‹ Documents inédits pour servir à l'histoire du christianisme en orient [XVIe-XIXe siècle];Chapitre 63 sur 113 · Introduction · texte numérisé non relu

Introduction

A. Des enfants, recrutés dans le Levant et formés en France, furent d*abord destinés à devenir plus tard les auxiliaires des missionnaires. Â cette fin, une dame avait donné dix mille livres, pour l'entretien de dix enfants arméniens (?) qui devaient être élevés au collège des Jésuites, à Paris. Mais le résultat ne répondit pas, semble-t-il, aux espérances conçues par les fondateurs. Souvent des ambassadeurs entretenus près de la Porte par des puissances ennemies de la France, attiraient i leur service ces Orientaux, formés aux frais de la Ftance, et les employaient au préjudice même jde la nation protectrice. De plus, le titre même de drogman ne rendait pas inviolables, de la part du gouvernement turc, les biens et la vie des sujets ottomans. Témoin Tarménien Balthazar, que l'énergique intervention de l'ambassadeur de Marcheville ne préserva pas de la pendaison.

On modifia donc le premier plan, et les fonds destinés à la formation de dix enfants du Levant furent consacrés à Téducation de jeûnes Français, qui seraient plus tard interprètes ou drogmans près des consuls ou vice-consuls de la nation française a dans les Echelles de Levant et de Barbarie.» Par arrêt du Conseil du roi, en 1669, il fut décidé que, pendant 3 ans, 6 jeunes Français seraient envoyés, chaque année, à l'école des Capucins de Çonstantinople ou à Smyrne, pour y être instruits dans les langues orientales : arabe, turc, persan.

Ces enfants étaient choisis vers V&ge *de 0 ou 10 ans. Ils devaient être élevés dans la religion catholique, apostolique et romaine. ^Lear nombre, qui, au début était plus élevé, fut bientôt réduit au chiffre de 6 ou 10,recrutés tous les 3 ans (1). Leur pension fut fixée d'abord à 300, puis à 350 livres ; à cette somme on ajouta

(i) Lettre de Colbert à Charles François Olier de Nointcl, i*' Nov« 1670 ; lettre du même aux échevins de Marseille, 16 Février 1670.

120 livres qui devaient être versées une fois pour toutes en faveur (le chaque enfant et représentaient ses frais de costume. A la chambre de commerce de Marseille incombait la charge de fournir cet

argent aux Pères Capucins.

B. Enfin le roi institua, en 1700, au collège Louis-le-Grand, 12 bourbes pour 12 enfants arméniens ou, plus exactement, de rite oriental : grec, syrien, arménien, etc. Leur pension, qui s'élevait à 600 livres, devait être fournie par la caisse royale ; mais, pas plus que la pension, promise aux Capucins, la somme afiectée en principe aux jeunes Orientaux de Louis-le-Grand, ne fut point régulièrement versée. Quant à la formation des Jeunes de langue elle avait alors pour but de les rendre capables de seconder les missionnaires, et s'ils étaient appelés au sacerdoce, de les mettre à même d'occuper dignement des postes dans le clergé catholique oriental.

Mais, en 1721, sous le ministère du cardinal Dubois, et, probablQpient, sur le conseil du marquis de Bonnac, ambassadeur à Constantinople, l'apostolat catholique, qui était le but principal de l'institution des enfants de langues fut laissé de coté. Les bourses, fixées d'abord au nombre de dix, et, eu 1718, au nombre de douze, furent affectées à des enfants français, nés, les uns en France, les autres dans le Levant. Ils devaient apprendre le latin au collège Louis-le-Grand, être initiés au turc et à l'arabe par deux maîtres du dehors ; cette éducation achevée, ils allaient se perfectionner dans les langues orientales au collège des Capucins de GonstanUnople, de manière à pouvoir, au sortir de cette école d'application, remplir les fonctions de drogman.

En 1741, l'ambassadeur de France, de Castellane, proposa au ministre de Maurepas de faire initier quelques uns des jeunes de langues à la fin de leurs études, à la médecine et à la chirurgie, « On pourrait exiger qu'ils passassent une année parmi les Frères de la charité pour y apprendre dans cet hôpital les plus trivialles et les plus usuelles opérations de la chirurgie et de la pharmacie ; et on pourrait pendant q. q. années, tenir auprès de l'ambassadeur de S Majesté un médecin en état de donner à ces jeunes gens quand ils seraient venus à Constantinople, les principes généraux de la connaissance des maladies et de leur guérison ; l'usage ferait le reste. » (1)

(i) Comte de Caslellane-au comte de Maurepas. 13 Dec. 1741-

Dans ce projet, qui, du moins à notre connaissance, ne fut point réalisé, Tambassadeur avait en vue un but surtout politique : il estimait qu'un drogman médecin, devant lequel s'ouvriraient toutes les portes, deviendrait une source de grande influence et de précieuses informations.

M. Frédéric Masson constate que Vécole des Jeunes de langues déclina sensiblement après la dispersion des Jésuites. (1)

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