Documents inédits pour servir à l'histoire du christianisme en orient [XVIe-XIXe siècle];
En publiant ce second volume de nos Documents inédits, nous devons des excuses à nos souscripteurs. Une fatigue d'yeux en a retardé, à notre grand regret, Tapparition à l'époque présumée. Le repos ordonné par les médecins nous permet de poursuivre aujourd'hui Tœuvre commencée, avec l'espoir fondé de la mener à bon terme.
A nos nombreux lecteurs d'Orient et d'Occident, nous tenons à offrir ici l'expression de notre sincère gratitude. Ils ont bien voulu nous faire parvenir leurs encouragements, et de très intéressants comptes-rendus ont paru dans de nombreuses revues du monde savant. Fort de leur approbation, nous poursuivrons notre publication, en nous efforçant de satisfaire aux desiderata exprimés. Qu'ils veuillent bien cependant nous permettre une ou deux explications.
Il aurait été préférable que les documents fussent publiés selon leur ordre chronologique : nous le reconnaissons sans peine, et c'était notre premier plan ; si nous ne nous y sommes pas astreints, c'est que nous avons cru devoir nous rendre aux avis d'hommes compétents. La diversité des goûts de nos lecteurs de tous pays et de toutes nationalités, la nature et la langue d'un grand nombre de nos textes, les trouvailles que nous faisons tous les jours et l'espoir d'en faire encore de nouvelles, en sont les motifs. Plusieurs centaines de pages, par exemple, écrites en vieil italien du XVP siècle, ou en latin, sur une seule nation Orientale, rebuteraient, assurait-on, bien des lecteurs ; force nous a été de varier les sujets, les époques et les langues. L'inconvénient réel qui en résulte sera, nous l'espérons, évité en majeure partie par les tables détaillées que nous avons publiées à la fin du 1®' volume, et que nous comptons perfectionner dans les suivants, et particulièrement dans le dernier.
Une remarque à laquelle nous avons nous-même donné prise, en présentant au public notre l^^ fascicule, exige de nous une
explication nette et franche. Il était et il est loin de notre pensée et de notre goftt de faire des remaniements ou des coupures arbitraires dans les textes, faisant le choix entre ce qui nous plaît et ce qui ne nous plaît pas. Ce serait fausser Thistoire et miner par la base l'œuvre que nous avons tant à cœur. Tous les docu nents, que nous publions sont absolument authentiques, reproduisant, même quand ils ne sont que des extraits, la pensée vraie de leurs auteurs, telle que nous avons cru la comprendre. S'ils ne sont pas toujours entiers, ce n*est certes pas pour laisser dans Tombre des questions qui intéressent l'histoire. Un exemple : en dépouillant, plume à la main, les deux cents in-folios et liasses que possèdent les Archives du Ministère des Affaires Etrangères de Paris (Correspondance diplomatique, Correspondance consulaire. Missions etc..) nous n'avions la pensée ni de tout copier ni de tout imprimer. Une centaine de volumes suffirait à peine pour reproduire ce seul dépôt. Nous avons transcrit et nous reproduisons ce qui peut avoir un intérêt historique plus ou moins général, ou qui nous paraît être tel.
Une dernière remarque enfin. Nous laissons toujours aux auteurs la responsabilité de leurs assertions. Il serait trop long et trop difficile de les soumettre toutes à un examen critique, et nous sortirions du modeste rôle de collecteur de textes pour servir à rhistoire, que nous désirons garder, pour prétendre à celui d'historien. L'état rudimentaire des recherches ne semble pas jusqu'ici autoriser une telle ambition. Puissent nos petites découvertes, complétées et éclairées par celles des chercheurs qui deviennent nombreux en Orient et en Occident, permettre à. ceux qui viendront après nous, de mériter ce titre.
EXTRAITS Dt DIAIRE
des Missionnaires Carmes d'Alep (0
1« partie: 1669-1700.
SOMMAIRE
1669 . — I. La pestera Alep; vision de l'archevêque Syrien, Behenna, frère du patriarche André. — 2. Empressement de tous les missionnaires à venir au secours des pestiférés ; arrangement conclu et division du travail. Les Pères Jean-Pierre de la Mère de Dieu, vicaire des Carmes, Sylvestre de S'-Aignan, custode des Capucins, et Antoine Resteau, Jésuite, s'exposent les premiers. — 3. Les trois missionnaires prennent logement au quartier chrétien de Gïudaidé, — 4. Récit des travaux du P. Carme. — 5. A certains jours des mois de mai et de juin, mouraient dix mille musulmans et plus de deux cents chrétiens. — 6. Mort d'André Baron, neveu du Consul français. — 7. Mort d'un médecin anglais, assisté par les missionnaires, malgré les efforts des ministres hérétiques.
1674 . — 8. Le neveu du martyr David est envoyé en Europe.
1677 . — 9. Mort d'André, patriarche Syrien.
1678 • — 10. Le nouveau patriarche Syrien, Pierre. — 11. Rescallah, sacré évoque d'Alep, et Josué, évoque de Jérusalem. — 12. Un prêtre Jacobite, excommunié, reçoit la bastonnade. — 13. Arrestation du P. Jean- Baptiste de S*-Aignan. — 14, Eglise des Maronites d'Alep.
1685 • — 15. Mort du P. Joseph-Ange de Jésus-Marie, Carme.
1683 . — 16. Arrivée de deux missionnaires Carmes, Amédée de Sainte- Thérèse et Ferdinand de Sainte-Liduvine.
1684 . — i?' Arrivée de quatre missionnaires Carmes.
1686 . — 18. La peste à Alep ; les missionnaires se dévouent au quartier chrétien, pendant deux mois.
(1) Nous tenonB à exprimer an T. R. P. Cyrille, vicaire du Mont Carmel« qui a bien vonla nous autoriser à publier ces extraits si intéresaanta» rhommage di6 notre gratitude.
1687 . — ly. Le P. Ferdinand de Sainte-Liduvine nommé supérieur des Carmes.
1688 . — 20. le P. Ferdinand visite la mission.
1689 . — 21. Le patriarche Syrien réunit les supérieurs des missionnaires pour les consulter au sujet d'un mariage entre cousins ; les missionnaires jugent que la dispense serait inopportune.
1690 . — 22. Georges, patriarche Jacobite, obtient la déposition du patriarche catholique Pierre. Celui-ci se retire au Khan français, avec les évéques Rescallah et Isaac.
1691 . — 23. L'évéque Rescallah reçoit de Rome 203 piastres. — 24. Le patriarche hérétique travaille à la perversion des Syriens.
1692. — 25. Le Pacha de Bagdad, nommé grand Vizir, passe par Alep. La tentative du Consul pour obtenir le rétablissement du patriarche Syrien échoue, et le patriarche hérétique est porté en triomphe. Le drogman Paul Maunier n'aurait peut-être pas fait son devoir. — 26. La peste à Alep ; travaux des missionnaires auprès des chrétiens et des musulmans. — 27. Arrivée de Louis Chambon, Consul français, et départ de son prédécesseur, François Julien. — 28. Les Jacobites s'emparent de l'argenterie de l'église Syrienne catholique. — 29. Ils poursuivent le patriarche et les évêques catholiques. L'év<}que Isaac pan pour Constantinople.
1693 . — 30. Nouvelles du Mont Carmel : les Carmes se sont réfugiés à Acre, pour éviter les tyrannies de l'émir Nasser. — 31. Le patriarche Jacobite injurie les Francs ; il est accusé auprès du Cadi qui lui fait des reproches el des menaces. — 32. Les missionnaires écrivent à Rome, en faveur de l'évoque Rescallah, pour lui obtenir la pension, jadis accordée à son prédécesseur. — 33. Nouvelles de Constantinople : grâce à l'Ambassadeur français, l'évèque Isaac obtient un Khatcherïf contre le patriarche hérétique. — 34. Arrivée d'Isaac ; le Khatcherïf tsl enregistré, et le patriarche catholique solennellement rétabli. — 35. Le patriarche catholique rentre en possession de l'argenterie de l'église. — 36. Les hérétiques tentent d'obtenir un firman contre les catholiques.
— 37. La vraie cause du rétablissement du patriarche Pierre. Après plusieurs tentatives inutiles, les catholiques se décounigent et les hérétiques triomphent. — 38. Sur le conseil des Carmes, le patriarche écrit à la Sœur Louise de la Misiricorde, jadis Madlie de la Vallière. La religieuse insiste auprès du Roi, et des ordres pressants sont adressés à l'ambassadeur. Le Khatcherif obtenu est des plus favorables aux catholiques.
1694 . — 39. Nouvelles de Constantinople : commandement, reçu à Alep, de chasser le patriarche hérétique. — 40. Fuite de ce patiiarche. — 41. Etat de l'évôché latin d'Ispahan. Arrivée des bulles de Mgr Elie.
1696 . — 42. A l'occasion de la prise de l'île de Scio, le nouveau Sultan, excité par les hérétiques, fait publier des ordres très sévères contre
les missionnaires et les catholiques. — 43. Ces ordres parviennent à Alep ; le Cadi convoque les missionnaires. — 44. Assemblée chez le Consul, pour délibérer sur la conduite à tenir : il est décidé que les missionnaires ne se présenteraient pas devant le Cadi. — 45. Le Cadi est gagné à prix d'argent.
— 46. Le Cadi fait cependant défendre aux chrétiens, sous peine de mort, de traiter avec les missionnaires. — 47. Les hérétiques, les Jacobites surtout, persécutent les catholiques et le patriarche Pierre. — 48. Courage admirable des prélats catholiques, en face de la persécution. — 49. Isaac, archevêque Syrien de Mossoul, gagne les juges et fait taire les hérétiques.
— 50. Sommes dépensées à cette occasion ; les Syriens catholiques sont ainsi libérés. — 51. Les missionnaires obtiennent du Cadi un ars ou attestation en leur faveur, et écrivent à l'ambassadeur. — 52. Mais l'indifférence du Consul à leur égard ne leur permet pas de reprendre leurs ministères. — 53. Douleur des catholiques en se voyant privés de l'aide des missionnaires. — 54. Les désordres qui s'en suivirent, montrèrent la grande utilité des missionnaires. — 55. Dissensions entre les Maronites d'Alep. — 56. Le Cadi déclare que les missionnaires d'Alep ne sont pas compris dans redit donné à l'occasion de Scio. — 57. Les Jésuites, Capucins et Carmes reprennent leurs prédications dans l'égHse des Maronites.
