux , trois à trois corps , liés et accouplés de cordes ensemble: et en avint plusieurs tels piteux cas et semblables. Et dura pour cette fois ceste pestilence, depuis l'an 35 jusques à l'an 38. » Le chroniqueur Berry raconte qu'arrivés en Beaujolais , les écorcheurs furent rencontrés par le Roi qui venait de Riom à Lyon: « En l'an 1439, dit-il, le Roi partit de Riom en Auvergne, le mardy d'après Pasques , et s'en vint à Lyon, là où il trouva sur le pays de Beaujolois les gens d'armes dessus dicts {routiers) , dont plusieurs estoient, malades, a pied , et desarmez ; tellement que c'estoit grande pitié , et
392 NOTKS
1439 8 Mm- Réunion des trois Élats. Lettres « adreçans aux gens des trois Etats des pais de Bourgne, qui estoient mandés audit Dijon, c'est assavoir ceulx du duchié, au v 1 1 1 e jourdemay oudit an, ceulx des terres d'oultre Saonne à Auxonne, au xejour dudit mois , et ceulx du comté de Bourgne, à Dole , au xne jour dudit mois, pour le fait de la prouchaine venue de Md Katherine de France, esdits pais de Bourg06 \. » ( 1er de L. de Visen.)
12 Mai. François de Mauléon , bailli de la Montagne, est envoyé de Bruxelles vers le gouverneur de Bourgogne et autres seigneurs de ce pays, « pour secrètement les faire mettre sus en armes, afin que certain jour ils feussent prest por accompaigner Mds ou voyage qu'il avoit iniencion de faire esdits pays, por résister à rencontre des escorcheurs qui gastoyenl iceulx
pays et d'ilec estre aie devers Mgr de Savoye et autres
chevra et écuyers dudit pays, afin d'être prest pour la cause dessusdicte , lequel voiage ne fust point faict, ostant le parlement desdils escorcheurs. » Il revint le dernier jour de juin. (3e de L. de Visen.)
16 Mai. Lettres portées le 16 mai « haslivement, de par
estoit chose hideuse de les voir. Si les r'habilla , remonta , arma et artilla le Roy , au mieux qui le peust faire lors , et les envoya avec Mgr le Connestable ( qui estoit lors à Paris ) outre la rivière de Loire et celle de Seine, pour aller mettre le siège à Meaux ; et ainsi le firentils. » Berry parle seul de ce voyage de Charles VII , qui s'accorde assez bien avec nos documents. Juénin (Hist. de Tournus ) mentionne deux lettres du Roi, données à Lyon le 9 et le 11 juin 1439 ; d'un autre côté on sait que le siège fut mis devant Meaux le 20 juillet. Ces dates peuvent servir à fixer l'époque de la fuite des écorcheurs et de la délivrance momentanée de la Bourgogne.
i Le mariage du comte de Charollais avec Md Catherine de France avait été réglé à Blois le dernier septembre 1438 , et ratifié à Tours le 13 octobre. Vers la fin de mai , la comtesse de Charollais fut reçue à Saint-Omer par la Cour de Bourgogne. Elle mourut en 1446 , à l'âge de 18 ans.
1 i;i9 Mds, aux seigneurs, chevaliers et escuyers d'entour Douay, Bapaumes, Peronne, Mondidier, Roye, pour eulx mettre sus en armes pour aleren Bourgne contre les escorcheurs , et qu'ils feussent prêts au premier jour de juing, entour S1 Quentin et Arcy sur Sère. » (Id. ) Les seigneurs de l'Artois et de la Picardie furent tous convoqués. Mais , le 29 mai , le Duc ayant reçu la nouvelle du départ des écorcheurs, leur écrivit de nouveau « qu'ils ne se meissent point sur les champs, mais feussent prêts en leurs hostels. » (Id.)
18 Mai. Messire Girard Rollin , bailli de Mâcon , H. Dubois, bailli de Charollais, et J. Grant, capne de Tournus, visitent, par ordre du cte de Fribourg, gouvr, les villes, châteaux et forteresses, pour y ordonner les réparations, garnisons, engins et habillements nécessaires. (Id.)
Du 23 au 25 Mai. Robert de Saulx , conseiller et doyen de la Sainte-Chapelle, Hugues Dubois-, bailli de Charollais, et Pierre Goux , allèrent, au mois de mai 1439, à Mâcon, « à une journée illec appointiée tenir par le moyen de Mgr et Md de Bourbon, où dévoient envoyer de leurs gens pour adviser sur le fait des escorcheurs , afin que plus ne retournassent pour domaigier le pais de Bourgne. » L'évêque de Chalon, et Oudot Molain , conseiller du Duc à Chalon, allèrent à Dijon chercher des instructions pour cette assemblée à laquelle ils assistèrent. On voit par le Cte de P. Hugonnet qu'elle eut lieu du 23 au 25 mai.
28 Mai. Lettres du conseil de Bourgogne aux seigneurs et aux nobles leur annonçant l'arrivée du Duc « pour résister aux escorcheurs , pour eux mettre sus en armes pouraler au-devant de Mds. » (1er de L. de Visen.) Cette convocation fut inutile , puisque le Duc renonça à son projet. ( Voir au 12 Mai 1439.)
25 Mai. Les échevins de Mâcon reçoivent une lettre du sieur de la Bussière « faisant mencion des escorcheurs qui se perforçoienl de passer par ce pays. » ! Cte de P. Hugonnet.)
14-39 26 Août. Le Duc écrit de Saint-Omerà un grand nombre de seigneurs de se tenir prêts à venir le rejoindre pour résister aux écorcheurs « qui dévoient venir ez pays de Picardie. » (3e deL. de Vis en. )
8 Septembre. Le Duc écrit de Saint Orner au gouverneur de Bourgogne, à Mrs du conseil et à M. le comte d'Élampes, « afin que incontinent ils assemblassent les gens des trois Estais de Bourgne, pour envoyer à la journée de l'ambassade devers le Roy notre sire. ' » (Id.)
30 Septembre. Le Duc mande aux seigneurs de l'Artois « d'estre au xe d'octobre ensuivant, à tout certain nombre de gens d'armes , à S1 Quentin devers Mgr de S'Pol , por illec tenir frontière et résister à ('encontre des escorcheurs. » (Id.)
30 Septembre. Le gouverneur part de Chaumont pour aller à Chalon et de là à Moulins-Engilbert « pour adviser sur les troupes que le comte d'Étampes amenoit de Picardie, et sur le fait des écorcheurs qu'on disoit devoir entrer en Bourgne.»(4er de L. de Visen. )
1er Octobre. Ordre du gouverneur de crier le retrait, les écorcheurs étant réunis autour de Mussy-L'Évêque. (42e de J. de Janly. )
1 5 Octobre et 6 Novembre. États tenus à Chalon-sur-Saône. « Jean , cte de Fribourg et de Neuchâtel , gouvr et cap. gén1 de Bourgne, à Jean de Visen , receveurgén1... , salut. Comme, par l'avis et ordonnance de Mgr le comte d'Estampes et de nous, eustesté mandé, de par Mds d'Estampes et de par nous , aux gens du conseil et des comptes de Mds le Duc eslans à Dijon , que les aucuns de nous se transportassent audit lien de Chalon ,
» Ambassade envoyée aux Etats d'Orléans, qui furent suspendus pour être repris le 15 février suivant à Bourges. Les États et les députés des villes des province*; du nord furent tous convoqués. Voir au 15 février 1439-40.
1439 par (levers Mds d'Estampes et nous, le quinzième jour du mois d'octobre darnièrement passé, auxque) jour et lieu esloyent mandés les gens des trois estais du duchié de Bourgne, pour avoir ad vis avec eulx sur le fait du reboutement des escorcheurs, que l'on doubtoit lors venir en Bourgne, et dont Mds le Duc avait escript audit Monsgr d'Estampes et à nous , afin de les rebouter à toute puissance. Et aussi pour savoir s'il estoit besoin de entretenir les Piccars estans lors en Bourg06, ou se l'on les renvoirroil, et où et cornant seroit levée et prinse la finance qu'il convenoit avoir pour convertir ou fait desdits reboutement et entretenemenl. » La réunion eut lieu , et le bailli de Dijon, Philippe de Corcelles, avec Pierre Baudot, y assistèrent. « Auquel bailli de Dijon escripvismes , par nos lettres closes escriptes audit Chalon, ledit xxije jour d'octobre, comment la journée, qui avoit esté tenue audit Chalon par lesdites gens des trois estats, estoit continuée par M. d'Estampes jusques au vie jour de novembre après en suivant , pour ce que iceluy comte d'Estampes vouloit être informé des rnaulx domaiges faiz par lesdits Piccars ez pays de Bourgne, et ou fait des Bourguignons qui avoient tenus les champs à l'occasion desdits Piccars. » Le bailli de Dijon fut chargé de faire cette information , qu'il apporta le 6 novembre à Chalon , h la reprise des Etats. Mandement du 4 4 janvier 1439. ( Cpte 2e de L. de Visen.)
14 Novembre. Guil. Bourrelier, conseiller et greffier du parlement de Dole, part de Chalon-sur-Saône pour aller à Saint- Omer, porter « les informations faites sur les maulx, roberies, rançonnemenls et autres dommaiges faits ez pays de Bourgne» par les gens d'armes de Piccardie, que M. d'Etampes envoya naguaire audit pays. » (4e de J. de Visen.) C'était ce qu'on appelait les retondeurs , parce qu'ils trouvaient à retondre ceux que les écorcheurs avaient déjà si bien tondu. C'est peutêtre par suite de ces enquêtes que le comte d'Élampes fut
1439 rappelé en Picardie, par lettres du Duc du 1 9 novembre de celle année. (3e de L. de Visen.)
Décembre. Les habitanls de Mâcon donnent 400 saluts à Charles des Boqueaux et autres capnes de gendarmes picards logés à Vérizet et Montbellet, pour les empêcher de ravager le pays. ( Invre de Mdcon. ) 1439-40 S Janvier. Le comte de Fribourg écrit au consulat de Lyon pour qu'il relâche certains grains qui venaient de Forez , avec la permission du duc de Bourbon, pour obvier à la nécessité des grains et famine qui règne en Bourgogne, et attendu la bonne paix qui existe entre le Roi et le Duc. . ( Arch. de Lyon, rec1 aa.6. )
4 Février. États tenus à Dijon. — Lettres closes « par lesquelles il est mandé qu'ils viennent et soient à Dijon , le ni]6 jour du mois de février prochain venant , par devers Monsgr legouvrde Bourgueet mess" du conseil et des comptes, pour adviser et députer aucuns notables devers eulx , pour aler et eulx joindre avec l'ambassade de Mondsgr venant de devers lui , pour aler à la journée que le Roy nostre sire a reprise et ordonnée tenir à Bourges, le xve jour dudit prochain moys de février, touchant le traitié de la paix générale d'entre les royaulmes de France et d'Angleterre l . » ( 2e deL. de Visen.)
i Ces États de Bourgogne furent effectivement tenus; mais, :i des députés y furent nommés, ce qui est douteux , ils ne se rendirent point à Bourges, probablement à cause du danger des chemins infestés par les écorcheurs. Du reste leur voyage eût été inutile , car les États de Bourges , dont notre document fixe la date de convocation jusqu'ici inconnue, n'eurent pas lieu et furent remis. En effet, une nouvelle réunion des États de Bourgogne eut lieu le 1er mars suivant (voir à cette date), où, sur l'invitation du Duc, on nomma des députés pour l'assemblée de Bourges. MM. Rathery et de Barante ne parlent pas de ces seconds États, dont on trouve ailleurs la date fixée au mois de septembre 1440.
1439-40 11 Février. «Ordonnance du comte de Fribourg qui , sur l'avis de l'entrée en Bourg116 des écorcheurs au nombre de 12 à 1400 chevaux, défend , sur peine de la vie, de leur donner aucuns vivres, ordonne de faire retirer les gens du plat pays, avec leurs effets , en sûreté dans les villes , et recommande bon guet et garde. » (lnv. des Arch. de la ville de Mâcon. )
13 Février. Ordre aux baillis d'Auxois , de la Montagne, d'Autun et Montcenis, « de crier le retrait pour doubte des
escorcheurs et pour. faire deffense aux subjets de Mdsezdiz
bailliages que nul ne favorise, ne baille vivres ny aide, en quelque manière que ce soit, auxdits escorcheurs, ains y résistent à leur povoir. » ( 2e de L. de Visen. ) Le retrait fut crié quelques jours plus tard dans les bailliages de Chalon, Mâcon et Charollais. (Id.)
14 Février. Oudescote, poursuivant du Duc, apporte de Ternant des nouvelles de la part du sgr dudit lieu « que les escorchettfs ou nombre de huit mille chevaulx estoient loigiez présentement à l'entour de la Charité et de Cosne. » (Id. )
18 Février. Nouvelles que les écorcheurs sont au bailliage de la Montagne et ailleurs. — Le même jour, le conseil écrit au Duc, en Flandre, touchant les affaires « et mesmement la venue des escorcheurs qui , de plusieurs pais, viennent et desja sont une grande partie d'iceulx entrés en son duchié de Bourgne, pour y tenir les champs et y vivre et faire tous les maulx et dommaiges qu'ils porront. » [Id.)
19 Février. Le conseil écrit à Dole , au gouverneur, « des nouvelles des escorcheurs qui estoient logiez en Nivernois , entre lesquels éloit le baslarl de Bourbon , el avoient entencion d'entrer ez pays de Bourgne. » [Id. )
20 Février. Philippe de Ternant à Mgr le gouverneur el Mess" du conseil et des comptes , à Dijon : « Monsr le gouverneur et Messrs du conseil , je me recommande à vous. Aujourd'huy, environ dix heures de nuit, j'ay eu certaines
1439 i0 nouvelles de Gien-sur-Loire , que Blauchefort, Ghabanne, Floquet , les Lombarts , et plusieurs autres capnes, en nombre de xm chevaux ou environ , sont logiez en cette marche et tirent par deçà, selon le chemin qu'ils prennent, car mercredy dernier passé les premiers étaient ja logez à S1 Benoît sur Loire. D'autre part, le bastard de Vertus, en sa compagnie bien ijm chevaux, est passé à Montargis , et tire en Tonnerrois, pour joindre avec le bas tardde Bourbon. Je vous avertis de ces nouvelles pour le faire savoir à Monseigneur, si bon vous semble, etc. >> Il ajoute que les sgrsdu pays ont offert 80 lances, et demande des ordres. « Ecrit àTernant, le samedi 30 février cccccxxxvni. — Le tout vostre Philippe sgr de Ternant, de la Motte et de Bouretet. » [Coll. Bgne, tome 24.)
21 Février. Le gouverneur et Mgr de Clèves , qui sont à Dole, Geoffroy de Thoisy et l'évêque de Chalon , sont en toute hâte mandés à Dijon. (Id.)
22 Février. Henri de Chambournay écrit que les écorcheurs sont à Guillon , Montréal et aux environs. (Id. )
23 Février. Ordre aux nobles du duché et du comté « d'être en armes au lieu de Bussey, le ixe de mars prochain venant, pour, avec autres illecque mandés, résister aux escorcheurs estans présentement ez marches de l'Auxois, Langre et Montsaugeon. » (Id. ) Cette convocation fut générale.
27 Février. Les gouvr, chancelier et conseil du Duc mandent à Dijon , au 6 mars , Jehan de Vergy, sgr de Fouvens , le sgr de INeufchâtel , le prince d'Oranges et le sgr de Couches , « au fait des escorcheurs. » (Id.)
Février. Henri de Chambournay et Pierre Tenesse, écuyers, vont à la découverte des écorcheurs qui sont vers les marches du Tonnerrois, de l'Auxois et de la Montagne. (Id.)
