PONGHARTRMN AU P. FlBURIAU
7 Mai 1704.
(Maritie B 7 T. 71. /. 48, v)
Sommmire : Plaintes du patriarche maronite ; enfants d'Alep à envoyer en France.
J'ay reçeu la lettre que vous m'avez escrit le 29 du mois passé avec celle que vous a adressé l'envoyé du patriarche des Maronites (1) à Rome. J'ay cru nécessaire,avant de prendre l'ordre du Roy pour en expédier ceux qu'il demande, de vous l'envoyer pour la lire
(i) Ce patriarche était le célèbre £d-Douhaïhi. élu le 20 Mai 1670. confirmé par le Pape Clément X, le 8 Août 1672, (Butlarium Maromiarum, p. 170-176) et mort le 3 Mai 1704. Son successeur oabriel Blouzani, élu le 12 Mai 1704, mourut le 31 Octobre 1705. Etienne £d-Douhaïhi était né i Ehden (Liban) en 1641 ; son patriarche Georges Amira l'avait envoyé au collège maronite de Rome, dirigé par les Jésuites. Au cours de ses études s'étaient révélés .ses talents, que surent apprécier ses maîtres, entre autres le Père Jésuite Sparza, l'un de ses professeurs de théologie. Revenu dans le Liban en 1654, Éd-Douhaïhi fut d abord envoyé à Alep, puis ordonné évêque de Chypre en 1668, et, enfin, consacré patriarche le 20 Mai 1670. Il mourut i Cannoubin , à l'âge de 79 ans.
S. G. Mgr Chebli, arcnevéque maronite de Beyrouth^ que les 1 urcs en 1916 ont exilé à Adana où il est mort (20 Mars 1918), a publié la Vie du ' Patriarche £d-Douhaïhi en arabe, Beyrouth 19 14. — Voir dans le Bullartum Maronitarum p. 172-184 les lettres élogieuses des Papes Clément X, Clément XI... à ce patriarche.
Avec les Assemani, £d-Douhaïhi est au premier rang des auteurs maronites. On cite, parmi ses principaux ouvrages écrits eu arabe : Origines des Mar&nites et leur constante union avec le Saint-Siège Romain, éd. abrégée par R. Chartouni, Beyrouth, 1890. Chronologie des patriarches Maronites, 2 éd., Beyrouth, 1898 et 1902. Œuvres litur^ques, 2 vol. Beyrouth, 1895-1S96. Il existe de cet ouvrage une traduction latine non imprimée. Les consicrations et les ordinations cljei les Maronites, Beyrouth, 1902.
et examiner quels missionnaires ses plaintes regardent particulièrement, et si ce ne sont pas les pères Jésuites.
J*ay demandé au Consul d'Alep, ainsy que vous l'avez désiré, trois jeunes enfants et de faire son possible pour qu'ils fussent, Tun Syrien, un autre Chaldéen et le troisième Copte ou Druze. Si, au lieu de celui-là, il convient mieux d'avoir un Maronite, vous pourrez mander au supérieur de la mission d'Alep d*en chercher un de la qualité que vous demandez et de le luy présenter.