1696 . — 58. Le patriarche Syrien est destitué et est obligé de quitter Alep. — 59. Le mufrtan hérétique arrive et s'empare de Téglise Syrienne. — 60. Les prédications chez les Maronites sont interrompues. — éi. Tentative du viufrïan catholique Isaac contre le patriarche hérétique. — 62. Elle échoue et Isaac reçoit la bastonnade. — 63. Jeté en prison avec ses prêtres, Isaac doit payer une grosse somme. — 64. Martyre d'un jeune Arménien catholique, nommé Baali, brûlé vif pour sa foi, sur la place de Gitidaïdé, le lé Juillet 1696.
1698 . — 65. Avanie suscitée par les Jacobites contre les Syriens cathohques. — Gd. Querelle entre les deux patriarches Arméniens Gregorios et Mattheos.
1699 . — 67. Récit de la conversion merveilleuse et de la mort d'une Jame musulmane.
1700 - — 68. Rétablissement du patriarche Pierre.
« LIBRO DOVB SI RBQISTRANO LE CONVBRSIONI FATTB DA
RR. PP. Carmblitani scalzi nella missionb di âleppo, et ANCHB
ALTRI SUCCESSI OCCORSI IN KSSA, DA l'aNNO 1669. (1)
1669 : 1. — Neir anno 1669, la città di Aleppo fù percossa dà una terribile peste, uno di tre flagelli con li quali Iddio punisce il monde per li suoi enormi peccati ; e che questa fosse una sferza di S. D. M., con la quale volse castigare questi ribelli popoli, ne rendono testimonianza l'apparitioni di huomini, che in diverse foggie si vedevan in tutti li terapi, da persone sane di giuditio..., fra quali uno è N. Sig^ Behenna, arcivescovo de' Soriani, fratello di N. Sig'^ Andréa, patriarcha de' Soriani... Stando dunque questo buon prelato un giorno nella sua stanza, circa il mezzo giorno, per riposarsi, ecco che se gli fanno incontro tre huomini, due bianchi et uno di color nero come etiope, con una lancia in mano, quale brandiandola per ferirlo, li viene prohibito dalli due di color biancho, et egli nulladimeno slanciandola, ecco che la lancia percuote un gran vaso di terra pieno d'aqua, e spargendolo in pazzi^ fù taie il strepito che fecce che le nipoti di N. Sig**®, descendendo dell' appartamento di sopra, dove stavano, per vedere che accidente fosse acceduto, trovando questo vaso fatto in pezzi, e l'aqua sparsa per il pavimento, demanda vono dà N. Sig*^ la caggione ; e raccontatoli dà N. Sig^® quanto gl' era occorso, ringratiavano Dio che havesse liherato per mezzo degli angeli buoni, che cosi si puô imaginare fossero quoi due huonimi bianchi, quali impediyono il calpo del nero il loro Sig**® [?] dalla percossa délia peste.
2 — Hor dunque facendo la peste grandi strazi, et ha vende li Franchi, conforme il loro solito in simili contingenze, determinato serrarsi, li RR. PP. Missionarii risolsero di esporsi e trasportarsi
( 1 ) Nous gardons, dans ces Documents, rorthographe oi*iginale, avec ses partioularitôs archaïques et parfois fautives.
in Giudaiday luogo dove la maggior parte de christiani habita, per poter servire et impiegarsi nell' essercitii di carità.., E perche ogn' uno de' missionarii, si sudito ove prelato, non voleva cedere airaltro, facendo à gara di ricevere la corona di un si grande atto di carità, non era possibile agiustamento, si determino ânalmente con un commune parère de superiori delli tre corpi de missionarii, cibè Carmelitani scalzi^ Gapucini e Gesuiti, di andare solamente uno di ciascheduno corpo, aU'essercitio di servito degli apestati : cosi dunque risoluto. Ecco il R. P. nostro Gio. Pietro(l), primo vicario provinciale délia Siria, insierae col R. P. Silvestre (2), già custode délia missione de RR. PP. Gapucini, religioso di anni ottanta, et il R. P. Antonio Resteau (3), Gesuita, di ettà anni 45. Visto questa risolutione, preca il P. Giusep* Angelo, compagne del R. P. Gio. Pietro, con efficacissime instanze, e per mezzi dell'ill™^ nostro Console Baron e di alteri mercanti, si oppose acoiô il P. nostro Gio. Pietro non si esponesse, sapendo ben tutti quanto era necessario alla missione...
3. — Doppo li due giorni, il nostro campione, R. P. Gio. Pietro, s'invio in Giudaida, dove insieme con li due suddetti religiosi in una medesima casa presa à piggione, sin* à che durasse la peste, si alloggio....
4. — Alla mattina, due hore prima del spuntare il sole, si levava [ P. Gio. Pietro ], e fatta la sua orazione mentale, s*inviava alla chiesa de* Maroniti ; celebrava il SS. Sacriâcio délia messa, ... sMnviava aile case degli apestati, et ivi, senza alcuna riserva, stando vicino a loro, li confessa va e ministrava la S. Communione.... e nel ritornare a casa, erano tante le gente che lo dimandavano, che a pena le davano tempo di prendere un tantino di refocillamento necessario al mantenimento humano.
5. — Continua in questa sorte di vita il spatio di due mesi, cioà maggio e giugno, nel quai tempo la peste era nel più forte,
(1) Jean Pierre de la Mère de Dieu. (Cf. Documents inéditn : T. l, p.4ô8).
(2) Sylvestre de S^Aignan ( ibid. ).
(3) Cf. Documents: I, 97.
morendo de' Turchi, ogni giorno, più di dieci milla, e de' christiani più di ducento... (1).
6 . — Il sig^® Andréa Baron, nipote dell'lll™^ M. Baron, Console délia natione Francese, essendo toccato di peste, e restando in delirio, due bore doppo mezza notte rivenendo in se stesso, manda a chiamare il P. Giusep' Angelo, Oarmelitano scalzo, e confessandosi con grande divotione, e ricevuto da esso il s. scapulario, et anche gli altri sacramenti, ritorna in delirio, e, doppo il termine di vintiquattro hore, spira l'anima a Dio.
7. — Un certo sig" Dottore Inglese, quale doppo d'haver essercitato la medicina in Aleppo con grande sodisfatione di tutti, doppo esser cascade ammalato di idropisia, sentendosi di gia ridotto air estremo délia sua vita, manda a chiamare il P. Giusep' Angelo, Oarmelitano scalzo, et essendovi prontamente andato, vi ritrovo il suo confessore, che era il P. Poreison, (2) superiore ail' hora de' RR. PP. Giesuiti ; quai sig^®, visto il P. Giuseppe Angelo, disse al R. P. Poreison : « Padre, con vostra buona licenza, la confessione è libéra ; ho mandate a domandare il Padre per confessarmi. )> Il che fatto con gran spirito e divotione, non volse che alcun altro li ministrasse li altri sacramenti, fuora che il P. Giusep' Angelo : li quali dopo d'haver parimente rioevuti, con grande spirito e fervore, passô ail' altra vita, con grande edificatione di tutti, e grande afflitione e travaglio delli ministri Inglesi, li quali non cessarono di darli diversi assalti circa'la fede catolica ; ma restando sempre saldo come una colonna immobile, lasciô deluse le loro speranze.
1674 : 8. — Adi 27' gennaro, Giovanni ( Hanna ) fratello del sig. Teodoro fllio dello Venerabile martire David, Greco, ha fatta confessione générale e professione di fede, e per timoré che non si facesse Turco, mandate in christianità dallo P. Giuseppo Angelo, superiore de' Carmelitani sealzi (3).
1677 : 9. — 18 luglio. E morto Monsig^® patriarcha Andréa, in concetto di santità.
(1) Le P. Jean-Pierre de la Mère de Dieu, atteint de la peste, rendit sa sainte âme à Dieu le 8 juillet 1669.
(2) Nicolas Poirresson. Cf. Doc. T. I, p. 30 et 422.
(3) Plus tard, le P. David de S^-Charles, vicaire apostolique de Constantinople et de Smyrne. ( Cf. Doc. ï. I, p. 119 et 457-458).
1678 : 10. — 2 aprile : ha preso possesso dello patriarchato de Soriani Bedrues. (1)
11. — 4 aprile : E stato ordinato vescovo di Aleppo de Soriani, Rusqalla, e di Gerusalemme^ Josue.
12. — 9 aprile : Il patriarcha ha scommunicato un prête heretico e rha bastonato nella chiesa, et è seguito grandissiino romori nella natione Jacobita.
13. — 20 aprile: E stato preso il P. Gio. Batt*, superior de PP. Capucini in una casa di Motran Rusqalla, e condotto per le strade e cent rade alla giustitia, per esser entrato nelle case de' Soriani, contre il comandamento dello giudice.
14. — E stato soritto dalli missionarii ail* Imlmsciatore di Francia per far agrandire la chiesa de' Maroniti (2).
1682 : 15. — Adi 19 novembre (3), giovedi, 2 hore doppo mezzo giorno, mori il R. P. fr. Giuseppe Angelo di Giesu Maria, visitatore générale délia Persia e délie Indie, essendo già preparato a partîre per incominciare le sue visite.. Restarono in questa residenza il P. fr. Théophile de S. Basilio, vicario, e P. fr. Honorato di S. Anna, venuto in Aleppo nel fine di maggio 1682.
1683 : 16. — Adi 27 maggio gionsero qui duoi nuovi missionarii venuti d'Europa, raandati da R. P. N. Carlo Felice di S. Theresa, générale: cioè il P. fr.Amedeodi S. Theresa, Piemontese^ délia provincia romana, et il P. fr. Ferdinando di S. Liduvina, délia provincia d'Avignone ; li quali havendo la patente per residere in questa residenza, portarono quella del P. fr. Honorato di S. Anna per il sacro monte Garmelo.