Février. J. Çhenillon, de Tournus , part pour Lyon , et parvient à se procurer secrètement des monnaies fausses au coin du Roi, qui se fabriquaient à la monnaie royale, et dont les
1439-40 bailliages de Chalon et Mâcon étaient inondés. On (il, à Dijon , l'essai de cette monnaie. (2e de L. de Visen.)
1er Mars. Etats tenus à Dijon. Convocation du 23 février, « de venir à Dijon, par devers Mgr le gouverneur, au premier jour de mars prochain venant, pour eslire et députer entre eulx.... aucuns notables qui voisent à la journée de Bourges que le Roy a ordonné tenir touchant le traitié de la paix générale d'entre les royaulmes de France et d'Angleterre, et pour eulx joindre et conduire en cette matière avec l'ambassade de Mds le Duc et les députés des autres pays subjets du royaulme de France, pour aler à ladite journée. » (2e de L. de Visen.) Il paraît que Tévêque de Chalon et Amé le Noble, bourgeois de Chalon , furent de cette ambassade, ainsi que le bailli de Charollais, Guill. de Sercy , et le sgr de la Guiche. (ld.)
2 Mars. Henri de Chambournay est envoyé de Dijon par le gouverneur « devers le bastard de Bourbon estant à la Motte au duc de Bar, lui porter lettres closes, de par icelui gouvr, par lesquelles il lui escriptque, combien que l'on eust qui ne feroit nuls domaiges sur les pais de Mgr de Bourgne , toutefois il a fait le contraire ; et aussi pour lui dire que à tant s'en voulsist déporter; et, pour ce qu'il avoit entendu qu'il se vouloir départir de ladite Mote pour lui retourner devers la rivière de Loire, qu'il se départist de plus domaigier iceulx pais de Bourgne ne ses subgets, et qu'il et ses gens passent leur chemin par ailleurs, et avec ce que, par ledit Chambournay, le vueille acertener sur ce de sa volenté. » (ld.) H. de Chambournay avait avec lui Clerraont, héraut de Mgr le duc de Bourbon, qui devait solliciter le bâtard de la part de son maître. (Id.)
2 Mars. Louis de Visen, recr gén1 , part pour la Flandre portant au Duc « la responce faite par les gens des trois Eslats des pays de Bgne sur la provision des escorcheurs, afin qu'il y ait son bon avis. » ( ld. )
\0 Mars. Le bailli de Chalon exécute les ordres du gou-
H39-4-0 verneur « pour faire crier ez mettes desdites châtellenies , que tous féaulx et vassaux de Mds se meissent sus, au plus grant nombre de gens d'armes et de trait que faire se pourroit, pour eulx traire devers Mondits1" le gouvr , pour résister à l'encontre des escourcheurs que l'on disoit estre ou nombre de environ xm chevaulx , lesquels avoient entencion de entrer ez pais de Mds. » (13e de J. de Janly. )
1 0 Mars. Lettres du gouverneur à plusieurs seigneurs bannerets de la Comté, « par lesquelles i! leur mandoit, de par Mgr le Duc , envoyer devers lui certain nombre de gens d'armes qui a esté advisé à la journée où la plus saine partie des nobles dudit comté ont esté assemblez à Dole, dimanche darrier passé, qu'ils envoirront ensuivre Mds contre les escorcheurs qui à présent sont entrés oudit conté du costé devers Ray, et delà Gray environ Champlite et autres. » (2e de L. de Visen. ) Idem. Lettre du conseil au chancelier, à Autun, « touchant le département des escorcheurs que ma dame de Bourbon , par certain messaige , mandoit de partir des marches de par deçà, par espécial le bastard de Bourbon et ceulx de sa compaignie. » (ld.). Allusion au voyage de Clermont, le héraut, et de Fr. Moussard. ( Voir au 2 et au 21 mars. )
16 Mars. Le conseil écrit au gouverneur, à Gray, « la venue des escorcheurs , c'est assavoir le bastard de Bourbon et ses gens en nombre de vim chevaulx , à Givry et à Fixins , vendredi prouchain venant [sic) , et de là comment ils doivent tirera Ostun et ailleurs. » (ld.) Le 19, on lui écrit encore à Poinssons, près du Fay, outre Champlite. (ld.)
18 Mars. Le vendredi avant Pâques flories, Henri deChambournay est envoyé, par le comte de Fribourg, « de Dijon à Gemeaulx, pour suir et savoir de Testât et comune desdits escorcheurs qui s'étaient logiés à Cuissey, et venus de là audit Gemeaulx, et des lieux où ils iroienl, et de leur entencion, pour nous rapporter tontes nouvelles. » (ld.)
1439-40 21 Mars. Pierre Morclel de Beaulmont va deux fois avec Fr. Moussart, , écuyer de Mme de Bourbon, porter des lettres de ladite dame et de Mgr8 du conseil « au bastard de Bourbon , au lieu de la Motte au duc de Bar ou ailleurs, quelle part qu'il soit, pour empêcher, se faire sepouvoit, lepassaigedelui et de sa rote par les pays de Bourgogne. » — Cert. du 21 mars. (Id. ) Deux semaines après, Moussart fut arrêté comme espion. (Id. )
22 Mars. Le mardi après Pâques flories, Henri de Chambournay va de Dijon à Rigney, porter au gouverneur « lettres dudit bastard de Bourbon , par lesquelles il escripvoit à Perrin des Anges , son lient*, qu'il se départist de ladite Mote , et s'en allast après lui sans rien séjour faire. » Ces lettres furent portées aux sg" de Jonvelle et d'Aulrey, « pour les advertir du département dudit Perrin des Anges et de ses gens , sur lesquels on tirait pour les détrousser et ruer jus qui pourroit, pour les grans oullraiges et dommaiges que lesdits escourcheurs avaient faiz et portez ezdiz pays de Bourgogne. » {Id.)
23 Mars. Un chevaucheur est envoyé, jour et nuit, de Dole à Autun , au chancelier, « lui porter lettres closes que le bastard de Bourbon avoit escriptes à Mgr le gouverneur de Bourgogne , par lesquelles il signifiait que sa voulenté estoit de passer, avec sa compagnie, par les pais et duchié de Bourgogne * . » {Id.)
1440 8 Avril. Etats de Bourgogne. « Compte de J. de Janly, Pâques recr' au Bge de Chalon , de l'aide de mm fr. octroyé , au duchié 27 mars, de Bourgneet terres royaulx, pour l'ambaxade de la paix générale de France, ou mois d'avril mil cccc xl après Pâques. » Il s'agissait des députés envoyés aux États de Bourges. Guillaume de Sercy reçut 200 fr. pour son voyage, et Amé Le Noble, citoyen de Chalon , 180 fr. — Ce dernier avait été
* C'est à la suite de cette bravade que le Bâtard , s'étant avancé du côté de la Bourgogne , fut atteint dans les environs de Langres par Jean de Vergy, qui le battit et dispersa sa bande. ( Monstrelet , ccxlii.)
1 4-VO député avec Philippe Machefoing, maieur de Dijon, pour représenter le corps des États. Jean Rabustel , procureur de la ville de Dijon, les accompagna. (Rey. de la come de Dijon, dél. du 3 mars.) l
2G Avril. Lettres du gouverneur « aux bonnes villes et châtellenies de Bourg"6 accoutumés d'être mandés, par lesquelles il leur mandoit estre au lieu de Dole , au xxvie jour de ce mois d'avril, par devers les gens du conseil de Mgr le Duc, pour oir certaines choses que, parMds le Duc, l'on vouloit leur dire et exposer, touchant certaine provision contre les escorcheursque l'on dit venir ez pais de Bourgogne. » (2e de L. de Visen.)
4 Mai. Lettres envoyées par le conseil aux baillis deChalon, de Mâcon , d'Auxois et de la Montagne, portant défenses « que nul ne soit si hardis de faire grans amas de grains ni iceulx traire hors de Bourg"02. » (2° de L. de Visen. )
18 Juin. Henri de Chamboumay est envoyé, par le conseil, à Decize , pour savoir « Testât de par de là » 3. (Id.)
1er Juillet. Lettres du conseil envoyées à plusieurs seigneurs, « qu'ils se veuillent apprester et tenir prests pour se emploier, quant l'on leur fera savoir, à la résistance et reboutement des escorcheurs , lesquels , comme l'on a escript des parties de par
t 11 résulte de ces renseignements : 1° que la députation de Bourgogne fut nommée à l'assemblée du 1er murs, mais que son départ fut retardé, puisqu'il y eut une nouvelle assemblée des États de la province en avril , pour voter les frais de l'ambassade ; 2° que les États de Bourges turent réunis une seconde fois, puisque les députés reçurent des indemnités de voyage. {Voir au 4 février et au 1er mars 1439-40. )
2 il y eut cette année, comme l'année précédente, une extrême disette de grains , dont se ressentirent plus vivement les provinces ravagées par les écorcheurs.
3 Le Dauphin et les princes étaient alors à la tête de la révolte connue souj le nom de Praguerie. Poursuivis par le Roi , ils eurent un instant le projet d'entrer en Nivernais . mais le duc de Bourgogne s'y opposa.
1440 de là , sont conclus et disposés (3e très briefvement venir vivre et tenir les champs ez pais de Bourgne. » Et aux baillis de Charollais el Maçonnais, « pour advertir les capitaines des forteresses et les bonnes villes de leurs bailler des nouvelles desdits escorcheurs, et pour faire bon guet et garde esdites villes et forteresses, et le retrait s'il est mestier, etc. » (Id.)
15 Juillet. Le conseil écrit à Mille Paillard , bailli de Niver nais, « pour savoir l'enlencion des capitaines et gens d'armes du Roy et du Daulphin , que l'on disoit avoir proposé et conclud de venir briefvement vivre esdits pais de Bourgne. » (ld.)
il Juillet. Un chevaucheur part de Dijon pour porterait Roi et au Dauphin une lettre du Duc. (Id.)
Juillet. Le bailli de Mâcon envoie une personne « à Marcigny et à Charlieu , où le Roy nostre sire esloyt, savoir et enquérir, devers Berlrandon et autres, le gouvernement et comune des escorcheurs que l'on disoit vouloir entrer en Bourgogne et y séjourner '. » (4e de J. Gorremont.)
Autres lettres du même au châtelain de Châteauneuf , « pour avoir certaines nouvelles de la venue des gens d'armes du Roy nostre sire et de certaines courses et dommaiges par eulx fais en la ville du Bois Sle-Marie, et sur les bourgeois et habls d'icelle qui sont hommes de Mds le Duc, à cause de ladte comté de Mascon. » (Id.)
Il envoie aussi à Dijon un messager, « pour porter certaines lettres du Roy nostre sire à M" du conseil de Mds le Duc à Dijon , touchant certaines courses et dommaiges fais par les gens du Roy nostre sire en la ville du Bois Ste-Marie. » (Id.)
i Le Roi , après avoir soumis ie Bourbonnais et l'Auvergne , domaines du duc de Bourbon , se préparait à envahir le Beaujolais. ïl vint jusqu'à Cbarlieu , d'où il retourna à Cusset pour recevoir la soumission des princes. Berry donne des détails très-précis sur ceite expédition dont il fit partie. Le 24 juillet . Charles VÏI était à Cusset. Le 28 , il signe à Charlieu une lettre par laquelle il donne le Dauphiné à son fils.
H40 22 Juillet Berry, le héraut', apporte une lettre du Roi demandant restitution de certain h a mois de guerre et du marchant qui le menoit , « qui ont esté prins naguères , à Marcigny-les-Nonains, par le Sgr de Ternant et autres étant en sa compaignie, lequel harnois estoit au Roy, comme il dit par lesdites lettres. » ( 2e de L. de Visen. )
28 Juillet. Le conseil du Duc à Dijon convoque Jacques de Villers la Faye ; Jehan de La Tremoille, seigneur de Jonvelle; le bailli de Mâcon ; Claude de Chastellux; Jehan de Vergy , seigneur de Fouvans et de Vignory ; le seigneur de Neufchatel-sur-Mezelle; Thibault de Neuchatel, seigneur de Chemily, et Thibault de Rougemont : « à estre audit Dijon, au xxvii)e jour dudit mois (de Juillet), pour adviser à la provision qu'il semblera être à faire contre les escourcheurs qui passent la rivière de Loire pour venir domaigier le pais. » (Id.)
30 Juillet. Le bailli de Chalon avertit le conseil de Dijon « que les escorcheurs en grant nombre qui estoient sur la rivière de Loire avoient entencion de entrerez pais de Mds. » En ce temps le sire de Varembon alla rejoindre le gouverneur à Perrecy. (13e de J. de Janly.)
Septembre. Mortalité dans le Maçonnais. (2e de L. de Visen. )
9 Octobre. Le conseil avertit le bailli d'Autun de l'arrivée des écorcheurs. — Il écrit au Sgr de Couches « pour l'advertir de ce que le Sgr de Jonvelle a escript que une partie des gens du Roy, c'est assavoir messire Charles d'Anjou, Jehan de Brenay, Floquel et autres, viennent audit Coulches , comme
i Gilles Le Bouvier, premier héraut ou roi d'armes de France sous le nom de Berry. Il a écrit une chronique de 1402 à 1455. Sa présence à la suite du roi , en 1440 , est une garantie de l'exactitude de ses récits sur la guerre de la Praguerie , et fournirait au besoin une preuve qu'il est bien l'auteur de la chronique publiée sous son nom, quoiqu'elle ail été d'abord attribuée à Alain Chartier.
1M0 il lui a esté fait savoir par aucuns ses amis. » (2° de L. de Visen. ) Le même jour il écrit au maréchal « de se traire incontinant devers lui. » (Id.)
15 Octobre. Le conseil écrit à la hâte au maréchal, au prince d'Oranges , à Phl de Vaudrey , bailli d'Amont, aux Sg" deMirbel, de Neufchatel-sur-Mezelle et d'Autrey, «et leur prie que se vueillent tenir prests pour eulx employer à la résistance desdils escorcheurs. » (Id.)
24 Octobre. Philippe de Corcelles, bailli de Dijon, et Jehan de Mazilles partent pour Champlitte, afin de complimenter le comte de Fribourg , nouvellement nommé maréchal de Bourgogne , qui arrive de Flandre * . (Id.)
29 Octobre. Le maréchal donne ordre aux baillis de Bourgogne « de ruer jus et prandre tous gens d'armes estrangiers et incogneux qu'ils pourront trouver et savoir estre survenans. » (Id.)
3 Novembre. Le conseil? écrit au sire de Varembon, qui est au pays de Bar et Lorraine, pour lui recommander « l'entretenement des alliances entre la Bourgogne et lesdits pais. » [Id.)
8 Novembre. Le conseil écrit au maréchal « corne l'on a sceu que les escorcheurs, ou nombre d'environ vim chevaulx, sont environ Sens etMontereau , et de certaines courses que la garnison de Chastelvilain a naguère faites ou bailliage de la Montagne, afin que sur le tout il lui pleusl avoir son advis et y pourveoir. » En même temps on expédie un messager à Auxerre pour savoir la vérité. (Id.)
15 Novembre. Le conseil avertit le maréchal de la venue des écorcheurs, « dont il a été certifié par le bailli d'Aucerre. » (Id.)
» Le comte de Fribourg fat nommé maréchal par lettres données à Hesdin, le 6 mai 1410. Depuis l'année 1432 il n'y avait pas eu de maréchal en Bourgogne, mais seulement des gouverneurs. (Voir au 29 septembre 1432 et au 23 mars 1434-5.)
1440 <\ 6 Novembre. Henri de Chambournay et un sergent sont envoyés « à Lille soubs Monceaulx... pour savoir et enquérir le comune et l'entencion des escorcheurs que l'on disoit être outre ledit Monceaul ou ez marches de par delà, quel chemin prendraient lesdits escorcheurs , et quel nombre ils pourroient estre. » (2e de L. de Visen.)
19 Novembre. Ordre aux baillis d'Auxois et de la Montagne « de crier le retrait et oster les fers des molains et les forges des mareschaux du plat pais. » (Id. )
4 et 6 Décembre. Les écorcheurs sont à Kentour de Chastelvilain. (Id.)
