‹ Documents inédits pour servir à l'histoire des institutions et de la vie privée en Bourgogne, extraits des protocoles de notairesChapitre 41 sur 46 · LE CLERGÉ · texte numérisé non relu

LE CLERGÉ

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d« DIIJOB.

En nom de Nostre Seigneur, amen : L'an de Tincarnacion d'icellui courant, mil GCCC et huit, le neufvicme jour du mois d'aoust, environ quatre heures après midi dndit jour, en Tostel de Mons. le due de Bourgoigne, de sa ville et fourteresse de Talent, en la chambre estant dessus la caive d*icellui hostel, ou ases près d'icelle caive, ou quel lieu estoit detenuz prisonnier Guill. Thomas, filz Perrin Thomas, alias de la Borde, drappier, demourant à Dijon^ pour et h cause d*un larrecin fait comme len dit en la voille de la feste Saint Michiel ou le soir du jour d'icelle leste, en Tan de GCCC et sept, en Téglise de Chartreulx les Dijon , auquel Guillaume fut dit et exposé par vénérable et discrète personne maistre Hugue Moreal,

(1) Par suite d'une errenr typographique^ les pièces justificatiTes relatives aox livres III et IV forment une nouvelle série de numéros.

LXXX ÎI* APPENDICE.

doyen de Beaulne, chanoine, trésorier de la chapelle de mondit seigneur à Dijon, liquelx maistre Huguo, comme il disoit, estoit l'un des commis h interroguer ledit Guill. sur ledit larrecin parMons. Tavesques de Lcngres, pour ce que lidis Guill» se dit et pourte clert, et ce fit lidit maistre Uugue es présences de discrètes personnes et saiges Aymé de Bretenières, maieur de la dite ville et commune de Dijon , de maistre Regnault Joly, baichelcr en lois, Vaccelin de la Picine, eschevins d'icelle ville de Dijon, de Jehaimot Queniot, procureur et par nom de procureur d'icelle ville; de moy, Jehan le Bon de Dijon, coadjuteur du notaire dudit lieu, et des tesmoins cy-après escrits, en exposant et disant f^ ycellui Guillaume, comme dit est, les paroles ou semblables en effet et substance qui s'cnsuiguent :

€ Guillaume, beaulx amis , je Hugue Moreal, vien par devers toy comme l'un des commis qui t'avons interrogué et exzaminé sus le larrecin fait es chartreulx, comme aiant puissance avec révérend père en Dieu frère Robert de Beaubigney, docteur en décret, abbé du monastère de Saint Estienne de Dijon, et discrète personne et saige , maistre Jehan de Vandenesse, avec lesquelx gens yceulx commis par l'ordonnance de Mons. l'avesques de Lengres sur ledit cas, te avons jà interrogué en toy disant et exposant ce que tu as confessé en tele manière que, se tu as aucunes chouses dittes et que de ceulx que tu as nommez estre culpaubles d'icellui larrecin, en Tonneur de Dieu , de sa bencoitc mère et de toute la beneoite court du Paradis, à la descharge de ton ame , de ta conscience et auxi à la descharge des âmes de mes aultres seigneurs commis comme dit est et de moy qui dé ce me ont chargîes à le toy dire , que tu escoutc ce que je te diray , lesquelles tu es confessées et dites, affiu que tu ty corrige et mectes hors de péril ceulx que tu as nommez qu'ils estoient avec toy en faisant ledit larrecin :

Il* APPENDICE. LXXXI

« Et est vray que tu as dit que lors environ nuef ou dix heures de Tune de ces dites nuys, tu cstois à l'entrée par

dedans de la porte d'iceulx cbartreulx par laquelle Ion va ettreige communément à la partie devers le grant chemin, et asvoycs sur ton col ung gros paul, et les aultres qui estoient avec toy estoicnt garnis d'espées et de bastons^ et dis quMlz estoient environ six, dont tu dis que tu nan cognois qyie deulx, cest aséavoir Julien Bouhait, Michel le Bliaudet et ung qu'estoit vestus de draps roige gauguerilier, qui demeure vers la porte Guillaume, ne aultrement ne le cognois, et des aultres n*en as cognoissance. Et avec ce, en avoit des aultres ou bas par devers la fontaine, qu'ilz estoient aussi embatonnés , lesquelx tu ne cognois et csties là pour escouter se nulz vienroit pour destourber votre exploit.

« Si te pry que tu dies s'il est veray ou non, quar tu en peux bien estre advisié dois que tu Ta confessé, laquelle confession tu fis y la ung jour. »

Par lequel Guillaume fut dit ce qui s'ensuit :

« Sire, par le sermant que j'ay a Dieu, sa glorieuse mère et par toutte la court de Paradis, soubs le péril de l'ame de moy, que jamais n'en soit rédemption faite , ce que vous aves dit est veray, et iiz estoient ceulx que vous aves nommes, cl les y vis quart je les cognois bien. Et en suis bien advisiez quant à ce, sanz les vouloir aucunement destourper ne moy corrigicr de ce. »

Et après ce lidit maistre Hugue lui dit : a Biaux amis, tu as dit que en faisant ledit larrccin, estoient deux des cbartreulx de léans, l'un appelé Dam Jehan Dauldry, Taultre est ung grant homs rouceanl quest d'oultre la Saône, lequel tu ne cognois aultrement se tu ne le veoyes ne ne scey son nom, et y estoit le fournier d'iceulx cbartreulx. »

liquelx GuiUaumes dit audit maistre Hugue : u Sire, par le serment que j'ay fait, il est veray. »

LXXXD !!• APPENDICE.