1684 : 17. — Adi 15 aprile 1684 arivô qui da christianità il R. P. Agnelle deirimmaculata concettione, con Tofficio di visitatore générale b vicario provinciale délia Persia et Indie, e porto seco tre compagni, cioè il P. fr. Hermenegildo di S. Marcello, délia provincia di Venetia, et il P. fr. Innocentio, délia prov. di Lombardia et il P. fr. Conrado, Tedesco.
(1) Cf. ibid. 94-122.
(2) Cf. plus loin les documents relatifs à oette église.
(3) Tout ce qui précède est de la main du P. Josoph'Ange. Ce paragraphe est du P. Honoré do S^-Anne ; les suivants sont du P. Ferdinand de S**-LiduTine.
1686 : 18. — Adi 18 guignio 1686, li Franchi vedendo che la peste andava sempre crescendo, per evitare la contagione, si serrarono nelle loro case ; ed i religiosi per non lasciare li christiani destitutti d'aiuto^ tanto nel temporale corne nel spirituale, in tal nécessita, destinarono uno di ciascuna casa religiosa per andare a aiutarli ; e cosi il R. P. Paolo Coder [ Coudert ], Giesuita, il R. P. Francisco, sup® de* Capucini, et il R. P. Teofilo de S. Basilio, vieario di questa residenza, et il R. P. Filippo di Terra Santa, furono destinati per questo santo essercitio ; et andarono tutti quatre in una casa di Gedaïda, cartiere delli christiani, ch* havevano afiBtata. Il loro essercitio era di girare notte e giorno per le case delli appestati per amministrarli li sacramenti ed aiutarli, in quanto che potevano, de remedii per le loro infirmità, che a questo fine havevano porti seco assai buona quantità di triaca, d*orvietano, piètre di belzuaro et altri rimedii, che davano alli poveri christiani percossi di peste, conforme che vedevano il loro bisogno. Restarono in questo santo essercitio in circa duoi mesi, senza che nissuno di loro, per gratia di Dio, pigliasse la peste ; et alli 4 agosto, li Franchi aprirono, et i missionarii detti ritornarono in casa a cantare il Te Deum, con tutta la natione, nella capella consolare di Francia, in rendimento di gratia.
1687 : 19. — Adi 9 luglio 1687, vennero lettere patenti dal N. R. P. Générale, il P. fr. Martiale di S. Pauline, per il R. P. fr. Ferdinando di S. Liduvina, per essere superiore di tutta la Siria, con autorita di vicario provinciale.
1688 : 20. — Adi 24 di marzo, parti di qui il R. P. fr. Ferdinando per visitare le residenze délia Siria, cioè Tripoli, Monte Libano et il S. Monte Carmelo.
1689 : 21. — Circa il mese- di settembre, Monsig^® Pietro, patriarca delli Soriani, fece convocare in sua casa li quatre superiori delli missionarii, cioe il R. P. Clémente di Terra Santa, con suo compagne P. Arcangelo, Malthese, il R. P. Deschamps, superiore delli Giesiuti, il R. P. Francisco, superiore delli Capucini et il R. P. Ferdinando di S. Liduvina, con il P. Teofilo, confessore di dette Mg™ Pietro, patriarca, il quale consulte e dimandô se era lecito et espediente di dar permîssione a un giovanni ricco di sua natione di maritarsi con una sua cugina^ cioè in seconde gradu,
figlia unica e riccâ délia medesima natione ; e doppô che tutti li accennati relîgiosi hebbero sentito li raggioni pro e contra, la conclusione fù che non era espediente di dare taie dispensa : P per vitare le scandale che ne seguitarebbe tra gl* altre nationi, le quale, corne heretici, ancora che permittino a un huomo, che havrà ripudiato la sua moglie, di maritarsi con un altra, con tutto cio non dispensano mai in 2^ gradu ; — 2^ perche simile dispenza aprirebbe una porta a tutti gl'altri di dimandare una simile dispenza, essendo che, tra li christiani del Levante^ non sono li gradi di nobiltà, come sono tra li Europei, e cosi ogn'uno s'estima tanto d'un altro, massime circa l'amministratione de' sacranienti délia chiesa.
1690 : 22. — Adi 19 décembre 1690, Monsig^ Pietro, patriarca delli Soriani^ fù deposto da sua sedia da un heretico antipatriarca, chiamato Giorgios, e l'istesso giorno Monsig^ Pietro, con duoi vescovi, Roskalla e Isahaco, e un prette, si ritirarono nel grand campo, sotto la protettione del Console di Francia, per vitare la tirannia deirantipatriarca. In questo anno et il sequente(l) e tutto il tempo délia depositione del dette Monsig™ Pietro, se sono scritte assai lettere dalli superiori missionarii in Constantinopoli air Âmbasciatore di Francia, in Roma alla S. Congregatione, et in Parigi, per rimettere detto Monsig^® Pietro nella sua sedia.
1691 : 23. — Al meso d'agosto è venutto da Roma, dalla S. Congregatione, 203 piastre, prezzi da otto (2), per il vescovo delli Soriani, Reskallah. Erano più di otto anni che questo prelato non riceyeva niente délia pensione assignatali dalla S. Congregatione, di25 scudi romani l'anno, ancorache si fossero scritte moite lettere in Roma per ca varia. Ma il P. fr. Ferdinando havendo scritto a N. R. P. procuratore générale, e mandatoli lettera di procura per cavare detta pensione, subito il detto N. R. P. procuratore générale li fece pagare la detta pensione da otto anni in qui, e per questo venono a detto monsig™ vescovo li detti 203 reali.
24. — In questo anno 1691, il patriarca heretico andava seducendo li catholici di sua natione, hora con minacie, hora con mille
( 1 ) Cette remarque sur l'avenir prouverait que ce diaire n'était pas toujours écrit au jour le jour.
(2) Ceet-À-dii^e, croyons-nous, la piastre valant huit livres, (cf. Doc. T. I, p. 508 et 57 1 }.
preghiere, il quale diede grand travaglio alli missioDarii per contenere li catholici od in opponirsi aile lusinghe diabolice di questo antipatriarca.
1692 : 25. — Adi 16 aprile, arivô qui, in questa città d*Aleppo, il grand Visir, venendo di Bagdat, ove era bascia, e cola li vienne la nuova delU sua elettione in grand Visir, con ordine del Grand Signer di venire presto in Constantinopoli. Essendo dunque arivato qui, i RR. PP. niissionarii con il sig'*® \\V^^ Console di Francia, il sig'® Chambon, novamente venuto di christianità, credirono esser una bella occasione per far rimettere monsig™ Pietro nella sua sedia, e scascire Tantipatriarca. À questo fine, il sig''^ Console ricomando questo negotio con grandissime zelo al sig^ Paolo Maunier, aU'hora turcimano délia natione Francese, e fu incaricato di disporre le cose appresso li grandi famigliari del Visir, accio il negotio potesse riuscire. Già il P. Ferdinando nostro, confessore di detto monsig*^ Pietro, haveva trovato il danaro ch' era necessario, e lo teneva pronto, A di 17 aprile, un hora doppo mezzo di, Paolo Maunier venne a pigliar seco monsig^ Pietro con un suo vescoYO, chiamato Isahac, per andare dal Visir. Il detto Maunier diceva havere tanto bene incaminato il negotio che il patriarca Pietro deveva infallibilmente esser ristabilito. Eravarao spettando l'esito, il quale fù contrario aile nostre speranze ; perche il grand Visir, havendo fatto chiamare inanzi di se Tantipatriarca, e veduto il suo commandamento, questo fùconfermato, conl'escorno delli catolici e la confusione delli Franchi ; e cosi l'heretico fù portato corne in trionfo nella sua chiesa, et il catolico ritornô nel grand campo, pieno di confusione. Chi è stato la causa di questo ? lo non so, ne giudico, ma ben s'è creduto che il sig^ Maunier non haveva fatto il suo dovere in questo negotio,
26. — Adi 7 maggio 1692, vedendo li Franchi che la peste si communicava notabilmente risolsero gruni di fugire nelle montagne, e gl'altri di rinchiudersi nelle case loro... e tre religiosi missionarii, i quali si oiferirono volontariamente, furon destinati per il servitio de' poveri christiani appestati, e questi furono un R. P. Giesuita, chiamato P. Paolo Coder [ Coudert ], et un Padre Capucine, chiamato P. Stéphane, e N. R. P. Ferdinando di S. Liduvina. Questi tre pigliassero una casa in Gedaida, — perche il P. Guardian di Ïerra-Santa pigliù una casa nella città per se solo, — et
alli 8 di detto maggio, comminciassero a visitare indifferenteinente tutte le case dove sapevano che vi erano appestati, e trovassero che il maie aumentava sempre di più in più di maniera che verso inezo giugnio, il numéro de* niorti montô a 200 christiani per giorno, e 1000 Turchi...: il numéro poi di quelli che furono infetti era incredibile, e rarissime furono le case nelle quali non vi fossero appestati ; ma la più grand parte guarivano ; e come quasi tutti i medici, non solo Franchi, ma anche del paese^ erano 6 fugiti ô nascostî nelle case loro, i tre missionarii furono costretti di assistere i poveri christiani, non solo nelle loro nécessita spirituali, ma anche nelle corporali ; il che li diede occasione di entrare indifferentemente per tutto, e nelle case de catholici, ed in quelle delli heretici, anzi aile volte anche in quelle de' Turchi, e restavano stupiti e maravigliati di vederli distribuire indifferentemente a tutti rimedii per charità, ed anche aile volte limosine che mandavano loro i sig^* mercanti Francesi per questo effetto ; e questo, mediante Tajuto del Signore, li diede occasione di procurare il bene e la salute di moite anime ; perche administravano i sagramenti di confessions, communione ed extrema ontione ai christiani, e se li trovavano infetti dagl'errori degrheretici, li portavano ad ajurare i detti errori. In quanto a Turchi, la medicina dava loro occasione de batezzare molti âgliuoli de* quali era desperata la salute.