8 Décembre. États tenus à Dijon. — Convocation pour « venir et estre audit Dijon, au vnje jour de décembre prouchain venant, pour aviser à la provision qui se devra mettre pour résister aux escorcheurs qui, en plusieurs lieux, sont en grosse puissance, près des marches de ce duché de Bourgogne, tant devers l'Àuxois comme en Champagne , en vol en té et entencion d'entrer ez pays de Bourgogne pour les domaigier, que Dieu ne veuille. » (Id.) États remis au 3 janvier suivant.
8 Décembre. Le conseil expédie un chevaucheur « pour porter hastivementau bastard de Bourbon , estant lorsàMussy, les lettres que Mgr le mareschal et Mrs du conseil de Mds lui escripvoient, pour le faire départir qui pourra et ceulx de sa compaignie dudit Mussy, et pour avoir restitution des personnes et biens que ses gens avoient desjà prins au pays de Mds , et envoyé audit Mussy. » Le maréchal et le conseil écrivent aux sg™ J. de Vergy, Thibaut de Neufchâtel, de Blamont, de Scey, au bâtard de Vergy et à Philibert de Vaudrey, de se préparer à marcher contre le bâtard de Bourbon , et au sgr de Charny, de pourvoir à la sûreté de Châtillon - sur - Seine. (Id. )
13 Décembre. Le maréchal et le conseil écrivent à plusieurs sgrs du comté, de par le Duc, a eulx mettre sus en armes, à
1440 tout cc ('e 8ens larmes et de Irait que faire p mrront, et qu'ils
soient et se trahenl, au damer jour de ce présent mois de
décembre, au lieu del'Abergement lesSeurre, pour, les dessus
nommés assemblez, entendre et vacquer à la résistance du
bastai'd de Bourbon , qui nouvellement a prins Mussy-l'Evesque,
et d'autres capitaines qui , après lui , viennent pour dez là
venir et entrer ez pais de Mds. » Le 23 , le marécbai conlre-
mande cet ordre : « Attendu le départ du bastard de Bourbon
de Mussy. » (Jd. ) Le bâtard était parti vers le 16 ou le 18.
29 Décembre. Le conseil écrit à Champliile au marécha!
« touchant les nouvelles fraîchement survenues par lettres
des officiers de Chastillon-sur-Seine , du retour des escorcheurs
ez pais de Bourg06. » (Id. )
,A . 3 Janvier. États tenus à Dijon. — Lettres aux gens des trois 1440-41 -
Etats du duché , « par lesquelles , narration faite de ia journée
du vii|e jour de ce présent mois (de xbre), à laquelle les gens
des trois Étals dudit duchié furent mandé, etdeïa continuation
d'icelle faile pour l'absence do Testât des nobles, l'on leur
escript et mande de rechief venir et estre à Dijon , au jour de
ladite continuation qui écherra le tiers jour de janvier prou-
chaia venant , pour aviser à la provision qui se pourra et devra
mettre sus pour résister aux escorcheurs qui, en grant nombre
et en plusieurs parties, sont à l'entour de ce duchié deBourgne,
tant à Mussy que ailleurs, en entencion de y entrer prandre
places et venir audit duchié si faire se peut : que Dieu ne
veuille. » (ld.)
16 Janvier. Le Duc écrit, de Bruges, à M. de Ternant, en
Réthelois , touchant les écorcheurs qui sont en Champagne.
(1er compte de Pierre Bladelin, recr de toutes les finances.)
Le Duc faisait faire alors des emprunts sur la Bourgogne, et il
retenait à ses officiers une partie de leurs gages. A la fin de
mars, les écorcheurs envahirent le Oainaul, et l'on iit des
armements contre eux en Picardie, sous les ordres du comte
lkkO-hl d'Étarapes. Le 22 avril , ils étaient en Réthelois et en Picardie , et paraissent avoir disparu vers la fin de mai. (Id.)
18 Janvier. Le conseil du Duc fait faire une copie des lettres royaulx « contenant abandonnement du Roy sur les escorcheurs (voir au 15 septembre 1438). Lequel vidimus est baillé à Jehan Labbé , lequel nosdts sg™ envoient présentement devers le Roy que Ton dit estre à Troyes , pour lui remonstrer les grans et excessifs dommaiges et maulx que lesdits escorcheurs ont fait et font de jour en jour esdits pays de Bourgne, et pour y quérir remède et provision ; et pour savoir au surplus de Testât et commune du Roy. » Jehan Labbé partit muni d'instructions écrites . (1er de Jehan de Vis en , rec. gén1 en Bourgne) * .
26 Janvier. Lettres du Roy, datées de Troyes, du 26 janvier 1440 , par lesquelles il défend aux capnes des gdes compagnies de ravager la Bourgne. Ces lettres sont rédigées à peu près dans les mêmes termes que celles du 15 septembre 1438 , (voira cette date) , sauf que les capitaines n'y sont pas nommés. (Arc. de la Côte-d'Or.) Le conseil du Duc en fit faire immédiatement 8 copies, qui furent signifiées aux capitaines des écorcheurs. (1er de J. de Visen, rec. général. )
10 Février. Pierre de Vauldrez , écuyer, conseiller et gruyer du comté , reçoit 32 francs « à eslre allé à Langres par l'ordce de Messg" (le maréchal et conseil) devers le Roy, Mgr le connestable , Mgr le chancelier de France et le grant conseil du Roy, pour aucunes grandes mathières touchant Mds le Duc...
i C'est à la suite de cette ambassade que le roi renouvela , le 26 janvier, les défenses qu'il avait faites en 1438 à ses capitaines de ravager la Bourgogne. Peut-être l'intervention du conseil de Bourgogne ne fut-elle pas étrangère aux rigueurs exercées contre eux et surtout contre le bâtard de Bourbon , qui fut arrêté , cousu dans un sac et précipité dans la rivière à Bar-sur- Aube.
1440-41 mesmenaent sur ce que Ton disoit que le Roy avoil entencion de re(|iicsler et mettre en sa main la place de Champlite, qui en riens ne lui est subgecle, mais est mouvant du comté de Bourgne, pour savoir s'il est vray qu'il eust l'entencion dessus dicte, et autres choses. » (Id.) Son voyage dura seize jours. 26 Février. 28 Lettres closes et 10 md19 du maréchal « adreçans lesdites lettres à Mr le prince d'Oranges , Mess" de Vergy, de Neufchastel, de la Ferté, de Ray, de Viteaux, de Jonvelle, d'Autrey, de Mirebel, de Charny, de Scey, d'Estrabonne , de Raon , de Trichastel , de Ruffey, de Chastellus , de Givrey, de Pesmes , de Traves et autres , par les quelles Mds le mareschal leur escript, et mande , de par Mds , être devers lui en armes, à tout ce de gens d'armes et de trait qu'ils pourront finer, ceulx du comté au lieu de Varenne les Auxonne, au xxvie de février, et ceulx du duchié audit jour à l'Abergement de Seurre; et lesdt9 mdts adreçans aux baillis de Bourgne pour, audit lieu et jour, contraindre et faire venir gens de leurs baillages , pour dès là tous assemblez entendre et vacquer au reboutement des gens du Roy qui journellement font et portent mains maulx et dommaiges ezdits pays. » (Id. ) Peu de jours plus tard, on envoya contre -ordre après avoir reçu la nouvelle « du déparlement du Roy qui s'en lire, lui et ses gens d'armes et de trait, contre Commercy, etc. » (Id.)
5, 6, 8 et 1 0 Mars. Assemblée des États. — m Lettres closes « adreçans , de par Mgr le mareschal et Mgr9 du conseil et des comptes, par l'ordce de Mgr le Duc, aux gens des trois Estats de ses pays de Bourgne, Masconnois et Charollois, et terres royaulx enclavées en iceulx , par lesquelles et par l'ordce que dessus l'on leur escript et mande, de par Mgr le Duc , venyr et estre devers Mds le mareschal et les gens du conseil et des comptes , c'est assavoir ceux du duchié de Bourgne à Dijon, au vejour de mars miiiixl, ceux dudit Masconnois, Charollois et terres royaulx enclavées, pareillement audit Dijon , le vie jour dudit
144-0-41 mois , cenix des terres d'oultre-Saonne, au lieu d'Auxonne , le viije jour dndit mois, et ceulx du comté de Bourgne au lieu de Dole, le xe jour d'iceiui mois, pour aucunes choses que Mds a mandé et escript leur dire et recquérir de par lui. » (1er de J. de Visen.)
25 Mars. Etats du Maçonnais assemblés sous la présidence du bailli de Mâcon. J. Gorremont, recrdu Duc, et Jean Furet élu de l'élection de Mâcon et Chalon pour le Roi et le Duc , présentèrent une lettre du Duc , de Bruges , 26 janvier 1 440 , dans laquelle il exposait qu'il avait déjà, dépensé pour la délivrance du duc d'Orléans et son mariage avec sa nièce , cent mille saints, outre trente mille qu'il doit bientôt dépenser pour les frais de la noce ; sans compter cinquante mille saluts pour les frais des conférences pour la paix avec l'Angleterre , et ceulx qu'il faudra faire « pour la journée et convention de ladte paix prinse et acceptée au 1er jour de mai prouchain venant. » En conséquence, le Duc prie les Etats de lui accorder ce que le maréchal et Etienne Arménier, prés1 du pari1, lui demanderont de sa part. Cette lettre lue, les commissaires demandèrent aux États 450 saluts pour leur part des 4,500' imposées naguère sur le duché. Les États , réunis de nouveau le 29 mars , &e plaignirent que le Maçonnais n'eût pas été convoqué aux États du duché, tenus récemment à Dijon , pour y convenir de la part des élections de Chalon et Mâcon , qui était trop forte ; mais, comme le maréchal avait écrit de passer outre en cas de refus , les États accordèrent la somme, tout en se réservant d'en solliciter le rabais qu'ils ne purent obtenir, car, dès les premiers jours d'avril, l'aide fut levée. (Reg . des de'L de Mdcou .) 1441 25 Juillet. Les échevins de Mâcon achètent au prix de 1 G liv. Pâques, deux queues de vin , «pour donner Tune aux ambassadeurs de 16 avril. ^|gr je §av0yei5 l'autre aux ambassadeurs de Mgr de Bourbon , qui estoient venus à Mâcon pour Iraictier et appaisier lesdils sgrs de certains leurs débats à cause de la souveraineté des terres et seigneuries de Dombes.» (ïd.) Le traité fut passe le
441 même jour à Villefranche et ratifié par le duc de Savoie et par le duc de Bourbon , à Chambéry, le 11 septembre suivant. (Guichenon , Histoire de Savoie.)
31 Août. « Le maréchal de Bourgne, informé que les écorcheurs sonl du côté d'Autun , convoque les vassaux des bailliages de Dole et d'aval au comté, à la Maison-Dieu lez S'-Jean-de-Losne , pour le 31 août, afin de le suivre contre les ennemis, sous peine de confiscation de leurs terres.» (Benate, col. Bge , t. M.)
10 Octobre. Le conseil de la commune de Dijon, sur la nouvelle que les ccorcheurs, gens du Roi, sont partis du siège dePonloise et viennent au pays, ordonnent qu'on fera bonne garde. (Reg. de la comne de Dijon.)
20 Octobre. Le 11 octobre, le maréchal écrit 25 lettres closes aux sgrs deNeufchaslel , de Fouvens, d'Autrey, de Blanmont , de Ray, de Trichâtel , de Pesmes , de la Marche , de Mirebel , de Montbis , d'Arcelot, de Uup, de Maigny, de Champdivers, Jehan de Baissey, Guill. de Rufley, Jacquot de Venières, Regnault deNoident, J. de Lugny, Pierre Bonnetet , Ante d'Amandre , Nicolas de S* Andosse , Nicolas et Viennot de Buffencourt, Guiil. et J. d'Amenges et Claude d'Andelot, « par lesquelles il leur escript eulx mettre sus en armes les mieux montés, armés et habillés qu'ils pourront, l'une des parties desdites gens d'armes au lieu d'Ys-Ies- Trichâtel , au xxe jour du présent mois d'octobre, et l'autre partie estre devers lui en la ville de Rissey, dimanche prouchain venant (15 octobre), ou le lundi suigvant au plus tard , pour, tous assemblés , entendre et vacquer à la résistance des escorcheurs qui en grant nombre sont en Tonnerrois, en entencion de venir vivre et séjournerez pais deBourgne, où desjàils courent et font de grans dommaiges. » (1er de J. de Visen.)Le 14, nouvelle convocation aux sgrf d' Arguel et de Vi tleaux et 34 au très seigneurs , de se mettre en armes « pour résister aux escorcheurs estans loigiés de présent à Roigemont, à Ravières et là
1441 environ , et estre au lieu de l'Abergement-ies-Seurre , ceulx
dudit duchié , et ceulx dudit comté au lieu de la Maison-Dieu lez Smean-de-Losne. » (Id. )
Octobre. 10 mandements du maréchal aux baillis de Bourgogne << pour faire hastivement mettre sus et assembler tous les féaulx et vasseaulx de Mds ez mettes et termes de leurs bailliages, et eux appresler pour servir icellui sgr en armes à l'encontre des escorcheurs, pour résister auxquels et secourir les pays de Bourgne Mds le Duc a présentement rescript à Mds le mareschal et aux gens de son conseil par deçà , qu'il a conclud et délibéré de venir en personne en sesdits pais de Bourgne, très- brièvement.» [Id.) On voit par les exécutoires du bailli de Chalon (cert. du 15 novembre) que cet ordre fut donné aux sgrs « à peine de ban et de mettre gasteurs en leurs hostels. » Peu de jours après, le même bailli faisait faire une information dans son bailliage pour savoir les noms de « ceulx qui ne seroient alez au mand* et ordre de Mds le mareschal , pour les lui envoier par déclaration , ainsin qu'il la mandé. » (13e de J. de Janly.)
23 Octobre. « Monstre (ou revue] des hommes de la compaignie de Mr J. comte de Fribourg et Neufchâtel, sgr de Champlite , maréchal de Bourgne, de cent paies pour 15 jours, à 12 fr. par mois, que, pour la résistance des escorcheurs , qui, en grant nombre et puissance, estoient lors logiés , de leur retour du siège de Pontoise, à l'entour de Gie et la vallée de Rissey, en entencion de venir vivre et séjourner ou duchié de Bourgne, pour la garde et deffense d'icelluy, ont été envoyés à Ostun, où iceulx escourcheurs vindrent loigier tanlost après ladtemontre, et depuis à Montcenis, pour la deffense, garde et seureté du comté de Charolois, où ont esté tenus iceux hommes d'armes et gens de traits, les quels ont esté veus et
receus , etc , à Dijon, le 23e octobre mil cccc quarante
et ung. » (Arch. de la Côte-d'Or.) Le banneret de cette corn-
1441 pagnie était mess. Gui II. de Rochefort, ayant avec lui les chevaliers bacheliers Antoine d'Oiselay et Louis d'Amoncourt.
24 Octobre. Lettres du Duc qui convoque les États de Franche-Comté, à Dole, au 24 octobre 1441 , « pour assoir sur iceulx les porcions des ii]m saluz qui restent à lever d'un ayde de vim saluz qui fut ouctroyé estre levé ez pays de Bourgne, on mois d'octobre mil cccc xxxvii] , pour résister aux écorcheurs. » [Cab. de l'auteur. Voir aux 10 octobre et 10 novembre 1438.)
30 Octobre. Le bailli du Charollais écrit à Dijon « nouvelles de certaine armée ou amaz de gens d'armes que Mre Jacques de Chabanne et son frère faisoient et mettoient sus ou pais de Bourbonnois à l'occasion de la détrousse sur eulx faite par le sgrde Pesmes, oudit mois de septembre, et dont Ton faisoit doubte ou pais de Charolois. » (2e de J. Conroy , rec. au Charollais. Voir au M février 1442-3.)
