‹ Documents inédits pour servir à l'histoire du christianisme en orient [XVIe-XIXe siècle];Chapitre 71 sur 113 · P. (PA.NTALé0N) LOMACA AU MINISTRE · texte numérisé non relu

P. (PA.NTALé0N) LOMACA AU MINISTRE

Du Collège (Lou!8-le-Grandj 31 de May 1707, (Aff, Etr. Aff. reltg, et Missions du Levant ; cart, 2 ?)

Sonmalre : Désir de revenir dans sa patrie, pour y remplir les fonctions sacerdotales, et, à l'occasion, servir la France. Reconnaissance envers les Jésuites, ses maîtres, envers le Roy, la France et le Ministre ; il sollicite quelques dons, livres, etc.

Voila la septième année (l)que j*ay l'honneur de jouir des bienfaits (}ue vostre Grandeur a bien voulu nous obtenir du plus grand Monarque du monde; elle voudra bien me permettre, qu'étant à mon troisième an de Théologie, je luy marque Vextréme envie que j'ay d'aller vaquer aux fonctions du Sacerdoce^ auquel je sens que la voix du Seigneur m'appelle depuis longtemps, et employer le reste de mes jours au service de la Religion, et si je puis estre assez heureux, de la France.

Ce sera. Monseigneur, quelque chose de bien doux et de bien glorieux pour moy de pouvoir raconter à mes parens et à mes compatriotes les grâces dont Sa Majesté daigne nous combler tous les jours, comment nous trouvons dans sa piété Royalle, les tendresses de nos pères et mères, et avec quels soins et quels égards les personnes à qui nous sommes confiés tâchent de nous inspirer une sainte et pieuse éducation.

Mon bonheur serait parfait, Monseigneur, si, en portant de France avec moy l'éternel souvenir de tant de faveurs, je pouvais emporter aussi des termes capables d'exprimer la reconnaissence de mon cœur, mais si les parolles me manquent je tacheray du moins de faire en sorte que touttes les actions de ma vie soient autant de preuves de ma gratitude envers la France, dans quelqu*endroit du monde ou ma destinée me porte dans la suite de ma fortunne. Je me feray partout un honneur singulier d'estre le très-humble serviteur de Sa Majesté, et toujours prêt de sacrifier s*il est

(i) N'ayant pas obtenu par cette lettre l'autorisation de partir pour le Levant, Lomaca insistera dans une autre lettre du 9 Juillet suivant, en disant qu'il est « appelé chez luy » par a des intérêts pressants de famille »... Cette fois, il obtint en effet le congé sollicité. Voir n. 53 et suiv.

nécessaire, mon sang et ma vie pour son service et pour sa gloire. -

Ce sont là Monseigneur les sentiments ou je suis et ou je seray toutte ma vie, et que je supplie très humblement Vostre Grandeur de vouloir bien témoigner à Sa Majesté. S'il me restait encore quelque chose à désirer après tant de faveurs, ce seroit Monseigneur, rhonneur de saluer Sa Majesté pour la dernière fois,celuy de pouvoir remercier Vostre Grandeur de touttes ses bontés, et la liberté de la prier très humblement de vouloir bien me procurer quelque petite chose pour me munir en partant de ce qui me sera nécessaire, et surtout des livres que j'auray besoin chez moi pour pouvoir consacrer avec quelque succès mes veilles et mes travaux à l'avantage de la Religion et à la gloire du plus grand Roy du monde.

Page 1