27. — Al principio délia quaresima, gionse qui, in questa città, il noYO Console di Francia, chiamato M^ Louis Chambon, e doppo pasqua, M^ Francesco Julien, suo predecessore, parti per Alexandretta con duoi suoi nipoti.. (1)
28. — Al mese d'ottobre, il P. N. Ferdinando havendo di partire per le sue visite, volse prima ristituire nelle mani di monsig^® Pietro, patriarca delli Soriani, un sacchetto 6 cassa nella quale vi era l'argenterie di sua chiesa, e detto monsig'"® patriarca disse a N. detto P. Ferdinando di rimettere il detto sacchetto al sig^® Paolo Maunier. Doppo la partenza di N. P. Ferdinando, li heretici dimandarono, per mezo del Bascia di Bagdat, il quale si trovava nella città, le dette argenterie ; e come monsig'^ Pietro s'era nascosto e
( 1 ) Dont l'un, nommé Alexandre, mourut de la peste en route, assisté par le P. Ferdinand de Sainte- Liduvine.
non si trovava, li heretîci fecero pigliar priggione il procuratore di detto monsig''® Pietro, chiamato Aslan ebn Dabouzi; il quale vedendo Paolo Maunier, fu costretto di restituire alli heretici l'argenterie.
29. — Doppo questo^ li heretici volsero perseguitare il detto monsig" Pietro, e sapendo che egli era nascosto in casa d'un christiano Maronita, chiamato Hanna EI-Budi (1), lo citarono inanzi il Cadi, e lo fecero enregistrare lui e li suoi duoi vescovi nel libre del tributo, cioè Karag ; e questa ultima persecutione fu causa che il detto inonsig^® Pietro fu obligato di fugire in Tripoli, lasciando qui monsig^® il vescovo Reskallah e monsig^** il vescovo Isahac. Doppo la partenza di detto monsig'*® Pietro, li missionarii giudicarono bene che il vescovo Isahac si mandasse in Constantinopoli ; il quale parti alli 27 décembre, et il vescovo Reskallah restô qui, nascosto in sua casa.
1693 : 30. — Adi 3 di genuaro, gionse qui N. P. Ferdînando venendo dalle sue visite di Tripoli e monte Libano, e del S. monte Carmelo. Doppo la visita fatta in Tripoli, N. d*^ P. Ferdinando s'accamino in Acri, dove trovô li nostri Padri del monte Carmelo, i quali erano fugiti cola, havendo solo lasciato un Padre et un Fratello nel monte Carmelo ; e questi duoi se retirarono anche in Acri, abbandonando il s*^ luogho, doppo havere nascosto li mobili délia casa. La causa di d*^ fugita fu che l'emir Nasser delli Arabi havendo pigliato un commandamento délia Porta per havere il govverno del paese del Carmelo, e questo émir havendo riputatione d'esser tirauno, timendo i nostri Padri qualche tirannia di d^ émir, nel tempo délia pagga del tributo, giudicarono bene di fugire e di prevenire il d^ tempo del tributo, accio fossero confirmati da l'emir i nostri privilegii, prima di ritornare, et agiustare li nostri aftari da lontauo, conforme si è sempre usato in simili occurrenze.
31. — Adi 22 di gennaro essendo gionto qui il N. P. Ferdinando e sentendo che il patriarca heretico delli Suriani perseguitava sempre più li catholici di sua natione, e anche sparlava contra li Franchi e li missionnarii, fece instanze appresso il sig'® ill°^^ Console di Francia accio serrasse la bocca a questo heretico per
(1) C'est, croyons-nous, le futur Supérieur général des moines Libanais^ et l'auteur de la notice de ^Abdallah Qara'ali, que nous avons éditée dans le Machriq en 1907, et tirée à part.
mezzo dellî Turchi. In questo fatto, il sig''® Paolo Maunier, turciraano délia natione, si comporté bene ; perche havendologli parlato al Cadi, questo fece chiamare l'heretico, e doppô haverli fatto una buona capillata con dirli che se mai ardiya di sparlare contra li Franchi, 6 impedirli di andare nelle case delli christiani, conforme ne havevano potere dalla Porta Ottomana, lo farebbe impiccare ; e Yolendo l'heretico rispondere a questa minacia, fu scaciato di la con scorno e colpi sopra la testa^ che li diedero la gente del Cadi. Ma havendo li missionarii sentito doppo questo scorno che Theretico hayeya non solo sparlato contre li Franchi e li missionarii, ma anche contra il Re di Francia, con dire che haveva egli calpestato la corona del Re di Francia, ch'era heretico, maledetto, infedele, etc. del quai tutto erano testimonii, li missionari fecero nove instanze appresso il sig'^ ill™^ Console, acciô lo facesse castigare.. (1)
32. — Adi 23 maggio, N. P. Ferdinando vedendo la grand nécessita nella quale si ritrovava monsig'® Reskallah, arcivescovo delli Soriani^ essendo egli nascosto in sua casa da duoi anni e mezzo, senza nissun soccorso délia sua natione catholica, rapresenti alli altri duoi superiori, cioè quelle delli Giesuiti e quelle delli Capucini, esser necessario che li tre superiori scrissero alla S. Congregatione in favore di d^ monsig^® Reskallah, accio li fosse assignata una pensione annuale di settanta cinque scudi romani, si come la S- Congregatione l'haveva assignata a suo predecessore monsig^® Bena, arcivescovo delli Soriani e fratello di monsig^® Andréa, patriarca defunto. La d^ propositione fu accettata, et all'hora nostro P. Ferdinando scrisse la lettera e la fece sottoscrivere alli altri duoi superiori, e fu indrizzata a nostro procuratore générale in Roma.
33. — Adi 10 ottobre venue la nova da Constantinopoli come monsig^ Isahac haveva ottenuto, per mezo deU'Ambasciatore di Francia, un katscierif dal Grand Signore per scacciare Theretico e ristabilire monsig'*® Pietro catholico ; et in fatti, al mese di novembre, habbiamo ricevuto nova come il d^ monsig^ Isahac era partito da Constantinopoli con il katscierif.
(1) Cette tentative ne réussit pas. Les missionnaires la reprirent à pioBieiU'S reprises, dans le courant de cette année. Mais le drogman du Gonaoiat, Paul Maunier, la fît toujours échouer. Les missionnaires et les marchands a*adre»8èrent même à Tambassadeur. sans plus de succès.
34. — Adi 6 décembre gionse qui da Constant inopoli monsig'^ Isahac con il katscierif^ e l'istesso giorno, verso li tre doppo mezzo di, fu sigillato il detto kat scierif àa,l giudice délia città, in presenza dell'antipatriarca, il quale fu scacciato, il cattolico rimesso, doppo tre anni di depositione. Subito che fu sigillato il kat scierif, il governatore délia città diede una veste a monsig'*^ Pietro, patriarca, una a nionsig*^' arcivescovo Reskallah, e altra a monsig^ arcivescovo Isahac, et accompagnati da una graa moltitudine di gente, furono condotti dalla casa del d^ governatore sino alla loro chiesa, e passando innanzi la chiesa delli Greci e Maroniti, fu ricevuto da questi nelle loro chiese, del clero, e da medesimi accompaguato sino alla chiesa delli Soriani, con canti et himni.
35. — Adi 7 décembre, monsig^® Pietro, patriarca, con i suoi arcivescovi obligarono li heretici di ristituire l'argenteria délia chiesa, la quale haveva nascosto l'antipatriarca poco prima di sua depositione, temendo di esser surpreso dal catholico ; ma questo heretico s'era servito per spoliare la sua chiesa da d'^ argenteria del pretesto che li Turchi non venissero nella chiesa e vedendo eglino tante argenterie, non la pigliassero per forza. Furono obligati li heretici di ristituire la d* argenteria al patriarca catholico.
36. — In tanto l'antipatriarca heretico con li suoi heretici facevano l'ultimo sforzo per ripigliare un novo commandamento dalla Porta per scaciare il catholico ; ed a questo fine niandarono in Constantinopoli un certo Armeno, chiamato il Coiomgi, con una somma di danari. Il quale sentito dalle altre nationi, doppo la partenza di d° Coiomgi^ li Greci, Armeni e Suriani catholici e Maroniti andarono al giudice del paese, e dimandarono un huget contra il d^ Goioingi, come huomo avanista e seditioso, ed incapace di intrigarsi nelli aflari delli christiani. Il d° huget fu mandate alT Ambasciatore di Francia.
37. — La vera causa del ristabilmento di monsig^ Pietro, Tutti li christiani del paese, tanto heretici come catholici, se
sono assai ammiravigliati che li Franchi, essendo tanto potenti appresso li Turchi, tanto qui come in Constantinopoli, con tutto cio non potessero ottenere un commandamento per scacciare l'heretico, montre questo otteneva tutti li commandamenti che voleva, per mezzo di suo fratello, chi era un luiserabile christiano orbo, senza potere, senza nome e senza danari^ senon quelle che li mandava l'antipatriarca heretico, suo fratello ; ed anche questo orbo man-
giavaassai del danaro che li era mandato. E certo non senza gran raggione se ammiravigliava tutta la gente di questo procedere, in maniera taie che il patriarca catholico appogiato qui dal sig^ Cousole e délia natione Francese e da i missionarii, ed in Constantinopoli dair Ambasciatore derRe christianissimo, il quale, per causa délia pace che era tra il Re christianissimo ed il Turcho, bastavali dire una sola parola per ottenere quanto vole va, e con tutto cio, il patriarca catholico fu deposto Tespacio di tre anni, obligato di fugire in monte Libano, mentre li heretici trionfavano e schernivano i Franchi, con rimproverarli loro debolezza, ed anche havendo eglino battatto alcuni missionarii, senza castigho délia loro temerita. Ma quelle che più penetrava il cuore delli missionarii d'un vero dolore era il vedere che Theretico andava distrugendo tutto il bene che li antichi nostri missionarii havevano fatto nella natione Soriana, con molto sudore, per redurla nel grembo délia S^ Chiesa e fede catholica, e questo maie andava sempre crescendo per il lungho ritardamento del ristabilimento del patriarca catholico.