6 Novembre. Le Duc écrit de Bruxelles « à Mr de Lannov. quelque part qu'il fust , affîn qu'il feîst traire toutes ses gens d'armes à l'en tour de Cambrai , au xxe jour de ce présent mois de novembre, pour conduire Mds en son prouchain voiaige en Bourgne » (1er de Pierre Bladelin. ) Il fut fait de grands préparatifs pour ce voyage, que la présence des écorcheurs dans les environs de Châtillon -sur-Seine rendait difficile. Tout le mois de novembre fut employé à cela, et l'armée fut réunie sous les murs de S'-Quentin. La duchesse resta en Flandre avec pleins pouvoirs. Parmi les sgrs qui accompagnèrent le Duc, on trouve Mrs d'Arcy, Jehan de Vaudrey, Jehan de Chaumergey, Jacquet de Lalaing, écuyer, Guille de Vaudrey, Ennon du Chaslellet, Jehan de Chastillon , Jehan de Salins, Frédéric de Mengescot , Guille de Senseigne , Antoine Dubois, Guille de Neufville, qui tous reçurent des gratifications, (ld.)
8 Novembre. Le bailli de Charolles envoyé un messager « vers Chàtillon-en-Bazoi et illec environ savoir et enquérir du
1441 commune des escourcheurs que l'on disoit lors illec estre logiez; et disoit l'on qu'à leur département d'illec ils avoient entencion devenir vivre et séjourner en Charolois. » (Id.)
9 Novembre. Le maréchal de Bourgne écrit à messires Guiile de Rochefort et Anloine d'Oisellet « la venue de Mgr le Duc en ses pays de par deçà, à toute puissance, pour résister aux escorcheurs, afin queeulxetleurs gens s'entretinssent ensemble à la résistance desdiz escorcheurs jusques à ce qu'ils aient autres nouvePes de lui. » (Cab. de l'auteur.) Pendant tout ce mois, le maréchal fît la chasse aux écorcheurs qui étaient, le 17, sous les murs d'Avallon , et le 22 à la Madeleine, près Vezelay. ( Coll. Bourg™, B. natle .)
19 Novembre. Cert. — Lettres du maréchal, écrites de Chalon, « au bailli de Bresse et autres gens de guerre du pays de Savoye estant logiés à l'entour de Cuisery, contenant qu'ils passassent la Saône pour eulx traire incontinent autour de Saulieu où il estoit, pour le reboutement des escourcheurs. » (13e de J. de Janly.)
24 Novembre. Les échevins de Mâcon font payer 45 sous au guetteur « qui a guetté ou clochier de la paroche de Sl-Pierre , depuis le mardi avant la Toussaint dernier passé (31 octobre) , jusque à mardi dernier passé (21 novembre) , pour le doubte des escorcheurs qui , en nombre de quatre et cinq mille chevaulx, ont esté logiez huit jours durant ez faubourgs d'Ostun , et s'en partirent le samedi avant ladite feste de Toussaint, et allèrent logier vers Chasteau -Chignon et sur les marches de Nivernoys ; et depuis une partie desdits escourcheurs vindrent logier vers Luzy, Toulon en Charolois , et une partie d'iceulx vindrenl vers Sl-Gengou, et entrèrent à S^Ypolyte, en nombre de trois cents chevaulx et fouagèrent, et s'en tirèrent vers le Bois Ste-Marie. » ( Reg. des dël. de la comne de Mâcon.)
8 Décembre. Le Duc écrit de Rétheî au maréchal pour lui annoncer son arrivée en Bourgne. '2e de BladeUn.) Le Duc
1441 venait de Bruxelles en passant par le Quesnoi, Vervins , Mont cornet, "Réthel , Geneville, Chalon, Sl-Amand , Vitry, Barsur-Aube, Châlillon-sur -Seine et S'-Seine. Il était à Dijon le 21 octobre. Il resta en Bourgne, et presque toujours à Dijon, jusqua la fin d'août 1443, qu'il partit pour la guerre du Luxembourg.
43 Décembre. Cert. — Le bailli de Chalon écrit « à certains capnes et gens d'armes du pays de Savoye , que l'on dit estre à l'en tour de Saigey, lesquels font plusieurs appalissements et ransonnements sur les subgets de Mds, par lesquelles il leur recquiert qu'ils se déloigent et voisent hors dudit bailliage le plus brief que faire se pourra. » Il écrivit en même temps à Dijon pour avoir « aucun mand1 ou provision de Mrle maréchal de Bourgno pour les faire desloigier. » (4 3e de J. de Janly. )
21 Décembre. Franche-Comté, le héraut, vaàMontmorot en Comté « faire deslogier certain nombre de gens d'armes, qui se tenoient et venoient sur le pays. » (Id.) 1441-2 6 Janvier. Le Duc contremande une journée qui devait avoir lieu entre le sgr de Vergy et le sgr de Blanmont « pour cerlaines entreprises qu'ils avoient faites l'un sur l'autre. » (2e de P. Bladelin. )
13 Janvier. Le lieutenant du bailli de Charolles écrit à Couches, à Philibert de Vaudrey, bailli d'Amont, « qui devoir estre en armes et à puissance, faisant mention lesdites lettres que les escou relieurs esloient îogiés au Palais, à Iguerande et à Boileconte, joignant à ce pays de Charollois , affin qu'il eut advis à faire ce qui lui avoit esté ordonné par Mds. » Phl de Vauldrey n'était pas à Couches, et l'on envoya, le 16, un nouveau messager à Dijon. (3e de J. Conroy.)
20 Janvier. Le Duc mande au Sgr de Neufchastel et à Thiébaut de Rougemont « estre devers lui à Ostun , au vendredy prouchain venant (26 janvier), pour l'accompaigner au voyage qu'il fist lors à Nevers devers Messeigneurs les Ducs d'Orléans
14,41-2 d'Alençon , de Bretaigne et autres. » Il écrit à Mrs de Chandio et de Thienges « estre devers luy atout certain nombre de gens d'armes au lieu de Nevers , au dimenche prouchain (28 janvier) pour leaccompaigner à la venue des Sgrs devant diz. » Il convoqua encore le Sgr de Ray, Jean de Moisy, Mrs de St- Georges, de Ste -Croix, Philibert deVauldrey, de Rothelin et l'Évêque de Chalon-S.S. » ( 2e de P. Bladelin. )
Avant les conférences de Nevers , le Duc de Bourgogne avait envoyé Jean Joffroy, doyen de Vergy, en ambassade auprès du Roi , du 24 décembre au 29 janvier. Le 18 février il y retourna en compagnie de M. d'Humières , « pour certaines grandes affaires secrètes. â» Pendant ce temps le Duc entretint Louis de Mareme auprès du Dauphin, du Ier décembre au 19 mai. Le 14 février, Jean de Vaudrey fut envoyé secrètement vers le duc de Bretagne. Il députa aussi des ambassadeurs au pape, à la reine de Sicile et à la république de Venise. Le 18 janvier il écrit au pape , et le 24 février au duc de Bretagne. (Id. ) Le Duc de Bourgogne partit de Dijon vers le 23 janvier; le 25 il est à Autun, le 28 à Decize, d'où il écrit au duc de Bourbon , et le lendemain on le trouve à Nevers , où il resta jusqu'au 12 ou 13 mars. De là il vint à Chalon, où il fut rejoint par la Duchesse, et y passa les fêtes de Pâques en compagnie des ducs de Bourbon et de Nevers , et des duc et duchesse de Savoye. Le 10 avril il quitta Chalon pour revenir à Dijon 2.
i Ils portaient probablement les remontrances des princes au Roi , dont Monstrelet nous a conservé la teneur.
2 Les conférences de Nevers sont célèbres dans l'histoire , et il ne me convient pas d'en faire ici un nouveau récit. Je ferai seulement remarquer que , malgré l'importance des actes qui y furent décidés , elles n'eurent sans doute pas tout le résultat qu'en attendaient les princes , car on trouve que, le 20 avril, le duc de Bourgogne , contrairement au désir exprimé par le Roi dans sa réponse aux princes , écrivit de Dijon aux ducs de Bretagne d'Orléans , de Bourbon . d'Alençon et
1441-2 12 Février. « Ledit Monsgr le Duc, Monsgr d'Oiiians , Madame sa femme , Monsgr de Bourbon , Madame sa femme, Monsgr d'Alançon , le comte de Nevers , le comte d'Eulx, le fils du duc de Bretaigne, le comte de Joigny, les chanceliers de France et de Bourgne, et plusieurs autres grands seg™ des pays desdits seigneurs , sont audit Nevers ores sont huit jours, et ledit Monsgr de Bourgne y est ores sont vint jours. Escript ledit douziesme jour de février. » {Reg. secr. de Mâcon.)
15 Février. Le lieutenant du bailli écrit de Charolles au Duc « que les escourcheurs, qui naguère avoiént passé près du pays de Charolois , et s'en estoient tirés vers le Nivernoys , estoient de nouvel retournez à toute puissance sur le rivaige de Loire, et estoient logiés à Boileconte et environ Marcigny-les- Nonains. » (3e de J. Conroy.)
11 Mars. Le Duc écrit au prince d'Oranges et aux sgrs de Bussy, de Neufchastel, d'Ancey, de Pagney et de Blanmont, « eulx apprester et mettre sus en armes à tout le plus grand nombre de gens d'armes qu'ils pourront et se tinssent en leurs hostels tous prêts, jusques à ce que Mds les manderoit pour résister à l'encontre de la venue des escorcheurs estans en Lyonnois, en enlencion d'entrer ez pays de Mds. » Mêmes lettres au cte de Joigny et aux sgrs de Jonvelle, de Jouvens, de Châteîvilain, de Couches , de S1 Bris , de Guion, d'Oiselay,
au comte de Vendôme , « touchant la journée qui se debvoit tenir à Nevers, pour le bien et la paix du royaume. » Mais celte seconde conférence n'eut pas lieu , probablement à cause de l'arrivée soudaine des écorcheurs , et peut-être faut-il voir une signification de délai dans les lettres que le Duc écrivit « secrètement» aux mêmes princes, le 2 juin suivant, dont le contenu n'est malheureusement pas indiqué. (2e de P. Bladelin. ) Le Duc déploya une grande magnificence à Nevers . et fit venir ses joyaux et sa vaisselle. Il s'était chargé de toutes les dépenses , et au départ il fit des gratifications considérables. Le duc d'Orléans reçut 12001 « pour lui aidier à supporter les frais des conférences. » ' Id. )
1441-2 aux baillis de Dole, à Olivier de Longvy, au sgr de Ray, à Thibaut de Rougemont, au bailli d'Àmonl et autres , ainsi qu'aux sgrs de Pesmes et de Mirebel. '2e de P. Bladelin.) Les baillis du duché reçurent des ordres semblables.
Mars. États de Bourgogne. — « Cqmpte de J. de Janly, recr , au bg° de Chalon , de l'aide de ni|m vnjc liv., octroyée à Mgr en son duchié pour la délivrance de Mgr d'Orliens et pour le mariaige de Made sa femme ; et aussi de vnf liv. octroyées pour l'ambassade envoyée devers Mds en Flandre ou mois de mars av1 Pasques mil inc quarante et un. » Les convocations sont du5 mars1 . KArch. de la Côte-d'Or.
Du 19 Mars au 5 Avril. Jehan Boufïaut, procureur de Mds en Charollais, fait une information « sur les maux etdommaiges que aucunes gens de guerre des pays de Bourbonnois ont fait sur las sujets de Mds , etc. » (2e de J. de Visera) Cette information avait été ordonnée par une lettre du Duc écrite de Nevers dans les premiers jours de mars. (3e de J. Conroy. 1442 ^ Avril. « L'an mil inf quarante-deux , le samedi après Pasques charnels (7 avril) , Mgr de Bourgogne, Mgr de Savoye, 1er avril. Madame de Savoye , Mgr de Bourbon , Mgr de Nevers, Mgr de Ciermont, en Tache de dix-huit ans ou environ, fils de Mondits1 de Bourbon , lesquels seigneurs ont esté à Chalon avec Mondits1" et Madame pour eulx fesloier ensemble et faire bonne chière , et parler de leurs affaires secrètes , le terme de quinze jours et plus , sont partis ledit samedy de Chalon et sont aies au disner à Saint -Marcel. Et leur a donné a disner Monsr l'évesque de Langres, et fait grandes et bonnes chières ; et allèrent en bateaux pour ce que l'eau de la Soonne estoil grande , et a esté grande continuellement le terme de six sepmaines. Et après disner, ledit Monsgr de Savoye. Madame
i II s'agit ici de deux États , ceux de mars 1 140-41 voir du 5 au -25 mars de cette année ) el ceux de mars 1441-42.
1442 deSavoyo, Monsg1* de Bourbon et Monsgr deCleremont, son fils, s'en alèrent au gistc à Cuisery, et mesdiz sgrs de Bourgne et de Nevers s'en retournèrent à Chalon , devers Madame de Bourgnc. Le dimenche suigvcnt vii| d'avril, jour de quasimodo, mesdits sgrs et daine de Savoye, de Bourbon et de Cleremonl, s'en allèrent à Saint-Trivicr-de-Cortoulx, et illecques demoura Monditsg1" de Bourbon et son dit fils , jusques le mardi suigvent, auquel jour, heure de huit heures de nuyt, arrivèrent lesdits seigrs de Bourbon et de Cleremont à Mascon par basteaulx. Et le jeudi suigvent , à dix heures avant midy, Messrâ de l'église et de la ville lui alèrent faire la révérence en l'hostel de maistre Anthoine du Feu , chanoine de Mascon , où il estoit logié , et , la révérance faite, ung des maistres d'hostel dudit Mgr de Bourbon, en la présence de Messgrs leseschevins et bourgeois eslans en grant nombre , et ledit maistre d'hostel aussi , tous à genoux , présenta de part la ville doze tourches chacune de deux livres et doze livres depices et confitures diverses, tout prins en Fhostel de Anthoine de Saigey. Et lesdits sg1'9 de l'église, c'est assavoir Monsr l'évesque, Mssrs du chapitre et monsr le prieur de S'-Pierre, lui donnairent quatres boules de vin. Et ledit jeudi , après disner, iceulx Monsgr de Bourbon et son fds partirent dudit Mascon et s'en alèrent à gisle à Villefranche, ensemble leur compagnie qui estoit de sept à huit vins chevaulx. En laquelle compaignie estoit le sgr de la Ferté , l'ung des mareschaulx de France. Lequel Monsgr de Bourbon , qui oneques mais n'avoit esté à Mascon , pour son droit de royaulté et de l'hostel de France duquel il est, feist meslre hors des prisons de Mascon ung misérable home détenu prisonnier pour certains et plusieurs larrecins par lui faiz et confessés en jugement, pardevant le prévost de Mascon et les bourgeois et habilans de ladite ville assemblés pour ce ez aules de Mascon , et par l'advis et jugement desdits bourgeois et habitans ayant sur ce privilèges, par ledit prévost
14V2 av0^ esl(^ condampné à estre batu parmi la ville de Mascon, mis au pilory el banny du royaulme de France. Esquelles prisons n'avoit lors aucuns autres prisonniers criminels.
Et le mardi suigvent après quasimodo , dix dudit mois d'avril , mondit sgr le duc de Bourgogne, Madame de Bourgne, Monsr de Nevers et Monsr de Beaujeu , second fds de Monsgr de Bourbon, lequel ja pieça demeure en l'ostel dudit Monsgr le Duc, se sont départis dudit Chalon et sont alésa Dijon. » [lieg.secr. deMdcon.)
8 Avril. Le Duc écrit aux baillis d'Autun et de Cbarolles, et au sgr de la Guiche , de la Cueille et de Toulongeon, de faire bonne garde , attendu la présence desécorcheurs en Lyonnais. ( i 5e de J. de Janly. )
12 Avril. Le bailli de Cbarolles envoie un trompette « vers le bailli de Montbrison , ou pais d'Auvergne, savoir nouvelles de certains amas et comune de gens d'armes que l'on y disoit estre et qui approchent les pais de Mds , et dont il estoit à dobter. » (3e de J. Conroy.)