»( — Tu dis auxi que tantost après ce que tu sceus ledit larreciu estre fait, dois là où tu estois sanz aler plus avant, tu tan alas coichier en ton bostel vers ta fcme et laissas les aultres ; et que, le matin , pour savoir la vëri> tey plnx à plain dudit larrecin, tu retournas es ebartreulx et parlas audit fournier, auquel tu demandas de Tesploit si estoit fait, liquelx te dit que ouy, et que les chouses prinses estoient en la chambre dudit Bauldry, et auxi te dit ledit fournier que Tun des dis cbartreulx, ce dit matin, avoit dit au prieur et aux aultres religieulx de léans qu'il avoit songié celle nuit que l'on avoit desrobé léans; et après ce, tu dis que tu t'en retournas à Dijon. Et ne retournas par devers ledit fournier jucques ung jour après, au matin, qu'estoit jour de sambadi, si comme il te samble, et parlas audit fournier lors , liquelx te mena à luis de la cbambn^ dudit Bauldry, et te bailla le Inquot d'icelluy huisserie pour la ouvrir, lequel luquot tu pris et ouvra Tuisserie, et entrastes tous deulx en ycelle chambre. Et n'estoit pas ledit Bauldry au lieu, mas estoit aie à Dijon, et là, te monstra ycelluy fournier les chouses qu'ilz estoient eues prises et emblées en ladite église, lesquelles estoient en ung escring; et il avoit une croix d'our, une d'argent et pluseurs aultres joyaulx. Et d»s que icelluy fournier te dit qu'il estoit déliberey et entrepris par ledit Bauldrey et fournier de envoyer vendre yceulx joyaulx et chouses emblées à Paris ou à Mex en Lorraingne, et que l'argent que l'on appourieroit seroit baillié et distribué ensamble. »

— Liquelx Guillaume dit et confessa, par le serment que dessus, toutes ces choses estre vraies, sans y voloir riens corrigier.

Dit aussi ycelluy maistre Hugue audit Guillaume : « Guillaume, tu m'as dist que, en faisant ledit larrecin, pour ouvrir les arches, lidit fournier et les aultres avoient fait à faire une lyme sourde, laquelle avoit faite Jehan de

ir APPENDICE. LXXXIII

Gray, eoustellier demourant à Dijon, et te avoit dit lidit fournier que en faisant ycelle, ung appelé Chaudot le gaiengnier li dit : « Que veul tu faire d 'ycelle lyme ne qui la te fait faire ? » Liquclx Jehan de Gray respondit à ycolluy gaiengnier que « Touchant de quoy te meille-tu? » Je te prie, à la descharge que dessus, affîn que pour ce yceulx Jehan de Grais et Chaudot nen soient en doingier de justice, se tu sce point que icelluy Jehan de Grais sceust riens dudit larrecin ne de Tcntreprise d*icellui, ne si scavoit que l'on vouloit faire de la dite lime, ne se auxi hdit Chaudot en savoit aucune chouse d'icellui votre exploit? »

Liquelx Guillaume dit à y celluy raaistre Hugue : a Sire, par le serment que j'ay fait, je nan chargeray jay ma conscience ne mon àme, et vous dy que lidit Jehan de Gray, que je saiche, ne que onques il venist à ma cognoissance, il ne sceut onques pour quoy c'estoit faire, ne riens sceut de l'entreprise, ne du fait dudit larrecin, ne auxy iidit Chaudot, ne point ne les en mestroy, et ne scey de la dite lime ne qu'il la feit, fors ce que lidit fournier m'an dist. »

Les quelles chouses ainsin dites et confessées par y cellui Guillaume, ycellui Guillaume, pour mieulx savoir de la véritey, rcquist à grant Instance audit maieur, là présont, qu'il preist le dit Bauldrey, ensemble l'antre chartrenlx dont dessus est faite mention.

De et sur lesquelles confessions et requestes, lesdis messires le maieur et procureur demandirent à moy ledit Jehan Lebou, au proffit d'icelle ville de Dijon, à eulx estre fait publique instrument souhz le scel de la court de mondit seigneur, auxquelx je leur ouetroya, présens Jehan le Prestet, Jehan Darguet, Simonuot Sauvey, Demoingin Colinet, Monin de Buxi et aultres.

Item l'an et le jour que dessus , environ cinq heures après midi, ycellui maieur, ensamble Mess, les eschevins cy dessux nommez, incontinant se transportirent dès là en

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