Che già stato ritardato questo negotio non fu colpa delli missionarii^ i qualli non hanno lasciato alcun mezzo possibile per farlo riuscire ; ne scrivessimo più e più volte air Ambasciatore del Re christianissimo alla Porta, più volte anche al confessore di Sua Maesta^ in Parigi ; mandassimo un procuratore, huomo habile per tali negotii, con grand spese e con danari^ in Gonstantinopoli ; e lemeudo poi che il d** procuratore non opérasse con sincerità, vi ando monsig^ Isahac, arcivescovo di Mossoul. Ma il tutto riusci vano ; l'Ambasciatore, il quale havea ricevuto due lettere délia Corte per questo effetto, non solamente non volse mai intraprendere d° negotio, ma si dimonstrava contrario in esso. Lo perche, non lo sapiamo ; ma s'é sempre creduto che qualche traditore appresso di sua peraona li faceva intendere che questo negotio era impossibile ; e TAmbasciatore temendo di non riuscire, non vi voleva mettere la mano, per non scemare délia sua riputatione ; oltre che havendo, ( a quel ch'egli diceva ), altri negotii più premorosi, non voleva intromettersi in questo, per non pregiudicare agi* altri.
38. — Già comminciavamo di perdere speranza, quando N. P. Ferdinando, a chi toccavano tutti i negotii del patriarca Pietro, inspirô al d^ monsig^ Pietro di scrivere una lettera alla Sorella Luisa délia Misericordia, religiosa nostra Carmelitana scalza, nel
— Ifi —
gran convento dell* Incarnatione di Parigi^ altre yolte Madama La Vallière ; la quale essendo entrata in religione per far penitenza e piangere le colpe passate, non s*occupaya senon in opère di pietà e di servigio di Dio. La d* lettera che fu composta in arabo, con la sua translatione in francese, representava il gran maie che faceva riieretico, quelle che pativano li buoni oatholici, e la perdita délie anime delli Soriani, e del bene che haveano fatto tanti missionarii da cinquanta anni in qui. In somma e per conclusione pregavamo la d^ Sorella Luisa d'interporre la sua mediatione appresso del Re per procurarci una lettera di Sua Maesta per il suo Ambasciatore alla Porta.
Ne havessimo benignissima risposta col dir che non solo yi si impiegherebbe, ma anche pregharebbe tutti i prelati i più zelanti e yirtuosi, e che haveano accesso appresso il Re, per farlo riuscire. Ed in fatto^ colla prima naye che gionse in Constantinopoli ricevé l'Ambasciatore una lettera di Sua Maestà di proprio pugno, nella quale li commandava che, lasciando tutti gl' altri negotii, havesse premieramente per fine a quelle del patriarca de Suriani ; il che fece che havendo chiaraato a se monsig^® Isahac, — il quale disperava già di poter riuscire, si per la potenza délia parte adyersa, si per mancanza di danari, volendoyi più di dieci mila scudi ; ma anche perche li fu dette in secretto che il d^ Ambasciatore contrariava questo negotio secretamente, — li disse che stasse di buon animo, e che questo non era più il suo negotio ma quello del suo Re, e pigliô in fatti la cosa con tanto zelo e tanto labore, che pocchi giorni doppô, cioè il giorno délia gloriosa Assomtione délia Madonna, ottenne un commandamento che chiamano Kat scierif^^ i»> ( sic ) di proprio pugno del Gran Signore, e questo fu delli più forti che mai sia uscito délia Porta Ottomana in fayore delli patriarchi ; e cosi l'Ambasciatore, che era contrario a questo negotio, yinse con distrezza tutte le difficolta e le oppositioni che furono grandissime, e diede fine a questo negotio tanto importante alla fede catholica, il quale fu procurato d*una nostra monacha, senza la quale forse non sarebbe mai ritornato il patriarca Pietro in sua sedia.
1694: 39. — Adi 10 luglio 1694, il sig^« ill°^*> Console fece chiamare in sua casa li tre superiori, cioè Giesuita, Capucine e Carmelitano e li duoi deputati délia natione, il sig'® Garnier ed il sig^® Sauyon. Si ritroyô anche là il mufrian Isahac e li duoi turcimani. Il sig^ Console fece lettura délia lettera scrittali da monsig^
TAmbasciatore, nella quale si scriveva corne havendo egli sentito cheil procuratore deirantipatriarca haveva pigliato un commandamento del secretario del Gran Signore per scaciare monsig"* Pietro, che subito era andato dal Gran Visir, il quale non haveva parte del d® commandamento, e percio il gran Visir se fece portare il d^ commandamento, il quale fu straciato dal d*^ gran Visir, in presenza dell' Ambasciatore, ed il gran Visir diede al d^ Ambasciatore un novo commandamento confirmando monsig^ Pietro ; di più il d° Ambasciatore havendo mostrato al gran Visir Vhuge contra Tantipatriarca, come questo haveva sparlato contro il Re christiaûissimo, il gran Visir li diede un commandamento indrizzato al Cadi ed al governatore di questa città d'Aleppo, accio l'antipatriarca fusse scaciato di questa città e mandate in esilio...
40. — Adi 20 luglio 1694, li procuratori délia natione Francese presentarono al Cadi il commandamento contra Theretico, e dimandarono che fossero pigliati li suoi procuratori priggioni, accro questi scoprissero il patriarca heretico...
Adi 26 luglio, li heretici furono tanto spa venta ti che temendo qualche cosa di peggio di quella che li era accaduto, fecero partire il patriarca heretico ( Goerghis ) di notte, doppo esser stato nascosto tre giorni tra li dervise di Sciek Abou-Becr, e doppo vennero trovare il patriarca Pietro protestando che era partito il d^ giorno e ch*era andato a Kelles^ e di là à Hantab, per ritirarsi nel suo monasterio.
41. — Adi 29 agosto, gionsero qui le belle di monsig""® Elia, il quale essendo nella missione délia Persia, da incirca dieci sette anni, ed essendo vicario provinciale di cotesta missione dellaPersia, fu nominato vescovo d'Hispahano circa il mese di luglio di l'anno passato 1693, ed al mese di luglio di l'anno sequente 1694, il dette monsig'^ Elia fu scacciato da Giulfa, con tutti nostri religiosi, dalli heretici, per commandamento del re di Persià, e fu da detti heretici destrutta la chiesa già commiuciata in d^ Giulfa, con somme dolore esborso didanari dalli signori Scirimani, buoni catholici, fondatori da d** vescovato ( 1 ).
1695 : 42. — A di 25 aprile 1695^ gionse qui un capigi inviato dalla Porta con un Katscierif, il quale fu date air occa-
(1) Cf. Voyage d'un Missionnaire {P. VtlloUe S. /.), p. 411, 428 etc.
sione délia perdita dell' isola di Scio, riconquistata deirarmi Turcheschi. Doppô che li Turchi hebbero riconquistata d* isola, gl' heretici di essa persuasero a Turchi che li religiosi Franchi, i quali soggiornavano in d^ isola, erano quelli che havevano chiamati i sig" Venetiani, e che ne havevano facilitato l'entrata per mezo di loro discepoli, i quali havevano abbracciati la religione del Papa. Per questo, il novo Gran Signore diede un commandamento sottoscritto di proprio pugno, e lo inviù a tutti i giudici e governatori di suoi stati, con ordine di far esatta ricerca di religiosi inviati dal Papa, e farli subire pêne gravissime, ed in fine scacciarli dall' impero Ottomane.
43. — Essendo dunque arrivato il d^ commandamento in questa città d'Aleppo, il Cadi volse metterlo in esecutione. A questo effetto fece chiamare i turcimani délia natione, che venissero in sua presenza con tutti i missionarii Franchi. Li turcimani comparirono soli e trovarno il Cadi assai adirato, e massime perche non havevano comparse i religiosi con loro, minacciando di farli dare a ciascuno ducento bastonate e farli mettere in catena in un fondo di fossa, in fino a tanto che venisse ordine da Constantinopoli di farli morire. Risposero i turcimani che prima di fare comparire i religiosi nella giustitia, si deveva avisare il sig™ Console, e la cosa deveva rimettersi sino il domani.
44. -— Avisato che fu il sig^ Console, fece subito convocare una assemblea di sua natione e di 4 superiori di missionarii, nella quale fu conchiuso che li religiosi non dovevano comparire nella giustitia, se non vi fossero costretti per forza ; e la natione si offeri di sborsare tutto il denaro necessario per deffenderci.
45. — Il domani, li turcimani andarono dal giudice e, con un donativo di duceuto piastre, lo placarono contentandosi che li religiosi restassero nelle loro case, senza uscirne fuora.
40. — In tauto, il giudice haveva gia chiamato li patriarchi e capi délie nationi Greca, Armena, Suriana e Maronita, e doppô havere letto il commandamento del Gran Signore, li commande che, sotto pena délia vita, nissun christiano ricevesse in casa sua li missionarii, ne havesse coramunicatione con loro, e che quelle che li haverebbe dato introito in sua calsa, sarebbe impiccato a sua porta.
47. — Non è credibile quanta la disgratia avenutaci inanimô e diede coraggio alli heretici. e particolarmente a i Soriani, i quali
presero di questo occasione di presequitare monsig''® il patriarca PietPO, li arcivescovi e li altri catholici, dicendo che erano Franchi e sommessi a Sua Santità, e che si era predicato più volte in chiesa che chi non era suddito del Papa, non era vero christiano. Li menorono per questo più volte avanti di giudici ; si rebellorno contra di loro nella chiesa, in fino a levarli per forza deir altare, e con le loro mani sacrileghe levarli gl' habiti sacerdotali, con percuoterli di raolti colpi, per non haver voluto levare la pietra sacra che haveano posto, seconde l'uso délia Chiesa Romana, e per non haver voluto fare commemoratione di Dioscoro ed altri heresiarchi ; e radunandosi più volte avanti il palazzo délia giustitia Turchesca, gridavano ad alta voce : Figliuoli diMahometto, noi siamo soggetti del Gran Signore, non riconosciamo altro principe ; non voglianio esser Franchi, ne sudditi del Papa.