18 Mai. Emard de Digoine part pour savoir des nouvelles des écorcheurs qui sont entre la Loire et l'Allier, et cherchent à passer la Loire. (Id. )
20 Mai. Le Duc écrit .« au bailli d'Auxois , aux sgrs de Coulche, de Duchon , de Bussy, de Plancey, de Rochefort, de Chaslellet, de Chasteauneuf et à plusieurs autres à l'environ , par lesquelles Mds les mandoil estre en armes devers luy, à tout le plus granl nombre de gens d'armes qu'ils pourront finer, à l'cntour de Cuisery, le premier jour du mois de juin mil cccc quarante-deux prouchain venant, pour résister aux escorcheurs qui se disposoient d'entrer ez pais de Bourgne. » Mêmes lettres aux baillis d'Autun, Chalon et Mâcon , et au sgr de Rully, aux sgrs de Chamdio, Claude de Virey , au sgr d'Epiry, au bailli de Charolles, au bailli de la Montagne, sgrs de Chasteauvillain , de Larrey, de Jonvelle, Deschanelz,
ET DOCUMENT*-. 'i2\
1H2 de Valahrc, de la Guiche , de Toulonjon et autres, aux baillis d'Aval et de Dole, prince d'Oranges, sgrS d'Arguel , dePaigny, de Buxy, de Pesmes, d'Andelot, de Raon , d'Estrabonne , de Longvy-sur-le-Doubs , bailli d'Amonl , sgrs d'Autrey , de Ray, de Genguy, d'Oiselet, de Varembon , de Mirebel , de Neufchaslel, de Blanmont, Thiébault le bâtard. (2e de P. Bladelin. ) Le 27 mai , le Duc écrivit à tous ces seigneurs pour leur donner contre-ordre. (Id ) l .
22 Mai. Cert. — Le bailli de Chalon écrit au prévôt de Buxy, « touchant le mdl par icellui sgr à l'entour de Saint- Jangoul , pour résister à l'encontre des escourcheurs , et aussi qu'on ne mette plus nulles garnisons ezhoslels des gens d'église, nobles ne autres, se non par ordre d'icellui sgr. » (15e de J. de Janly.)
Mai. On transfère à Chalon « un nommé Jehan Claset, questeur, porteur des reliques de Notre Dame la Merci , détenu prisonnier d'icellui sgr en son chaste! de Rivau d'Ostun, à l'occasion de ce que l'on lui imposoit sur ce qu'il cognoissoit bien ou estoit de ceulxque ung nommé frère Verain, cordellier de Provence, détenu prisonnier d'icellui sgr en son chastellet de Chalon , qui avoit apporté du pais d'en bas certains poisons pour empoisonner Mds , comme l'on disoit, avoit encoulpés , affin que ledit prisonnier dudit Chalon vist ledit Claset pour savoir la vérité se il étoit consort ou non. » (5e de G. Charvot, rec. d'Autun. ) Frère Verain avait été arrêté à Mâcon après une longue poursuite; il confessa «qu'il avoit esté envoyé par Thaneguy du Chastel ez pays de Bourgne, pour savoir le comune d'iceulx. » (15e de J. de Janly.)
29 Mai. Les habitants de Mâcon paient 26 livres « restant
» Ces seigneurs sont presque tous des bannerets auxquels le Duc écrivait en personne. Quant aux autres chevaliers et écuyers , ils étaient convoqués par les baillis , et la mention de leur convocation se retrouve aux comptes des bailliages.
\kk% de la somme île 300 saluz qui restoient à payer des pacbes accordées aux escourchenrs, pour la part et pourcion des élections deChalon et Mâcon. » (Reg. secr. de Mâcon.)
30 Mai. Emard de Digoine est envoyé de Charolles « chevaucher iceulx escourcheurs qu'il a trouvé en nombre d'environ ni|m chevaulx logiez à Changy, Lespinace , Saint-An et illec environ ez pais de Mgr de Bourbon, et qui avoient convoyé sur les guets et passaiges de Loire pour trouver manière de passer esdits pays de Charollois. » fâdeJ. Conroy.) Le Forez était alors envahi par les bandes.
27 Juin. Etats du duché tenus à Dijon. « Compte de Guill. Charvot (rec. d'Autun), de l'aide de xxm 1. octroyée à Mgr le Duc , par les gens des trois États de son duchié de Bourgne, pour ce assemblez à Dijon, les xxvi|, xxvnj, pénull0 et dernier jourdu mois dejuingi'an mil iiijc quarante et deux, » pour les frais du traité de la paix de France et d'Angleterre, et pour le reboutement des écorcheurs « qui de rechef avoient entencion d'y entrer vivre et séjourner comme par avant s'ils n'eussent sceu la venue de Mds, lequel , adverti de leur entencion et assemblée et approuchementde lesdits pays de Bourgue, s'estoil diligement mis sus en armes et puissance pour les rebouter; mais lesdiz escourcheurs , sachans ladite venue et armée , se sont retrait et esloingnés de ses pays de Bourgne, et Mds sachant leurdit esloingnement, et pour ne toujours supporter lesdits pays et les pressurer de la charge de sa dicte armée, a rompue icelle armée et renvoiée en ses pays de Flandre et de Picardie ; pour laquelle cause Mds avoit recquis ausdis trois Estats ayde et finance jusques à la somme de soixante mille francs, lesquels, après plusieurs doléances et remonstrances faites à Mds par lesdits trois Estats sur les Ibulemenls et povretés du pays, lui ont libéralement ouctroié la somme de vint mille frans, par manière d'ayde ; » auxquels le Duc ajouta 20001 pour la duchesse. [Arch. de la Côte-d'Or.)
1442 3 Juillet. Le 13 juin , le Duc écrit des lettres aux habitants de Viesvignes, dePoussons, de Ponlalliersur-Saône, d'Auxonne, Saint-Aubin, Chaussin, Verdun, Saint-Laurens et Çuisery « et autres à Tenviron, par lesquelles Mds leur mandoit envoier devers luy à Dole, au nje jour de juillet prouchain , leurs députés en nombre soufîîsant pour eulx remonstrer aucunes choses touchant ses affaires et le bien et préservation du pays de Bourgne. » Mêmes lettres aux chanoines de Gray, au maître du Fay, aux abbés de Saint-Vincent de Besançon et de Corneu , aux prieurs de Jussey, de Mouthe, de Clervaulx et autres environ. Les habitants de Dole, Gendrey, Quingey, Salins, Poligny, Arbois, prévôt et chape de Saint-Antoine de Salins et autres environ , etc. (2e de P. Bladelin.) Le chancelier et le sire de Crequi assistèrent à ces États pour le Duc (Id. )
1er Août. Grand conseil tenu à Dijon, en présence du Duc , où assiste le prince d'Oranges. (Id.)
6 Août. Le Duc écrit <c aux gens d'église , nobles , bourgeois et gens des trois Estais des villes de Mâcon et Chalon 1 et aux baillis et esleus desdits lieux, touchant certaine ayde que Mds leur recquiert. » Le 30, même demande à Autun. (Id.)
7 Août. On assemble finance à Beaune et Autun pour payer les frais du voyage prochain du Duc et de la duchesse de Bourbon, « eux retornant de devers Mds dès la ville de Dijon et Auxonne en leur pays de Bourbonnois. » (Id. ) Le 26 juin , le duc de Bourgne avait écrit au duc de Bourbon à Autun ou ailleurs. (2e de P. Bladelin.)
18 Août. Etats du Maçonnais convoqués par Louis de Chan-
i Ce qui est dit ici des États de Mâcon et Chalon doit s'entendre seulement de l'élection qui comprenait alors les deux diocèses , parce qu'il est certain que Cbalon n'a jamais siégé qu'aux États de Bourgogne, D ailleurs nous avons trouvé dans le 2e compte de Bladelin les convocations pour les États des habitants de Chalon , doyen et chapitre de cette ville, des abbés de la Ferté et de Maizières, etc.
144-2 temerle et de la Clayette, bailli de Mâcon , Jehan Mairet, écuyer et gruyer de Bourgogne , et Jehan Furet, élus des diocèses de Mâcon et de Chalon. Après la lecture de la lettre de créance du Duc, datée de Dijon du 29 de juillet, ils sollicitèrent de sa part 3740 livres à payer à la Toussaint. Les Etats demandèrent à ne répondre que le soir ; « à laquelle heure venue plusieurs des bourgeois et habitants de ladite ville, voyant que les nobles et gens d'église , saichans qu'ils ne payeraient riens de ladite taille , et que qui refuseroit de ouctroyer ledit aide l'en leur en sceroit mal gré, et néant moins impouseroient ledit ayde, et aussi n'en sceroient gré audiz habitans, ont accourdé, tant comme il leur louche, ladte taille , avec protestation d'en faire rabbattre , se faire se pouvoit, devers Messgrs le Duc et son conseil1 . » {Reg. secr. de Mdcon.
< Le 12 juillet les éehevins de Màcon envoyèrent Antoine de Sagie, l'un d'eux, pour faire part au Duc du mauvais état des fortifications , qui avaient été légèrement faites au commencement des guerres et tombaient en ruine , ainsi que les ponts et les chaussées ; lui exposer les frais supportés par la ville pour garnisons, chevauchées, voyages, etc., et pour « soubstenir le bon party de Mds ; » et la détresse des habitants par suite « des grand famine et stérilité du temps, et aussi par les mortalités et diminution de peuple , » etc. Ils lui demandaient en conséquence : l°la cession pour un certain temps des aides levées par le Duc à Mâcon ; 2° la levée pendant quinze ans du 5me sur les loyers des forains et sur le vin qu'ils amènent en ville , et autres droits ; 3° qu'on restituât à la ville 500 livres prêtées au Duc pour le siège de Mailly, et 400 pour le siège de Calais. A. de Sagie arriva à Dijon au moment où l'on venait de mettre sus sur le duché une taille de 22.0001 pour les frais des conférences de Nevers. Il ne jugea pas opportun de présenter sa requête , d'autant mieux que le chancelier partait pour Dole , où il allait assister aux États du comté ; il se contenta donc d'obtenir un rabais de 6001 sur la part de l'élection de Mâcon et Chalon , qui montait à ^OOO1. — Le 22 , les députés des villes de Cluny, Tournus et Saint- Gengoux, réunis aux éehevins pour délibérer sur cette affaire, se plaignirent d'avoir été taxés sans que les États aient été consultés. Ils rappelèrent que le chancelier était venu lui-même autrefois , envoyé par la
1442 3 Octobre. Ordre du Duc aux baillis d'Autun et de Charollais , de Chalon , de Mâcon , de Dole, d'aval , d'amont, de la montagne et d'Auxois , de faire crier le reirait « pour certaines nouvelles qu'il a eues de la venue des escorcheurs. » (2e de P. Bladelin. )
4 Octobre. Lettres closes envoyées au maréchal deBourgne, ausgrdeBlanmont, au bâtard de Vergy, à Philibert de Vauldrey, au sgr de Pesme , à Guill. de Rochefort , aux sgrs de Scey et de Plancey, « pour eulx mettre sus en armes et assembler leurs gens pour, à toute puissance, résister à la venue des escorcheurs qui se disposoient à venir vivre ez pais de Bourgne. » (Id.)
41 Octobre. Jean de Montlay, chevaucheur, va hâtivement de Dijon , par ordre du Duc, « devers les escorcheurs estans à l'enlour de Noyer et en la conté de Tonerrois , pour eulx dire de par icelluy sgr qu'ils se deslogeassent de ses terres et segneuries , sans y faire aucun domaige ne à ses officiers et subgez, ou qu'ils lui escrivissent ce que faire en vould roi en t. » (ld.)
16 Octobre. Le Duc convoque plusieurs seigneurs « à estre devers luy h Besançon, le xxvinj jour dudit mois d'octobre, pour le accompaigner à la venue du roi des Romains1 . » [Id.)
reine , assister aux États de Mâcon dont il avait obtenu 6 ou 7 mille liv. Ils envoyèrent donc de nouveau A. de Sagie à Dijon avec Bartolomé Marin , second échevin , Jehan Bruère pour Cluny, et Pierre Marin et Girard Gastelier pour Saint-Gengoux. Ces députés ne purent obtenir un plus grand rabais et reçurent seulement une promesse de remboursement des sommes prêtées pour les sièges. Toutefois le Duc, faisant droit aux exigences des États , ordonna leur réunion pour voter la somme de 3,740*. {Reg. secr. de Mâcon. )
• L'entrevue de Philippe-le-Bon avec Frédéric , empereur d'Autriche , occupe une assez grande place dans l'histoire pour que nous ne soyons pas tenté d'y revenir. (Ol.de la Marche, vu et vin.) Nous relèverons seulement une erreur souvent répétée , c'est que le Duc vint de Flandre à Besançon. L'itinéraire que nous avons dressé prouve qu'au
1442 25 Octobre. Cert. — Le bailli d'Autun et Guiil. de Salins envoient un sergent à Bourbon-Lancy savoir des nouvelles du Duc et de la duchesse de Bourbon qu'ils attendaient, «pour iceulx mesdts sgr et dame de Bourbonnois deffrayer en ladte ville d'Ostun et ailleurs d'une partie de leur despens, et faire au surplus ce que par Mds leur avoit esté ordonné » (5e de J. Charvot.) Ces princes devaient probablement assister à la réception du roi des Romains à Besançon , mais ils ne vinrent pas
28 Octobre. Le Duc écrit aux baillis de la montagne , d'Auxois , d'Autun et de Charollais , et seigneurs desdits lieux , « pour qu'ils se mettent en armes contre les écorcheurs. » (2e de P. Bladelin. )
46 Novembre. Processions générales « pour certaines iiou vellesque Mds avoit eues d'occision de Turcs. » (Id.)
31 Décembre. Le Duc écrit à Maizières-sur-Meuse ou à Chastel-sur-Mozelie, à M. de Blanmont pour qu'il se mette en armes « pour obvier à la venue des escorcheurs ez pais de Bourgne. » (Id.) 1442-3 % Janvier. Lettres patentes du Duc au bailli d'Amont, aux sgrs de Monsaugeon , Didier de Cicons, de Ray, d'Autrey, de
retour de Nevers et de Chalon le Duc se fixa à Dijon , et n'en partit qu'à la fin de septembre pour aller à Besançon , où il resta dix à douze jours. Au retour, il alla , par Salins , à Nozeroi , assister au mariage de Jean de Chalon , sire d'Arguel , fils unique du prince d'Oranges , avec Catherine , fille du comte d'Etampes ; puis il fit peut-être le pèlerinage de Saint-Claude. Il revint par Arbois , Dole et Vadans , où il fut hébergé par le sgr d'Arcy. Dès le 7 août , le Duc avait écrit d'Auxonne aux ambassadeurs qu'il avait envoyés à Francfort , vers le roi des Romains ; leur réponse , qu'il reçut le 29 , lui annonça probablement le voyage projeté de ce prince. (2e de P. Bladelin. ) Pendant tout le mois d'octobre on fit de grands préparatifs pour que la réception fût brillante , et, dès le 26 , Pierre de Vaudrey allait à Besançon préparer les logis du Duc et de l'Empereur. ( Id. )
l:t documents. 427
1442-3 Mirobel , de Gousance, de Beauvoir, « par lesquelles il leur mandoit ineoutinent eulx mestre sus et assembler ce qu'ils porroienl fîuer de gens d'armes pour, à toute puissance , résister à la venue des escorcheurs estans ez marches de Lyonnois et de Beaujolois, afin qu'ils n'entrassent ez pais de Bourgne, et qu'ils ne feissent nulz domaiges, corne ils s'estoient vantez de faire. » Lettres semblables aux sgrs de Sérigny, de la Cueille, de Raon , de Longvy-sur-le--Doubs , de Janly, de Trouhans , de Champdivers, de Sl-Bris, d'Arguel , et au prince d'Oranges; au bailli de la Montagne, aux sg" de Larrey, deTanlay, Jehan de Tinteville, Jacques d'Aumont, deDioul , de Roussay, Philibert de Jaucourt, au cte de Joigny, aux sgrs de Couches, de Vitteaux, de Chastelux, de Scey, de Sl-Sorlin , J. de Toulonjon , de la Porcheresse, de la Guiche, d'Épiry, d'Eslrabonne, Jacques Pot, Robert et Guillede Damas frères, deMonbis, de S'-Amour; aux baillis de Charollais et d'Autun ; au bâtard de Vergy, aux sgrs de Montaigu , de Trichastel, de Janly et de Vaulmerconl. Le Duc écrit aussi aux capnes de Louhans, Monlpont et Sto-Croix, de faire bonne garde. (Id.)