48. — Ma in tutta questa persecutione, che non ha ancora havuto sua simile del tempo che sono stabiliti i missionarii in queste parti, hanno mostrato questi degnissimi prelati un corragio indicibile, non solo il patriarca, ma anche monsig^ Reskallah, arcivescovo di Aleppo, raonsig^® lessoue, arcivescovo di Gerusalemme, e li altri sacerdoti e principali catholici, accompagna ndolo in tutte le occurenze ; ma sovra tutti, il suo coadjutore, raonsig'® Isahak, arcivescovo di Mossol, si è fatto conoscere per zelantissimo diffensore délia religione catholica, opponendosi coragiolamente al furore degl' heretici, animando quelli che tra li catholici temevano la persecutione, confirmando quelli chi vacillavano ; e benche dal principio paressero le cose totalmente sconcertate, è stato sempre intrépide, e con un zelo veramente mirabile, diceva sempre che non permetterebbe mai, quando se li dovesse tagliar la testa, che si nominassero, ( corne era Tintento degl' heretici ), i sopra nominati heresiarchi.
49. — Ed in fatti, pigliandosi l'incombenza di riuscire in questo negotio, seppe tanto bene colla sua prudenza coudurlo a fine, conciliandosi l'animo di giudici e grandi del paese, e (U)lle sue raggioni, e con denari, che fece ricadere sovra gl' heretici tutto il maie che pretendevano fare a i catholici ; ed i lamenti di quelli son stati rigestati, e li autori di essi puniti con bastonate, come seditiosi. In somma Iddio benedetto ha cavato da questa persecutione che minacciava tutta la catholicità, un più gran bene^ essendo che
questo novel sforso deir heresia ha servito per affermire davantaggio la religione catholica nella natione Soriana, poiche il Cadi o giudice diede una sentenza in scritto, chiamato huget, col quale prohibisce a Soriani di nominare nella messa sovra accennati heresiarchi ; ed i catholici ne presero tre copie per inviarle in Constantinopoli, per ottenere un coramandameuto, accio non solo non si facesse commemoratione di loro in questa chiesa d'Aleppo delli Soriani, ma ne anche in tutto Timpero Ottomane.
50. — Questa vittoria delli catholici sopra li heretici non fu senza spese di denari ; e come il patriarca Pietro si trovava assai indebitato prima, diraando alli superiori missionarii qualche ajuto ; 6 percio, benche i detti missionarii fossero indebitati, e che non fosse l'uso di imprestar denari alli patriarchi, con tutto ciô fu giudicato bene che in questa occasione i d^ missionarii dovevano concorrere in essa, ed ogniuno di essi impresto cento piastre, che fecero trecento piastre in tutto, e ne presero dal patriarca una ricevuta, colT obligho di esser rimborsati col primo denaro, che doveva venire da Roma, per il d*' patriarca. Ed in fatti, tre mesi doppo venne alli Cappucini trecento piastre da Roma, ed altre trecento piastre al P. fra Ferdinando, per monsig^® patriarca, délie quali furono cavato le trecento piastre che li superiori havevano imprestato al patriarca ; ed in questo modo, furono i Soriani catholici liberati del maie che se temeva dalli heretici, non solo aile persone loro ed a i loro bene, ma anche alla fede catholica, che correva pericolo délia sua ruina totale, se li heretici havessero spontati appresso li Turchi che se nominassero alla messa gl' heresiarchi come pretendevano. Ma Iddio benedetto fece riuscire questa persecutione alla sua maggior gloria.
51. — In tanto li missionarii restarono rinchiusi nelle loro case, abbandonati da ogni soccorso humano. aspettando quelle che farebbe l'Ambasciatore del Re chrlstianissimo, al quale scrissero alli 28 aprile, pregandolo di ottenerli un commandamento dalla Porta rtccio fosse dichiarato che li missionarii Francesî non erano compressi nel editto del Gran Signore, emanato ail* occasione délia presa del' isola di Scio ; e per facilitare il d^ commandamento dall* Ambasciatore, li RR. PP. missionarii fecero premorose instanze appresso il sig**® Console accio fosse pigliato dal Cadi una attestatione, che chiamano un ars innostro favore, nella quale dichiarasse che doppô moite ricerche, non haveva trovato che li missionarii
facessero nissuna turbuleiiza, ma che approfitavano tanto alli christiani sudditi del Gran Signore, mantenendoli sotto Tubedienza
\ ' di esso, corne anche alli Turchi, daudo loro rimedii gratis, e che in
l somma i d^ missionarii essendo sotto la protettione di Francia, non
erano compresi nel editto del Gran Signore. Questa attestatione delCadi in favore delli missionarii fu pigliata adi 4dimaggio 1695,
I e f u subito mandata airAmbasciatore.
/ 52. — Pareva che con questa attestatione del Cadi, dovessero
esser rimessi RR. PP. missionarii nel libero e solito esercitio délia missione ; ed in fatti haverebbono havuto loro intento se il sig'® Console ci havesse datto la protettione, ed havesse dimandato al Cadi che fossimo rimessi. Ma il sig^*^ Console, tanto per cause di sua età di 64 anni, il che lo rende pocco habile ail* officio suo, tanto per la pocca inclinatione che tiene per li religiosi, non fu mai possibile che apprisse la bocca in favore de i missionarii, benche pochi giorni doppù, il à? Console andasse dal Cadi in favore delli hebrei, chi sono sotto la protettione.
53. — Non se puol esprimere il dolore delli buoni christiani catholici, tanto delli Maroiiiti come Soriani ed alteri, in vedere li missionarii rinchiusi nelle loro hospitii, senza potere cavare li ordinarii soccorsi, tanto spirituali come temporali, come erano soliti di cayarne prima.
54. — Veramente alT hora si connobbe il bene che facevano i missionarii per la privatione di esso, ed anche fu patefato che li soli missionarii erano quelli che impedivano molti mali, e che ajustavano, con la loro prudenza, moite discordie.
55. — Ed in fatti, al mese di giugnio, mentre eravamo rinchiusi nelle nostre case, successe qualche turbulenza tra gli Maroniti, air occasione d'un vescovo dell' istessa natione, chiàmato mutran Giorgios, discepolo di Ro:na, il quale fu mandate qui dal patriarca delli Maroniti, di stabilirvisi e scaoiarne il légitime pastore mutran Gibrail. Il dette vescovo Giorgios essendo giunto qui, nascose la sua intentione di stabilirsi, délia quale era con^apevole il patriarca, sotto il proteste di esser fugito dal monte Libano per causa délia persecutione delli Amedei. Ma la natione Maronita, vedendo che questo vescovo pretendeva che lo nominassero nella massa, come vescovo d'Aleppo, e sapendo che il dette andava seminando discordie tra gl* uni e tra gl' altri, fecero grand rumore e gli dissero che se ne ritornasse presto nel monte Libano, minaciandolo
di accusarlo alla giustitîa Turchesca, corne disseminatore di discordia, corne in fatto era ; il quale vedendo che non vi era modo di introdursi in questa città, se nando al monte Libano, ed arrivato che fu dal suo patriarca, semino assai zizania ; il che fu causa délia divisione di questa natione in duoi partiti, di Edenisti e Bisciarenisti, nomi pigliati da duoi villagi del monte Libano, cioè di Eden, patria del patriarca, e di Bisciarei. (1)
56. — 11 Cadi ci diede un scritto autentico, chiamato huget [2) nel quale dichiarava che non eravamo compresi nel editto di Scio, e che potevamo far la missione tra gli christiani, al solito nostro. Questo fu dato alli 10 di settembre, quatre mesi e mezo doppo la venuta del editto. Parlassimo alli Padri di Terra Santa se volevauo intrare nella spesa ; ma non valsero mai ; e le 300 piastre cascarono sopra gli Giesuiti, Capucini e noi, 100 piastre per uno...
57. — Dal principio del missione, gli missionarii Giesuiti, Capucini e Carmelitani erano in posseesso di predicare in arabo tutte le feste di Tauno^ e s'erano spartite le d® feste tra di loro, in maniera taie che a vicenda ogn' uno di tre missionarii predicava per tre mesi tutte le feste che sMncontravano in essi^ nella chiesa delli Maroniti, detta Mar Elias, eccetuato le domeniche che non si predicava, per causa délia gran calca délie altre nationi, Greci ed Armenî, li quali hanno le loro chiose nella istessa corte di quella delli Maroniti. Nelle d® piediche si trovavano non solamente gli Maroniti, ma anche molti huomiui e donne délie altre nationi, (ireci, Armeni e Soriani, concorrevano a sentirle, del che ne riusciva grandissime frutto per l'anime e per l'instruttione di molti. (3)
1696: 58. — Alli 11 di marzo 1690, vennero lettere da Constantinopol', con la nova che il patriarca Pietro catholico delli Soriani era deposto di sua sedia da un heretico chiamato Guerghis o Giorgio di Mardin. Venute d^ nove, il sig''® Paolo Maunier fu di parère che monsig'*® patriarca Pietro, con li suoi vescovi, fugissero in Roma. Ma gli missionarii stimarono bene che restasse qui qual-
( 1 ) NouR donnerons plus tard les documents relatifs à cet incident.
(2) Obtenu ])ar Tentreiuise du schammas Elias, Maronite, comme il est dit ailleurs, dans? le même diaire.
(3) Ces prédications furent reprises le 14 septembre, « benche vi fosse timoré, dit le texte, che Tarciprete delli Maroniti non vi mettersi ostacolo, per non osser egli troppo affettionato alli missionarii.»
cheduuo delli vescovi', per non âbbandonnare la chiesa in mano
delli heretîci prima del tempo ; il che fu esequito, essendo che il
patriarca, con il vescovo di Gerusalenime, monsig^® lesoue, parti-
rono soli per Alessandreta, alli 19 di marzo 1696, lasciando qui il
mufriano Isahac e l'arcivescovo d'Alepo monsig*'^ Reschalla (1).