20 Janvier. Le Duc écrit de nouveau aux seigneurs convoqués le 2 « qu'ils se meissent sus en armes pour eulx traire en Masconnois, affin de résister contre la venue des escorcheurs estans en grant nombre ez marches de Lionnois pour voloir entrer ez pais de Bourgne, comme l'en disoit oudit pais. » (7c?.)
2 Février. Le Duc hâte le départ pour le Maçonnais des sires de Joigny, deChâteauvillain et de Couches, et les convoque à Dijon, au 8 février, « pour affaires secrètes. » (Id.)
1 7 Février. Les échevins de Mâcon publient une ordonnance sévère pour la garde. « Et est la cause de la dicte ordonnance , pour ce que l'en dit que les escourcheurs ou nombre de huit mille chevaulx estre vers le Puy, lesquels, comme l'en dit, Mre Anthe de Chabanne, comte de Dampmarlin , veult conduire ou pays de Bourgne, pour soy recouvrer de ses perdes sus le
1442-3 sgr de Pesmes que l'en dit que, à la Sl-Michiel darrenièrement passée, endommagea ledit messire Anlhoine de xxxm livres ou plus, à la prinse du chastel de Montagu-le Blanc, qui lors fut prins à l'entreprise dudit sgrde Pesmes et fourraigié, pour et à la querelle d'icellui de Pesmes qui avoit esté prins par le dit de Chabanne à Nomlay, et oures sont trois ans, après la seurté dudit Chabanne donnée audit de Pesmes, et fut mené, par ledit de Chabanne, prisonnier au dit Montagu; laquelle prinse fut faicle contre le traitié de la paix •". Et aussi ladicte ordonnance a esté faicte pour ce que l'on dit que les gens d'armes de Mgr de Bourgne sont à l'entour de Chalon et Sl-Gengoulx, au nombre de trois et quatre mille chevaulx , et ne scet queile part vueillent tirer. » ( Reg. secr. de Mâcon. )
18 Février. Etals de Bourgogne tenus à Dijon. — Lettres patentes du Duc, du \i février, aux seigneurs et communautés, «par lesquelles Mds les mandoit estre devers lui avec les autres gens des trois Estais de Bourgne, au xvii|e jour dudit mois , ou y envoyer gens puissants et souffisans poureulx recquérir certaine ayde pour convertir au paiement de certain nombre de gens d'armes mis sus esdis pays de Bourgne, pour estre en frontière contre lesdits escorcheurs. » (3e de P. Bladelin.) Les Etats votèrent une somme de 1 0,000 fr. (Cpt€ de J. de Janly , rec. de cette aide au Chalonnais .)
6 Mars. Le bailli et les échevins de Màcon reçoivent une lettre de noble homme Thibault de Neufchastel , sgr de Blanmont, qui leur annonce qu'il vient d'être nommé capitaine-
« Les seigneurs de Pesmes et de Chabanne comparurent à Chalon les premiers jours de Juillet 1443, en présence des, ducs de Bourgogne et de Bourbon , et y exposèrent leurs griefs. {01. de la Marche , F.) Ce différend ne fut pas terminé alors , mais ne tarda pas à l'être par les soins de la duchesse Isabelle, qui rendit au sire de Chabanne son fils et deux jeunes seigneurs faits prisonniers par le sire de Pesmes. Dés le 0 mai , le Duc se les était fait remettre à Dijon. 3e de Bladelin.)
IH2-3 général des pays de Bourgogne, Charollais et Maçonnais, et qu'il doit venir prendre logis à Mâcon, avec sa compagnie de cent hommes d'armes » . (Reg. secr. de Mâcon.)
12 Mars. « Monstre de gens d'armes pour résister aux escorcheurs qui ont l'intention d'entrer en Bourgne, étant en la compaignie de Mre Thiébault de Neufchastel , sgr de Blan-
< Le seigneur de Blanmont, qui était alors à Ozenay et Grattai près de Tournus, vint le lendemain loger à Charbonnières et à Laisey. où , le 9 mars, le bailli de Mâcon , Perrin Gastellier et Antoine de Sagy, allèrent le trouver de la part de la ville de Mâcon , afin de lui exposer la pénurie des fourrages , « que lesdiz escourcheurs n'estoient pas près , et que aucunes nouvelles n'estoient de leur venue par deçà ; et estoit bien vray semblablement que Je pays de Lyonnois estoit appatis àeulx , d'ici à la St-Michiel, pour six cent saluz; et ils avoient promis à MgT de Bourbon de non venir et passer par les pays de Beaujolois et Forets , et ne pouvoient venir au pays de Masconnois sans passer par les pays dessusdicts , en venant du pays où ils sont. » Ils concluaient donc à ce que le seigneur de Blanmont se dirigeât sur le Charollais où était le danger. Celui-ci refusa , alléguant les ordres du Duc , et vint à Mâcon , où les échevins lui demandèrent inutilement que tout au moins ses troupes fussent distribuées dans les envirorîs ; le 11 mars il fit entrer sa compagnie dans la ville. Le 20, nouvelles doléances des échevins, auxquels le capitaine répond « qu'il savait de vray que les escourcheurs estoyent à Montbrison et près de Pont-St-Rambert et près de Marcigny, et, jusques à tant qu'il sceut quel chemin lesditz escourcheurs prendroient , il ne s'oseroit despartir, s'il n'en avoit licence de Mds. » Les échevins se décidèrent alors à envoyer une ambassade au Duc; Pierre Murisot pour le clergé , et Jehan de Monstotrier et Perrin Gastellier pour la ville, allèrent à Dijon et revinrent à Mâcon le 29 mars , le jour même de la prise de Vimy. Le Duc les avait reçus familièrement dans sa chambre de retrait, en buvant avec eux l'hypocras , et leur avait promis d'envoyer Jean Joffroy , doyen de Vergy , s'informer sur les lieux de la réalité de leurs plaintes. Il y vint en effet, et, après plusieurs conférences, il fit consentir le seigneur de Blanmont à se contenter de 100 fr. par semaine, à condition de ne plus fourrager le pays. Le 5 avril , le doyen partait pour aller en ambassade vers le Roi , et les députés de la ville retournaient à Dijon porter au Duc le résultat des conférences , et solliciter le remboursement des avances faites par la ville. {Reg. secr. de Mâcon.)
144.2-3 mont, capnc gén1 et chef des gens d'armes et de trait soubs MgrJe mareschal; ladite revne faite à Beau ne, le 12 mars 1442. » Le seigneur de Blanmont allait se mettre à la tête de l'armée du Maçonnais. Sa compagnie, comme toutes celles des bannerets , était de cent hommes, dont trente archers, qui recevaient le banneret trois paies , le chevalier deux paies , l'homme d'arme une , et les archers et trompettes demi-paie. La revue était faite tous les mois et les paies soldées tous les quinze jours. En voici les lieux et les dates : 7 avril et 3 mai à Mâcon , 1er juin à Paray-le-Monial , 9 juillet à Chalon-sur-Saône. Le 11 d'août, le sire de Blanmont est nommé maréchal de Bourgogne en remplacement du comte de Fribourg. Il a dès-lors deux compagnies , dont une a pour banneret Jean de Cicons , et l'autre le seigneur d'Épiry. Les revues sont faites , le 10 août, à S'-Gengoux- le- Royal; 13 septembre, à Perrecy ; le 18 octobre ; le 13 novembre, à Paray. (Arch. de la Côte-d'Or.)
12 Mars. États du Comté tenus à Dole. — 89 lettres closes « de longue escripture » aux gens d'église et aux bonnes villes du comté, « par lesquelles Mds les mandoit estre en la ville de Dole le xi]e jour du présent mois de mars, afin de pourveoir aux escorcheurs qui avoient, comme l'on avoit sceu, volenté d'entrer ez pais de Mds, et aussi des gens qu'il a mis sus pour résister contre la mauvaise volenté desdits escourcheurs. » ( 3e de J. de Visen. )
14 Mars. États d'outre-Saône tenus à Auxonnc. — Lettres patentes du Duc, du 12 mars , aux gens des trois Estats « de Comté et d'outre-Saône, par les quelles Mds mandoit les trois Estats de ladite marche estre devers lui , ou Monsgr le chancelier, au xui]e jour dudit mois, à Auxonne , ou y envoyer gens puissants et souffîsans pour eulx , affin d'eulx recquérir, de par Mds, certain ayde pour convertir au paiement de certain nombre de gens d'arme naguères ordonnés estre mis sus ez pays de Bourgn(\ pour estre en frontière à l'encontre des escor-
\kk2-3 cheurs. » (3e de Dladelin. } Les habitants de la Bresse ne figurent pas dans les convocations. Dès la fin du mois , une bonne partie de l'aide votée par les Etats était levée. [Id. )
29 Mars. « L'an mil iihcxli| , le vendredi après oculi mei, xxixe dudit mois de mars , environ une ou deux heures devant jour, a esté prinse d'emblée et par la rivière de Soonne , qui estoit grande et leurs rives espanchiée parmy les prés , la ville de Vimies en l'empire lez Lyon , à deux lieues, sur Monsgr le duc de Savoye et en son pays , par le sgr de Beauvoys, escourcheur du pays de Bourbonnois, Meut1 du sgr de Jaloignes, mareschal de France, et plusieurs autres capne9 des gens du Roy que l'on dit estre escourcheurs , au nombre de sept ou huit cent chevaulx ; et sont depuis ledit jour jusques à xie jour d'avril, tellement que l'on dit qu'ils sont bien deuxm et ni|c chevaulx en ladte ville. Ont prints tous ceulx de ladicte ville prisonniers, les ont mis à grandes rançons, tués les aucuns, violés pucelles , efîorciés les femmes , fourraigiés toute la ville; et ont couruz sept ou huit lieues ou pais de Savoie, fourraigiés et pris prisonniers, coupé les gorges à plusieurs jeunes femmes après qui les avoient cogneues , les mettre toutes nues , et fait plusieurs autres inhumanités et abhominations, et telles que les Sarrazins ne font pas aux chrestiens. Pour quoy chacun doit bien fuyr les mains de telx gens * . » {Reg.secr.de Mac on.)
« La prise de Vimy, aujourd'hui Neuville-l'Archevêque, dut avoir un grand retentissement, puisqu'elle nécessita l'intervention d'une armée bourguignonne. Un document, publié par M. Debombourg (hisl. de Dombes, 128), donne quelques détails sur une seconde invasion de soi-disant libérateurs, restes des retondeurs d'autrefois , qui , le 4 mai , sous la conduite de Jean de Lornay, bailli de Montluel , le sgr de Barjac, maréchal de Savoie, les sires de Varembon, de Paenville, de Toran, etc., tous sujets de Savoie, envahirent de nouveau Vimy, en chassèrent les commissaires du Roi , et y détruisirent tout ce qui pouvait encore y être détruit, et cela en présence des Bourguignons qui restèrent en Bresse jusqu'au 18 mai.
1442-3 2 Avril. Le Duc écrit des lettres closes aux baillis d'aval el de Dole « pour faire crier et publier ez termes de leurs bailliages que tous ceulx qui avoient accoustumé fréquenter les armes se meissent sus el fussent tous prests pour eulx traire là où Mds les mandroitpour résister aux écorcheurs. » (3e de P. Bladelin.) Le 5, mêmes ordres aux baillis de Dole, d'aval et de Chalon. (Id.)
6 Avril. Le Duc écrit de Dijon au duc de Bourbon en Auvergne « touchant certaine course naguère faite par aucuns gens de Mds de Bourbon , ou nom desdits escourcheurs , sur aucunes marches et subgets de Mds. » (Id.)
7 Avril. Le duc de Bourgogne écrit à Troyes aux seigneurs de Châteauvillain , Jacques d'Âumont, de Tinteville, «pour eulx mettre sus en armes à tout ce qu'ils pourroient finer de gens, et se traire incontinent devers Mgr le mar1 de Bourgne à l'entour de Mascon, pour résistera rencontre des escourcheurs estans à Vimies et environ à grant puissance, en entencion , comme l'on disoit , de venir rober et piller le pays de Bourgne. » [Id.) Mêmes lettres aux sgrs de Couches, de Vitteaux, cle de Joigny, de laGuiche, d'Épiry, Guill. et Robert de Damas, de Chaslellux et autres. [Id.)
4 0 Avril. Commission du Duc au bailli de Dole « pour soy transpourter ez villes de Mascon et Chalon , et autres places et forteresses à l'environ , pour icelles veoir et visiter et faire remparer, de par Mds, se mestier eustesté, par ceulx à qui elles appartenoient, et y faire retraire les bonnes gens du plat pays et leurs biens, pour échever les maulx et dommaiges des escorcheurs. » [Id. )
12 Avril. Le duc de Bourgogne envoie de Dijon des lettres closes à M. de Blanmont « par lesquelles il lui escripvoit en toute diligence aler ou service de Mgr le duc de Savoye, et mener avec luy la plus grant partie de ses gens, pour luy faire ayde à rencontre des escorcheurs estans, comme l'en disoit, en la Bresse, en entencion de voloir entrer en Savoye, pour y faire
1442-3 et porter domaige. » Le lendemain , le Duc renouvela cet ordre au sgr de Blanmont, qui fit attendre douze jours sa réponse. Autres lettres du 12 avril au bailli deMâcon pour faire exécuter « certains espyes qu'ils avoient prins, lesquels estoient venus pourgelter et espier ladite ville de Mascon de par lesdits escourcheurs. » (Id.) A Semur et à Saulieu on exécuta aussi des espions qui étaient venus pourgetler ces villes.
Avril. Un espion, nommé Pierre Reynault, ayant été surpris « habillé en habits de folz et pourgectant la ville de Mascon , >> pour la livrer aux ennemis, fut décapité et démembré dans cette ville, et sa tête et ses membres pendus aux piliers. (7e de J. Gorremont.)
20 Avril. « Le samedi saint, voille de Pasques , xxc d'avril , M. de Blanmont et se» gens , Monsr de Tolonjon et de Senecey et ses gens , au nombre de huit vins hommes d'armes et de trait, partirent de Mascon deux heures devant jour et s'en alerent à Chasteillon , et deChasteillon à Montluet, en garnison avec le maréchal de Savoye, à. la requeste de Mgr de Savoye et du commandement de Mgr le duc de Bourgne, qui a mandé audit M. de Blanmont et autres nobles des pais de Bourgne, aler «à l'aide dudit Mgr de Savoye, pour résister aux escourcheurs estans à Vimies et au royaume lez Lion , faisant guerre ou pays de Savoye. Lequel M. de Blanmont et ses gens ont demeuré oudit pais de Savoye jusques ou mercredi après misericordia Domini. » (Reg. secr. de Mâcon, 8 mai. ) ,,,o 28 Avril. Le seigneur de Blanmont écrit de Monlluel au Pâques failli et aux échevins de Mâcon des lettres « conlenans en effet 21 avril, que hyer (27 avril), environ xi heures, estoient vernies nouvelles que les escourcheurs estans à Vimies se despartoient pour eulx en aler, et incontinent M. le mareschal de Savoye, lui et toutes leurs gens d'armes , se sont tirés devant ledit Vimies, et veirent que lesdits escorcheurs faisoient passer leurs bagues ou royaulme, mais les combalans estoient encoires tous dans
lkV3 ledit Vimies, lesquels n'en dévoient point partir cedil lundi (28) de tout le jour. Et cedit jour de lundi , ledit maréchal et autres dessus nommés dévoient râler devant ledit Vimies, en entencion de recouvrer la ville1 . Des quelles choses advertissoitMonsrle bailli et la ville de Mascon , et que l'on feist retraire à toute haste le pais de Masconnois, et que pareillement Mdsgr le bailli le feist savoir en Charollois et ailleurs en ces marches , pour estre chacun en son endroit sur ses gardes. » Le bailli et les échevins décident <♦. que Anthoine de Vergisson, lequel a esté devers Mgr de Bourbon à Villefranche, la sepmaine de Pasques charnel, pour scavoir quel part lesdiz escourcheurs tyraient , et a sceu de Mds le Duc que toute celle escourcherie, qui estoient à Vimies et ou Lyonnois , s'en tire en Averne et devers le Roy, ira devers Monditsr de Blanmont lui dire l'esloingnement desdiz escourcheurs, afin qu'il ne retourne à Mascon avec ses gens pour estre en garnison , considéré la charge que la ville et le pays a déjà souffert de lui et de ses gens. » (Reg. secr. de Mdcon.) On écrivit aussi le 6 mai au sgr de Blanmont, pour l'engagera partir, que le danger était bien plus grand à Marcigny et sur les frontières du Charollais et du Nivernais. Le 26 mai après midi, M. de Blanmont « se despartil et s'en ala au giste à Masille et les aucuns de ses gens à Cluny. » (Id.)
6 Mai. Lettres closes du Duc envoyées de Dijon à Mâcon au sgr de Blanmont et à Louis de Chanlemerle , bailli de Mâcon , « touchant le délogement des escorcheurs estans à Vimies , lesquels, comme l'on disoit, voloient entrer en Masconnois et en Charolois, pour piller et roberle pays » (3e de P. Bladelin.) Fendant tout le mois les écorcheurs menacèrent la frontière.
i Un document déjà cité (note du 29 mars 1442) donne la suite de cette affaire que la lettre du maréchal fait pressentir . Seulement ce n'est que le 4 mai que Vimy tomba aux mains du bailli de Montluel.
1H3' 13 Juin. Ordre aux baillis d'Autun, de Charollais , delà Montagne, de Chalon , de Mâcon , de Dole, d'aval et d'amont , de ne laisser sortir aucuns blés hors de leurs bailliages. (Id.)
16 Juin. Le Duc écrit à Thibault de Neufchâlel « qu'il se meist en armes et se traisl en Nyvernois pour résister à rencontre des escorcheurs y es tans. » (Id. )
26 Juin. Le Duc , étant à Dijon , écrit aux baillis de Chalon , de Mâcon , d'Autun , de Charollais , de la Montagne , de Dole , d'aval , d'Auxois , « de lever certain aombre de gens en leurs bailliages pour envoyer en certaine armée que Mgr avoit entencion de briefvement faire faire sur la mer f . » (Id.)
26 Juin. Le Duc écrit de Nuits à Mgr de Blanmont « pour se traire à Chalon-sur-Saône , à tout ses gens tousprest, pour résister contre les escorcheurs estans ez marches voisines, et qu'il n'en partist point jusques à ce qu'il eust autres nouvelles de Mds. » (Id.) M de Blanmont était alors à Monlcenis ou à Gourdon.
26 Juin. Le duc de Bourgogne écrit de Dijon , le 16 juin , aux seigneurs de Blanmont, de Couches, de Ternant, de la Guiche, au bailli de Mâcon, à Guill. et Robert de Damas frères, Jehan de Toulongeon , « lettres par lesquelles il leur mandoit estre devers luy à Chalon-sur-Saône , au xxvie jour dudit mois , pour aucunes choses qu'il leur devoit dire et exposer touchant ses affaires, et le bien et préservation de ses pays de
» Le Duc faisait alors équiper , dans les ports de Flandre , une flotte qu'il devait envoyer, sous les ordres du sire de Waurin , au secours de l'empereur de Constantinople contre les Turcs. La nouvelle reçue le 16 novembre précédent (voir à cette date) était donc fausse, à moins qu'à un succès passager ait succédé un prompt revers. On voit que la Bourgogne fournit pour cette expédition des soldats et peut-être des matelots. Le 3e cpte de Pierre Bladelin contient de curieux détails sur cet armement et surtout sur la grande nave, confiée au commandement de Geoffroy de Thoisy, que l'on construisait dans le port de l'Écluse.
H43 Bourgne. » Mêmes lettres à Guill. de Rochefort , au bailli de Ciiarollais , à M. de Chatellux , au ctc de Joigny, Mrs de Scey, de Châteauvillain , au prince d'Oranges , aux sgrs de S'-Bris , de Givry-sur-Doubs, de Raon , de Bussy, d'Estrabonne, de Viîlers-Sexel, Philibert de Vaudrey, de Pesmes , de Ray, deMirebel, d'Àutrey, et au maréchal de Bourgogne i . (M.)
10 Juillet. « Le xe dudit mois , Monsr de Bourbon , venant pareaudeChalon, passa devant Mascon pour aleràVillefranche, sans arrester, et ses gens à cheval repeurent en la ville et s'en alèrent à Viliefranche cedit jour, et la ville ne leur donnast rien pour ce qu'ils ne sesjournairent riens, et s'en ala haslivement pour ce que l'on disoit les escourcheurs estre en Foretz en grant nombre, à cette fin que les peusl faire retourner et non entrer plus avant ou pais. » {Reg. secr. de Maçon. )
12 Juillet. « Le lundi suigvent, xi|e dudit mois de juillet, Madame Ysabel , fille du roy de Portugal , duchesse de Bourgne, femme du duc Philippe, duc de Bourgoingne , veint à Cluny au nombre de six vint chevaulx , et feust honnourablement reçeue en l'abbaye, et fut deffrayée et toutes "ses gens par don
1 Le Duc se rendit à Chalon où il séjourna du 29 juin au 10 juillet. Tout en préparant la défense des frontières menacées du côté du Lyonnais, il s'occupa, avec le duc de Bourbon, de régler le différend du sire de Pesme avec Ane de Chabanne, comte de Dommartin. (Voir au 17 février 1442-3.) Sur la lin de son séjour, il reçut la visite du duc de Savoie , avec lequel il contracta, le 10 juillet, un traité d'alliance {Guich., hist. de Savoie). Le même jour, il vint coucher à Nuits en compagnie du duc de Savoie et du comte de Genève , avec lesquels il ouvrit le lendemain le pas d'armes de l'arbre de Charlemagneque devait tenir pendant un mois, à Marcennay, le sire de Charny avec 13 compagnons. Le 11, les trois princes partirent pour St-C!aude en passant par Montroland , Dole, Salins , etc. ; le 19 ils y étaient. Le duc de Bourgogne revint seul h Dijon où il était le 25, et y resta jusqu'à la fin d'août , partageant son temps entre l?s joutes du pas d'armes et les préparatifs de la guerre du Luxembourg.
1443 Odde de la Perière , abbé de Cluny, sans ce que la ville en paiast riens ; et lui donna ledit abbé de la vaisselle d'argent, et visita madite dame et ses dames tous les lieux de céans. Et ledit jour veint au gicte bien tard à Mascon , et les gens de la ville, au nombre décent chevaulx, estans avec Loys, sgr de Chantemerle et de la Clayete, bailli et juge royal de Mascon , alèrent au-devant de madicte dame jusques à Monlaigny et Moy, pour ce qu'elle veint de Cluny devers Barzé-la -ville pour cause de ses charuelx. Et y avoit des nobles du pais ; à laquelle deist monditsr le bailli que lesdiz nobles et bourgeois lui venoient au-devant en lui faisant la révérence, et s'en vindrenl tous ensemble à Mascon , et à l'entrée de la ville lui vindrent au devant hors la ville, jusques à la tour Saint-Pierre, toutes les processions revestues de chappes, et les reliques, et les torches allumées des mestiers de la ville et des bourgeois, et la menèrent à tout les torches desdites processions en chantant les anthènes, et les bonnes gens chantans Nouel, jusques à l'église de Saint-Vincent, où elle descendit pour faire son orison devant le grant autel , lequel et tout le cuer esloient grandement parés de reliques et joyaulx; et remonlasl à cheval et s'en ala loigierou chastel de Mascon, et y esta le samedi jusques au vespres , et y disna et souppa , et la ville lui donna vint marcs d'argent en six tasses, une aiguière , six goubelez et trois salières; et feist venir les dames de la ville pour banqueter et mangier avec elle oudit chastel. Et s'en ala très-contente de la ville ledit samedi au gicte à Tournus. Et les gens du chapitre de Saint-Vincent lui donnairent dix marcs d'argent, et les Evesque et Sgrs de Saint- Pierre deux botes de vin. » (Reg. secr. de Mdcon.)
13 Juillet. Le Duc envoie de Dijon au chancelier des lettres closes « par lesquelles Mds luy signifioit son alée à Saint- Glande avec Msgr de Savoie. » ( 3e de P. Bladelin. )
15 Juillet. Le Duc envoie de Dole aux seigneurs de Bour-
1443 gogne des lettres patentes, « par lesquelles il leur mandoit estre à l'entour de St-Jangon au darrier jour du mois de juillet, à tout le plus granl nombre de gens d'armes qu'ils pourroient finer, pour résister à la venue des escorcheurs qui sont sur la rivière de Loyre, et voloient entrer ez pays de Bourgne, pour faire mettre sus tous les gens d'armes du pays.» (3e de P. Bladelin.) Le soir du même jour, le Duc écrit de Salins au maréchal, au sujet des écorcheurs qui sont en Nivernais et Bourbonnais. (Id. )
Corn1 d'Août. On reçoit à Dijon une ambassade du Dauphin.
8 Août. Le lieutenant du bailli de Charolles écrit à Dijon , audit bailli, « que les escourcheursestoient logiez à grant puissance à l'entour de Villefranche , à une lieue en deçà , en entencion, comme l'on disoit , de venir en Charolois. » (4e de J. Conroy.) Le 16, les écorcheurs sont à Anse, au nombre de deux mille chevaux. (Id.)
11 Août. Thibault de Neufchastel , sgr de Blanmont et de Chastel sur Mozelle, est nommé maréchal de Bourgogne par lettre du Duc, de Dijon 11 août 1443 '. (3e de J. de Visen.)
23 Août. « Et au partir du chapitre, environ unze heures, veint ung homme qui estoit d'Oslun , de Lyon , duquel Lyon esloit parti après midi , et deist véritablement qu'il avoit veheu publier audit Lyon certaines lettres royales qui contenoient en eiïect, que le roy mandoit les escourcheurs aler à lui devers
i II était déjà capitaine général (voir p. 428) lorsqu'il fut nommé maréchal en place du comte de Fribourg, qui , vieux et podagre , s'était démis de son office entre les mains du Duc. Le seigneur de Blanmont n'avait que 26 ans ; il paraissait faible et de mince apparence, mais était homme de sens et d'emprise , hardi et entrepreneur, etc. Olivier de la Marche , qui en fait cet éloge (en. vi) , se trompe en donnant, pour son élévation au maréchalat , la date de 1440. Il occupa cette charge plus de 30 ans, et fut remplacé par Antoine de Luxembourg , comte de Roussy et de Charny.
1443 Tours pour résister aux Anglois, et que ceulx qui n'y vouldroient aler il les abandonnoit à tout homme pour les ruer jus et destrousser et les punir comme traîtres et rebelles, et deffendoit à toutes gens que l'en ne leur baillast aucuns vivres; aussi que lesdiz escourcheurs ne feussenl si hardis d'entrer ez pais de Savoye pour vivre ne pour y faire guerre, lesquelles parolles furent recitées présens les diz escuiers. Et incontinant surveint un varlet de Jehan de Lornay , pourtant lettres à Mgr le mareschal, qui contenoienten effet que les escourcheurs s'en tiroient en Velay et Viveray, et après passeroient par les montaignes d'Avergne et s'en tireroient en Limosin et Poytoul devers le roy, ainsy n'estoit aucun dangier d'eulx à présent en ce pays. Le contenu desquelles lettres fut incontinent récité audis escuiers * . » ( Reg. secr. de Mâcon. )
1 Ces écuyers étaient Pierre de*Verey, Etienne de Rosiereo , Jehan de
Blaigny et Antoine que le maréchal avait envoyés tenir garnison à
Mâcon , avec cent lances. Les échevins résistaient en attendant le retour de leurs députés Jehan Hyart et Antoine Aillioud , qui revinrent le 25 sans avoir été jusqu'à Dijon , attendu le départ récent du Duc pour le Luxembourg. Le prévôt de Losanne pour le clergé , et Jehan Furet , procureur du Duc, pour la ville , furent envoyés à Champforgeuil parler à l'Évêque de Chalon , Jean Germain , institué chef du conseil pendant l'absence du Duc. Pendant leur visite, le maréchal passa à Chalon le 27 et vint coucher à Tournus , où les députés vinrent aussitôt le rejoindre. La conférence fut des plus vives , et le maréchal s'emporta au point de dire «que ceulx de Mascon estoient faulx , traîtres et rebelles , et qu'il y en avoit d'aucuns desquels il en fairoit vouler les testes; et qu'il viendroit devant Mascon et verroit qui lui refuseroit d'entrer en la ville lui et ses gens , et que le commun seroit avec luy et estoit d'accord qu'il y entrast. » Les députés protestèrent , mais revinrent fort désappointés. Le bailli de Mâcon fut alors envoyé à Sennecey et à Sainl^-Jean-le-Priche, pour tâcher d'apaiser le maréchal par de bonnes paroles et des présents , ce qui ne l'empêcha pas d'entrer le 9 septembre dans la ville. Au syndic qui lui réitérait humblement les demandes de la ville, le maréchal répondit en se retranchant dans ses ordres reçus ; puis il nia les injures qu'il avait dites ,
1443 20 Octobre. 8kl1. — 252 lettres « adréçans tant à M. le prince d'Oranges , aux sgrs de Neufchastel , de Fribourg, de Fouvans, d'Autrey, de Couches , de Joingny, de Chastellus, deViteaulx, de Varembon et autres audit nombre , par lesquelles Thiebault de Neufchatel , sgrde Blanmoni , maréchal de Bourgne, leur escript et mande , de par Mds et par ses Mdts et lettres closes à lui adressans , que les Sauxez estans au duchié de Luxembourg sèment et publient entre eulx que l'un de leurs seigrs doit venir oudit duchié pour livrer bataille et combattre Mds, et que à cesle cause ledit Mgr le mareschal fait savoir et escripre aux sgrs dessusdicts et autres gentils hommes eulx mettre sus en armes, ou plus grand nombre de gens d'armes et de trait qu'ils pourront faire, eteulx tenir prests en leur hostel, sans tenir les champs, pour aller devers Mds en ia compaignie dudit Mgr le mai*1, touttefois que de par Mds lui sera escript et fait savoir1 . » '3e de J. de Visen.)
en accusant les députés d'avoir dénaturé ses paroles, et demanda une réponse définitive. Enfin, les échevins et les représentants du chapitre cathédral, effrayés des menaces du seigneur de Blanmont , et dans l'espoir de se le rendre plus favorable, consentirent à tout , et, le 30 août , ledit maréchal put entrer dans Maçon avec six vingt chevaux. Le lendemain , la ville lui offrit de la vaisselle et 100 livres , et au bailli 50 livres pour avoir travaillé « bien grandement à l'appaisement dudit mareschal. » Le 2 septembre, les échevins le supplièrent inutilement de renoncer aux poursuites contre le prévôt et le procureur , aux paroles desquels, disaient-ils piteusement, ils n'ajoutaient nulle loi. Le même jour, le maréchal alla gîter à Tournus avec 60 hommes, et les 00 autres se rendirent à Prisse. {Reg. secr. de Mâcon.— V. au 1-2 déc. 1443 et au 12 mars suiv. ) Antoine le Boiteux et Mongin Coutanlt furent bientôt envoyés par le conseil à Mâcon , où ils restèrent il jours , pour informer contre « certaines rébellions et désobéissances
faites par aucuns de Mâcon » contre le maréchal. ( 3e de J. de Visen. )
i Le Duc , en partant pour le Luxembourg , avait laissé au maréchal le soin de couvrir la Bourgogne. Le bruit ayant bientôt couru que les Saxons préparaient une diversion dans le duché , le Conseil , par me-
1443-4 Janvier. 41 Lettres closes écrites par les gens du conseil et des comptes à quelques seigneurs, membres du conseil, annonçant « la venue et approuchement des escorcheurs logés au pays de Nivernoys, et se vantent, corne l'on a sceu , d'entrer es diz pays de Bourgne, afin d'avoir advis d'eulx quelle provision si peut faire, en l'absence de M. le mareschal , à la résistance et reboutement d'eulx. » Ils écrivent aussi aux villes menacées de faire bonne garde et de crier le retrait. (4e de J. de Visen.)