59. — A di 20 aprile 1696, giorno di Venerdi santo, gionse qui da Constantinopoli il mufriano heretico, fratello del patriarca heretico, con un comraandamento délia Porta, addomandato Katscieri/j il quale fu registrato Tistesso di, e gli heretici furono messi in possesso délia chiesa delli Soriani, ed il mufrian catholico fu scacciato, doppo haver egli predicato la passione a mezo di de Tistes30 giorno; ed alli 22, giorna di Pasqua^, se retirù nel campo detto del Tuton ou tobacco.
60. — Doppo la Pascha, li procuratori delli Maroniti temendo non fosse fatta qualche vania alla loro natione dall' heretico, per causa délie prediche in arabo che facevano li missionarii nella loro chiesa, fecero instanza dal sig^^ Console accio li missionarii non predicassero nella loro chiesa, sin a tanto che la furia delli heretici fosse acquetata
..Fecere predicare loro prette alunno di Roina, chiamato cassis Botros, (2) ne mai volsero aramettere aile prediche in arabo li missionarii, massime alP instanza d'une delli primi procuratori, chiamato IlSutoc.
61. — Al mese di maggio del corrente anno 1696, il coadjutore di monsig'^ Pietro, il mufriano Isahac, si messe in testa di scacciare il patriarca heretico, e di remettersi per mezo del Bascia, offerendoli danari a questo fine ; questo dissegno fu un parte di sua testa, senza consul tar nissuno, ne le missionarii anche... A questo fine si porto dal Bascia, spose il suo caso e li ofi'eri due mila piastre. Il Bascia vedendo un tal boccone che se li ofleriva, li rispose che la cosa si poteva fare, ed era riuscibile ; ma che bisognava prima ch« il d^ mufriano ne facesse la prima instanza al giudice, e che poi lui farebbe il restante.
62. — Non si sa come li heretici hebbero notitia ed aviso di quanto hâve va operato il mufriano con il Bascia, ma ben certo che il domani, quando il mufriano volse andare dal Cadi, vi si trovorno
( 1 ) Dans le diaire, récriture change souvent ainsi que l'orthographe. (2) Toulawi. Cf. Machriq 6 : 771.
il patriarca heretico accompagnato da più di trecento heretici di sua natione, lî quali cridavano doinandando giustitia dal Cadi contra un huomo che voleva far annulare il coraraandamento del Gran Signore, per farli Franchi e sudditi del Papa, cridendo ad alta voce : « non vogliamo essere Franchi ; siamo sudditi del Gran SigHore, e vogliamo vivere e morire tali, etc. » Si che il Cadi fece dare la bastonata al d^ mufriano senza sentirlo, e fece chiamare da la gl* altri pretti catholici, al numéro di sei, alli quali fece anche dare la bastonata^ in presenza delli heretici ; e doppô li mando priggioni dal Bascia, conforme ail' uso, per farne il castigo.
63. — Il Bascia havendoli tra li mani, li fece caricare di catena^ e massime il mufriano, al quale domando le 2000 piastre che li haveva promesse ; e non vi fu da replicare ne mod,o di aprir la bocca per dirli che le d® 2000 piastre erano promesse supposito la buona riuscita del negotio in suo favore ; ma li bisogno di tacere e di cercar e trovar le d^' 2000 piastre. Restarono cosi priggioni quàlche settimane ; ma vedendo che questo non rimediava al maie, e che nissuno si offeriva di respondere per loro, ne per le 20(X) piastre, il mufriano fu obligato di domandar al Bascia perniissione d'uscire di priggione sotto buona cautione, per cercar e trovar il d^ denaro : il che lui fu permesso, restando graltri priggioni del Bascia.
Il mufriano uscito di priggione, venue dalli Padri di Terra Santa, e fece chiamare li tre altri superiori, cioè li Capucini, Giesuiti e Carmelitani ; questa assemblea si fece présente il sig*^ Paolo Maunier, procuratore del mufriano, delli Padri di Terra Santa e delli Capucini. Il mufriano comminciô a dire che Iddio rhaveva castigatn, e come lui era impossibile di trovare 2000 piastre che li demandava il Bascia, pregava li quatre religioni di trovarli tra di loro la meta del somma, cioè 1000 piastre (1).
64. — Alli 16 di luglio, giorno délia Madonna del Carmel, successequi la gloriosa morte d'un giovane Armeno di questa città d'Aleppo, chiamato Baali, buon catholico e discepolo delli missionarii, il quale fuabbrusciato vivo per la fede. Costui essendo molestato la sera delli 16, proferi di colera qualche imprecatione alli
(1) La somme fat enfin trouvée, les prisonnieiM délivri^s, et le mufrian partit pour Constantinople, et de là pour Rome.
or
istessi Turchî, e disse qualche parolle contra la loro lege. Questi
sentendo di sua bocca siiuile parolle, lo raaltratarono con strapazzi
e batitura ; e perche era già nolte, lo lîgarono accio non fugisse ; e
il domani par tempo lo portarono dal giudice con accusarlo fiera-
mente d'haver bastiemato la lege di Mahometto e le loro propheta.
Il christiano fu interrogato, havendosi cli'era pazzo ; egli riâpose
che non era pazzo, e confessô haver egli proferito le parolle délie
quale era accusato ; e benche li havesse detto per colera, essendo
maltraiato dalli ragazzi Turchi, perù le confermava dicendo che
Mahometto era nel inferno, etc.
Il giudice sentendo questo, lo fece condurre alla priggione ; e corne la causa li pareva grave, fece radunare da se il divan, cioè li principali e grandi delli Turchi, ed havendo portato il christiano in loro presenza, li dissero che certamente era pazzo , ma che li sarebbe pardonato, se voleva abbrasciare la fede di Mahometto ; egli rispose, corne prima, che non era pazzo ; ed a questo li demandé un libre per légère e farli vedere che non era pazzo ; ma confermava quanto haveva detto contra Mahometto ; che la loro lege ingiusta commandava che egli fosse abbrusciato vivo, il che egli ricercava come un segnalato favore, e poi indirizzando la parolla ad giudice, li disse : « Tu che sei giudice, dovereste giudicare qualle è la vera fede e la falsa, e non ingannare il popolo, con dirli che la lege di Mahometto è la vera». Doppo questo rimprovero, fu da quella assemblea condannato unitamente d'esser abbrusciato vivo.
Subito data la sentenza, fu commandato dal giudice che sapparechiasse un gran fuoco nella piazza delli christiani, chiamata Gedaidé, e la legna ministrata dalli christiani, dove fu condotto il christiano, le mani legate in dietro. Subito che il d® fu giunto alla gran piazza, e che vede il fuoco accesso, commincio ad affrettare il passe, in tal maniera che li Turchi, che lo conducevano, dicevano : vedete questo maledetto ; pare che va alla nozze. Ed alcuni di loro mormoravano di quella sentenza. Arrivato che fu vicino al fuoco, li ligarono le mani con li pedi in modo di gomitolo o una palla con le funi, e lo gittarono in mezo délie flamme, senza che mai dicesse una parolla, ne crido, ne lamente. Essendo egli nelle flamme, e questo havendo abbrusciato li lagumi, si dirizzo in piedi, ed all'hora un Turcho delli circonstanti li diede un gran colpo d'una stanca nella testa in dietro, e lo fece cadere sopra la faccia, e non si musse più, e si crede che mori del colpo.
Quando lo gittarono nel fuoco, era in cîrca un hora doppo mezo giorno e resto brusciendo tutta la notte sequente ; e poi li Turchi fecero un montane délie cenere, e posero guardie e si vendevano alli chistiani. Alcuni di loro havendo^ doppo assai tempo, mèsso le cinere o osseti di questo martire neU'acqua e bevendola, guarivano dalla febre.
1698 : 65. — Alli 18 di gennaro di questo anno 1698, grheretici Soriani hanno accusati gli catholici appresso il Bascia sotto il nome di Franco, e questo fu machinato da un cativissimo avanista di d^ natîone, chiamato Abtl-el-Ouahed, il quale per causa di sua malitia ha acquistato il cognome di Pilato, appresso li catholici, cio è traditore di Christo e di Christiani.
In questa avania, questo arrabiato heretico per meglio coprire la sua malitia, si fece pigliare priggione il primo, e vi stote 203 giorni , e poi alli 17 di d^ mese usci di priggiono e fece pigliare 6 catholici priggioni. E come la sua principal intentione era di fare pigliar monsig'^^ Reskallah, arcivescovo delli Soriani, santo catholico, lo fece cercare con ogni diligenza, ma indarno, perche s'era già nascosto. e non lo possero trovare.
Alli 23 gennaro li catholici priggioni per liberar^i délia priggione, trattarono di tagliare l'avania, laquale fu tagliata a 900 piastre, senza le altre spese, le quali fecero in tutto 1500 piastre, pagabili dalli soli catholici. Ma questi fecero instanza appresso ad Aali aga, capigi, offerendoli 100 piastre accio facesse cascare Tavania sopra tutta la natione Soriana ; e per mezo suo cascô la meta sopra li heretici e la meta sopra li catholici.
66. — Alli 28 agosto di questo anno 1698, gionse qui un patriarca Armeno, chiamato Gregorio, il quale haveva fatto professione délia fede catholica, qualche anni prima ; ed essendo scaciato da un altro patriarca, addomandato Matheos, Gregorio se n'ando in Roma, dove stete qualche anni. E questo anno, essendo ritornato con un novo commandamento per scaciare Matheos, questo Taccuso dalla giustitia Turchesca di essere Franco, e che veniva délia parte del Papa, per far li suditi del G. Signore suditi del Papa : il che fu causa che Gregorio fu messonell:^ catene, con alcuni altri catolici ; e doppo alcuni giorni di priggione, ne uscirono con una vania ; ed alli 7 settembre, Gregorio fu obligato di andarsene altrove di questa città , doppo haver excommunicato 5 6 6 persone di d*^ natione Armena.
E da notare che Matheos se fece amîco delli Franchi prima che venisse Gregorio, e si dimostrava catolico ; e per meglio guadagnarlo, li religiosi missionarîi li fecero un regalo d'una vesta di 22 piastre, per non haverlo contrario alli catolici ed alla missione. Ma l'unoe Taltro erano hipocriti, e non si curavano délia fede catolica. E ben vero che ne Tuno ne l'altro ricercarono li catolici, ne li diedero mai alcun travaglio, ne alli missionarii Franchi.