Fin de Janvier. Thierry de Charmes est envoyé par le conseil vers les écorcheurs, qui sont en Autunois etCharollais, « pour savoir et enequérir de leur corn une et entencion le plus avant qu'il pourroit, et pour leur recquérir, de par Mds, qu'ils se voulsissent deslogier et vuider lesdits pais sans plus avant y domaigier. » (Id.)
6 et 8 Février. Le conseil écrit à 50 seigneurs de se tenir prêts pour aller avec M. le maréchal à la rencontre des écorcheurs en Autunois et en Charollais ; le 8, il écrit à 62! seigneurs « pour eulx mettre sus et envoier devers le sgrd'Epirey , lieucgén1 de Mds le mareschal , à l'entour de Verdun , ou plus grand nombre de gens d'armes et de trait que finerpourroient, pour eulx employer au reboutement et résistance desdits escorcheurs , etc. » (Id. )
4 Mars. Revue faite, à Chalon-sur-Saône, d'une compagnie de 200 hommes sous la conduite du maréchal de Bourgne, « pour résister aux escorcheurs estans dans les pays de Donziois et Nivernois. » (Arch. de la Côte-if Or.)
5 Mars. Les échevins de Mâcon sont assemblés en présence
sure de prudence , fit la convocation dont il est ici question , et qui n'eut point de suites. Le Duc partit de Dijon , le 24 août, pour aller à Saint-Seine où il resta deux jours . puis à Châtillon et à Bar-sur - Aube , où il était le 28 et le 29 août ; le 7 septembre , il est à Antigny , et le 8 à Mézières. A dater de cette époque , Philippe-le-Bon resta dix. ans sans visiter la Bourgogne.
14-43-4 du bailli « pour getter sur les habitans de la comté de Mascon la somme de cinq cent quarente livres tournois, promise à paier à certains capitaines de gens d'armes appelez les escorcheurs, pour les faire deslogier de Cresche et du pais environ où ils estoient logiés et avoyent entencion de y demeurer longuement, et laquelle somme de vc xl1 presta promptement Perrin-Gastelier. » {Reg. secr. de Mâcon.) La part de la ville de Mâcon fut de 100 livres. Le capitaine de ces routiers était Paule de Lescrat. Le compte particulier de cette aide semble prouver que ceUe rançon ne fut pas payée.
Vers le 12 Mars. Etats du duché de Bourgogne. — On y octroya au Duc 6,000 livres « pour l'entretenement de l'armée de Mds estant présentement en la compaignie de Mons. le mareschal , pour la conservation de ses pais de Bourgne. » (Cptede J. de Janly, rec. de l'aide au Chalonnais. ) La part d'Autun fut de 150 livres. (4e de J. de Visen.)
25 Mars. Journée tenue à Montbelliard « pour le fait des querelles des pays de Ferrate et d'Auxois. » (Id.) 1444 ^7 Avril. Le Duc écrit , de Bruges, « au Roi notre sire et à M. ledaulphin..., etaussi à Mess" Jehan de Croy et autres, que 12 avril. Mgr a naguaire envoyé en ambassade devers eulx , touchant la venue des escorcheurs qui journellement sont au pais de Luxembourg '. » Le même jour, un huissier d'armes du dauphin va en Nivernois porter ordre de son maître à certains capitaines « de non logier, fourrager, ne porter dommaige aux pais et subgets de Mgr le Duc. » ( Cpte 1er de Martin Cornille, rec. g en1 de toutes les finances.)
i Les ambassadeurs du Duc à Tours , pour les conférences de la paix avec l'Angleterre, étaient Jean de Croy, sgr de Chimay et de Thou-sur- Moselle ; Jean Jeoffroy, doyen de Vergy ; Chupperel et Louis Domessant, secrétaire. Le doyen , parti de Bruges le 10 avril , était de retour à Bruxelles le 21 juin. (1er de M. Cornille.)
1444 27 Avril. Le maréchal de Bourgogne arrive à Mâcon. (Reg. secr. de Mdcon.)
Premiers jours de Mai. Assemblée tenue à Langres entre les députés du Roi et du Duc au sujet des terres enclavées. (4e de J. de Visen. )
Mai. Etats du duché. — On y octroya au Duc 6,000 livres. (Cptede J. deJanly, rec. de cette aide au Chalonnais.)
6 Mai. Mdl de la ch. des comptes de donner au maréchal de Bourgne 6,000', plus 4001 pour son état, pour la levée et entretien de 400 hommes d'armes, afin de résister aux écorcheurs qui ont pris d'assaut la ville de Clamecy, et qui sont en grand nombre sur la Loire et particulièrement en Maçonnais et Charollais, où ils font de grands maux * . (Arch. de la Côte-d'Or.)
\ 5 Juin. Jehan d'Autrey est envoyé de Flandre en Bourgogne par le Duc , « pour le fait de l'armée et assemblée des gens du Roy que l'on disoit vouloir entrer ez pays de Bourgne, soubs la conduite de Mgr le daulphin ou aultrement. » Du 4 juin au 2 août , M" de Ternant et André de la Croix sont en ambassade en Allemagne vers le dauphin. (1er de M. Cornille.)
18 Juin. M. de Blanmont, maréchal de Bourgne, arrive à Mâcon avec cent hommes d'armes. {Reg. secr. de Mâcon.) A la fin du mois , il est à Semur en Auxois avec 400 hommes. ( 4e de J. de Visen . )
1 9 Juin. Un héraut arrive à Mâcon et présente aux habitants ses lettres de créance.
« A nos très-chiers et bien-aimés les bourgeois et habitants de nostre ville et cité de Mascon. De par le duc de Bourgogne, etc Très chiers et bien-aimés, nous avons chargié
* C'est vers ce temps , ou un peu plus tard, qu'il faut placer un combat qui eut lieu près d'Epoisses, où furent battus, par le maréchal de Bourgogne, les gens que le dauphin ramenait de Languedoc, pour les conduire à Langres et de là à Montbéliard. {Monstrelet, 42, ch. 274.)
1444 noslre hérault Salins , porteur de ceste , de vous dire et déclairer notre volenté et instruction sur ce que avez à faire et comme vous devez conduire, s'aucuns chiefs et capitaines des escourcheurs veullenl venir et entrer en nostre ville etcitédeMascon. Sy le créez sur ce plainement, et ce qu'il vous dira de par nous faicles et accomplissez sans aucunement y faillir, ainsy que en vous avons pleine confiance. Très-chiers et bien-amez nostre sgr soit garde de vous. Escript en notre ville de Bruges , le vii|e jour de juing. Philippe. Bonesseau. » (Reg. secr. de Mdcon.) Le premier résultat de celle ambassade fut la levée sur le Maçonnais d'une aide de 1,020 livres, dont la ville de Mâcon paya 1 00 livres.
9 Millet. « Montre de la compagnie de 100 hommes du maréchal de Bourgogne, pour résister aux écorcheurs estant à la Charité et à l'enlour, » faite à Semur en Auxois A mesure que l'armée se réunissait, on faisait la revue des compagnies , et elle monta bientôt à 400 paies et 4 trompettes. Les bannerels qui y figurèrent furent le maréchal, M. de Pesme, Jehan de Châteauvillain, de Montbis , Jehan de Bournonville, Jehan de Cicons, Claude de la Guiche. Le maréchal était chargé de couvrir en même temps Clamecy et Marcigny-les-Nonnains. (Arch. de la Côte-d'Or.)
12 Juillet. Le Duc envoie, de Lille, un héraut au dauphin et au maréchal de Bourgogne , « touchant la venue de Mgr le daulphin, à tout son estât, ez pays de Bourgne, sans cornpaignie de gens d'armes, et autres choses secrètes. » (1er de M. Comille.)
20 Juillet. Etats tenus à Dijon. — Us octroient au Duc « par manière d'ayde et de fouage, comme il estaccoustumé, » 6,000 fr. destinés au paiement de 600 hommes d'armes, « pour employer au reboulemenl et résistance, se mestierest, des gens du Roy et de Mgr le daulphin. nommez escorcheurs , eslans présentement en grant nombre et puissance en la ville
14V* deLangre, et sur le pays d'environ 1 , afin qu'ils ne se boutent
ou entrent ez pais de Bourgne lequel oclroy desdits vim fr.
Nous , par considérations des grans charges que lesdt3 pavs ont supportées le temps passé, et supportent chacun jour en maintes manières , et la grant faulte des bleds et vins et autres fruits qui a esté l'année passée esdits pays, et aussi ceste année présente, par gelées et autres indispositions du temps.... avons accepté et acceptons par ces présentes , et l'avons pour agréable ou nom et par noslre dit sgr, etc. » Lettres de nomination des élus pour cette aide. [Tit.desoff.de la ch. des Cpte* .) 24 Juillet. Un commissaire de Mgr le dauphin arrive à Mâcon. « Ce dit jour furent assemblés les gens de l'Église et les échevins et d'autres pour parler audit commissaire, lequel leur exhiba certaine lettre de créance, et par sa créance leur demanda , de par Mondil sgr le cJalphin , ung don pour lui aider à suporter les grans charges qu'il a pour gelter des gens d'armes hors du royaulme. Et lui feust respondu que les nobles du pays et autres, à qui touche ladite matière, ne estoient pas au pays, et que, de présent, l'on ne luy povoit faire responce sans eulx, mais dedans quatre jours que l'on les manderoit et que l'on lui feroit responce, dont il feust contant. » [Reg. secr. deMdcon) Les Etats du Maçonnais , réunis dans ce but, donnèrent 1,800 livres Celte somme fut plus tard réduite par le dauphin à 1,200', et encore fut-il obligé, en mai 1455, de menacer les Maçonnais de poursuites pour en avoir le paiement. (Id.)
« Vers la fin de juillet , le roi partit de Langres pour aller en Lorraine, et le Dauphin se rendit à Montbéliard en ravageant les terres de Luxeuil et de Faucogney. Il alla bientôt à la rencontre des Suisses , sur lesquels il gagna, sous les murs de Bâle , le 25 août 1444, la sanglante bataille de Saint- Jacques. Une information, faite en novembre 1444, donne des détails précis sur les ravages exercés en Franche- Comté par les gens du Dauphin. (Voir p. 372, note.)
1444 4 Août. Départ de Mr de Ternant et André de la Croix, qui retournent, de la part du Duc (v. au 4 5 juin 1444) en Allemagne vers le dauphin , chargés de lui remettre une copie des lettres du Roi , données en 4438 (voir page 385), « par les quelles le Roy notre sire deffend à Pothon de Sainteraille , Brusac et à toutes autres capnes, estans soubs le Roy et en son adveu , qu'ils ne facent ne souffrent faire ez pays de Mgr le Duc aucuns domaiges.ne en iceulx pais faire aucuns logeis. » Autres « certaines lettres que l'on quiert à avoir de Mgr le
daulphin pareillement que le Roy notre sire les a faites
Lesquelles ont esté baillées à M. de Ternant, qui présentement s'en va vers Mgr le daulphin, pour, sur le contenu en icelles , avoir provision. » (4e de J. de Visen.) W de Ternant ne revint qu'à la fin de décembre.
6 Août. Lettres closes du Duc , datées de Lille , à Jean de Visen, pour payer « les gens d'armes naguaires envoyés en Bourgne par Messre Anthoine de Wissorq et Messre George de Croy, » pour résister aux écorcheurs. (4er de M. Cornille.)
20 Août. Mdl. — 40 Vidimus , envoyés aux baillis, des « lettres patentes de Mds par lesquelles icellui sgr veult et ordonne que nuls de ses officiers , de quelque estât qu'ils soient , ne mettent ou envoient ez hostels d'aucuns ses suljets aucuns gasteurs et mengeurs , pour quelque cas que ce soit. » (4e de J. de Visen.) Voir p. 442.
Octobre. États du duché. — On y octroya 6,700* pour l'en^ tretien de l'armée du maréchal. ( Cpte de J. de Janly, rec. de cette aide au Chalonnais.)
Octobre. « Pour ung voyaige fait à Dijon parle procureur de la ville (de Mâcon) et ledit Jehan , pour obvier à la venue des Picars ou moy de octobre, et leurs despens , v1 tors. » (Cpte de J. de la Porte, rec. de la ville de Mâcon, 1444.) Il s'agit ici des troupes envoyées parle Duc. (V. 6 août 1444.) 2 Janvier. Le second jour de janvier arriva à Mascon ung
1444-5 escuyer de Mgr le dalphin , nommé Jehan Danon , lequel alloitquerre les gens du bastard d'Arminas,qui estoyenteniour Lyon , pour les conduyre devers Mgr le dalphin à Montbéliard ; et estoit avec luy noble homme Michault d'Essertènes pour les conduyre par les pays de Bourgne, par le commandement de Mgr le mareschal de Bourgne. » (Reg. secr. de Mâcon.) Le 11 de ce mois, Jean de Lescun , bâtard d'Armagnac, passa à Mâcon avec sa compagnie, (ld.)
M juillet et suivants. « C'est la despence faicte par les gens du roy dit escorchieux. Premièrement, le xxnne jour de juillet, fust donné deux coquasses de vin à ung nommé Emery de Roches, prinses chez Anth. de Sagie, v1 viij9 ni|d. » Le même jour, 2 coquasses au mlre d'hôtel de Mr d'Orval ; 2 coquasses au Sgr de Clery. — Le 28, deux coquasses à Philibert Rollet , bailli de Beaujolais; 2 coquasses à Robin Camel, capitaine des Escosses. Ces Ecossais logèrent, avec leurs officiers , à Vérizet, et ne firent que passer sous les murs de la ville , ainsi qu'une autre troupe qui logea à Chevagny. On leur donna une forte somme qui fut levée sur tout le pays jusqu'à Chalon, par manière d'apatis. (Arch. de Mâcon. )
12 Novembre. « Ce dit jour, arriva à Mascon un commissaire du roy nostre sire , venant réformer les dommaiges et intérêts qu'il ont fait les gens d'armes estans en la compaignie de Monsgr d'Orvault, à leur venue de Montbéliard, passans par les pays de Bourgoingne. » ( Reg. secr. de Mâcon. )
Après les brillantes campagnes de Suisse et de Lorraine, le roi se trouvant assez fort , réalisa le projet , déjà tenté inutilement, de réformer les compagnies. Cette célèbre réforme fut le signal d'une ère toute nouvelle, pour la Bourgogne surtout qui avait tant souffert des déprédations des gens de guerre. Il y a donc là un point d'arrêt bien marqué dans la série des faits historiques, qui nous permet de clore naturellement nos recherches sur ce qu'on peut appeler la période des écorcheurs.