1699 : 67. — In questo anno 1699, mori quella Turca fatta christiana e batezata dal R. P. Giuseppe Angelo, al mese di settembre 1681, chiamata Maria, la di cui miracolosa conversione, il d*^ P. Giuseppe Angelo prometteva di scrivere in altro luogho. Ma eome il d^ Padre mori un anno doppo, cioè alli 19 novembre 1682, non potete scriverla ; e per cio scriveremo qui quanto ne habbiamo saputo délia bocca istessa délia d * donna Turca fatta christiana (1) Questa donna fu d'una délie principale famiglie diquesta città d'Aleppo, delli parenti o dependenti del falso profeta Mahometto, che si dicono nobili ô Scerif, li quali per distinguersi, gl'huomini portano la fessa verde di lana, e sono assai considerati dalli Turchi, havendo molti privilegii, tra li quali uno è d'haver la loro giustitia particolare, ne esser sugetti alla giustitia ô giudice ordinario. Questi Scerifi sono lipiù cativi delli Turchi, ed hanno un odio ô rabbia particolare contra gli christiani, in che credono di mostrare il loro zelo per loro profeta e la loge sua. La donna délia quale parliamo essendo di questi, ed havendo succhiato con il latte Todio contra gli christiani, parve che vi ne aggiungesse un altro dal suo naturale, in tal maniera che non poteva sofTrire la vista d'un christiano che non li dicesse mille maledittioni. E pare che Iddio lo permettesse aecio la sua misericordia e potenza spicasse mfiglio nella sua conversione.
Havendo questa donna simile odio contra gli christiani, successe un giorno che ritornando a casa sua da una facenda, incontrô
(1) Le R. P. Giuseppe Angelo avait écrit de sa main dans le même registre, à la date de 1681 : « Adi 20 settembre, giorno di S. Michèle, il P. Giusep. Angelo ha battezzato una donna Turcha delli principali SceHfi, e si cbiama Maria, di ettà di 45 anni. Il miracoloso successo si racontera. » Ce sont les dernières lignes écrites de sa main. Le paragraphe suivant relate la mort du zélé missionnaire.
nella strada délia città una altra donna incognita e coperta di suo velo al modo del paese, la quale coine adulandola con la mano sopra le spalle, li disse con voce bassa : « Gara mia, tu hai da pigliare il luogho d*una Maronita che ha da farsi Turca, e tu deve essere cbristiana. » Ë detto questo senza feriiiarsi ne aspettare la risposta, passa innanzi e sequita suo camino. La Turca, corne se fosse stata percossa del fulmine, resto attonita e non habbe che rispondere ; ma ritornata a se, entro in una terribile colera, e vomito a quella donna mille maledittioni. In tanto arrivô a casa piena di sdegno ; ma non palesôa nissuno quelle ch'era successo, rivoltando e rifflettendo perô sempre in sua mente queste per lei dolorose paroUe : tu dei essere christiana.
La notte sequente, mentre lei dormiva, li parve di vedere, in sua stanza ed innanzi al suo letto, una maestuosa Donna vestita d'un niante turchino o ceruleo, tenendo in braccia un bellissimo banbino, e che li diceva : « Tu hai da essere christiana, che cosi lo vuol il mio Figliuolo. » E subito disparve. La donna svegliandosi non poteva dubitare del segno e délia visione ; ma non poteva capire corne havesse da essere christiana. E tutte queste cose li davano una melanconia terribile, ne poteva quietarsi.
Qualche giorni doppô, si senti la nova ch'una Maronita s'era fatta Turca ; e questo diede novi pensieri alla nostra Turca. Successe poi che questa Turca, un giorno di venerdi, andiede a comprare una scatolina di latte agro che chiamano laban^ ed arrivata a casa trovandosi sola, sapendo lei benissimo che gli christiani non mangiavano il venerdi latte ne uova, prima di mangiare il latte, levô li occhi al cielo e disse ; « Signore, se la fede di Christo è la vera, e che vogliete che io sii christiana, date mi qualche seguo se io devo 6 non devo mangiare questo latte, che io so non esser lecito alli christiani di mangiare hoggidi venerdi. » A pena hebbe proferito queste parolle con le lagrime all'occhi, che vedde uscire dalla scatola una serpe horrenda con le aie, la quale subito spari ; dal che lei fu cosi spriventato che buttô via il latte, e si senti nel cuore confermata che la fede di Christo era la sola vera ; e da quel giorno cercô di parlare con qualche christiana e levarsi quel scrupolo che la tormentava. * *
Percio si resolse di andare in Gedaida, che è fuora di città, dove habitano li christiani, ed vi hanno le loro chiese ; ed havendo saputo che vi era una (îglia délia casa di har/gi lacub, principale
delli Maroniti (1), la quai travagliava benissimodi ricamo, an\îiede inquella casa sotto pretesto di comprare da lei qualche fassoletto ricaDaato. Havendo raggionato qualche tempo con questa devota flglia, si aperse il suo cuore e li contô quanto li era successo, dicendo che voleva esser christiana, e la pregho di farli parlare cou qualcLe sacerdotte.
Si trovava che il P. Giuseppe Angelo, vicario di questa casa, era il direttore di questa devota figlia, e percio lei disse alla Turca che ritornasse un tal giorno, e che in tanto farebbe avisare suo direttore, il quale li ensegnarebbe li nostri misterii e quelle che fosse necessario per disporla al s. batesimo ; con questo la Turca si licentiô promettendo di venire al giorno assegnato.
Non si puol credere la consolatione ch'hebbe la nostra neoflta délia conversatione havuta con la devota christiana, e dell'esperanza che hebbe di essere quanto prima nel grembo délia chiesa.
In tanto la devota fece avisare il P. Giuseppe, suo direttore ; il quale si trovô nel giorno determinato con la Turca ; e doppo haverla ammaestrata delli nostri misterii, ed haverla provata per qualche giorni, la batezo in casa délia d*^ Maronita, alli 29 di settembre, giorno di S. Michèle, 1681 ; e fu nominata Maria, come si trova registrato dal d*' Padre. Si questa donna habbe una gran consolatione interiore délia prima conversatione con la devota christiana, montre che era neofita, non si puol esprimere quelle senti nel suo cuore doppô esser regenerata nel batesimo.
Doppo che questa donna'fu batezata, seguitô di venire in quella casa délia Maronita per ricevere dal P. Giuseppe li sacramenti délia chiesa, come di confessione ed eucharistia, ed esser sempre pîù fortificata con li esortatîoni del d^ Padre. Ma come il deraonio, inimico di nostra sainte, non poteva sofrire che quella preda li fosse tolta délie mani^ commincio a inquietarla quasi visibilmente, hora spavantandola, hora gettando tutti li mobili di sua stanza nelle corte, ed in mille altre manière ; e questo tormento durù per un anno entiero ; perô la nova christiano restô sempre salda, e si bur-
(1) Il est question^ dans ce registre, de cet homme :« Haggi lacub SawannOy uno di più potenti di sua natione Maronita, se messe in c ipo d'impedire le prediche in arabo che facevano li missionarii nella chiesa di d^
Maroniti o. Mais Dieu, au dire de Tauteur, l*en punit sévèrement. Ce fait
s est passé vers 1681.
lava del demonio con il segno délia croce, dicendoli : «Vede, demonio maledetto, questa croce ; è una spada che taglia tutte le tue forze e machine, etc. » Adoprova anche Tacqua benedetta contra il demonio, che li dava il P. Giuseppe, si che non temeva il demonio, essendo fortificata interiormente délia gratia di N. S. Jesu Christo. Doppo un anno, fu affato libéra délia persecutione del diavolo, e resto con una gran pace e consolatione ; ed in quel tempo mori il P. Giuseppe Angelo, cio è alli 19 di novembre 1682.
La donna christiana seguito, doppo la morte del P. Giuseppe, a confessarsi dalli preti Maroniti, sino a tanto che poi si confessava al P. Gregorio, nostro religioso, in altre case delli Maroniti che si confessavano dal d'* Padre ; e questo faceva con tanta cautela, che mai se n'acorsero li Turchi, percio clie le donne Turche non vanno mai aile moschée, corne fanno grhuomini. Con tanto cio, corne la gente di casa non vedevano che lei facesse le solite orationi e prostrationi delli Turchi, sospetarono che non fosse christiana ; del che ne avisarono il suo fratello, che era all'hora Cadi o giudice d'un quartiero délia città ; il che sentendo questo suo fratello, volse chiarirsene e provare se in fatti la sua sorella era christiana o non ; ed a questo fine, venue da sua sorella un giorno di venerdi, con portarli carne da mangiare. Questo suo fratello venue dunque in casa di sua sorella, e trovandola sola, — perche Dio la provava con un gran poverta ed abandono di tutti suoi parent i, — e li disse : « Come stai, cara sorella ? corne te la passi i Ho portato meco da far collatione insieme.» La sorella lo ringratio eli disse: «Hai fatto bene, caro fratello, di portarmi qualche cosa da mangiare, perche da molto tempo non ho con che comprare carne ne altro. Dette questo, se messe a mangiare coir il fratello, délia carne ch'haveva portato; il che vedendo il fratello, non dubitô mai che non fosse vera Turca, perche mangiava carne il venerdi, sapendo egli che cio era prohibito alli christiani ; ed in pocco doppo, se ne usci di casa, e lascio la sorella sola, la quale per scrupolo si messe le dita nella gola e Yomitù quella carne ch'haveva mangiato.
Seguito in questo modo nascostamente, cioè di venire dalla città nel quartiero delli christiani, sotto pretesto di cercare il medico ô altro fine a questo anno 1699, di età in circa 63 anni, che casco ammalata. Essendo ammalata nel letto, sempre demanda va che la portassero dal medico in Gedaida ; li oiTersero di farli venire qualche medico délia città ; ma lei non voleva, dicendo che il suo